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Bible et écologie


Questions croisées


pasteur Didier Fievet



éd. Olivétan

160 pages – 16 €

 

recension Gilles Castelnau


24 septembre 2019

Le pasteur Didier Fievet, en bon protestant, met l’écologie en rapport étroit avec la lecture de la Bible et la doctrine de la grâce des Réformateurs.
Il nous propose de relire attentivement (il pratique la lecture de l’hébreu) avec les deux récits de la création de la Genèse, avec le récit de la tentation au jardin d’Eden, la construction de la tour de Babel.
Puis il passe au Nouveau Testament avec les récits concernant Jésus, la réflexion de Paul et celle de Jean dans l’Apocalypse.
Il conclut enfin sur la question de la légitimation que nous avons d’habiter la terre et même de la transformer, quelle peut être la tâche de l’Église.

En voici des passages.

 

Introduction


il me semble que, bien trop souvent, le discours des Églises a surtout les accents d'une dénonciation accusatrice : c'est à la Création que nous porterions atteinte ! En dégradant l'harmonie supérieure de divine origine, c'est Dieu lui-même que nous offenserions. Se manifesterait ainsi, en toute clarté, la perversion de la seule créature quid déroge à cette harmonie suprême : l'être humain ! En clair, tout est réussi dans la Création, sauf homo sopiens. Mea culpa ! C'est une dénonciation qui tout à la fois divinise la nature et culpabilise l'humain. Les nouveaux bien-pensants s'apprêtent déjà à jeter la première pierre sur cette humanité surprise en flagrant délit de lèse-Création.

Et pourtant, je le crois, l'espérance est de mise, pour peu qu'on veuille bien sortir des incantations idolâtres. Si habiter la terre, et l'habiter en humains, constitue un véritable défi, l'espérance tient à une promesse, dont nous devons être les témoins. Dieu nous confie le monde, mais il ne l'abandonne pas à notre seule folie. Il y oppose une plus grande folie : il le sauve. Le constat effrayant de la dégradation biologique de notre planète, l'imminence de la menace climatique conduisent vite à la désespérance. Avec une double conséquence, paradoxale: pour les uns, un alibi imparable (« On n'y peut plus rien ! C'est déjà trop tard ») et pour les autres une angoisse surdimensionnée. Quand, à cette désespérance les Églises ajoutent la culpabilisation, elles ne sont plus porteuses d'aucune bonne nouvelle. Elles entonnent un cantique déjà écrit par le paganisme ambiant et feignent de croire qu'ainsi leurs nefs vont résonner d'une nouvelle légitimité, aguichante. Mais, c'est là qu'elles trahissent la parole qui les constitue et qu'elles ont mission d'incarner. Car ce qu'elles ont à affirmer, c'est la confiance donnée par grâce. C'est la confiance dans les possibles de Dieu qui nous ouvre des brèches dans les réalités les plus sombres. Face à l'urgence d'agir et au refus d'un désespoir maladif et culpabilisant, j'ai souhaité relire ici quelques éléments bibliques en lien avec l'écologie.

 

 


Puisqu’il faut bien conclure.

Nous sommes légitimes
à habiter la terre.
Et même à la transformer...


L’amour... c’est pas naturel !

L’idée d’un monde parfait, premier et dégradé par la faute de l’homme est une projection de culpabilité sur la réalité biologique : les catastrophes, maladies et autres avanies sont lues comme une punition. Quand il n'y a pas d'explication au mal, on s’en accuse.
Parce que l’absurde est inconcevable. sinon, ce ne serait pas l’absurde ! Il faut de gré ou de force le faire rentrer dans un système de causalités. On pense souvent Dieu comme la cause première, et on a ainsi cherché à boucher les trous du savoir par le mot Dieu. Quitte à le voir reculer dès qu'une énigme trouve son élucidation scientifique. Quitte à en faire un Dieu méchant, voire pervers (par exemple, celui qui nous tente pour mieux voir si nous saurons résister !) ces Dieux-là ne sont pas le Dieu de l'Évangile. Le Dieu de l’Evangile est dévoilé comme marqué par l’humanité et la finitude, méconnaissable. Le Dieu de l'Évangile est dévoilé sous les traits d’un humain en pleurs, abandonné de Dieu lui-même, évidé de lui-même. Ce geste d’évidement, c'est ce que les théologiens appellent la kénose. C’est un mot d'origine grecque, formé sur un verbe qui signifie « évider un roseau pour en faire une flûte ». Le Dieu qui crée ne cherche pas à remplir le monde, il lui offre de chanter !

 


Deux urgences en une : nature et justice !

Le temps n'est plus au scepticisme. Le réchauffement climatique, la disparition de millions d'espèces, la dégradation des sols, la déforestation, l'empoisonnement des mers, l'apparition d’anomalies endocriniennes, sont des constats quotidiens. La responsabilité de l'humain dans ces processus est informée, mesurée, modélisée. Irréfutable. Tout humain un tant soit peu conséquent sait qu'il nous faut faire quelque chose. Que des chrétiens dits évangéliques (tels les partisans de Donald Trump) invoquant des passages bibliques lus sans recul critique, nient les faits avérés ne doit pas nous égarer. Pendant les premières décennies du christianisme, les chrétiens n'avaient qu'une espérance : la fin du monde. Aujourd'hui, il semble que certains d'entre eux n'aient plus qu'une espérance, son invulnérabilité. Comme si celle-là relevait de la ratification divine de l'état du monde ! Or, c'est bien la responsabilité humaine de servir la terre, de la garder à la manière d'un jardinier, de l'habiter de façon conséquente.

Que Dieu tienne le monde ne nous dispense pas de nous occuper de sa marche, bien au contraire ! C'est la moindre des choses. Habiter la terre d'humanité, tel est le défi à relever. Qui nous interdit, autant qu'il sera possible, les solutions tyranniques et les solutions inégalitaires. Défi d'autant plus difficile que l'enjeu est vital.

 

Un engagement qui... engage !

L’Église n'est pas en surplomb du monde. Elle n’a sûrement pas le monopole de la spiritualité, elle n'est pas en mesure de poser le diagnostic dont souffre le monde, pas plus qu'elle ne détiendrait le remède miracle. Elle œuvre avec le monde, au sein du monde. Mais elle a sa position à tenir. Sans esprit de conquête, sans prétention, mais sans honte. Elle doit être sel de la terre : en quête, debout, en chemin. Ce n'est pas le contenu de sa doctrine qui constitue sa réponse, c'est son cheminement, sa marche à la suite de l’homme de Nazareth. Ce ne sont pas ses certitudes qui peuvent aider le monde, c'est son inquiète espérance.

 

Alors maintenant on fait quoi ?

Un engagement résolu car libre de tout absolu
Se joindre sans réserve aux luttes politiques pour que la première urgence, le premier souci, la préoccupation majeure soient la mise en œuvre concrète de solutions écologiques.


 

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