En prenant de l’âge

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 En prenant de l’âge, nous avons pris conscience du fait que Dieu nous a toujours gardés tout au long de notre vie et que nous n’avons pas à lui demander sans cesse de veiller sur nos problèmes, à attendre, espérer…

Lorsque le roi Salomon célébra la dédicace du Temple, il ne fit, devant le peuple rassemblé sur l’esplanade, aucune promesse de fidélité à Dieu et ne lui demanda pas non plus aucun exaucement pour l’avenir. Il dit seulement :
Béni soit l’Éternel, qui a donné le repos à son peuple d’Israël. (I R 8.56)

Le mot qu’il employait, « menoukha » en hébreu, désigne la paix, l’harmonie intérieure fondée sur l’élan, la force qui permet de traverser les périodes de trouble, de défaite, de tristesse, de deuil qui ne sauraient manquer dans nos existences.

Lorsque, dans une période de tristesse ou d’angoisse on doute de l’existence de Dieu ou lorsqu’on lui dit espérer que son aide viendra, il répond tout doucement, et nous le savons bien : 
« Mais tu n’as rien à demander. 
Ne t’ai-je pas toujours donné ma présence et ma force. 
Mon Dynamisme créateur, mon Souffle de Résurrection t’ont-ils jamais manqué ? »

Lorsque Pierre marchait sur l’eau, écrit l’évangéliste Matthieu (14.30), 

Voyant que le vent était fort, il eut peur et comme il commençait à enfoncer, il s’écria : 
– Seigneur sauve-moi !

Et Jésus le lui reprocha : 

Jésus étendit la main, le saisit et lui dit :
– Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?

Douté de quoi ? non pas de dogmes, de l’existence d’un Dieu tout-puissant, ni de la divinité de Jésus, encore moins de la Trinité ou du salut par la Croix !
Il avait douté de la « menoukha », de la confiance apaisée des enfants de Dieu, que nous, les vieux connaissons depuis longtemps.

Pour être fidèle à Dieu il ne devait pas crier vers lui de manière anxieuse mais puiser en son cœur la menoukha et saisir la main du Christ (la main de Dieu) dans un esprit confiant.

N’ai-je pas toujours été présent, dit Dieu, surtout dans les moments d’épreuve, pour raffermir ta force intérieure, ton courage d’affronter l’angoisse de la vie ? Dans tes malheurs, dans tes deuils, dans ton sentiment de solitude et d’abandon, n’ai-je pas été là avec toi, en toi, avec mon sourire d’encouragement, avec ma joie renouvelée ? Comme je le suis « pour tous ceux qui respirent » sans discrimination ni condition de réciprocité (Certains en sont plus conscients et en profitent plus que d’autres…)


Ne t’ai-je pas toujours envoyé un voisin, un ami, un pasteur, ne t’ai-je pas toujours suggéré un verset biblique ou une strophe de cantique qui t’ont redit les paroles d’espérance qui t’ont touché et t’ont permis de tenir, de résister, de sourire malgré tout, de ressentir à nouveau ma joie ?

Joie du Dynamisme créateur qui avait permis au jeune David de vaincre le terrible géant Goliath, au paralysé de se lever et de marcher et… au Christ de ressusciter ? 

Ne l’avons-nous pas toujours ressenti lorsque la défaite, le deuil et la tristesse semblaient nous submerger et que quelqu’un animé lui-même de cet Élan, s’approchait alors de nous, et que sa présence nous communiquait amour et réconfort ? Élan de joie qui anime tout ce qui respire.

Et n’avons-nous pas, à notre tour, contribué à faire renaître un peu de joie en notre prochain, un rayon dans ses yeux de cette lumière qui vient de Dieu lorsque nous nous sommes approchés de lui animés tout simplement nous-même de la menoukha, de la Présence divine créatrice et apaisante.


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