Michel Leconte a demandé à l’Intelligence Artificielle de présenter sa propre foi chrétienne. Voici ce que celle-ci a proposé :
Ma foi chrétienne se caractérise par une fidélité à Jésus de Nazareth qui s’autorise à interroger et à critiquer les doctrines élaborées à son sujet. L’attachement à sa personne et à son message ne suppose pas, à mes yeux, l’adhésion à l’ensemble du système dogmatique construit au cours de l’histoire du christianisme. Cette liberté critique appartient à une foi qui veut demeurer vivante, réfléchie et responsable.
Jésus est pour moi un homme véritable, dont les paroles, les gestes et la liberté ouvrent une possibilité nouvelle d’existence. Son attention aux exclus, sa contestation des hiérarchies religieuses et son annonce du Royaume constituent le cœur de ma référence chrétienne. La formule de Christian Duquoc, « visage humain de Dieu », rejoint profondément ma sensibilité. Jésus rend Dieu perceptible dans une existence humaine, sans que cette reconnaissance exige de faire de lui un être ontologiquement divin. Son humanité est précisément le lieu où peut se révéler quelque chose de Dieu.
Ma foi implique également le renoncement à la représentation d’un Dieu tout-puissant qui gouvernerait les événements et pourrait, à sa guise, empêcher les catastrophes ou mettre fin aux souffrances. Je cherche à penser une présence de Dieu compatible avec la réalité du mal et l’autonomie humaine. La pensée de Paul Tillich m’aide dans cette recherche : comprendre Dieu comme le fondement de l’être permet de dépasser l’image d’un être supérieur qui interviendrait de l’extérieur dans le cours du monde. La foi peut alors traverser le doute, accueillir la critique historique et se laisser interroger par la psychanalyse, y compris sur les désirs et les peurs qui habitent nos représentations religieuses.
Je refuse de comprendre la croix comme un sacrifice exigé par Dieu pour accorder son pardon. Un Dieu qui aurait besoin de la mort d’un innocent pour se réconcilier avec l’humanité me paraît contredire le pardon dont Jésus témoigne. Sa mort s’éclaire par sa vie, ses engagements et les oppositions qu’il a suscitées. La croix manifeste jusqu’où peut conduire la fidélité à une parole et à une manière de vivre lorsque celles-ci dérangent les pouvoirs.
Quant à la résurrection, je la comprends dans un registre symbolique et théologique, comme une attestation de Jésus par Dieu. Elle exprime la conviction que la vérité de son existence et de son message ne se trouve pas anéantie par sa condamnation et sa mort. Je ne l’entends ni comme un retour biologique à la vie ni comme la garantie d’une immortalité qui viendrait satisfaire notre désir de survivre. Son sens se cherche aussi dans la puissance de vie que cette existence peut encore susciter en nous.
Cette foi possède une portée éthique et politique essentielle. Le Royaume annoncé par Jésus se laisse reconnaître dans ce qui relève les personnes, combat l’exclusion et rend les relations plus justes. La défense de la liberté de conscience, de l’égalité et de la dignité de chacun, notamment des personnes LGBT, appartient pleinement à ma compréhension de l’Évangile. Les rites, les doctrines et les institutions trouvent leur sens dans leur capacité à servir cette humanisation. Ils doivent pouvoir être interrogés lorsqu’ils entretiennent la peur, la culpabilité ou la soumission.
Croire en chrétien, c’est donc, pour moi, accueillir dans l’existence et le message de Jésus une parole qui fait vivre, y discerner une manifestation de Dieu et chercher à en répondre librement, lucidement et solidairement. C’est une confiance qui accepte de ne pas tout savoir et de ne pas tout maîtriser. Elle engage ma manière d’habiter le monde, de rencontrer autrui et de prendre part à ce qui peut rendre la vie plus humaine.
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