La prière selon Paul Tillich

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1. « Prier consiste à demander à Dieu d’intervenir afin qu’il modifie le cours des événements en notre faveur. »

Ou bien :

2. « Prier consiste à s’ouvrir consciemment à la présence de Dieu, fondement de notre être, et à lui présenter notre désir dans une relation de personne à personne. »

Pour Tillich, Dieu n’est pas une personne, c’est-à-dire un individu suprême possédant une conscience à côté des autres consciences. Il n’est cependant pas moins que personnel : il est le fondement de toute personnalité et peut donc être rencontré symboliquement comme un « Tu ». Le langage personnel de la prière ne décrit pas littéralement la psychologie d’un être céleste ; il exprime une relation existentielle à la profondeur divine qui nous porte et nous accepte.

Prier pour un malade ne signifie donc pas tenter de convaincre Dieu de suspendre les processus biologiques. C’est présenter devant lui notre inquiétude, notre espérance et notre impuissance, afin que celles-ci soient assumées dans la confiance. La prière peut transformer celui qui prie, soutenir la personne souffrante et susciter des actes de présence et de soin. Elle ne garantit pas la guérison, mais elle ouvre la situation à une profondeur de sens, de courage et de communion que la maladie ne peut entièrement détruire.

Réduire la prière à une technique destinée à obtenir un résultat relève d’une conception magique et supranaturaliste. Mais la réduire à un simple dialogue intérieur serait également insuffisant : pour Tillich, le croyant ne s’adresse pas seulement à lui-même, mais à la puissance d’être qui le précède et le dépasse.

Dire que la prière transforme celui qui prie ne signifie donc pas qu’elle n’agit « que subjectivement ». Elle peut modifier réellement une situation par la qualité nouvelle de présence, de courage et d’amour qu’elle rend possible. En revanche, attribuer une guérison à l’efficacité particulière d’une prière conduirait à rendre Dieu responsable de toutes les prières demeurées sans résultat.

Références :

Paul Tillich, Théologie systématique, tome II, L’Être et Dieu, dans les développements sur la personnalité de Dieu et le caractère symbolique du langage personnel appliqué à Dieu. À rapprocher du chapitre « Le Dieu au-dessus de Dieu » dans Le Courage d’être, qui permet de penser la relation à Dieu au-delà du théisme faisant de lui un interlocuteur céleste parmi les êtres.

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