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Petit dictionnaire de théologie

 



Denis Müller

professeur honoraire d’éthique de l’Université de Genève


Éd. Labor et Fides
256 pages – 19 €

 

Recension Gilles Castelnau


9 mai 2021

Le professeur Müller se fait plaisir, s’éclate et... nous passionne. Il ne cherche pas à publier une somme complète et savante de tous les mots théologiquement importants du christianisme. Il rédige spontanément, comme on le fait sur Facebook (beaucoup plus sérieusement, il est vrai) ses réponses aux affirmations et aux questions qu’il perçoit dans ses conversations et ses lectures.
Il se plait à classer – tout à fait arbitrairement - ses articles par ordre alphabétique. Il en écrit 150 dont beaucoup révèlent sa profonde réflexion spirituelle : Amour, Baptême, Colère de Dieu, Dieu, Esprit, Foi, Grâce, Incarnation, Jésus de Nazareth, Loi, Mal, Péché, Résurrection, Spiritualité, Trinité, Vierge Marie.
La présence de beaucoup d’autres qui n’appartiennent pas directement au monde religieux, situe l’ensemble dans la spiritualité de la pensée : Animaux, Bêtise, Couples homosexuels, Désespoir, Écologie, Générations futures, Laïcité, Maladie, Oiseaux, Politique,Vin.
Tous sont écrits dans le langage clair et naturel de la vie quotidienne courante dans l’ambiance heureuse et confiante d’un homme de foi.

En voici quelques exemples.

 

 

Bénédiction

Dieu lui-même est bénédiction, et sa présence sur toute créature rime avec son acte créateur (Gn 1,27-28, où le texte passe de la création à la bénédiction). Acte de puissance et de salut, la bénédiction n'est pas accordée à l'individu seulement, mais au peuple tout entier et à l'ensemble de ses membres. En retour, l'Homme est appelé à bénir Dieu et à lui rendre grâces pour ses bienfaits. La bénédiction n'est jamais un acte de magie, mais une promesse offerte gracieusement, ou, de la part de l'Homme, un acte gratuit de reconnaissance. Il n'y a pas donc pas de condition préalable à la bénédiction de Dieu. Le plus important est de vivre dans un climat de bénédiction, avant même que de réaliser des actes ou des signes appelant la bénédiction sur une ou plusieurs personnes. Si l'Homme est appelé à bénir Dieu ou Jésus, c'est afin de souligner ce climat libérateur.
[...]
L'usage des liturgies de bénédiction s'est concentré sur le sacrement du baptême et sur les cérémonies de mariage des couples hétérosexuels ou de bénédiction des couples homosexuels. Il convient d'éviter ici le risque d'idéologie, comme si une cérémonie de bénédiction pouvait résoudre à elle toute seule la question de la reconnaissance de tel ou tel couple. De toute manière, la bénédiction émane de Dieu, et non directement de l'Homme (Élisabeth Parmentier, Cet étrange désir d'être bénis, Labor et Fides, 2020) .

 

 

Bêtise

« Qui veut faire l'ange, fait la bête » (Blaise Pascal, Pensées 678/358). Cet adage célèbre du philosophe et mathématicien français nous rappelle non pas l'origine animale de la bêtise humaine, mais bien son enracinement idéaliste.
[...]
Mais on remarque très vite que la bêtise n'est pas le fait exclusif des gens simples, elle concerne tout autant les gens cultivés ou savants. Comme l'a dit avec esprit Albert Einstein : « Deux choses sont infinies : l’Univers, et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l’Univers, je n'ai pas de certitude absolue. » Il y a des bêtises sans conséquences, mais aussi des bêtises monumentales, tragiques, irréparables.

La bêtise peut aussi prendre des allures angéliques ou « évangéliques » (au sens du mot américain evangelical), comme le suggère à distance la phrase de Blaise Pascal.

Les chrétiens, en particulier, courent souvent le risque de se projeter dans des aventures spiritualistes, déconnectées de tout sens de la réalité ou de tout respect de la pluralité des opinions.
[...]
La charité impose d'accorder le bénéfice du doute à certains individus, qui peuvent donner l'impression d'être systématiquement bêtes, mais à qui on ne peut pas refuser la chance de montrer un jour leur intelligence. Pensons à Donald Trump.

 

 

Dieu

Dieu reste un objet de recherche, tant au point de vue méthodologique (sciences des religions) qu’au point de vue spirituel.

Cette recherche n'est pas qu'une recherche théorique ou intellectuelle, pas plus que la théologie n'est une discipline purement théorique. S'interroger sur Dieu suppose toujours une démarche existentielle, en lien avec la question du mal, de la tragédie, du désespoir, de la maladie et de la mort. Croire en Dieu, c'est faire place à la puissance du désir au cœur de la vie, comme j'ai essayé de le montrer dans mon essai Dieu, le désir de toute une vie (Labor et Fides, 2016) : tout être humain est habilité à se tourner vers Dieu et à invoquer sa présence.

 

 

Écologie

L’écologie n’est pas seulement la science de l’environnement, de la biodiversité et du climat, elle est aussi une philosophie du vivre-ensemble sur la planète et une composante essentielle de toute éthique intégrative.
L’écologie possède donc une dimension englobante, qui peut la pousser à tout ramener sous son seul point de vue. Mais l'englobant écologique n'est pourtant qu’une partie de la vie humaine et du monde. Pour se déployer harmonieusement, il a besoin des autres facteurs constituant la réalité (l'économie, la politique, la culture, la religion).

L’écologie n'est pas le tout, mais on ne saurait penser le tout hors de sa dimension écologique. La foi chrétienne, revisitée sous l'emprise de la crise écologique, offre des ressources considérables penser les défis nouveaux de la planète. La théologie de la création non seulement propose une vue englobante du monde, mais elle implique aussi une compréhension de l’'Homme comme sujet engagé, invité à une éthique de responsabilité.

 

 

Inertie

Karl Barth a placé l'inertie, entre l'orgueil et le mensonge, parmi les moments constitutifs qui scandent le péché pratique de l'être humain. L'inertie suit la pente de la pesanteur, de l'aspiration vers le bas. L’Homme fait preuve, à cette occasion, d'un penchant irrésistible vers la bêtise, l'inhumanité, la paresse, l'indifférence, le dérèglement, le souci. Le chrétien connaît cette tentation exactement de la même manière que l'Homme « normal » ou « ordinaire ». Ce déclin psychique et spirituel a quelque chose de la dépression et fait penser à l'attirance vers la mort. Il est littéralement maladie à la mort. Le sujet humain ne peut remonter cette pente négative qu'en se plaçant dans la lumière de la croix de Jésus et donc dans la logique spirituelle de la résurrection

 

 


Méchanceté

L’Homme méchant reproduit et répand autour de lui la puissance d’annihilation dont l’origine s’ancre mythologiquement dans la volonté perverse du Malin. La figure du diable personnifie cette nocivité radicale du mal. Point n’est besoin de croire littéralement en l’existence de Satan pour faire l’expérience de la méchanceté viscérale de l’être humain.
[...]
Du point de vue éthique, on peut distinguer la méchanceté de l’être humain et la méchanceté des actes commis par l'être humain. Si on se place sous l'angle dc la théologie du péché, c'est l'Homme tout entier qui doit être dit méchant. Si, par contre, on envisage les actes éthiques de l'être humain, on ne peut pas nier qu'un Homme méchant peut commettre des actes bons, et qu'un Homme bon peut, inversement, commettre des actes méchants.

 

 


Théisme

Le théisme désigne la conception philosophique d'un Dieu personnel, indépendamment de toute révélation. Mais il consacre aussi le principe d'un Dieu tout-puissant, qui dirige le monde et l'histoire.

André Gounelle, dans un de ses cours, oppose ainsi la vision du théisme et celle du christianisme.

Pour le théisme classique, Dieu garantit l'ordre du monde, l'ordre cosmique, mais aussi l’ordre social et politique. Il l'a établi, et le maintient. Il appuie les autorités en place et les lois existantes. Il nous demande d'accepter ce qui est, de nous soumettre, et de nous résigner, puisqu'il a voulu et veut le monde tel qu'il est. Essayer de le transformer relève de l'impiété et du blasphème.

Or le Dieu biblique proclame, au contraire, « je fais toutes choses nouvelles ». Il s'efforce de faire bouger et de changer le monde. Loin de favoriser le conservatisme, il appelle à l'invention et à la novation. Il pousse les croyants à se révolter contre ce qui va mal et ce qui fait mal, et à travailler à l’édification d’un monde meilleur. Il est le Dieu du mouvement, de la transformation, pas celui de l'ordre et de la stabilité.

Cependant, on pourrait dire aussi que le christianisme s'inscrit dans une logique théiste et représente une interprétation subtile de l'idée de Dieu personnel. La théologie trinitaire elle-même participerait alors à sa manière d'une option de type théiste.

 

 

Vieillesse

Victor Hugo avait poussé fort loin l'avantage du vieillard : « Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens, Mais, dans l'œil du vieillard, on voit de la lumière » (Booz endormi, 1859).
[...]
En prenant de l'âge, le sujet humain balance entre les sens possibles de son passé (souvenirs heureux, remords, expérience tragique, etc.) ; à travers cette revue de son histoire personnelle, il tisse du même coup la toile toujours plus ténue de son avenir. Une sagesse pratique se dégage de cette auscultation de soi, en même temps qu'une élaboration spirituelle de sa propre destinée.

Il y a une page magnifique de Barth, dans la Dogmatique (§ 56, vol. 16, pp. 322-323) où il nous dit en substance ce qui suit : tant qu'il est jeune, l'Homme pense qu'il va à la rencontre de Dieu ; une fois qu'il est vieux, il est obligé de reconnaître que c'est au contraire Dieu qui vient désormais à sa rencontre. Ce serait cela, la sagesse de la vieillesse, l'équivalent, en termes chrétiens de la sentence de Victor Hugo dans Booz endormi.



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