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Albert Schweitzer


La compassion et la raison


Matthieu Arnold


Éd. Olivétan
136 pages - 14 €


Recension Gilles Castelnau


16 juillet 2016

Ce livre présente dans un langage clair et agréable et de manière très érudite, les diverses étapes de la vie d’Albert Schweitzer ainsi que ses idées principales. Sa conception de la vie chrétienne comme participation active au Royaume de Dieu et son respect de la vie notamment apportent des réponses très bien-venues aux interrogations spirituelles de nos contemporains en quête d’une spiritualité adaptée à notre époque.

Voici quelques titres de chapitres :
• L’exégète du Nouveau Testament et le prédicateur : le Royaume de Dieu
• Le philosophe du « respect de la vie »
• Le « grand docteur blanc » : les relations entre les Européens et les Africains
• Le héraut de la paix.

En voici des extraits significatifs :

 

page 39

L’exégète du Nouveau Testament et le prédicateur : le Royaume de Dieu


Le pasteur : exhorter à demeurer en Jésus et à œuvrer au Royaume par l’action
[...]
De manière très imagée, Schweitzer combat un amour pour Jésus qui n'engagerait pas l'homme de tout son être : il s'agit d'aimer Jésus non pas comme une connaissance qui se satisfasse de notre agréable compagnie, mais comme quelqu'un qui nous enrôle dans ses combats ; non pas de le cantonner dans la chambre d'amis mais de le laisser circuler dans toute la maison. Il va jusqu'à donner la parole à Jésus : « C'est bien beau de m'aimer ainsi, dirait-il, mais il faut quelque chose de plus: que vous agissiez dans cet amour, que vous l'attestiez dans votre vie », et il ne craint pas d'enjoindre, avec l'autorité du Seigneur, les chrétiens passifs, purs auditeurs de la parole, à quitter leur inaction : « Lève-toi, le Seigneur de la miséricorde t'appelle. Lève-toi, il t'appelle par les hommes qui souffrent, afin que tu l’aides à apaiser leurs souffrances. Debout, et sors de ton inactivité ! »
[...]


Extrait de son sermon à Strasbourg du 18 février 1912, peu avant son départ pour l’Afrique.

« Que nul ne dise : ‘Je suis démuni, mon travail et mes occupations n'ont aucun rapport possible avec les choses de l'esprit et l'idée du Royaume de Dieu.
[...]
Chacun de nous devrait choisir, à côté de son métier, une activité qui soit axée sur le Royaume de Dieu, ainsi que Jésus l'avait dit, et qu'il exercera parmi des amis ou des êtres proches avec lesquels il pourra poursuivre un but commun. »

 

 

page 65

Le philosophe du « respect de la vie »

« Nous naviguions lentement à contre-courant, cherchant notre voie, non sans peine parmi les bancs de sable. C’était la saison sèche.
[...]
 Au soir du troisième jour, alors que nous avancions dans la lumière du soleil couchant, en dispersant au passage une bande d’hippopotames, soudain m’apparurent, sans que je les eusse pressentis ou cherchés, les mots "respect de la vie’"»


page 72

Des prédications éthiques
[...]
Le 2 mars 1919, le troisième sermon consacré au respect de la vie et aux problèmes éthiques traite de la compassion pour les animaux,en se fondant sur Proverbes 12.10 : « le juste a compassion de son bétail, mis le cœur des  impies est dépourvu de miséricorde ».
Or l’attention de Schweitzer à la souffrance animale a précédé de longue date cette prédication. Dès petite enfance, avant même qu’il entrât à l’école, il ajoutait tout bas à la prière que sa mère prononçait pour lui, une intercession  pour les animaux : « Bon Dieu, disais-je protège et bénis tout ce qui respire ; préserve du mal tous les êtres vivants et fais-les dormir en paix. »
On connaît aussi le célèbre épisode - qu’il rapporte dans les Souvenirs de mon enfance (1924) tout comme en chaire – des oiseaux qu’il effaroucha dans les vignes de Gunsbach alors qu’un camarade l’avait invité à venir tirer sur eux à l’aide d’une fronde.
[...]


La civilisation et l'éthique (1923)
[...]
C'est dans La civilisation et l'éthique - ouvrage auquel il avait travaillé depuis 1915 - que, pour la première fois, Schweitzer tente d'exposer de manière systématique les enjeux et les conséquences du respect pour la vie. Après avoir brossé le tableau sombre mais lucide de la « faillite de la civilisation », il expose la « voie nouvelle » en des formules frappantes et aisées à mémoriser : « [...] le bien consiste à conserver et à favoriser la vie, le mal consiste à détruire la vie ou à I'entraver. »
« Le fait le plus élémentaire que saisisse la conscience de l'homme peut être exprimé ainsi : "Je suis vie qui veut vivre parmi d'autres vies qui veulent vivre. »

 

 

page 96

Le « grand docteur blanc » : les relations entre les Européens et les Africains

Après la Seconde Guerre mondiale
[...]
À la fin des années 1950 et dans les années 1960, il devient de bon ton, chez les journalistes, de déboulonner la statue de Schweitzer qu'ils ont érigée dix ou vingt ans auparavant. Après avoir été tenu pour un saint et pour le symbole du dévouement dans les années 1940, Schweitzer devient ainsi, avec son casque colonial et son hôpital au confort rudimentaire, le symbole d'une domination européenne anachronique.

Le futur président du Gabon, Omar Bongo, qui pourtant a bénéficié auparavant des soins de l'hôpital, en parle alors comme d'un chancre du colonialisme et d'une tache honteuse pour le Gabon. La correspondance de Schweitzer nous montre qu'il connaissait parfaitement ces critiques mais refusait d'y répondre publiquement: pas plus qu'il n'avait acquiescé aux louanges de ceux qui l'avaient qualifié de « greatest man in the world », il ne tint compte plus tard de ceux qui prétendaient avoir compétence pour le juger à la suite d'un séjour éclair à Lambaréné, et dont le papier était achevé ou presque avant même qu'ils ne posent le pied dans l'enceinte de l'hôpital.

 

 

page 108

Le héraut de la paix

[...]
Prêcher contre le nationalisme et pour la fraternité entre les hommes
[...]
Le 24 novembre 1918, alors que les troupes françaises viennent d'être accueillies dans la liesse et qu'un climat de haine se développe à l'égard des émigrés allemands résidant à Strasbourg souvent de longue date, Schweitzer prêche lors du culte pour le souvenir des défunts. Il invite ses paroissiens à faire mémoire des gens de toutes nations qui sont tombées à la guerre, ainsi qu'à leur promettre que désormais, on accordera à la vie toute sa valeur et l'on respectera le commandement : « Tu ne tueras point ».
Ce sermon était si contraire aux discours qui étaient alors prononcés en chaire, qu'il valut à Schweitzer d'être dénoncé puis surveillé par la police secrète.
[...]


La guerre froide et le combat contre les armes nucléaires
[...]
C'est aussi à la paix qu'il consacre son discours de réception du prix Nobel à Oslo, en novembre 1954. Plutôt que de parler de son hôpital de Lambaréné, qui lui a valu cette haute distinction, il invite son auditoire à prendre conscience que les hommes deviennent « inhumains » à proportion qu'ils deviennent des « surhommes ».
[…]
Le 23 avril 1957, fort de sa notoriété et cédant à la pression de nombreuses connaissances, il lance, sur les ondes de Radio Oslo, un appel destiné à mobiliser l'opinion publique pour que les grandes puissances (notamment les États-Unis d'Amérique et l'Union Soviétique) signent un accord mettant fin aux essais nucléaires.

 

 

page 119

Épilogue

« Enfant, je marchai à côté de mon père [le pasteur Louis Schweitzer}, qui s'entretenait avec un ami, un pasteur du coin ; de toute leur conversation, je ne retins que cette phrase : "Que serait devenu le monde si Jésus s'était endormi paisiblement, comme un vieillard aux cheveux blancs, célébré par son peuple ?"
Je pose la question telle que je l'ai saisie lorsque j'étais un enfant, et je ne puis qu'y répondre de la sorte : le christianisme n'existerait pas [...].
Il était nécessaire que le feu qu'il a apporté au monde dévorât son existence pour allumer le grand brasier ; il fallait qu'il fût baptisé dans le feu, afin qu'il baptisât le monde de feu et d'Esprit saint, comme le Baptiste l'avait prophétisé à son sujet. »
[...]

 


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