En feuilletant la Bible (A.T.)

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En feuilletant ma bible je regarde les passages soulignés, ceux que j’aime à relire, qui relancent ma vie intérieure.

[Dieu dit à Josué] :  Je serai avec toi, comme j’ai été avec Moïse.
Je ne te délaisserai pas, je ne t’abandonnerai pas. 
Fortifie-toi et prends courage.
 [Jos 1.5]

Mon enfance à l’école du dimanche a été bercée par les récits magnifiques où les trompettes des prêtres hébreux faisaient s’écrouler les murailles de Jéricho et les grands massacres des méchants ennemis qui s’en suivaient. Nous en étions tous enthousiasmés.

J’ai appris plus tard que rien de cela n’avait eu lieu : c’était le jeune roi Josias qui avait demandé qu’on lui rédige l’histoire du peuple d’une façon suffisamment tonique pour lui permettre de résister à la puissante Assyrie. Mais cela n’a rien enlevé à la force de ces paroles qui continuent à me galvaniser lorsque la vie se fait dure.

Ne t’effraie point et ne t’épouvante point, car l’Eternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras. [Jos 1.9]

Elie

L’ange de l’Eternel vint, le toucha, et lui dit : Lève-toi, mange, car le chemin est trop long pour toi.

Le prophète Elie était menacé de mort par la mauvaise reine Jézabel : il avait maîtrisé le feu du ciel, dont les 40p rophètes de Baal étaient pourtant les spécialistes, et les avait tous égorgés de sa main. Cette histoire sensationnelle m’enchantait. 
La vilaine reine Jézabel le menaçait dès lors de mort. Mais Elie avait confiance en l’Eternel et…

Il se leva, mangea et but. Et avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu, à Horeb. [I Rois 19.7-8]

Mon pasteur disait que ce n’était pas la vérité historique de ces récits fantastiques qui comptait, mais que nous devions retrouver l’Esprit de vie qui animait leurs auteurs. Il avait raison. Il est bon de se confier, comme Elie, en l’Eternel.

Salomon

Debout, Salomon bénit à haute voix toute l’assemblée d’Israël, en disant :

Béni soit l’Eternel, qui a donné du repos à son peuple d’Israël, selon sa promesse ! De toutes les bonnes paroles qu’il a prononcées par Moïse, son serviteur, aucune n’est restée sans effet. [I Rois 8.55-56]

Je suis frappé du fait que les auteurs de cet ancien récit n’aient pas dit que Salomon ait promis fidélité à Dieu, n’ait pas demandé pardon pour les péchés du peuple, n’ait pas demandé à être protégé de ses ennemis. Ils ne mentionnent le « repos » qui a été donné par Dieu dans le passé du peuple. Le mot hébreu, je l’ai appris, désigne la paix intérieure, la confiance, la foi. Et les rédacteurs disent que c’est cela que le peuple a toujours reçu, signe de la présence de Dieu.

J’ai aussi souligné ce passage car il semblait me promettre le « repos»  à moi aussi, puisque Dieu ne change pas et demeure fidèle par-delà toutes les générations. 


« Tu n’as rien à demander. dit-il doucement, ne t’ai-je pas toujours donné ma présence et ma force, mon Dynamisme créateur, mon Souffle de Résurrection t’ont-ils jamais manqué ? »

Le loup

A l’Église on nous faisait lire le prophète Esaïe, un des textes les plus anciens de la Bible : 

Le loup habitera avec l’agneau [Esaïe 11.6]

L’hébreu n’a que deux temps de verbe. Celui du passé et celui, utilisé ici, qui désigne la vie en mouvement : à la fois le présent, le conditionnel et le futur. 
Esaïe dit pareillement que 
le loup habitera avec l’agneau (lorsque viendra le Jour de l’Eternel)
le loup habite avec l’agneau (lorsqu’ils vivent dès maintenant l’ambiance du Jour de l’Eternel)
le loup pourrait habiter avec l’agneau (si seulement ils connaissaient le Jour de l’Eternel)

A l’école on nous faisait lire la fable que, dans les salons du Grand Siècle de Louis XIV, La Fontaine se permettait de jeter à la face du roi : regard lucide sur le malheur des pauvres maltraités par les riches et les puissants.

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Un agneau se désaltérait dans le courant d’une onde pure.

Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
       
Et que la faim en ces lieux attirait…
Là-dessus, au fond des forêts, le loup l’emporte et puis le mange,

Sans autre forme de procès.

Bien sûr j’étais horrifié par La Fontaine et séduit par Esaïe. Mais cela me faisait aussi comprendre que je devais choisir l’esprit je voulais faire vivre !

Le 3e Esaïe

Lors de l’Exil du peuple à Babylone au VIe siècle av. J.C. les prêtres avaient sauvegardé son identité en développant les rites de la nourriture cachère, du respect du chabbat et des fêtes de Pâque et de Pentecôte. Lors de son retour en Israël le choc a été grand avec les Hébreux qui n’avaient pas été exilés et n’avaient pas connu ce grand changement. Un nouvel Esaïe (le 3e) a relancé les coutumes des premiers temps :

Voici le culte auquel je prends plaisir, dit l’Eternel :

Détache les chaînes de la méchanceté,

Dénoue les liens de la servitude,

Renvoie libres les opprimés,

Et que l’on rompe toute espèce de joug ;

Partage ton pain avec celui qui a faim,

Et fais entrer dans ta maison le malheureux sans asile ;

Si tu vois un homme nu, couvre-le,

Et ne te détourne pas de ton semblable.

C’est alors que la lumière poindra comme l’aurore, [Esaïe 58.6-8]

Cette attitude ouverte et fraternelle me frappait beaucoup et aujourd’hui encore elle me semble faire connaître parfaitement le cœur de la foi en Dieu.

L’Ecclésiaste

La joie de la vie me semble aussi fort bien présenter l’existence avec Dieu.
Va, mange avec joie ton pain, et bois gaiement ton vin ; 
car dès longtemps Dieu prend plaisir à ce que tu fais.

Qu’en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l’huile ne manque point sur ta tête.

Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, 
pendant tous les jours de ta vie de vanité, que Dieu t’a donnée sous le soleil

[Ecclésiaste 9.7]

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