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De Jésus à Jean de Patmos

 

L’annonce de l’Évangile dans le Nouveau Testament

 

 

Elian Cuvillier  -  Emmanuelle Steffek

 

Édition Olivetan

168 pages.  21 €

 

Recension Gilles Castelnau

 

Voir aussi d'Élian Cuvillier
Mythes grecs, mythes bibliques
Divine violence

 

7 février 2011

Les auteurs pratiquent la méthode narrative pour étudier les textes bibliques ce qui rend leur livre facile et agréable à lire sans nécessiter de grandes connaissances préalables.

Ils ont recherché comment les principaux auteurs du Nouveau Testament – Paul, les quatre évangélistes et l’auteur de l’Apocalypse – ont conçu la « mission » de la première Église.

En voici quelques passages qui donneront sans doute envie aux lecteurs d’acheter cet intéressant ouvrage.

 

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Page 11

Introduction

Dans le Nouveau Testament, le missionnaire, si l'on veut bien encore utiliser ce terme, est d'abord un témoin, et sa mission consiste à annoncer une Bonne Nouvelle. On est d'abord dans le registre de l'existentiel, du témoignage rendu à une expérience, de la proclamation d'un événement advenu et aussi à venir.
Plus tard, dans l'histoire de l'Église, avec les « missions chrétiennes », on sera plutôt dans la transmission d'un corps de doctrine impliquant alors parfois une confrontation avec des opinions ou des doctrines différentes.

 

page 70

Marc

L’évangile n’est pas une histoire écrite par un cynique ou un auteur de roman noir. Il aurait pu en être ainsi. Il aurait suffi d’un verset en moins, le verset 6 du chapitre 16 (Ne vous épouvantez pas ; vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié ; il est ressuscité, il n'est point ici ; voici le lieu où on l'avait mis.), un verset qui nous apprend que Jésus est ressuscité, qu’il n’est plus ici dans le tombeau du désespoir et de la mort. Il n'est plus ici.
Mais où est-il ? Pas au ciel dans une majesté infinie et inaccessible ; pas non plus dans le palais de Pilate ou devant le sanhédrin pour leur prouver qu'ils se sont tous trompés en voulant le supprimer. Non. Le Ressuscité est en Galilée où il précède et où il attend les disciples, pour recommencer.
Recommencer à prêcher, à guérir, à marcher sur le chemin, à controverser avec les scribes, bref : recommencer à relire et à dire l'Évangile de Jésus de Nazareth, mais cette fois, à la lumière du tombeau vide.

L’évangile n'est pas un roman noir ; il n'est cependant pas non plus un roman à l'eau de rose, au happy end rassurant et féerique. Il n'est pas possible, une fois l'histoire écoutée du début à sa fin, d'en ressortir comme l'on referme un roman d'amour, de se mettre à rêver de lendemains qui chantent et d'idylle romantique.
Il ne suffit pas non plus de se repasser intérieurement l'histoire et de la comprendre à partir de ce fait nouveau qu'il est ressuscité - comme s' il s'agissait d'un puzzle patiemment construit dont il ne nous aurait manqué qu'une pièce maintenant en notre possession. Et la peur des femmes est bien la preuve qu'une telle attitude n'est pas possible.

Il s'agit, plus radicalement, de « retourner à la case départ » de l'histoire de Jésus de Nazareth, mais cette fois en commençant le chemin avec lui, en marchant avec lui en devenant un acteur de son histoire qui deviendra alors la nôtre : « Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez comme il vous l'a dit ».
Pour le lecteur croyant, ce retour en Galilée est synonyme d'un travail de relecture, de réinterprétation de l'existence de Jésus à la lumière de l'événement pascal : pour lui, il n'y a pas d'autres accès au Jésus de l'histoire que le Christ de la foi.

 

Page 80

Matthieu

L'ensemble de ces paroles et de ces actes initiaux du Jésus matthéen ne sont pas en rupture avec le monde juif du premier siècle.
Ainsi, par exemple, dans le Testament des Douze Patriarches, se trouvent documentés un messianisme universaliste (Testament de Lévi, XVIII ; Testament de Zabulon IX, 8), l'appel à la repentance et la conviction que la guérison est signe de la présence du Messie (Test. Zab IX, 7 et 8).
Dans le même temps, les affirmations de Matthieu se caractérisent par des écarts spécifiques : alors qu'habituellement le Messie juge les pécheurs, fait cesser le péché des impies et constitue le repos des justes (Test. Lévi XVIII, 9.11,14), le Jésus matthéen sauve son peuple de ses péchés ; en se faisant baptiser du baptême de Jean, il vient prendre la place des pécheurs à la table desquels il s'assoit (Mt 9.9-13) ; il constitue le repos des « fatigués et chargés » (11.28) ; il est enfin originaire d'une région dont la pureté est discutable (la « Galilée des nations » de 4.15).

Si, dans chacun de ces exemples, rien ne manifeste une rupture de Matthieu avec le judaïsme de son temps, on peut néanmoins parler d'une perspective originale orientant vers un messianisme d'où tout souci de préserver la pureté des élus, toute insistance sur la justice des sainté, toute logique sectaire et toute forme de nationalisme, sont absents. Matthieu se distingue à tout le moins des Esséniens, des Pharisiens, des mouvements de type zélote, voire des mouvements de renouveau de type prophétique.

Il procède par « répétition avec écart », s’inscrivant dans la tradition multiforme du judaïsme postexilique, mais d’une façon singulière qui le distingue d’autres mouvements appartenant à la nébuleuse juive du premier siècle.

 

Page 135

Jean

Dans ce récit, rien ne nous sera dit sur la Samaritaine et son devenir (nul ne sait, au bout du compte, si elle a vraiment cru). C'est que l'évangéliste veut inviter ses auditeurs à ne pas s'attarder sur le cas historique de cette femme ; il préfère inviter chacun de ses auditeurs à devenir contemporain de Jésus, à rentrer dans ce dialogue déstabilisant, mais constructif interpellant avec le Révélateur paradoxal.

Jésus apparaît donc comme celui qui révèle l'homme à lui-même : devant Jésus l'auditeur de l'évangile se découvre dépourvu de sens à sa vie et privé de liberté. Lui qui se croyait maître de lui-même et de son destin se trouve mis à nu ; toutes les certitudes sur lesquelles il s'appuie ne sont qu'illusions. À cet égard, l'attitude des disciples, telle qu'elle nous est présentée dans la suite du texte, est significative.

 

 

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