Années
70-90
Les
chrétiens « hellénistes »
L'essentiel du
christianisme était pour eux la seule
affirmation éblouissante de la résurrection
glorieuse du crucifié désormais présent à la
droite de Dieu. Ils n’avaient pas connu Jésus,
ignoraient tout de son ministère et ne citaient
jamais les parole et les actions de son
ministère.
.
l'épître aux Hébreux
22 juillet 2014
Il est bien difficile
d’attribuer cette épître à l’apôtre Paul
car elle ne ressemble en rien à ses autres
épîtres.
Les idées qui y sont exprimées sont uniques dans
le Nouveau Testament et les biblistes se
demandent dans quelle communauté elles ont bien
pu prendre naissance.
Il est à remarquer qu’elle n’a été que
tardivement admise dans le canon du Nouveau
Testament.
Son auteur manifeste une grande connaissance du
judaïsme hellénisé. Il s’efforce de montrer aux
chrétiens qui pouvaient se laissaient
impressionner par la polémique de la Synagogue
que Jésus-Christ n’était en rien étranger aux
diverses Traditions juives mais qu’il les
assumait et les transcendait.
Date et lieu de rédaction. Le
professeur François Vouga écrit (Introduction
au Nouveau Testament sous la direction de
Daniel Marguerat) :
Aussi bien le milieu d'origine et la date que
l'auteur et les destinataires de l'épître aux
Hébreux restent des énigmes pour la recherche
historique et littéraire. En raison de ses
thèmes et du genre de l'argumentation
développée qui s'apparente aux lectures
allégoriques d'exégètes juifs hellénisés comme
Philon, l'hypothèse la plus plausible voit
dans ce sermon le produit d'une théologie
alexandrine du troisième tiers du premier
siècle après JC. [...] Selon toute
probabilité, la rédaction de He a eu lieu
entre les années 60, date de la mort des
apôtres de la première génération, et les
années 80-90.
Sa réception dans le canon du Nouveu Testament
a été tardive (le fragment de Muratori aux
environs de l'an 300 ne la mentionne pas)
Le
Christ « Fils de Dieu »
1.1. Après
avoir autrefois, à plusieurs reprises et de
plusieurs manières, parlé à nos pères par les
prophètes, Dieu, dans ces derniers
temps, nous a parlé par le Fils
Cette appellation de « Fils »
(même si l’écriture grecque ne connaît
pas de majuscules) nous situe dans le monde du
christianisme hellénistique centré sur la
résurrection glorieuse du crucifié et ignorant
les paroles et les actes du Jésus historique
connu dans la communauté des judéo-chrétiens de
Jérusalem. Le sens que l’auteur attribue à ce
titre de « Fils »apparaît
progressivement lors de la lecture de son
épître.
Dans un premier temps le« Fils »est
situé dans la lignée des prophètes d’Israël
parlant de la part de Dieu.
1.2 qu'il a
établi héritier de toutes choses, par lequel
il a aussi créé le monde, et qui, étant le
reflet de sa gloire et l'empreinte de sa
personne, et soutenant toutes choses par sa
parole puissante … et s'est assis à la droite
de la majesté divine dans les lieux très hauts
Cette participation à la création du monde et
la puissance de la parole soutenant toutes
choses est, dans le judaïsme hellénisé du
philosophe Philon
d’Alexandrie (12 av JC – vers
54 ap.JC) la caractéristique du Logos - bien que le mot lui-même ne
soit pas employé ici. La conception
hellénistique était celle d’un Dieu beaucoup
trop élevé dans un ciel lointain, immobile et
transcendant et donc incapable de s’impliquer
dans une relation avec la matière du monde
impure et méprisable. Le Logos était son
substitut organisateur de la structure du monde
et de la matière. Plus tard, l’évangéliste Jean
reprendra cette notion dans son fameux prologue,
en précisant que le Logos s’est même incarné en
l’homme Jésus, ce que l’auteur de l’épître aux
Hébreux ne fait pas. Néanmoins le personnage du
« Fils » identifié au Logos a donc une
coloration tout à fait céleste.
1.3 Et a
fait la purification des péchés.
Ce rôle de la purification des péchés n’est pas
celui du Logos. Il sera attribué au Fils plus
loin dans la suite de l’épître.
1. 4-5
devenu d'autant supérieur aux anges qu'il a
hérité d'un nom plus excellent que le leur.
Car auquel des anges Dieu a-t-il jamais dit :
Tu es mon Fils, Je t'ai engendré aujourd'hui
? (Psaume 2.7) Et encore :
Je serai pour lui un père, et il sera pour
moi un fils ? (2 Samuel 7.14)
Ces deux citations de l’Ancien Testament
visaient le roi de Jérusalem qui avait le titre
tout humain de Fils de Dieu et de Christ-Messie.
L’auteur en fait, à la manière du judaïsme
hellénistique une lecture allégorique,
c’est-à-dire qu’il les transpose dans ce
cadre-ci, en les mettant en rapport avec les
anges, ce qui leur donne un sens nouveau qui
situe le « Fils »
dans le monde divin
2. 9-14 Mais
celui qui a été abaissé pour un peu de temps
au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons
couronné de gloire et d'honneur à cause de la
mort qu'il a soufferte, afin que, par la grâce
de Dieu, Jésus souffrît la mort pour tous. Il
convenait, en effet, que celui pour qui et par
qui sont toutes choses, et qui voulait
conduire à la gloire beaucoup de fils, élevât
à la perfection par les souffrances le Prince
de leur salut. … par la mort, il anéantit
celui qui a la puissance de la mort,
c'est-à-dire le diable.
Brusquement le rôle du « Fils »
change : il est désormais nommé « Jésus » et
sa mort est mentionnée. Elle est d’abord la
cause de sa glorification, puis prend un sens en
rapport avec l’humanité et est enfin reconnue
comme la victoire remportée sur le diable qui a la puissance de la mort.
Il est à noter que la mort de Jésus n’est pas
présentée comme le sacrifice substitutif
offert à Dieu pour le pardon du péché originel.
Dans les chapitres 3 et 4, l’épître
quitte le domaine doctrinal pour se faire
homélie :
4.12 Car la
parole de Dieu est vivante et efficace, plus
tranchante qu'une épée quelconque à deux
tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et
esprit, jointures et moelles
A trois reprises se trouve répétée la
phrase :
« Aujourd'hui, si vous
entendez sa voix, n'endurcissez pas vos
cœurs. »
Le
Christ grand prêtre
Au chapitre 5 surgit l’idée
que le Christ était « grand prêtre ».
L’auteur s’adresse aux chrétiens d’origine juive
(et aux juifs refusant de devenir chrétiens) qui
étaient attachés à l’idée que les cérémonies
célébrées par les prêtres juifs et notamment par
le grand prêtre les maintenaient en union fidèle
avec Dieu. La rupture des chrétiens avec le
sacerdoce leur paraissait désastreux. L’auteur
explique que le Christ, tout détaché qu’il fut
des traditions rituelles du Temple était
néanmoins prêtre et même grand prêtre : la
« manière de
Melchisédech » que l’auteur va
chercher au fond du livre de la Genèse est celle
d’un sacerdoce alternatif tout à fait
respectable et efficace : celui que le
Christ remplissait.
5.1-8 Tout grand
prêtre pris du milieu des hommes
est établi pour les hommes dans le service de
Dieu, afin de présenter des offrandes et des
sacrifices pour les péchés. Il peut être
indulgent pour les ignorants et les égarés,
puisque la faiblesse est aussi son partage. Et
c'est à cause de cette faiblesse qu'il doit
offrir des sacrifices pour ses propres péchés,
comme pour ceux du peuple. Nul ne s'attribue
cette dignité, s'il n'est appelé de Dieu,
comme le fut Aaron. Et Christ
ne s'est pas non plus attribué la gloire de
devenir grand prêtre, mais
il la tient de celui qui lui a dit : Tu
es mon Fils, je t'ai engendré
aujourd'hui ! Comme
il dit encore ailleurs : Tu es
prêtre pour toujours, selon l'ordre de
Melchisédech. C'est
lui (le Christ) qui, dans les jours de sa
chair, ayant présenté avec de grands cris et
avec larmes des prières et des supplications à
celui (Dieu) qui pouvait le sauver de la mort,
et ayant été exaucé à cause de sa piété, a
appris, bien qu'il fût Fils,
l'obéissance par les choses qu'il a
souffertes, et qui, après avoir été élevé à la
perfection, est devenu pour tous ceux qui lui
obéissent l'auteur d'un salut éternel, Dieu
l'ayant déclaré grand prêtre
à la manière de Melchisédech.
Pour justifier le titre de grand prêtre qu’il
attribue au Christ (dont personne n’a jamais dit
qu’il était de lignée sacerdotale), l’auteur va
donc chercher le Psaume 110, liturgie de
couronnement des rois d’Israël où se trouve
l’étrange titre de « prêtre
à la manière de Melchisédech ».
Psaume 110.4
L'Éternel l'a juré, et il ne s'en repentira
point :
Tu es prêtre pour toujours, à la manière de
Melchisédech.
dans la Genèse l’étrange épisode de la
rencontre d’Abraham avec Melchisédech, « prêtre du Dieu
Très-Haut ».
Melchisédech était un personnage énigmatique
mentionné brièvement et une seule fois dans la Genèse (14.17-20 )
Après qu'Abram fut revenu
vainqueur de Kedorlaomer et des rois qui
étaient avec lui, le roi de Sodome sortit à sa
rencontre dans la vallée de Schavé, qui est la
vallée du roi.
Melchisédech, roi de Salem, fit apporter du
pain et du vin : il était prêtre
du Dieu Très-Haut.
Il bénit Abram, et dit : Béni soit
Abram par le Dieu Très-Haut, maître du ciel
et de la terre !
Béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes
ennemis entre tes mains !
Et Abram lui donna la dîme de tout.
L’auteur prouve ainsi que le Christ, bien que
ne faisant pas partie du clergé du Temple de
Jérusalem, était donc, néanmoins lui aussi, un
grand prêtre alternatif.
Le Christ
meilleur prêtre
L’auteur montre de plus que le sacerdoce
traditionnel auquel les juifs se confient n’est
en réalité pas digne de confiance. Seul le
sacerdoce dont le Christ est le grand prêtre est « garant d’une alliance
excellente » alors que le
sacerdoce juif n’est qu’ « impuissance et
inutilité ».
7. 11-28 Si
donc la perfection avait été possible par le
sacerdoce lévitique, car c'est sur ce
sacerdoce que repose la loi donnée au peuple,
qu'était-il encore besoin qu'il parût un autre
sacrificateur selon l'ordre de Melchisédech,
et non selon l'ordre d'Aaron ? Car, le
sacerdoce étant changé, nécessairement aussi
il y a un changement de loi. En effet, celui
de qui ces choses sont dites appartient à une
autre tribu, dont aucun membre n'a fait le
service de l'autel car il est notoire que
notre Seigneur est sorti de Juda, tribu dont
Moïse n'a rien dit pour ce qui concerne le
sacerdoce. Cela devient plus évident encore,
quand il paraît un autre sacrificateur à la
ressemblance de Melchisédech, institué, non
d'après la loi d'une ordonnance charnelle,
mais selon la puissance d'une vie impérissable
; car ce témoignage lui est rendu : Tu es
sacrificateur pour toujours Selon l'ordre de
Melchisédech. Il y a ainsi
abolition d'une ordonnance antérieure, à
cause de son impuissance et de son inutilit,
car la loi n'a rien amené à la perfection, et
introduction d'une meilleure espérance, par
laquelle nous nous approchons de Dieu. Et,
comme cela n'a pas eu lieu sans serment, car,
tandis que les Lévites sont devenus
sacrificateurs sans serment, Jésus l'est
devenu avec serment par celui qui lui a dit :
Le Seigneur a juré, et il ne se repentira
pas : Tu es sacrificateur pour toujours,
Selon l'ordre de Melchisédech.
Jésus est par cela même le garant d'une
alliance plus excellente. De plus,
il y a eu des prêtres en grand nombre, parce
que la mort les empêchait d'être permanents.
Mais lui, parce qu'il demeure éternellement,
possède un sacerdoce qui n'est pas
transmissible. C'est aussi pour cela
qu'il peut sauver parfaitement ceux qui
s'approchent de Dieu par lui, étant
toujours vivant pour intercéder en leur
faveur. Il nous convenait, en effet, d'avoir
un grand prêtre comme lui, saint, innocent,
sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé
que les cieux, qui n'a pas besoin, comme les
grands prêtres, d'offrir chaque jour des
sacrifices, d'abord pour ses propres péchés,
ensuite pour ceux du peuple, car ceci, il l'a
fait une fois pour toutes en s'offrant
lui-même. En effet, la loi établit grands
prêtres des hommes sujets à la faiblesse ;
mais la parole du serment qui a été fait après
la loi établit le Fils, qui est parfait pour
l'éternité.
Le
sanctuaire du Christ est supérieur au Temple
de Jérusalem
Les hellénistes (païens, juifs ou chrétiens)
étaient convaincus par la pensée de Platon.
Celui-ci enseignait qu’au ciel se trouvent les
modèles de toutes les réalités dont nous
rencontrons sur la terre les apparences
qui n’en sont que les images et comme les
ombres. L’auteur rappelle que Dieu a montré à
Moïse le modèle du tabernacle – modèle qui
se trouve donc au ciel – et que Moïse n’en
a construit que l’image. Le Christ est monté au
ciel après sa résurrection et connaît donc le « véritable tabernacle,
qui a été dressé par le Seigneur et non par un
homme. »
Il ne faut donc pas craindre de se séparer du
Temple de Jérusalem qui n’est pas à la hauteur
du Temple dans lequel a pénétré le Christ
lorsqu’il est monté au ciel. Le ritualisme juif
est donc discrédité.
8.1-6 Le
point capital de ce qui vient d'être dit,
c'est que nous avons un tel grand prêtre, qui
s'est assis à la droite du trône de la majesté
divine dans les cieux, comme ministre du
sanctuaire et du véritable tabernacle, qui a
été dressé par le Seigneur et non par un
homme. Tout grand prêtre est établi pour
présenter des offrandes et des sacrifices ;
d'où il est nécessaire que celui-ci ait aussi
quelque chose à présenter. S'il était sur la
terre, il ne serait pas même prêtre, puisque
là sont ceux qui présentent les offrandes
selon la loi (lesquels célèbrent un culte, image
et ombre des choses célestes, selon
que Moïse en fut divinement averti lorsqu'il
allait construire le tabernacle : Aie
soin, lui fut-il dit, de
faire tout d'après le modèle qui t'a été
montré sur la montagne.
Mais maintenant il a obtenu un
ministère d'autant supérieur qu'il est le
médiateur d'une alliance plus excellente, qui
a été établie sur de meilleures promesses. En
effet, si la première alliance avait
été sans défaut, il n'aurait pas été
question de la remplacer par une seconde.
9.1-15. La
première alliance avait aussi des ordonnances
relatives au culte, et le sanctuaire
terrestre. Un tabernacle fut, en effet,
construit. Dans la partie antérieure, appelée
le lieu saint, étaient le chandelier, la
table, et les pains de proposition. Derrière
le second voile se trouvait la partie du
tabernacle appelée le saint des saints,
renfermant l'autel d'or pour les parfums, et
l'arche de l'alliance, entièrement recouverte
d'or. Il y avait dans l'arche un vase d'or
contenant la manne, la verge d'Aaron, qui
avait fleuri, et les tables de l'alliance.
Au-dessus de l'arche étaient les chérubins de
la gloire, couvrant de leur ombre le
propitiatoire. Ce n'est pas le moment de
parler en détail là-dessus. Or, ces choses
étant ainsi disposées, les sacrificateurs qui
font le service entrent en tout temps dans la
première partie du tabernacle ; et dans la
seconde le grand prêtre seul entre une fois
par an, non sans y porter du sang qu'il offre
pour lui-même et pour les péchés du peuple.
[...]
Mais Christ est venu comme grand prêtre des
biens à venir ; il a traversé le tabernacle
plus grand et plus parfait, qui n'est pas
construit de main d'homme, c'est-à-dire, qui
n'est pas de cette création ; et il est entré
une fois pour toutes dans le lieu très saint,
non avec le sang des boucs et des veaux, mais
avec son propre sang, ayant obtenu une
rédemption éternelle. Car si le sang des
taureaux et des boucs, et la cendre d'une
vache, répandue sur ceux qui sont souillés,
sanctifient et procurent la pureté de la
chair, combien plus le sang de Christ, qui,
par un esprit éternel, s'est offert lui-même
sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre
conscience des œuvres mortes, afin que vous
serviez le Dieu vivant ! Et c'est pour cela
qu'il est le médiateur d'une nouvelle
alliance.
[...]
24 Car Christ n'est pas entré
dans un sanctuaire fait de main d'homme, en
imitation du véritable, mais il est entré dans
le ciel même, afin de comparaître maintenant
pour nous devant la face de Dieu.
Le
sacrifice du Christ est supérieur aux
sacrifices du Temple de Jérusalem
10.1-12. En
effet, la loi, qui possède une ombre
des biens à venir, et non l'exacte
représentation des choses, ne peut jamais, par
les mêmes sacrifices qu'on offre
perpétuellement chaque année, amener les
assistants à la perfection. Autrement,
n'aurait-on pas cessé de les offrir, parce que
ceux qui rendent ce culte, étant une fois
purifiés, n'auraient plus eu aucune conscience
de leurs péchés ? Mais le souvenir des péchés
est renouvelé chaque année par ces sacrifices
car il est impossible que le sang des taureaux
et des boucs ôte les péchés. C'est pourquoi
Christ, entrant dans le monde, dit : Tu
n'as voulu ni sacrifice ni offrande, Mais tu
m'as formé un corps ; Tu n'as agréé ni
holocaustes ni sacrifices pour le péché.
Alors j'ai dit : Voici, je viens (Dans le
rouleau du livre il est question de moi)
Pour faire, ô Dieu, ta volonté.
[...]
C'est en vertu de cette
volonté que nous sommes sanctifiés, par
l'offrande du corps de Jésus-Christ, une fois
pour toutes. Et tandis que tout sacrificateur
fait chaque jour le service et offre souvent
les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais
ôter les péchés, lui, après avoir offert un
seul sacrifice pour les péchés, s'est assis
pour toujours à la droite de Dieu.
La foi
La définition de la foi que
propose l’auteur est caractéristique
de l’hellénisme platonicien : elle consiste à
admettre que les existences que nous menons
n’ont pas leur valeur en elles-mêmes mais sont
les images et les
ombres des choses célestes qui sont seules à
avoir de la réalité.
11.1-12.2.
Or la foi est une ferme assurance des
choses qu'on espère, une démonstration de
celles qu'on ne voit pas. Pour
l'avoir possédée, les anciens ont obtenu un
témoignage favorable. C'est par la foi que
nous reconnaissons que le monde a été formé
par la parole de Dieu, en sorte que ce qu'on
voit n'a pas été fait de choses visibles.
[...]
C'est par la foi que Noé, divinement averti
des choses qu'on ne voyait pas encore, et
saisi d'une crainte respectueuse,
construisit une arche pour sauver sa famille
; c'est par elle qu'il condamna le monde, et
devint héritier de la justice qui s'obtient
par la foi. C'est par la foi qu'Abraham,
lors de sa vocation, obéit et partit pour un
lieu qu'il devait recevoir en héritage, et
qu'il partit sans savoir où il allait. C'est
par la foi qu'il vint s'établir dans la
terre promise comme dans une terre
étrangère, habitant sous des tentes, ainsi
qu'Isaac et Jacob, les cohéritiers de la
même promesse. Car il attendait la cité qui
a de solides fondements, celle dont Dieu est
l'architecte et le constructeur.
[...]
C'est dans la foi qu'ils sont tous
morts, sans avoir obtenu les choses
promises ; mais ils les ont vues et
saluées de loin, reconnaissant qu'ils
étaient étrangers et voyageurs sur la
terre.
[...]
Et que dirai-je encore ? Car le temps me
manquerait pour parler de Gédéon, de Barak,
de Samson, de Jephthé, de David, de Samuel,
et des prophètes, qui, par la foi,
vainquirent des royaumes, exercèrent la
justice, obtinrent des promesses, fermèrent
la gueule des lions, éteignirent la
puissance du feu, échappèrent au tranchant
de l'épée, guérirent de leurs maladies,
furent vaillants à la guerre, mirent en
fuite des armées étrangères. Des femmes
recouvrèrent leurs morts par la résurrection
; d'autres furent livrés aux tourments, et
n'acceptèrent point de délivrance, afin
d'obtenir une meilleure résurrection ;
d'autres subirent les moqueries et le fouet,
les chaînes et la prison ; ils furent
lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués
par l'épée, ils allèrent çà et là vêtus de
peaux de brebis et de peaux de chèvres,
dénués de tout, persécutés, maltraités, eux
dont le monde n'était pas digne, errants
dans les déserts et les montagnes, dans les
cavernes et les antres de la terre. Tous
ceux-là, à la foi desquels il a été rendu
témoignage, n'ont pas obtenu ce qui leur
était promis, Dieu ayant en vue quelque
chose de meilleur pour nous, afin qu'ils ne
parvinssent pas sans nous à la perfection.
12
Nous donc aussi, puisque nous sommes
environnés d'une si grande nuée de témoins,
rejetons tout fardeau, et le péché qui nous
enveloppe si facilement, et courons avec
persévérance dans la carrière qui nous est
ouverte, 2 ayant les regards sur Jésus, le
chef et le consommateur de la foi, qui, en
vue de la joie qui lui était réservée, a
souffert la croix, méprisé l'ignominie, et
s'est assis à la droite du trône de Dieu.
La diversité de pensée de
la seconde génération chrétienne en ces
années 70-90 qui ont produit des textes aussi
différents que l’Évangile de Marc, la Première
de Pierre, cette épître aux Hébreux et comme les
épîtres aux Colossiens et aux Éphésiens est très
frappante.
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