La paix en Ukraine
Des responsables religieux ukrainiens ont lancé un appel pour mettre fin à l’invasion de leur pays. L’Ukraine a subi d’intenses bombardements russes pendant la période de Noël, […] Dans un sermon pour la Nativité du Christ, qui se fêtait le 7 janvier dans le monde orthodoxe russe, mais a été instaurée en Ukraine le 25 décembre, pour être en communion avec les Églises orthodoxes du mode occidental, le primat de l’Église orthodoxe indépendante d’Ukraine, le métropolite Épiphane a comparé les dirigeants russes au roi Hérode, […] et affirmé que le châtiment divin était « inévitable » pour ceux qui continuaient d’enlever des enfants ukrainiens et de violer des femmes ukrainiennes, ainsi que pour le patriarche Kirill de Moscou qui a « béni la guerre, les crimes et les meurtres du haut de la chaire. De nos jours, nous voyons comment les adeptes du « Monde russe » deviennent semblables à Hérode et à d’autres hypocrites : ils construisent et décorent somptueusement des temples grandioses et accomplissent des rites religieux magnifiques, tout en détruisant, en pillant et en tuant, a déclaré le métropolite Épiphane. De même qu’Hérode craignait un Messie vivant, le tyran du Kremlin et son patriarche qui lui est soumis, n’ont que faire de la volonté de Dieu, des enseignements de l’Évangile ou des commandements du Seigneur. »
Moscou a continué de bombarder les villes ukrainiennes pendant les fêtes de Noël, dans le but manifeste d’affaiblir la position de négociation de Kiev, et a affirmé avoir pris le contrôle de deux villes de première ligne, ce que les commandants ukrainiens ont démenti […] Parallèlement, le pape Léon XIV a déclaré depuis Rome aux journalistes qu’il était « profondément attristé » que Moscou ait « rejeté » sa demande de trêve pour Noël. Dans son homélie du jour de Noël, le pape a appelé les parties négociatrices à « trouver le courage de s’engager dans un dialogue sincère, direct et respectueux » avec le soutien de la communauté internationale. Dans une « lettre ouverte au peuple américain », l’évêque franciscain catholique d’Odessa, Mgr Stanislav Shyrokoradiuk, a déclaré avoir « toujours pu compter sur le soutien de l’Amérique » durant les persécutions subies sous le régime soviétique, mais ne plus pouvoir faire confiance à ceux qui prenaient le parti de Moscou « plutôt que celui des victimes. C’est avec une profonde douleur que nous avons constaté les fortes pressions exercées par des représentants du gouvernement américain. Après des millions de morts, des villes et des villages détruits, des enfants déportés et d’innombrables autres horreurs de la guerre, on attend de l’Ukraine qu’elle cède des territoires supplémentaires… et qu’elle croie en même temps à des garanties de sécurité future. »
Dans une déclaration, des membres, issus des deux partis [démocrate et républicain], de la commission des relations internationales du Sénat américain ont dénoncé le président Poutine pour avoir ordonné des « crimes brutaux » pendant la période de Noël et les attaques perpétrées contre Donetsk, Tchernihiv, Kharkiv, Kherson, Odessa, Soumy et Kryvyi Rih […] Dans la déclaration des responsables religieux ukrainiens, il est question du « Monde russe ». La revue Persée définit ce « Monde russe » comme « un concept culturel intégrant des individus de culture et de langue russe quelles que soit leur ethnicité ou leur confession religieuse (éventuellement des valeurs orthodoxes mais pas seulement). La crise ukrainienne a accentué l’instrumentalisation du concept de ‘Monde russe’ comme outil de pouvoir, en particulier sur l’Ukraine. »
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Israël et la peine de mort
Le 2 janvier, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé une série de propositions soumises à la Knesset (le Parlement israélien) visant à abaisser le seuil d’application de la peine de mort à l’égard des Palestiniens et à la violation de leurs droits à une procédure régulière.
Selon l’ONU, le libellé de cette législation, ainsi que les déclarations des responsables politiques israéliens, indiquent qu’elle est destinée à s’appliquer uniquement aux Palestiniens, qui sont souvent condamnés à l’issue de procès inéquitables. […] En outre, les modifications proposées concernant l’application de la peine capitale comprennent des dispositions relatives aux actes de « terrorisme, de racisme ou d’hostilité envers le public », qui sont définis de manière vague et trop large. Pour le Bureau des droits humains de l’ONU, ces propositions violent également les normes du droit international humanitaire relatives aux procédures pénales et à l’application de la peine de mort à l’encontre des résidents d’un territoire occupé. C’est le cas de la Cisjordanie et de Gaza. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a rappelé aussi que le fait de priver tout Palestinien de Cisjordanie et de Gaza des garanties d’un procès équitable prévues par la quatrième Convention de Genève constituait un crime de guerre.
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Enseignement religieux en Irlande du Nord
Un arrêt de la Cour suprême du Royaume-Uni a déclaré illégal l’enseignement religieux chrétien dispensé dans les écoles d’Irlande du Nord. Dans son jugement, la Cour a estimé que l’approche actuelle manque d’un cadre « objectif, critique et pluraliste » et tend davantage vers l’endoctrinement que vers la promotion d’une compréhension diversifiée des croyances.
En réaction à cet arrêt, qui ne s’applique pas aux écoles catholiques, un évêque d’Irlande du Nord le critique tout de même vigoureusement. Cet arrêt historique fait suite à une affaire intentée par un père dont la fille, fréquentait une école primaire publique non catholique de Belfast. La fillette y recevait un enseignement religieux chrétien non confessionnel et participait aux offices religieux. L’arrêt de la Cour suprême a confirmé le jugement de la Haute Cour de 2022, selon lequel « l’enseignement religieux dans le cadre du programme scolaire de base et l’organisation des offices religieux dans l’école primaire fréquentée par l’enfant portaient atteinte à ses droits et à ceux de son père en vertu de la législation européenne relative aux droits de l’homme ». L’un des points soulevés dans l’arrêt concernait la prière avant les repas, récitée par l’enfant à la maison. Elle a expliqué à ses parents, non religieux, que c’était une pratique courante à l’école. Le jugement a été bien entendu mal reçu par l’évêque qui y voit le « bannissement » des valeurs religieuses de l’école non confessionnelle et demande : « Le christianisme est-il en train d’être banni des écoles ? McGuckian a ajouté : Je tiens à contester le principe avancé par les personnes ayant une mentalité laïque, à savoir que le christianisme ne devrait pas être prioritaire dans les écoles. Ce principe est tout simplement infondé, déraisonnable et illogique. Le christianisme et la vision judéo-chrétienne du monde constituent le fondement de tout ce qui est bon dans la société occidentale et sont profondément ancrés dans la législation relative aux droits de l’homme […] Dans les écoles du monde occidental, le christianisme devrait, en effet, occuper une place prioritaire dans nos systèmes éducatifs, et chacun, y compris les personnes d’autres confessions ou sans confession, devrait le reconnaître et s’en féliciter en raison de son importance fondamentale. »
L’évêque a ajouté que les religions du monde doivent également être respectées et qu’elles ont aussi une contribution à apporter à une société multiculturelle et multiconfessionnelle de plus en plus diverse. Mais que « le christianisme (le catholicisme ?) doit avoir une place centrale et unique parce qu’il est à l’origine des valeurs qui sous-tendent la société occidentale. » Les quatre Églises principales d’Irlande du Nord vont se mettre au travail pour adapter et moderniser les programmes religieux dans l’enseignement.
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Salomon de Brosse
Extraits de l’article du pasteur José Loncke
« Salomon de Brosse fit le palais du Luxembourg pour la reine et le temple de Charenton pour Dieu »
Ses derniers jours
Salomon de Brosse fut un protestant fidèle jusqu’à la mort. Il resta attaché à sa foi, contre vents et marées à une époque où une telle conviction ne faisait pas que demander de la diplomatie mais exigeait bel et bien de l’héroïsme.
Il meurt dans un logement exigu, situé dans une dépendance du palais du Luxembourg, rue de Vaugirard. […]
L’inventaire fait après son décès (9 décembre 1626), montre qu’il vivait très simplement : quelques meubles, trois livres d’architecture, la Bible de Genève, un nouveau testament. […] Le cercueil n’eut pas un long chemin à faire pour être porté jusqu’au cimetière accordé aux protestants, rue des Saints-Pères, près de St Germain des près.
Sans famille ni pasteur, seulement deux archers de guet comme témoins. « Là, reposent Conrart, le fondateur de l’académie française, plusieurs des Gobelins et d’autres protestants du 17ème siècle, qui, comme Salomon de Brosse ne furent pas seulement des protestants mais prirent place avec honneur dans l’histoire des arts, des sciences et des lettres françaises. »
Sa vie
Il appartenait, par sa mère, à l’illustre famille d’architectes protestants des Androuet du Cerceau. […] Toute sa famille et ses relations étaient protestantes.
Il semble avoir porté un second prénom, celui de Jacques. Au prénom Salomon, d’allure protestante, que lui aurait destiné tout d’abord ses parents, on crut bon d’en ajouter un autre, d’allure plus catholique et moins compromettant. Ce prénom donné par peur, donne une idée du climat de l’époque. Pendant la tourmente des guerres de religion, sa famille s’éloigna géographiquement sans doute, comme tant d’autres huguenots, « la persécution étant rude. Après diverses courses et changements de lieux », notamment après un séjour, à Sedan, on revient au pays. Cette fuite révélait de fortes convictions : « J’aime mieux quitter mes biens que de retourner à la messe », dira son oncle du Cerceau.
Par son mariage, vers 1592, avec Florence Métivier, il devient parent d’autres architectes protestants. Son nom apparaît à plusieurs reprises sur des registres paroissiaux protestants, à l’occasion de mariages par exemple. Il semble avoir été très attaché à sa foi puisqu’il éleva ses 7 enfants en protestants (aux prénoms bibliques sauf une Catherine), lesquels, pour la plupart firent des mariages protestants, et restèrent fidèles à leur foi après sa mort. Certains de ses descendants émigrèrent à Kassel en Allemagne où ils devinrent architectes de la cour.
Promenade dans le Paris de Salomon de Brosse
L’une des premières œuvres de Salomon fut, l’agrandissement de l’hôtel de Bouillon (1612-1613) qui s’élevait à l’emplacement de la rue des Beaux-Arts et qui était l’une des plus vastes demeures du Paris d’autrefois.
Salomon de Brosse est chargé de la reconstruction en 1623 du Temple de Charenton qui pouvait accueillir 4 000 personnes. Au plafond de la nef sont inscrites les Tables de la Loi, en lettres d’or sur fond bleu. Des textes bibliques illustraient les portes.
« La parole de Dieu étant le Centre de la foi et du culte dans le protestantisme, S. de Brosse, avant tout chercha le moyen de réunir autour de la chaire du prédicateur dans un espace assez limité une foule qui s’éleva souvent à quatre mille auditeurs, mais il s’efforça aussi de donner à son œuvre un cachet artistique qui frappa les contemporains.
Le temple de Charenton devint rapidement célèbre en France et hors de France. En Allemagne, avant et après la révocation de l’Édit de Nantes, plusieurs églises ont été construites sur ce modèle. »
En 1616 Salomon de Brosse donne le dessin de la façade de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais.
La reine mère le décharge de la construction du Luxembourg (1615-1625), en suscitant toutes sortes de difficultés, à l’instigation de son confesseur. Un autre va prendre la conduite des travaux du palais de justice de Rennes dont Salomon De Brosse avait pourtant fait les plans !
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