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La faim au Royaume Uni


Claudine Castelnau

 

 

26 avril 2016

Frank Field est député travailliste britannique et anglican pratiquant, il est membre du Synode général de l’Eglise d’Angleterre et engagé depuis toujours dans les questions sociales et la question de la pauvreté entre autres. Avec un groupe de députés travaillistes et conservateurs de la Chambre des Communes et de la Chambre des Lords il a crée en 2013 le All-Party Parliamentary Group on Hunger and Poverty, pour tenter de cerner la question de la pauvreté de la faim, de la malnutrition et ses conséquences particulièrement graves pour les enfants au Royaume-Uni.

Ce mois-ci, ce groupe a publié un rapport qui traduit ses recherches et ses réflexions pour essayer de mesurer le nombre de familles dans le pays qui sont vulnérables et menacése par la faim. Avec des questions, que j’extraie du rapport, comme :

Pouquoi tant de gens ont-ils faim en Grande-Bretagne ?
Les signes notoires de malnutrition, de faim, d’anémie, d’obésité, chez les enfants en particulier.
Combien d’enfants arrivent-ils à l’école affamés ?
Et comment les familles se débrouillent-elles en l’absence de repas gratuits à l’école ou durant le week-end ou les vacances ?
Ce repas gratuit à l’école est-il le seul repas de la journée ?
La faim est-elle la partie visible d’une situation beaucoup plus grave d’abandon de ces enfants ?
Comment aider ces familles en diminuant la pression financière exercée sur elles ?

Le Groupe pose aussi la question :

Pourquoi est-ce le cinqième rapport que le Groupe publie ?
Pourquoi le Groupe même existe-t-il encore ? Pourquoi dans ce pays qui a une tradition de générosité envers ses voisins en difficulté à travers de nombreux bénévoles et d’associations charitables une solution politique n’a t-elle toujours pas été trouvée ?

Lors de la publication du dernier rapport du Groupe de parlementaires sur la faim, le constat est posé : Pour trop d’enfants « la faim est le plus constant des compagnons. »

Le rapport d’avril, cité par l’hebdomadaire anglican Church Times constate qu’en 2015, 6367 enfants de 5 ans sont entrés à l’école en classe préparatoire en sous-poids, une augmentation de 16 % par rapport à 2012. Et 502 643 enfants de moins de 5 ans étaient anémiés, en augmentation de 46 % par rapport à la décennie précédente.
De même chez les femmes enceintes le taux d’anémie avait atteint un niveau inégalé depuis 20 ans.
Les chiffres cités par le groupe interparlementaire sont fournis par les écoles, les diocèses anglicans, les charities, entre autres.

Le 7 avril dernier, Le Monde publiait un article intitulé : « Malgré la reprise économique, le Royaume-Uni touché par la faim ». on y racontait les « food banks », l’équivalent de nos banques alimentaires, qui reçoivent les « victimes urbaines de la faim », ceux qui travaillent mais ne gagnent pas assez comme ce jeune homme qui travaille dans la grande distribution et a  signé un « contrat zéro heure », une merveille de la société libérale toujours en quête d’ajustement. Ce contrat « impose une flexibilité extrême au salarié : l’entreprise décide du nombre d’heures que doit travailler le salarié et seules les heres effectuées sont rémunérées. Certains mois, Patrick n’a rien touché. Alors la banque alimentaire est devenue une nécessité. »

 

.

 

Autre article toujours dans Le Monde qui cite une association caritative catholique, le Trussel Trust, qui a lancé au Royaume-Uni un réseau de 420 banques alimentaires fournissant de la nourriture d’urgence.
Entre 2013 et 2014, le nombre de personnes ayant faim et venues demander de l’aide est passé 61 648 à 913 138, soit 15 fois plus en trois ans. Et ce n’est qu’une partie de la réalité, souligne l’association.

Et l’ONG Oxfam, autre association aidant ceux qui font faim estimait, en 2013, que 2 millions de Britanniques étaient mal nourris et qu’un parent sur six se privait de nourriture pour mieux subvenir aux besoins de sa famille.
« Mais pourquoi le Royaume-Uni se tord-il ainsi de faim ? Comment ce pays qui affiche une insolente reprise économique dans une Europe n'en finissant pas d'être affectée par la crise peut-il porter en son sein des habitants qui ont de plus en plus de mal à se nourrir ? », se demande Le Monde qui répond que « l'invraisemblable augmentation de la pauvreté outre-Manche depuis quelques mois trouve aussi ses origines dans le "Welfare Reform Act 2012", la réforme d'ampleur de la protection sociale initiée par le gouvernement conservateur de David Cameron. »

Un journaliste et économiste qui a travaillé sur la montée de la pauvreté évoque « une politique “punitive” dirigée contre les pauvres, et non contre la pauvreté. » Des allocations réduites, un régime injuste de sanctions draconiennes contre les chômeurs qui ne cherchent pas suffisamment de travail : un million de personnes ont déjà été victimes d’interruption de leurs allocations, interruption qui peut aller jusqu’à trois ans.

Et cet économiste prédisait que si les tories gagnaient les élections en 2015, la pauvreté gagnerait encore du terrain, pari gagné !

Mais l’avenir n’était guère plus rose si les travaillistes gagnaient, leurs propositions n’attaquant le problème de la pauvreté qu’à la marge et eux aussi promettaient l’austérité...

L’Eglise anglicane avec son Church Urban Fund a réalisé avec Poverty in England paper, un état des lieux et des statistiques sur la pauvreté pour chaque diocèse d’Angleterre afin qu’ils sachent mieux dans quel contexte les prêtres et les paroisses travaillent.

 

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