Spiritualité
Parlons de
Jésus
What
About Jesus ?
Bill
Loader
Professeur de Nouveau
Testament
à la Murdoch University de Perth
Australie
20 mars 2003
La première chose à
dire est que Jésus nous a enseigné l'amour
et la compassion que Dieu montre toujours à l'égard de
tout le monde, sans tenir compte des différences de race, de
religion, du sexe ou de l'âge. Un amour et une compassion que
Dieu conserve même à l'égard des coupables les
pires qui soient sous le soleil.
Non pas qu'il soit indifférent au bien et au mal :
Jésus s'est toujours montré parfaitement lucide. Mais
lorsqu'il s'est trouvé en présence d'un escroc
inexcusable, il ne lui a pourtant pas tourné le dos. Il n'a,
d'ailleurs, tourné le dos à personne. Contrairement
à son époque, il considérait les femmes comme
égales des hommes. Il partageait les repas des exclus. Il
montrait de l'estime au petit peuple et de l'attention aux
enfants.
En se conduisant ainsi, Jésus nous révélait l'attitude
de Dieu à l'égard des hommes, qui est aussi,
naturellement celle Dieu attend de nous. C'est en regardant la
manière dont Jésus se conduisait dans son
humanité que nous voyons en lui la présence de Dieu.
Jésus n'a jamais dit qu'il était Dieu, mais quand on le
rencontrait, on avait l'impression de rencontrer Dieu. Il
était la vitrine de Dieu.
Paul, qui a écrit les textes les plus anciens du Nouveau
Testament, a dit : « Dieu était en
Christ » 2 Corinthiens 5.19. On a réduit plus tard cette phrase en
disant : « il
était Dieu ». Mais
cela n'enlevait rien à son humanité.
L'exécution
publique de Jésus
Jésus est resté
fidèle à ses convictions jusqu'à sa mort sur la croix qu'il a subie en
compagnie d'autres hommes condamnés par les Romains comme
criminels. Ces exécutions publiques étaient
malheureusement courantes à l'époque et avaient pour
but de terroriser les opposants au régime.
Dans le cas de Jésus, ce furent des raisons à la fois
politiques et religieuses qui motivèrent son exécution
et mirent un terme à l'espoir de le voir instaurer un
règne de justice et de paix. Mais on ne peut en rendre
responsable le peuple juifs dans son ensemble.
La croix, symbole
d'amour
Jésus a prié pour les
bourreaux qui le crucifiaient et sa
croix est devenue le symbole de l'Amour total. Elle a
bouleversé toutes les valeurs humaines. Les soldats l'avaient
traité de roi pour se moquer. Un écriteau sur la croix
l'accusait faussement de s'être prétendu « roi des Juifs ». Mais on compris plus tard que c'était
pourtant ainsi qu'il avait montré ce que pouvait être
une véritable royauté, une royauté comme celle
de Dieu, fondée sur l'amour et non sur la puissance. La croix
est symbole du christianisme pour montrer que le règne et la
puissance appartiennent à un crucifié
impuissant.
La croix, symbole du
mal
La croix est aussi devenue le symbole
central du mal puisqu'on y a
crucifié celui qui incarnait l'amour. Les hommes trouvent
toujours de bonnes raisons pour écraser l'amour et la justice.
Caïphe et Pilate voulaient préserver l'ordre dans
l'Empire. C'est d'ailleurs souvent au nom du respect de l'ordre que
l'on viole les droits de l'homme.
Les hommes qui se sont entendus pour clouer sur la croix la plus
belle histoire d'amour que le monde ait jamais connue, n'ont pas
seulement commis un crime contre la personne de Jésus, mais
contre l'humanité tout entière, un crime contre Dieu
lui-même. C'est ainsi que la croix qui est le symbole de
l'Amour le plus absolu, est aussi celui du mal le plus
destructeur.
A la fois symbole de l'amour et du
mal, la croix est le symbole
centrale de la foi chrétienne que d'ailleurs Paul
résumait ainsi : « Nous prêchons le Christ
crucifié » 1 Corinthiens 1.23.
Il n'est pas étonnant, qu'au
premier siècle où la
religion s'exprimait normalement dans des temples et des sacrifices
d'animaux, on ait cherché à rendre compte de la mort de
Jésus en termes de sacrifice de purification et de
régénération, de purification par le sang de la
croix. Ce langage est évidemment aujourd'hui difficilement
compréhensible et on pourrait trouver des images plus
actuelles pour rendre compte du ministère de Jésus et
de sa mort.
La
résurrection
Les textes les plus anciens du Nouveau
Testament mentionnent
l'extraordinaire témoignage de Pierre affirmant avoir entrevu
que Jésus était vivant ; il n'était pas
resté dans le sommeil de la mort mais était
passé à un niveau d'existence supérieur. Nous ne
possédons aucune description de l'époque
décrivant ce que Pierre a vu, mais d'autres témoins,
des hommes et des femmes ont dit avoir eu de semblables
expériences. La conviction que Dieu avait ressuscité
Jésus devint dès lors l'affirmation centrale de la
nouvelle foi chrétienne. Les disciples bouleversés et
démoralisés par la croix se retrouvèrent
missionnaires enthousiastes.
L'événement fut d'abord
formulé : « Dieu a ressuscité
Jésus des morts » ; « Jésus est monté au ciel et s'est assis
à la droite de Dieu » ; « Jésus règne ».
Mais il peut aussi être
exprimé : « Jésus vit avec
Dieu » ; « Dieu considère Jésus comme
son représentant »
; « Jésus incarne la
volonté et l'être même de
Dieu » ; « Dieu a dit "oui" à
Jésus ».
Cela signifie en fait que tout ce que Jésus a dit et fait au nom
Dieu est vrai ; c'est par lui que brille la
lumière.
La bonne nouvelle de
Jésus
Les titres de « Fils de
Dieu » et de
« Seigneur » ont
été alors largement employés. Ils ont des
avantages et des inconvénients : « Fils de Dieu » suggère bien la proximité de Dieu dont
Jésus témoignait, à la conviction que
Jésus fait partie de la famille de Dieu et à son
affirmation que Dieu est, pour tous, un Père aimant. Si un
homme est fils de Dieu, Jésus l'est davantage encore.
Par contre ce langage peut provoquer de la confusion en induisant
l'idée que Dieu fait partie intégrante de l'arbre
généalogique de Jésus. Il ne faut pas prendre
littéralement les belles légendes de la naissance
miraculeuse de Jésus qui entendent seulement signifier que
Dieu était, depuis le début, impliqué
positivement dans le ministère de Jésus.
La
Trinité
Le dogme de la Trinité est l'un
des éléments importants mis en place par l'Église pour structurer sa
foi. « Les trois
"personnes" que sont le Père, le Fils et le Saint-Esprit n'en
forment qu'une ».
- D'une part il n'y a qu'un Dieu.
- D'autre part on ne peut pas dire tout simplement que
Jésus est Dieu, car ce serait ignorer sa nature d'être
humain.
- Enfin, il arrive que l'on parle
séparément du Saint-Esprit, en disant par exemple que « Dieu a envoyé
l'Esprit ».
Dans les trois cas c'est bien de Dieu
qu'il s'agit.
L'Esprit désigne traditionnellement la puissance
créatrice de Dieu qui crée du neuf et ouvre à de
nouveaux espoirs.
La question de Jésus est plus compliquée : est-il
en même temps homme et Dieu ? Avait-il une double
personnalité ?
Peut-être ne pourrons-nous jamais répondre
précisément à ces questions. Elles n'ont,
d'ailleurs, guère de signification. Il vaut mieux y renoncer
et nous borner à comprendre que Jésus est un exemple de
relation parfaite à Dieu, qu'il lui a manifesté une
ouverture absolue qui apparaît clairement en particulier
lorsqu'il le priait. C'est justement à cause de sa
disponibilité à la présence divine que celle-ci
brûlait de façon si brillante à travers
lui.
Néanmoins les gens ne font souvent
plus, aujourd'hui, de
différence entre Dieu et Jésus. Certains prient
plutôt le Père, d'autres Jésus. Mais c'est bien
toujours Dieu qui écoute ces prières. C'est pourquoi
bien des gens disent tout simplement : Jésus est Dieu. Se
tourner vers Jésus est se tourner vers Dieu.
- La vie terrestre de Jésus montre son
humanité.
- La vie actuelle de Jésus souligne sa
divinité.
La confession de foi de l'Église s'est toujours
efforcée de maintenir ces deux aspects.
Conclusion
La seule image que nous puissions avoir
de Jésus est celle qui nous a
été transmise par l'Église, mêlée
de toutes les doctrines élaborées au cours des
siècles. Et pourtant, nous en sommes témoins, cette
image transforme avec puissance nos vies et nos pensées. Les
doctrines ne doivent pas prendre la place de Jésus
lui-même. Mais bien que son souvenir soit largement recouvert
par de multiples interprétations théologiques, dont
certaines sont souvent bien mal interprétées, c'est
toujours par leur intermédiaire que nous rencontrons le Christ
vivant.
Dans un prochain article je reviendrai sur
l'interprétation des textes de la Bible.
Traduction
résumée Gilles Castelnau
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