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Mon travail et moi : parlons-en



Ouvrage collectif sous la direction de Frédéric Rognon

 

Outil d’animation sur la base du
Forum « Mon travail et moi » tenu à
Lyon les 2 et 3 février 2018



éd. Olivétan
64 pages – 7,50 €

 

recension Gilles Castelnau


24 septembre 2019

La Communion protestante luthéro-réformée a organisé ce forum pour explorer la réalité du travail aujourd’hui, les exigences économiques et la pertinence tant d’une réflexion théologique que d’un accompagnement pastoral de la vie professionnelle.

Le document présenté ici a délibérément fait l’impasse sur la manière de voir des syndicats et des partis politiques pour poser les questions sur le terre humain éclairé par l’Évangile.

En voici quelques passages.


 

Partie 1

La centralité du travail

 

Les enjeux de l’organisation du travail : La pensée de Simone Weil


Le pouvoir de pensée

Car la dignité de l'humain, le fait que l'on « compte pour quelque chose », est lié à l'exercice de ce qu'il y a de plus humain en nous, à savoir l'intelligence et la pensée.

Or, l'usine productiviste est précisément organisée de telle sorte que la pensée individuelle se trouve empêchée dans son exercice même. L’homme humilié est celui dont toute action lui est imposée de l'extérieur - l'homme de la pure hétéronomie. En définitive, la seule chose qui puisse véritablement humilier l'homme (et non simplement le blesser, lui faire du mal), c'est la négation de son pouvoir de pensée.

Seule la lucidité au travail peut permettre à l'individu de s'y trouver bien, de s'y sentir chez soi, libre et heureux.

 

La dimension spirituelle du travail


II m'arrive de proposer l'exercice suivant. Imaginez que vous avez carte blanche. Vous pouvez faire n'importe quel travail. Qu'est-ce que vous choisiriez ? Une fois que vous avez une réponse, vous allez chercher quel est le meilleur compromis possible entre votre rêve et la réalité du marché de l'emploi

 

il est fondamental : comme protestants réformés, notre conviction est que Dieu appelle chaque être humain à accueillir ses dons et à les utiliser pour rendre service à la communauté, Ce processus lui permet aussi de se développer et de grandir.

 

La dureté du monde économique d'aujourd'hui rend souvent très difficile cette recherche d'un travail vocationnel, mais elle est essentielle. Toute personne a besoin de trouver un sens à ce qu'elle vit. Ce sens est une mise en relation de son expérience avec ses ressources spirituelles. Ce sens, elle est seule, à pouvoir le trouver.

 

Partie 2

Joies et peines au travail

 


La souffrance au travail : vieille histoire, nouveaux contextes

 

Solitude, isolement, désolation…

Les suicides au travail montent la faillite d'un système et la disparition de l'action collective. Les salariés livrés à leur sort retournent contre eux la violence et l'agressivité autrefois canalisées par diverses formes d'action collective. La brutalité de ces actes « impensables » renvoie à la brutalité de la mise en place de ces nouvelles formes d'organisation qui ont rendu le travail intenable. Jusqu'à la fin, on compte encore sur les autres, les collègues, pour vérifier que ce que l'on vit est bien injustifiable. La perte de cette dernière illusion fait souvent basculer les choses.


Écouter la souffrance au travail

Écouter

Une personne en difficulté a d'abord besoin d'être écoutée, II est important pour cela d'avoir assez de temps et de laisser la personne s'exprimer : son expérience au travail met en jeu le sens de sa vie et sa dignité de personne, Dans cette phase cruciale, se crée un lien qui sera fondamental pour la suite.

 

Précautions importante

Ne pas donner tout de suite des conseils ou envoyer immédiatement la personne à un organisme spécialisé. Faire cela risque d'être perçu comme un signe de fermeture : « je suis trop bouleversé par ce que vous me dites pour pouvoir vous aider ».

 

La « Permanence Trav’aïe » à Lausanne

 

Des paliers progressifs

Il est important d'aider la personne à agrandir son réseau de relations en participant, par exemple, à la vie d'une association culturelle ou sportive, d'une Eglise ou d'une communauté religieuse. II s'agit aussi d'aider la personne à percevoir ce qui se passe « de l’autre côté de la barrière ». II faut l'aider à comprendre ce dont a besoin l'employeur qui craint souvent qu'une personne qui a passé par un long chômage ne soit plus « dans la course».

 

 

« Smile, it’s Friday ! »

Paranoïa sociale

En entrant dans l’entreprise, en début de semaine, en réponse à ma salutation cette assistante d’un air dépité, m'a lancé un « comme un lundi ». Sa réponse m‘apparut comme une résignation, portant la peine d'une situation subie. Où sont passés la liberté, la capacité de choisir, de renoncer, de fuir et surtout de créer ?

Certes, je sais combien des situations professionnelles peuvent être peu enviables dans l'environnement matériel ou humain parfois difficilement supportables.

Certes, je sais combien des personnes sont dans l'obligation et
rarement dans le choix d'un travail, je sais combien des postes de travail peuvent être dépourvus d'intérêt et souvent de sens.

Même dans ces situations, j'ose croire qu'il y a un minimum d'intérêt à la tâche, à la rencontre humaine, ou au sens que peut apporter ce travail dans un processus plus large de fabrication ou de services.

Je me révolte contre cette paranoïa sociale qui tend à considérer le monde du travail comme un espace de victimisation à subir, si possible patiemment, à considérer le politique comme vendu aux intérêts particuliers et donc digne du seul mépris, ou jeter le discrédit sur l'économie comme un tissu de mensonges qui nous cache la vérité de profits honteux.

Et si cela existe aussi dans notre monde, il y a de mon point de vue un certain confort dans cette résignation paresseuse.

Ma vie et ma foi me laissent espérer un monde autre, C'est ce à quoi je veux participer dans mes temps de travail ou de non-travail !

 

 

Partie 3

Mutations

 

Promesses et mirages de la révolution numérique

 

L’étude la plus alarmante a été publiée en 2013 par deux chercheurs de l'université d'Oxford qui considèrent que 47 % des emplois américains consacrés à des tâches routinières, ont toutes les chances, d'ici deux décennies, d'être occupés par des robots. La plupart des travailleurs dans les transports et la logistique, de même que l'essentiel des emplois administratifs et les ouvriers dans les usines seraient susceptibles d'être remplacés par des machines. De même pour une proportion substantielle de services. Les rapports prospectifs ultérieurs ont revu très fortement à la baisse ces prévisions, car tous les emplois ne sont pas automatisables à I00 %, compte tenu de la complexité des interactions avec les clients ou avec les collègues de travail. Pour le Conseil français de l'orientation de l'emploi, dans un rapport de 2017, 10 % des emplois existants peuvent être supprimés et 50 % susceptibles d'évoluer dans leur contenu.

Ces études montrent que le numérique détruit l'emploi ou le rend plus précaire, créant surtout des emplois peu qualifiés. Les services à la personne offrent les emplois les plus nombreux dans une économie où tout ce qui peut être automatisé le sera tôt ou tard. Ainsi le numérique tend à accroître la fracture sociale entre des cadres de l'industrie numérique, généralement bien payés, et des travailleurs au statut de plus en plus précaire.

 


Nouveaux moyens de contrôle et surveillance des salariés

 

Au début des années 2000, sont apparues des plateformes marchandes qui, moyennant rétribution, mettent en relation des clients et une masse éclatée de travailleurs précaires. Fortement dépendants des plateformes, ils travaillent à la commande sans les garanties et la sécurité sociale qu'offre le salariat. Ils sont notés et classés par des algorithmes qui sécurisent leurs échanges avec les clients. Toute une gamme de travaux est proposée avec des conditions de travail plus ou moins dégradées. La plateforme de taxi Uber, une des plus connues, vend les services de chauffeurs auto-entrepreneurs. Hopeword, une des plus grandes plateformes américaines, met en relation les entreprises et les travailleurs des métiers de bureau dans 180 pays. Sur la plateforme Amazon Mechanical Turk, les donneurs d'ordre accèdent à une main d'œuvre massive qui réalise les petites tâches qu'un ordinateur ne parvient pas à accomplir comme l'analyse et le classement du contenu de milliards d'images. Cette main d'œuvre des pays les plus pauvres est rémunérée une misère.



 


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