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Introduction à l'Ancien Testament

Introduction au Nouveau Testament

 

 

Années 90-100

 


L'évangile selon Jean

 

26 août 2012

Cet évangile est bien différent des trois synoptiques. Voici quelques unes de ses caractéristiques.

 

Le Logos

Il introduit à l'Évangile :

Au commencement était le Logos, et le Logos était avec Dieu, et le Logos était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par lui et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas reçue.
Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui. Il n'était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.
Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a pas connue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçue. Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.
Et le Logos a été fait chair, il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.

Le « Logos » est, dans l'hellénisme, le principe cosmique de la création. Il ordonne l'ensemble de l'univers ; tout pouvoir d'être, d'exister, de créer émane de lui.

Le judaïsme hellénisé connaissait l'idée du Logos et Philon d'Alexandrie, notamment, l'associait à l'idée hébraïque de la Sagesse divine dont parlait Proverbes 8 :

Moi, la sagesse, j'ai pour demeure le discernement et je possède la science de la réflexion. [...]
Je suis l'intelligence, la force est à moi, par moi les rois règnent et les princes ordonnent ce qui est juste.
Par moi gouvernent les chefs, les grands, tous les juges de la terre.
J'aime ceux qui m'aiment et ceux qui me cherchent me trouvent [...]
L'Eternel m'a créée la première de ses œuvres avant ses œuvres les plus anciennes.
J'ai été établie depuis l'éternité, dès le commencement, avant l'origine de la terre.
Je fus enfantée quand il n'y avait point d'abîmes, point de sources chargées d'eaux.
Avant que les montagnes soient affermies, avant que les collines existent, je fus enfantée. [...]
J'étais à l'œuvre auprès de lui et je faisais tous les jours ses délices, jouant sans cesse en sa présence,
Jouant sur le globe de sa terre et trouvant mon bonheur parmi les fils de l'homme.
Et maintenant, mes fils, écoutez-moi et heureux ceux qui observent mes voies !
Ecoutez l'instruction, pour devenir sages, ne la rejetez pas.
Heureux l'homme qui m'écoute, qui veille chaque jour à mes portes, Car celui qui me trouve a trouvé la vie.

Dans les Actes, Paul disait aux Athéniens :

Dieu donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses.
En lui nous avons la vie, le mouvement, et l'être. (Actes 17.25, 28)

L'auteur de l'épitre aux Colossiens écrivait à la même époque :

Le Fils de son amour... est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création.
Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, 
les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. 
Tout a été créé par lui et pour lui.
Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui… Car Dieu a voulu que toute plénitude habite en lui.

L'Évangile de Jean unit l'univers cosmique au personnage du Fils de l'amour de Dieu et tous les « signes » que Jésus va y accomplir serotn dons révélateurs de la vie divine et... cosmique.

 

 

Les « signes »

Jean n'utilise pas le mot de « miracle » qui trnasmet l'idée de puissance, d'extraordinaire, comme les autres évangélistes. Il dit « signes ».
Un signe « désigne » la réalité à laquelle il convient de penser. Quand le doigt désigne la lune il ne faut pas regarder le doigt mais bien la lune : Lorsque le Logos nous indique par l'intermédiaire d'un signe la manière dont la vie cosmique s'organise dans la lumière du Fils de l'Amour de Dieu, lorsqu'il s'incerne dans tel acte et telle parole, il ne faut pas s'interroger sur la « divinité » de Jésus mais sur la manière dont nous vivons dans le monde qu'il nous révèle.

Il y a le signe fait à Cana de l'eau des ablutions rituelles changée en vin de noce, indiquant la vie heureuse que tend à promouvoir le Logs créateur sans la contrainte des rites de pureté.
Il ya celui de la guérison du fils de l'officier royal (4.46-54), du paralytique de la piscine de Béthesda (5.1-9), de la mulitiplication des pains (6.1-14), de la marche sur l'eau (6.16-21), de la guérison de l'aveugle-né (9.1-12) et finalement la résurrection de Lazare (11.1-44).

Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d'autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. 20.30-31.

 

 

Les Samaritains

Le quatrième évangile semble issu d'un milieu proche des Samaritains qui étaient à la fois proches des juifs tout en s'en différenciant très largement. Par exemple les Samaritains n'adoraient pas à Jérusalem et justement en Jean 4.19-21 Jésus en parle avec une Samaritaine :

Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète.
Nos pères ont adoré sur cette montagne; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem.
Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.

Jésus demeure ensuite chez les Samaritains qui, les premiers reconnaissent en lui le sauveur du monde (4.42)

A l'accusation d'être possédé d'un démon et d'être samaritain (Jean 8. 48), Jésus se défend d'être possédé du démon mais non pas d'être samaritain !

Il semble donc que l'Évangile de Jean soit issu du milieu juif hétérodoxe des Samaritains.

 

 

Les Juifs

L'évangéliste Jean semble focalisé sur les Juifs. Il les nomme 68 fois (Matthieu et Luc, 5 fois, Marc 6 fois) et les présente toujours comme des adversaires. Sont-ils seulement les membres du peuple ennemis des Samaritains ? Ou représentent-ils les autorités de la synagogue opposés après l'an 80 à la jeune Église ? Les judéo-chrétiens attachés à maintenir la Loi de Moïse ? Les opposants à l'Évangile ?

En tous cas il ne s'agit certainement pas d'un antisémitisme brut et pour éviter toute ambiguité, la Traduction Œcuménique de la Bible (TOB) a pris le parti de toujours préciser :
Ainsi en 1.19 : Les autorités juives envoyèrent des prêtres poser la question... (au lieu de : les Juifs envoyèrent...)
2.6 : Six jarres de pierre destinées aux rites juifs de purification (au lieu de aux purifications des Juifs).
2.13 : La Pâque juive était proche (au lieu de la Pâque des Juifs était proche).

Il est caractéristique que « le premier signe que fit Jésus » fut de changer en bon vin de noces l'eau destinée aux purifications des Juifs, montrant ainsi la nature de son ministère : on ne pratique plus les purifications rituelles mais on reçoit une vie humaine joyeuse.

Il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples.
Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit : Ils n'ont plus de vin.
Jésus lui répondit : Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n'est pas encore venue.
Sa mère dit aux serviteurs : Faites ce qu'il vous dira.
Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures.
Jésus leur dit : Remplissez d'eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu'au bord.
Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l'ordonnateur du repas. Et ils en portèrent.
Quand l'ordonnateur du repas eut goûté l'eau changée en vin, ne sachant d'où venait ce vin, tandis que les serviteurs, qui avaient puisé l'eau, le savaient bien, il appela l'époux,
et lui dit : Tout homme sert d'abord le bon vin, puis le moins bon après qu'on s'est enivré ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent.
Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des signes que fit Jésus. 2.1-11

 

 

Le « bien-aimé »

Ce mystérieux disciple, qui apparaît curieusement toujours en compagnie étroite de Pierre, n'est jamais appelé Jean comme on le croit souvent. Il est mentionné six fois dans l'évangile :

13. 23-25

Un des disciples, celui que Jésus aimait, était couché sur le sein de Jésus.
Simon Pierre lui fit signe de demander qui était celui dont parlait Jésus.
Et ce disciple, s'étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit: Seigneur, qui est-ce?

18. 16 : Il est connu du grand-prêtre

Pierre resta dehors près de la porte. L'autre disciple, qui était connu du grand prêtre, sortit, parla à la portière, et fit entrer Pierre.


19. 26 : au Calvaire, seul passage où ce disciple n'est pas avec Pierre

Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils.

20. 2

Marie courut vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus aimait, et leur dit : Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis.


-
 20. 3-5 : Il court plus vite que Pierre

Pierre et l'autre disciple sortirent, et allèrent au sépulcre. Ils couraient tous deux ensemble. Mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre. s'étant baissé, il vit les bandes qui étaient à terre, cependant il n'entra pas.

20.8 : il croit tout de suite

Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi et il vit, et il crut.


21. 7 : Il reconnaît tout de suite le Seigneur.

Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : C'est le Seigneur ! Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer.


-
 21. 20-22 : Jésus parle du fait qu'il pourrait « demeurer ».

Pierre, s'étant retourné, vit venir après eux le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant le souper, s'était penché sur la poitrine de Jésus, et avait dit : Seigneur, qui est celui qui te livre ? En le voyant, Pierre dit à Jésus : Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il ?
Jésus lui dit : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi.

 

Le bien-aimé connaît le grand-prêtre, il est sans doute d'un milieu social trop élevé pour être identifié à Jean, frère de Jacques, fils de Zébédée, simples pêcheurs du lac de Galilée. D'ailleurs il n'est mentionné qu'en Judée, jamais en Galilée.

Serait-il Lazare ? Celui-ci est le seul disciple dont il est dit que Jésus « l'aime » (lorsqu'il est mort)

- 11. 35-36

Jésus pleura.
Sur quoi les Juifs dirent: Voyez comme il l'aimait.

De plus, déjà ressuscité du tombeau, il est logique qu'on lui attribue l'immortalité (21. 23).

Il est sans doute plus simple et plus vraisemblable de faire l'hypothèse que le Bien-aimé représenterait le leader d'un groupe de l'Église primitive issu d'un judaïsme hétérodoxe, comme Pierre symbolise la communauté de l'Église de Jérusalem qui est issue du judaïsme orthodoxe.

La manière dont le 4e évangile met en scène le Bien-aimé montre d'une part une déférence à l'égard de Pierre et donc de l'Église de Jérusalem et d'autre part un certain sentiment de supériorité : on croit mieux et plus vite, on ne s'enfuit pas lors de la Passion, on connaît le grand-prêtre chez qui on entre librement... On peut remarquer que le 4e Évangile ne mentionne jamais le groupe des 12 apôtres, ignore notamment Jacques et Jean fils de Zébédée mais connaît d'autres disciples comme Nathanaël, Nicodème et Lazare.

La communauté johannique d'où sont également issues les trois épîtres dites de Jean et l'Apocalypse est donc un groupe de l'Église primitive à la fois enraciné dans un judaïsme hétérodoxe et dans l'hellénisme.

 

 

Le gnosticisme

L'opposition dans l'Évangile de Jean de la lumière et des ténèbres, de la vérité et du mensonge, de la vie et de la mort fait penser à l'influence de la pensée gnostique.
Le gnosticisme était un mouvement né précisément au 1er siècle de notre ère dans des milieux spiritualistes enseignant que le salut vient de la « connaissance » (gnose signifie connaissance) de la divinité malheureusement emprisonnée en l'homme dont la chair physique est comme la gangue entourant l'or d'une pépite. L'homme est « sauvé » lorsqu'il prend conscience qu'il appartient au monde d'en haut, de la lumière, de la pureté, de la vérité que le Christ est précisément venu nous révéler.

En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
La lumière luit dans les ténèbres,
et les ténèbres ne l'ont pas reçue.
1.4-5

Le langage employé par Jean dans ce début de son introduction était celui des hellénistes gnostiques et devait capter leur attention. Par contre la spécificité de l'Évangile se trouve au verset 14 où l'incarnation du Logos dans la chair humaine est impensable pour des esprits gnostiques et où notamment la chair ne peut avoir de gloire.

Et le Logos a été fait chair,
il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité
et nous avons contemplé sa gloire,
une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.

 

 

 

Et les évangiles synoptiques ?

Évidemment tout ceci est fort différent des évangiles synoptiques. L'auteur les connaissait-il ? Était-il conscient de les contredire en ne disant pas que Simon de Cyrène portait la croix de Jésus mais qu'il la portait lui-même ?

Jésus, portant sa croix... 19.17

On peut penser qu'il ne les ignorait pas mais qu'il élaborait son texte à partir des matériaux traditionnels qui circulaient dans son milieu et qu'il s'attachait avant tout à mettre en scène sa propre conception théologique. Par exemple dans le cas du portement de croix, Jean présente un Christ assumant victorieusement sa passion jusqu'au moment de sa mort où il s'exclame

tout est accompli  19.30

 

Une ou trois fêtes de Pâques à Jérusalem ?

Les synoptiques ont toutes les trois le même plan : Jésus exerce son ministère en Galilée et finalement se rend à Jérusalem pour la Pâques où il est rapidement arrêté et condamné. Par contre Jean nous raconte trois fêtes de Pâques à Jérusalem.

La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs assis. Ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il dispersa la monnaie des changeurs, et renversa les tables... 2.13

Lorsque ses frères furent montés à la fête, il y monta aussi lui-même, non publiquement, mais comme en secret.  7.10

La Pâque des Juifs était proche. Et beaucoup de gens du pays montèrent à Jérusalem avant la Pâque, pour se purifier. Ils cherchaient Jésus, et ils se disaient les uns aux autres dans le temple : Que vous en semble ? Ne viendra-t-il pas à la fête ? Or, les fgrands prêtres et les pharisiens avaient donné l'ordre que, si quelqu'un savait où il était, il le déclarât, afin qu'on se saisît de lui.
Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie, où était Lazare, qu'il avait ressuscité des morts.  11.55-12.1

Il est à remarquer que s'il n'y a eu, selon les synoptiques, qu'une seule fête de Pâques dans le ministère de Jésus, celui-ci n'a duré qu'environs un an et demi. S'il y en a eu trois, selon Jean, son ministère a pu durer plus de trois ans.

 

 

Le rédacteur final est-il l'auteur de l'Évangile ?

Après la conclusion qui est à la fin du chapître 20

Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d'autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. 20.30-31

le chapître 21 est manifestement ajouté et se termine de manière énigmatique :

Pierre, s'étant retourné, vit venir après eux le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant le souper, s'était penché sur la poitrine de Jésus, et avait dit : Seigneur, qui est celui qui te livre ? En le voyant, Pierre dit à Jésus : Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? Jésus lui dit : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi.
Là-dessus, le bruit courut parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Cependant Jésus n'avait pas dit à Pierre qu'il ne mourrait point ; mais : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ?
C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses, et qui les a écrites. Et nous savons que son témoignage est vrai.
Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu'on écrirait. 21.20-25

Le professeur Jean Zumstein écrit (Introduction au Nouveau Testament, sous la direction de Daniel Marguerat) :

L'évangile n'est pas l'œuvre d'un témoin oculaire. Si l'on en croit le chapitre 21, c'est le disciple bien-aimé qui en serait l'auteur. Cette identification qui n'intervient que dans l'épilogue de l'évangile, appelle deux remarques. Tout d'abord si l'on tient compte du fait que chez Jean, une certaine rivalité existe entre Pierre et le disciple bien-aimé et de plus que la mort du disciple bien-aimé semble avoir constitué un problème pour les cercles johanniques, il s'en suit que le disciples bien-aimé ne doit pas être considéré comme une figure purement symbolique, sans consistance historique ; il s'agit d'une figure connue des cercles johanniques, plus précisément comme fondateur de la tradition et de l'école johannique.
En deuxième lieu, à la différence du disciple bien-aimé, le rédacteur de l'évangile est probablement un homme de la deuxième ou de la troisième génération. Il écrit au nom du disciple bien-aimé, et s'efforce d'exposer sous la forme d'un évangile l'interprétation de la foi chrétienne esquissée par le disciple bien-aimé.

 

 

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