Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Libre opinion

 


Overdose de Luther ?

    31 Octobre 1517 – 31 Octobre 2017...

 

pasteur Alain Arnoux

 

Article paru dans la Lettre hebdomadaire
de l’Église protestante unie de Bourdeaux, Dieulefit, La Valdaine
octobre 2017

 

14 octobre 2017

L'anniversaire du jour où le moine Martin Luther a frappé, sans le savoir, les trois coups de la Réformation qui allait ébranler et diviser l’Église d'Occident approche, et un peu partout les manifestations se multiplient, dans un climat œcuménique. Avec en arrière-plan, toujours, cette question : en quoi le message qui a poussé Luther à la rébellion et remué tant de gens il y a un demi-millénaire nous concerne-t-il aujourd'hui ? Pour Luther, le cœur du message chrétien, c'était le salut par la grâce de Dieu seule et par la seule foi de l'homme : « Sola gratia, sola fide ». Est-ce que cela a encore du sens pour nous ?
       

Comme tous les gens de son temps, Luther avait peur du jugement et de la condamnation de Dieu. Cela nous tracasse sans doute moins, encore que... La grande question était : que faire pour que Dieu m'accepte, pour qu'il soit miséricordieux ? La réponse que Luther a trouvée dans la Bible et qu'il a prêchée, c'est : Dieu est déjà miséricordieux, Dieu t'accepte déjà, la seule chose qui dépend de toi, c'est de faire confiance à son amour, c'est de croire qu'il t'accepte ; cela seul te donnera la paix, ici et maintenant.
       

Dieu m'accepte. Dieu nous accepte. Par amour, seulement par amour. Voici donc que j'ai le droit de me considérer comme un enfant de Dieu tout en étant imparfait, tout en étant limité, tout en commettant des erreurs et même des fautes, avec tout mon passé, avec toutes mes blessures, avec tout ce qui me plombe. Pas besoin de chercher à mériter de devenir son enfant, je suis son enfant ; c'est lui-même qui me le dit par son Fils Jésus-Christ. Voici donc qui me donne le droit d'être simplement un être humain ; de renoncer à l'obsession et à la prétention d'être parfait, de tout maîtriser, de tout réussir, de justifier mon existence, de sauver le monde. Voici donc qui me donne le droit de ne rien pouvoir faire pour les autres, parce que je suis malade, parce que je suis faible, parce que je suis vieux, parce que mon corps me trahit. Voici donc qui me donne le droit de me poser des questions, de trouver des solutions limitées, imparfaites et insatisfaisantes aux problèmes qui se posent à moi, et même de ne pas résoudre tous les problèmes, d'hésiter, de douter, de me tromper . Voici donc qui me donne le droit de ne pas attendre et de ne pas exiger que les autres soient parfaits. Voici donc qui me donne le droit de m'accepter moi-même et d'accepter les autres. Parce que je suis accepté. Parce que nous sommes acceptés. Par grâce, ce qui est un autre nom de l'amour de Dieu. Sola gratia.

Je me sens concerné par cela. Pas vous ? Croire cela, cela m'apaise, cela me libère, cela me guérit. En un mot, cela me sauve, maintenant, dans cette vie. De mes tensions intérieures, du dénigrement de moi-même, du dénigrement des autres, des amertumes quand j'échoue, des hontes éternelles sur mes fautes, de l'obsession d'être parfait, toujours au top, toujours triomphant. Et cela me libère de la question du salut dans l'au-delà, pour m'occuper de cette vie-ci, de ce monde-ci. Oui, croire cela me guérit et me libère pour que je puisse aimer. Aimer le monde et la vie. Aimer les autres tels qu'ils sont. M'aimer moi-même tel que je suis. Aimer Dieu, le Dieu de Jésus-Christ qui a donné sa vie pour faire sauter les obstacles qui nous empêchent de vivre cela. Le salut, c'est déjà cela. C'est ici et maintenant. C'est par la confiance dans le grand « oui » que Dieu prononce sur nous que je peux le vivre. Seulement par la confiance, seulement par la foi (c'est le même mot). Sola Fide.

L'apôtre Paul avait lutté contre l'idée que Dieu n'acceptait que ceux qui obéissaient parfaitement à la Loi de Moïse. Luther a repris son message pour lutter contre l'enseignement et les pratiques qui dominaient dans l’Église de son temps. Aujourd'hui, d'autres lois s'imposent à nous, dictées par la société marchande ou même par certaines vulgarisations de la psychologie : réussir en tout, être au top, et toujours justifier son existence... Face à cela, un vieux message dit simplement : « Tu es déjà accepté. Accepte-le, et tu seras sauvé, libéré, guéri de toutes ces lois, de tous les esclavages et de toutes les maladies intérieures qu'elles provoquent. Par le seul amour de Dieu, par ta seule confiance. Sola gratia, sola fide. »

 

Retour vers Alain Arnoux
Retour vers "libres opinions"
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

rtin Luther  

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.