Le religieux dans la presse

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La rentrée des classes et les Talibans

Les yeux des enfants brillent, c’est l’excitation au rayon des fournitures scolaires, un nom bien plat pour désigner ces objets qui font la joie des petits et des plus grands l’espace de quelques semaines. C’est la rentrée des classes. Mais pas pour tous les enfants du monde.  Ainsi, le bulletin de l’ONU du 14 août dernier nous rappelle que 4 ans après leur arrivée au pouvoir, « les talibans poursuivent méthodiquement leur entreprise d’effacement des femmes de la vie publique afghane. Plus de 70 décrets ont déjà brisé leurs droits, au travail, à la liberté de mouvement et à l’éducation. Et rien ne semble infléchir la tendance ».Toujours selon la dernière enquête publiée en août par l’ONU, 92 % des Afghans jugent « important » que les adolescentes poursuivent leurs études secondaires. Quatre ans après le retour des talibans au pouvoir, les Afghans sont quasiment unanimes. De Kaboul la capitale à Hérat à l’Ouest, à la frontière proche de l’Iran et du Turkménistan, en passant par les vallées reculées du Tadjikistan. Nombreux sont ceux qui réclament la scolarisation des filles.  Et même dans les campagnes, l’agence de l’ONU militant pour l’égalité des sexes révèle que 87 % des hommes et 95 % des femmes défendent ce droit. En ville, la proportion atteint 95 % pour les deux sexes. Un plébiscite silencieux, qui contraste avec l’interdiction toujours imposée par les autorités aux filles en âge de se rendre au collège et au lycée de poursuivre leur éducation. 

Selon les données récentes de l’UNESCO, l’agence de l’ONU chargée de la défense de l’éducation, les filles afghanes sont aujourd’hui près de 2,2 millions à être privées d’enseignement secondaire et supérieur, en raison de plus de 70 décrets talibans bafouant leur droit à l’éducation. 

« C’est presque toujours la première chose que nous disent les filles : elles brûlent d’apprendre et réclament simplement une chance d’aller à l’école », confie une représentante spéciale d’ONU Femmes en Afghanistan. « Les familles expriment aussi le souhait que leurs filles puissent réaliser ce rêve. Elles savent que l’alphabétisation et l’éducation peuvent transformer le destin d’une enfant, dans un pays où la moitié de la population vit dans la pauvreté ».

L’enquête nationale menée par ONU Femmes, auprès de plus de 2 000 Afghans met aussi en lumière l’effet corrosif des restrictions accumulées. Dans les régions où l’interdiction pour les femmes de travailler pour des ONG est appliquée, 97 % d’entre elles disent en subir directement les conséquences dans leur vie quotidienne. Plus de la moitié des organisations humanitaires affirment ne plus pouvoir atteindre les bénéficiaires féminines avec des services pourtant vitaux.  Les enquêtes décrivent des Afghanes isolées, effacées (à commencer par leur visibilité niée dans l‘espace public par le port du tchador sous lequel elles sont enfouies… lorsqu’elles sont autorisées à sortir (41 % seulement sortent de chez elles chaque jour contre 88 % des hommes afghans). Et menacées de lapidation ou fouettées en public lorsqu’elles sont accusées d’adultère (ainsi entre novembre 2022 et mai 2023, 58 femmes auraient été fouettées publiquement pour des « crimes » allant de l’adultère au non-respect de codes vestimentaires, à la fugue hors du foyer conjugal, ou à des achats sans être accompagnées par un tuteur masculin. Dans la même période, plus de 37 peines de lapidation ont été prononcées au cours de trois dernières années, signe d’une violence sexiste systématique à l’encontre des femmes. On ne peut s’étonner des tentatives de suicide et des problèmes psychologiques graves qui touchent une femme sur deux en Afghanistan actuellement.  Et pourtant, alors qu’elles sont pour nombre d’entre elles écrasées par la vie, victimes de violences lorsqu’elles sont engagées dans la défense des droits des femmes, ou pour de prétendus crimes moraux, elles disent encore espérer. Et l’agence onusienne qui a mené l’enquête constate que « cette obstination, conjuguée au soutien quasi unanime de la population pour l’éducation des filles, révèle un fossé grandissant entre la société afghane et ses dirigeants. Tandis que le régime verrouille l’espace des femmes, les familles persistent à rêver d’un tableau noir, d’un cahier ouvert, d’une vie différente pour leurs filles. » Tandis que l’absence de formation pour les femmes, leur impossibilité à accéder à ‘éducation, à l’emploi ou à la formation accroit le manque d’infirmières, de médecins, une pénurie d’enseignants et entraîne une augmentation des mariages d’enfants, de l’exploitation et de la pauvreté.

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Enfin, qui sont ces talibans aujourd’hui au pouvoir ? Le mot Taliban signifie élève, celui qui cherche. Ils sont aussi ceux qui ont dirigé l’Afghanistan une première fois après le retrait de l’Union soviétique en 1989, et ils en ont profité pour imposer une forme très stricte de la loi islamique, la charia. Durant leur règne, les exécutions publiques et les flagellations étaient courantes. Les femmes n’avaient généralement pas le droit de travailler ou d’étudier et étaient obligées de porter une burqa (voile intégral) en public. Les Talibans ont interdit les livres et les films occidentaux et ont détruit des objets culturels d’autres traditions, notamment les fameuses statues géantes du Bouddha vieilles de 1 500 ans dans la vallée centrale afghane de Bâmiyân. Ces Bouddhas de Bâmiyân, trois statues monumentales en haut-relief représentaient des bouddhas debout, sculptées dans la paroi d’une falaise à 2500 m et vestiges d’une civilisation bouddhiste

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Oliviers arrachés en Cisjordanie

Le 24 août, The Times of Israel, un quotidien israélien en ligne a publié une triste nouvelle : « L’armée israélienne a déraciné à coup de bulldozer des milliers d’oliviers dans le village d’al-Mughayyir, en Cisjordanie, sur une zone d’environ 30 hectares, au cours des trois derniers jours, à la suite d’une fusillade perpétrée la semaine dernière dans la région par un habitant, ont rapporté des médias palestiniens ». Et la nouvelle se termine par l’annonce d’un couvre-feu imposé durant trois jours au village. Une sanction collective comme d’autres villages palestiniens ont eu à en subir après avoir voulu se défendre contre l’attaque de colons israéliens et non pas de « résidents » comme les nomme le général venu sur place constater la situation . Car il s’agit la plupart du temps de colons agressifs, prêts à chasser des paysans palestiniens de leurs terres et de leurs champs. Et l’on souvient de récoltes d’olives où un mouvement de rabbins israéliens étaient venus prêter main fort à ces paysans palestiniens au moment de la récolte des olives, une des seules ressources de ces paysans. Déraciner des milliers d’oliviers, c’est pour de longues années ne plus avoir de récoltes mais c’est plus que cela. L’olivier, cet arbre magnifique du monde méditerranéen, c’est attenter à l’un des symboles forts d’une civilisation, depuis la Grèce antique jusqu’à nos jours où il est perçu comme un symbole de sagesse et de réconciliation. Et de survie grâce à la nourriture qu’il procure Mais l’olivier est aussi présent dans la Bible avec l’épisode où Noé envoie une colombe qui revient à l’arche en portant un rameau d’olivier, symbole de la paix offerte par Dieu, ou encore l’olivier que l’on retrouve dans une sourate du Coran, comme un arbre béni. Cet arbre charme par sa capacité à traduire l’espoir, la réconciliation, et la résilience au-delà des frontières religieuses et culturelles.  Et comment l’homme cherche, à travers ses symboles, une paix durable et universelle ?

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