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Jésus a-t-il accompli les prophéties ?

 

Did Jesus fulfill prophecy ?

 

Robert J. Miller
Professeur de théologie
Juniata College
Huntingdon, Pennsylvanie, États-Unis

 

19 mai 2004
La conviction que Jésus a accompli les prophéties
est considérée comme la preuve absolue de la vérité du christianisme, que le judaïsme se refuse à reconnaître.
Depuis le1er siècle jusqu'à aujourd'hui, les chrétiens se sont efforcés de mettre en rapport certains faits de la vie de Jésus et des passages de l'Ancien Testament afin de justifier leur conviction que le plan de salut de Dieu pour l'humanité trouvait ainsi son accomplissement.

L'évangéliste Matthieu est celui qui a le plus pratiqué cette méthode. A sa lecture, on acquiert l'impression que quiconque croit aux Écritures d'Israël doit se rendre à l'évidence que Jésus en est le Messie annoncé. Par l'accomplissement des prophéties qu'il s'efforce de démontrer, Matthieu entend apporter la preuve que toute l'histoire d'Israël converge sur Jésus. Cet argument a été utilisé pour démontrer la supériorité du christianisme sur le judaïsme avec les conséquences funestes que l'on sait.

Cet article se propose d'examiner cette question.

 

Comment Matthieu manie la prophétie

 

A douze reprises, Matthieu interrompt son récit pour remarquer que l'événement qu'il rapporte accomplit une prophétie particulière. En voici trois cas particulièrement caractéristiques.

 

1

Le début du ministère de Jésus

 

Dans sa description du début du ministère public de Jésus, Matthieu suit l'Évangile de Marc

Matthieu 4.12

Jésus, ayant appris que Jean avait été livré, se retira dans la Galilée.

Marc 1.14

Après que Jean eut été livré, Jésus alla dans la Galilée, prêchant l'Evangile de Dieu.

13 Il quitta Nazareth, et vint demeurer à Capernaüm, située près de la mer, dans le territoire de Zabulon et de Nephthali,
14 afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par Esaïe, le prophète :
15 Le peuple de Zabulon et de Nephthali, de la contrée voisine de la mer, du pays au delà du Jourdain et de la Galilée des païens
16 Ce peuple, assis dans les ténèbres, a vu une grande lumière et sur ceux qui étaient assis dans la région et l'ombre de la mort la lumière s'est levée.

17 Dès ce moment Jésus commença à prêcher, et à dire : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche.

15 Il disait : Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle.

 

Matthieu interrompt le récit de Marc pour insérer la mention, en apparence inutile, d'un changement de résidence de Jésus (versets 13-15) et la formule d'accomplissement de la prophétie d'Ésaïe (versets 15-16).

Ésaïe avait écrit :

Si les temps passés ont couvert d'opprobre le pays de Zabulon et le pays de Nephthali,
Les temps à venir couvriront de gloire la contrée voisine de la mer, au delà du Jourdain, le territoire des païens.
Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre de la mort une lumière resplendit. 8.23-9.1

En même temps que la Galilée, Ésaïe avait mentionné Zabulon et Nephtali, comme on disait de son temps, en indiquant que ce pays se situait près de la mer et au-delà du Jourdain. Matthieu 4.13 utilise cette indication pour préciser les indications fournies par Marc.

Marc disait

Quelques jours après, Jésus revint à Capernaüm. On apprit qu'il était à la maison, 2.1

ce qui indique que Jésus avait une maison à Capernaüm, sur la mer de Galilée. Matthieu rapporte que Jésus était allé de Nazareth à Capernaüm, ce qui lui permet de reprendre le terme de « mer » d'Ésaïe 8.23.

Il dit aussi, de manière d'ailleurs peu exacte, que Capernaüm est « dans le territoire de Zabulon et de Nephtali » alors qu'en réalité, Nazareth est en Zabulon et Capharnaüm en Nephtali.
Il ne peut pas reprendre les mots d'Ésaïe « au-delà du Jourdain » puisque Jésus n'a jamais traversé ce fleuve : la Galilée est sur la rive ouest du Jourdain et Capernaüm est sur la mer de Galilée, à plusieurs kilomètres de l'embouchure du Jourdain.

Au sens strict, Matthieu décrit Jésus quittant Zabulon pour entrer en Nephtali. Mais ce qui l'intéresse est la mention « Galilée des païens » car elle prouve qu'en même temps qu'il accomplit la vision d'Ésaïe, Jésus manifeste qu'il est venu pour les païens comme pour les juifs.

En sélectionnant ces éléments dans le livre d'Ésaïe et en l'intégrant habilement dans le récit de Marc, Matthieu fait donc penser au lecteur que Jésus a effectivement accompli une prophétie.

 

 

2

Les Rameaux

 

Matthieu 21. 1-9

1 Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem, et qu'ils furent arrivés à Bethphagé, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux disciples,
2 en leur disant : Allez au village qui est devant vous; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle; détachez-les, et amenez-les-moi.
3 Si quelqu'un vous dit quelque chose, vous répondrez : Le Seigneur en a besoin. Et à l'instant il les laissera aller.

Marc 11.1-10

1 Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem, et qu'ils furent près de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples,
2 en leur disant : Allez au village qui est devant vous ; dès que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s'est encore assis ; détachez-le, et amenez-le.
3 Si quelqu'un vous dit : Pourquoi faites-vous cela ? répondez : Le Seigneur en a besoin. Et à l'instant il le laissera venir ici.

4 Or, ceci arriva afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète :
5 Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, plein de douceur et monté sur un âne et sur un ânon, le petit d'une ânesse.

6 Les disciples allèrent, et firent ce que Jésus leur avait ordonné.
7 Ils amenèrent l'ânesse et l'ânon, mirent sur eux leurs vêtements, et le firent asseoir dessus.
8 La plupart des gens de la foule étendirent leurs vêtements sur le chemin ; d'autres coupèrent des branches d'arbres, et en jonchèrent la route.
9 Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient : Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts !

4 les disciples, étant allés, trouvèrent l'ânon attaché dehors près d'une porte, au contour du chemin, et ils le détachèrent.
5 Quelques-uns de ceux qui étaient là leur dirent : Que faites-vous ? pourquoi détachez-vous cet ânon ?
6 Ils répondirent comme Jésus l'avait dit. Et on les laissa aller.
7 Ils amenèrent à Jésus l'ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et Jésus s'assit dessus.
8 Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d'autres des branches qu'ils coupèrent dans les champs.
9 Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient: Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
10 Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père ! Hosanna dans les lieux très hauts !

 

Matthieu suit le texte de Marc sauf qu'il ajoute au milieu du récit de Marc la citation d'Ésaïe et celle de Zacharie :

Ésaïe 62.11 Voici ce que l'Eternel proclame aux extrémités de la terre : Dites à la fille de Sion : Voici, ton sauveur arrive

Zacharie 9.9. Sois transportée d'allégresse, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem !
Voici, ton roi vient à toi. Il est juste et victorieux, il est humble et monté sur un âne, sur un âne et le petit d'une ânesse.

Zacharie semble mentionner la présence de deux bêtes : « une ânesse et son ânon ». La raison en est que la poésie hébraïque aime à redoubler chaque affirmation en la répétant en d'autres termes, ce qui a induit en erreur le traducteur grec de la Septante qui a compris qu'il y avait deux animaux.
Matthieu qui ne lisait pas comme nous l'Ancien Testament dans son original hébreu mais comme les autres auteurs du Nouveau Testament dans la traduction de la Septante, n'a pas hésité à mentionner textuellement les deux bêtes. Ce que Marc ne fait pas, puisqu'il ne s'appuie pas sur la citation de Zacharie.

Cette scène étrange selon laquelle Jésus monte deux bêtes simultanément montre que Matthieu est prêt à aller jusqu'à l'extravagance pour démontrer que Jésus accomplit la prophétie à la lettre. On peut d'ailleurs s'interroger sur ses qualités d'hébraïsant !

 

 

3

La trahison de Judas

 

Matthieu 26

14 Alors l'un des douze, appelé Judas Iscariote, alla vers les principaux sacrificateurs,
15 et dit : Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai ? Et ils lui payèrent trente pièces d'argent.

Marc 14

10 Judas Iscariote, l'un des douze, alla vers les principaux sacrificateurs, afin de leur livrer Jésus.
11 Après l'avoir entendu, ils furent dans la joie, et promirent de lui donner de l'argent.

 

Où Matthieu a-t-il pris cette précision des « trente pièces d'argent » qu'il est seul à mentionner puisque les autres évangiles l'ignorent. On l'apprend plus loin dans le texte lorsque Matthieu cite l'Ancien Testament :

Matthieu 27
Judas, qui l'avait livré, voyant qu'il était condamné, se repentit, et rapporta les trente pièces d'argent aux principaux sacrificateurs et aux anciens,
4 en disant : J'ai péché, en livrant le sang innocent. Ils répondirent : Que nous importe ? Cela te regarde.
5 Judas jeta les pièces d'argent dans le temple, se retira, et alla se pendre.
6 Les principaux sacrificateurs les ramassèrent, et dirent : Il n'est pas permis de les mettre dans le trésor sacré, puisque c'est le prix du sang.
7 Et, après en avoir délibéré, ils achetèrent avec cet argent le champ du potier, pour la sépulture des étrangers.
8 C'est pourquoi ce champ a été appelé champ du sang, jusqu'à ce jour.
9 Alors s'accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète : Ils ont pris les trente pièces d'argent, la valeur de celui qui a été estimé, qu'on a estimé de la part des enfants d'Israël ;
10 et ils les ont données pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'avait ordonné.

Cette prophétie est en réalité de Zacharie et non de Jérémie. (L'erreur de Matthieu vient sans doute de ce qu'il n'avait pas le texte sous les yeux mais le citait de mémoire.)

Voici la citation exacte de Zacharie :

Zacharie 11 12 Je leur dis : Si vous le trouvez bon, donnez-moi mon salaire ; sinon, ne le donnez pas. Et ils pesèrent pour mon salaire trente sicles d'argent.
13 L'Eternel me dit : Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel ils m'ont estimé ! Et je pris les trente sicles d'argent, et je les jetai dans la maison de l'Eternel, pour le potier.

Matthieu puise dans cette citation l'information selon laquelle Judas a rendu l'argent et que cet argent est en relation avec un potier.

A lire le texte on a tout d'abord l'impression que Matthieu, qui a une grande connaissance des Écriture, se rend compte spontanément que le fait historique de la vie de Jésus qu'il rapporte renvoie à une prophétie passée. Mais en réalité, Matthieu est, dès le départ, convaincu que Jésus a sans aucun doute accompli les Écritures : il recherche alors dans l'Ancien Testament les événements qu'il peut attribuer ensuite à Jésus.

 

Les prophètes croyaient-ils annoncer l'avenir ?

 

Matthieu voyait dans l'Ancien Testament des préfigurations de Jésus. Mais il est évident que le prophète Zacharie, par exemple, ne pouvait prévoir que les 30 pièces d'argent dont il parlait payeraient la trahison de Judas. Dans le passage que Matthieu cite en 1.23, le prophète Ésaïe ne pouvait pas non plus penser à Jésus, lorsqu'il disait au roi Achaz :

Le Seigneur lui-même vous donnera un signe :
La jeune femme sera enceinte, elle enfantera un fils, et lui donnera le nom d'Emmanuel.
L'enfant mangera de la crème et du miel, jusqu'à ce qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien.
Mais avant qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien, le pays dont tu crains les deux rois sera abandonné. Ésaïe 7.14-16

La « jeune femme » en question était sans doute une des femmes d'Achaz ou en tout cas quelqu'un qu'Achaz et Ésaïe connaissaient tous deux. Le terme hébreu désigne, en effet, une « jeune femme ». Le terme grec de la Septante que lisait Matthieu désigne une « jeune fille vierge ».

Respecter la Bible oblige à reconnaître que les prophètes s'adressaient plusieurs siècles avant Jésus-Christ à des gens réels et leur transmettaient un enseignement compréhensible à leur époque et qui les concernait directement.

Respecter la Bible oblige également à reconnaître que Matthieu considère, comme tout le monde en son temps, que les textes des prophètes étaient des messages codés ayant une signification secrète. Cette conception était déjà celle des prophètes grecs contemporains du Nouveau Testament, dont on croyait qu'ils transmettaient, sous l'influence d'un mystérieux « esprit de prophétie », des messages incompréhensibles sur le moment et qui ne devait être révélé que dans un avenir inconnu.

Une telle idée a encore cours de nos jours dans les milieux évangéliques où l'on publie des auteurs qui prétendent comprendre les anciens prophètes mieux qu'ils ne se comprenaient eux-mêmes. Ils apportent des révélations souvent impressionnantes à partir des textes bibliques d'où il ressort fréquemment que nous vivons les « temps de la fin du monde » où l'accroissement du mal va devenir apocalyptique !

 

Que prouve l'accomplissement des prophéties ?

 

 

- Cette doctrine signifie que toute l'histoire du monde converge vers notre époque moderne où le message des prophètes peut enfin être compris.
- Elle implique aussi que nous faisons partie des « sauvés » et que le reste de l'humanité qui ignore ces secrets est destiné à la damnation éternelle.
- Elle nous interroge enfin sur la conception de Dieu qui est la nôtre et sur les besoins secrets qu'une pensée aussi égoïste entend satisfaire !

 

L'idée que l'Ancien Testament contient des prophéties annonçant la venue du Messie et que Jésus aurait accomplies, est si répandue que les chrétiens ont longtemps accusé les Juifs de la refuser par hypocrisie et dureté de coeur. C'est d'ailleurs ce que Matthieu suggère lui-même à la fin de son Évangile en disant que les autorités juives niaient en toute connaissance de cause la résurrection de Jésus :

Quelques hommes de la garde entrèrent dans la ville, et annoncèrent aux principaux sacrificateurs tout ce qui était arrivé. Ceux-ci, après s'être assemblés avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme d'argent, en disant :
- Vous direz que ses disciples sont venus de nuit le dérober, pendant que nous dormions. Et si le gouverneur l'apprend, nous l'apaiserons, et nous vous tirerons de peine.
Les soldats prirent l'argent, suivirent ces instructions et ce bruit s'est répandu parmi les Juifs, jusqu'à ce jour. Matthieu 28.11-15.

En réalité les choses n'ont pas pu se passer ainsi. Si les soldats avaient réellement « pris l'argent, et suivi ces instructions » l'évangéliste n'en aurait rien su. Si Matthieu élabore cette petite fiction, c'est afin que montrer combien les disciples ont raison de refuser de croire au vol du corps de Jésus et à quel point les Juifs ont tort de refuser de croire en la Resurrection.

Le débat avec les responsables du judaïsme officiel a dû, en effet, être serré. Preuve en soit les invectives que Matthieu met dans la bouche de Jésus :

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui le voudraient ! Matthieu 23.13.

C'est dans cette ambiance de polémique que l'on peut comprendre la preuve que Matthieu apporte par l'accomplissement des prophéties.

 

La foi contemporaine

 

Il nous faut essayer de comprendre l'état d'esprit de Matthieu et de ses lecteurs. Il est vraisemblable que les lecteurs de l'époque ignoraient aussi bien ce que les prophètes avaient dit que ce que Jésus avait réellement fait. Ils croyaient que Jésus était le Messie. Ils étaient convaincus que Dieu ne pouvait manquer d'avoir déposé des indices de cette messianité dans les Écritures, notamment dans les textes des prophètes.

C'est précisément ce que Matthieu entend montrer. Lorsqu'il découvrait dans l'Écriture un indice concernant le Messie, le futur roi fils de David, fils de Dieu, il s'efforçait de le mettre en relation avec un épisode qu'il connaissait de la vie ou de l'activité de Jésus.

L'affirmation que Jésus avait accompli les prophéties provenait donc de la conviction des premiers chrétiens qu'il était le Messie attendu et non l'inverse. C'est bien parce qu'ils croyaient que Jésus était le Messie qu'ils sondaient les Écritures pour y découvrir les prophéties qu'il avait sûrement accomplies.

On comprend dès lors pourquoi les Juifs n'étaient pas convaincus par ce genre de preuves. Ce n'était pas un signe de leur dureté de coeur. Mais comme ils ne croyaient pas que Jésus était le Messie, ils ne croyaient pas non plus qu'il avait accompli les prophéties. Ils n'étaient pas sensibles aux preuves apportées par Matthieu et pensaient d'ailleurs qu'elles étaient détournées.

Mais les premiers chrétiens étaient heureux de se voir donner des arguments qui leur seraient utiles pour résister à la critique émanant de la puissante et nombreuse communauté juive de leur temps.

De nos jours la situation a changé. Nous ne sommes plus convaincus par les mêmes arguments. Par contre, en pensant au terrible prix que les chrétiens ont forcé les Juifs à payer pour garder leur foi, il est peut-être temps que nous renoncions à dire que si les Juifs comprenaient correctement la Bible ils deviendraient chrétiens. Et pour cela nous devrions abandonner les prétendues preuves que Matthieu croyait trouver dans les Écritures et qui ont fait tant de mal au cours des siècles passés.

 

Traduction Gilles Castelnau


 

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