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L’Évangile en relief

        Matthieu (année A)


Édition Olivétan

258 pages - 18 €


 

Michel Barlow

 

recension Gilles Catelnau



20 février 2017

Michel Barlow a déjà publié « L’Évangile en relief » (Luc, année C). Tous ceux qui auront été aidés par ce livre dans leur lecture de l'évangile seront heureux de retrouver la même présentation paisible des textes, cette fois-ci dans  Matthieu (et aussi dazns Jean).

Nombreux sont, en effet, ceux qui ne savent pas que faire des récits évangéliques que l'on proclame à la messe catholique et qu'aiment suivent aussi certains pasteurs protestants. De manière simple et claire, sans vocabulaire abstrait et sans réflexions compliquées, l'auteur en montre la spiritualité.

Il ajoute aussi souvent des notes en bas de page qui permettent aux esprits curieux,  depréciser quelque peu leur connaissance de la Bible.

 

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En voici deux passages.

page 33

Dimanche après Noël
dit de la Sainte-Famille

 

 

« D’Égypte, j’ai appelé mon fils »

Matthieu 2.13-15, 19-23

 

À la différence de Luc qui raconte de façon très détaillée la naissance de Jésus (Luc 2.1-2I), Matthieu « expédie » l'événement en douze mots : « Jésus étant né à Bethléem de Judée au temps du roi Hérode... » (2.1). Au reste, on l'a vu, ces précisions de lieu et de temps ont sans doute une valeur plus théologique que documentaire : Bethléem est la cité de David et il importe pour l'évangéliste de montrer que Jésus est descendant du grand roi (v. la généalogie de Jésus en Matthieu 1.1-17 ( 1 ). Quant à la mention d'Hérode ( 2 ), elle introduit le thème de Jésus vrai « roi des juifs » : c'est en ces termes que les mages d'Orient le recherchent à Jérusalem (Matthieu 2.2). C'est lui aussi qui « vient sauver son peuple de ses péchés », selon la prophétie de l'ange à Joseph (Matthieu 1.21). On comprend que les détenteurs du pouvoir politique, jaloux de leur autorité, cherchent à éliminer par tous les moyens ce concurrent potentiel !

Trop souvent, on ne retient de l'exil en Égypte de la « Sainte-Famille » que son aspect romanesque (le malheureux enfant persécuté qui parvient à échapper à ses poursuivants) ; mais là encore, la signification de cet épisode est avant tout théologique, ce qui amène certains à douter de son historicité : ce serait, disent-ils une sorte de « roman théologique » pour mettre en scène des convictions de foi. En tout cas, la citation d'Osée 11.1 éclaire le sens de l'événement, qu’il soit historique ou non. Dans le contexte, le prophète évoquait l'exode du peuple d'Israël libéré par Dieu de son esclavage en Égypte, « appelé par Dieu » à la liberté. L’évangéliste entend signifier ainsi que Jésus est bien un descendant d'Israël, un nouveau Moïse qui à son tour va appeler ses disciples à être libres.

On peut avoir une confirmation de cette lecture dans le deuxième songe de Joseph. « l’ange du Seigneur » - autrement dit Dieu lui-même - pourrait dire aussi à Moïse : « Mets-toi en route pour la terre d'Israël ! »

À la fin de notre lecture, Mathieu justifie l'installation en Galilée en faisant encore bénéficier Joseph d'un songe, et - comme il le fera tout au long de son évangile - en affirmant que l'événement réalise une prophétie du Premier Testament. Le dernier mot du passage fait débat entre les biblistes. Le texte, en effet, ne comporte pas nazaréen, habitant de Nazareth (nazarènos), comme par exemple en Marc 1.24 ( 3 ) ; mais nazôréen (nazôraios) comme en Actes 2.22 ( 4 ) ou en Jean 19.19 ( 5 ). L’étymologie de ce terme est incertaine: elle peut renvoyer au rejeton d'une plante, comme en Esaïe 11.1 ( 6 ) - peut-être l'oracle auquel Matthieu semble faire allusion : encore une façon de dire que Jésus est descendant de David. Cependant, le mot peut aussi désigner l'observant, le gardien d'une tradition : on appelait ainsi les membres des groupes baptistes, du temps de Jésus et celui-ci, baptisé par Jean, semble avoir lui-même pratiqué le baptême (v. Jean 3.22) ( 7 ). On peut enfin songer aux nazirs : ces « consacrés », dont le prototype est Samson (Juges 13.2-5) ( 8 ), le libérateur de son peuple opprimé par les Philistins. Mais Jésus n’est-il pas tout cela à la fois ?

 

______________

Notes

( 1 ) « Livre des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham... » (v. l)
( 2 ) Celui-ci étant mort en 4 av. J-C., cela amène à faire naître Jésus en 6... avant Jésus-Christ !
( 3 ) « Un homme possédé d'esprits impur s'écria (ce sont les démons en lui qui parlent) : « Que nous veux-tu, Jésus le Nazaréen ? » 
( 4 ) Dans le discours de Pierre à Jérusalem, le jour de la Pentecôte : « Israélites, écoutez mes paroles : Jésus le Nazôréen, homme que Dieu avait accrédité auprès de vous... » 
( 5 ) « Pilate avait rédigé un écriteau qu'il fit placer sur la croix. Il portait cette inscription : "Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs" »
( 6 ) « Un rameau sortira de la souche de Jessé (le père de David)... »
( 7 ) « Après cela (la rencontre avec le pharisien Nicodème, de nuit), Jésus se rendit avec ses disciples dans la Judée ; il y séjourna avec eux et il baptisait. »
( 8 ) L'Ange du Seigneur annonce à la mère de Samson que, bien que stérile, elle aura un fils : « ... Le rasoir ne passera pas sur sa tête car ce garçon sera consacré à Dieu (nazir). » Comme on le voit, la fameuse coupe de cheveux par Dalila qui enlève sa force herculéenne à Samson signifie surtout qu'il a renoncé à sa consécration religieuse.

 

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page 39

Fête de l’Épiphanie

 

L’adoration des mages

Matthieu 2. 1-12

 

L’épisode des mages (rien ne dit qu'ils étaient rois, ni qu’ils étaient trois !) a tellement nourri l'imaginaire chrétien qu'on a beaucoup « brodé » à son sujet. Un tri s'impose entre ces ajouts légendaires - pour ne pas dire parasites - et ce que le texte biblique exprime vraiment.

Le mot mage (magos) peut désigner en grec classique un prêtre, un magicien, un sorcier, un interprète des songes. C'est ce dernier sens qu'on trouve au livre de Daniel 2.2 : des mages chaldéens sont convoqués par le roi Nabuchodonosor pour lui expliquer les cauchemars qui hantent ses nuits. On considère actuellement que les mages venus adorer Jésus enfant étaient des astrologues de Mésopotamie, au nord-est de la Palestine : ils viennent d'orient (v. 1) et scrutent les étoiles (v. 2). Mais, ce sont des astrologues et non des astronomes : ils ne se contentent pas de calculer le trajet des planètes, mais lui cherchent un sens : l'étoile leur a appris la naissance d'un roi des juifs (v. 2).

Troublé par leurs dires, Hérode convoque les grands-prêtres (l'aristocratie sacerdotale) et les scribes, les interprètes patentés de l'Écriture - autrement dit, ceux qui ont le pouvoir et le savoir religieux. Ceux-là même, du reste, qui seront les pires adversaires de Jésus (V. p. ex. en Matthieu 21.15, leur attitude après son entrée solennelle à Jérusalem et la façon dont il a chassé les marchands du lieu saint. ( 1 ).

En réponse à la question d'Hérode, on brandit une citation du prophète Michée 5.1 ( 2 ) (VIIIs. av. J-C) que nous avons déjà commentée. Le début de la phrase est repris littéralement : dans l'évangile : l'annonce de la venue d'un roi qui naîtra à Bethléem (la cité de David). Mais Matthieu y ajoute l'image du berger qui est traditionnelle dans l'Ancien Testament pour figurer la fonction royale. Par exemple, en 2 Samuel 5.2, un oracle intronise ce même David : « Le Seigneur l'a dit : "C'est toi qui feras paître Israël mon peuple" ».
Les mages, ayant enfin trouvé Marie et son enfant (v. 11), se prosternent à ses pieds et lui rendent hommage : signe de la royauté du Christ sur toute l'humanité.
La scène rappelle l'oracle d'Ésaïe sur Jérusalem devenue lumière des nations et les foules qui affluent vers elle, apportant « de l'or et de l'encens » (Ésaïe 60.6). Quant à la myrrhe, elle était utilisée comme parfum pour les noces, et pour les sépultures (Jean 19.39 ( 3 ). Ajoutée au vin, elle était enivrante et comme telle, donnée aux suppliciés pour les anesthésier, (Marc 15.23 ( 4 ). Une façon de dire que Jésus ne sera pas un roi de gloire mais un roi crucifié ?

 

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Notes

( 1 ) « Les grands prêtres et les scribes furent indignés » (d'entendre des enfants crier dans le temple : « Hosannah (louange) au fils de David ! »).
( 2 ) « Et toi, Bethléem [maison d'] Ephrata, trop petite pour compter parmi les clans de Juda, de toi sortira pour moi ceiui qui doit gouverner Israël... »
( 3 ) Pour la sépulture de Jésus, Nicodème « apporte un mélange de myrrhe et d'aloès d'environ cent livres » (33 kg). L’aloès sert de parfum. Cf. Psaume 45.9 « Tes vêtements (il s'agit du roi "le plus beau des humains") ne sont que myrrhe, aloès et cannelle... »
( 4 ) Ils voulurent lui [à Jésus en croix] donner à boire du vin mêlé de myrrhe... »

 

 

 

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