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C’est à moi

que vous l’avez fait !

 

Matthieu 25.31-36

 

prédication

 

Lionel Sharman

 

traduction Gilles Castelnau

Voir aussi de Lionel Sharman
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Bénédiction


19 novembre 2015

Matthieu 25.31-36
Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais étranger et vous m'avez recueilli, j'étais nu et vous m'avez vêtu, j'étais malade et vous m'avez visité, j'étais en prison et vous êtes venus vers moi.
Les justes lui répondront : Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim et t'avons-nous donné à manger, ou avoir soif et t'avons-nous donné à boire ?
Quand t'avons-nous vu étranger et t'avons-nous recueilli, ou nu et t'avons-nous vêtu ? Quand t'avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous allés vers toi ?
Et le roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites.

 

Prière
Seigneur, fais que tout ce que je vais dire nous aide à mieux aller dans la direction que le Christ veut pour nous. Amen.


Ma formation est scientifique. Je suis chimiste. J’étais spécialisé dans la médecine légale.
- « Ce devait être intéressant ! »
- Oui, mais j’étais exposé à des remarques stupides, au dégoût et aux malheurs de la vie humaine. Et j’étais en butte à la tension entre la vérité scientifique et les combinaisons légales. J’avais à poser la question de Ponce Pilate : « qu’est-ce que la vérité ? » tout en étant obligé d’accepter des réponses discutables.
Et lorsque je disais être chrétien, je devais faire face à toutes sortes de réactions :
- Mais vous ne pouvez pas être à la fois scientifique et chrétien.
- La religion n’est que magie et comtes de fées.
- On devrais se débarrasser de l’absurdité de la Bible.
- Vous croyez vraiment que le vin se transforme en sang dans le calice ?
- Il est vrai qu’il y a du bien dans la religion. Jésus était probablement quelqu’un de très bien. Mais croyez vraiment que la moitié de son ADN était divine ?
- Vous pensez vraiment que les génocides décidés par Dieu étaient bons ? Et qu’en bombardant Gaza les Israéliens font la volonté de Dieu ?

Je ne vais pas chercher ici à répondre à ces remarques mais je voudrais montrer que notre science et le christianisme sont parfaitement compatibles – comme c’est d’ailleurs normal s’il est vrai que la création est issue de l’amour de Dieu.

La science explique le fonctionnement du monde matériel et elle le fait par des expériences et des observations. Les explications qu’elle donne doivent correspondre aux observations et toutes les autres connaissances basées sur des expériences. La connaissance scientifique est intégrée, c’est-à-dire que chacun de ses éléments s’articule avec tous les autres : la physique avec la chimie, laquelle s’articule avec la biologie etc. Elle est comme un grand puzzle : imaginons que l’image représente un port maritime. Le puzzle en sépare dans un premier temps les divers éléments : les bateaux, les personnes sur le quai, des arbres et le ciel. Le jeu consiste à réassembler les pièces. Si elles ne s’ajustent pas correctement, il faut tout défaire et placer convenablement la pièce qui, mal située, dérangeait l’ensemble. La science est un grand puzzle, mais celui-ci n’est jamais terminé.

Il en est ainsi du monde matériel. Nos corps et nos cerveaux en font partie, la médecine fonctionne selon ces règles et c’est vraiment magnifique !

Néanmoins, vous qui m’écoutez, vous vivez votre existence avec vos sensations, vos amours, vos soucis. Et tout ceci ne fait pas partie du monde matériel. Vous m’écoutez mais certains peuvent penser à leurs soucis personnels et, après tout, c’est bien normal. Notre prise de conscience des réalités de la vie est une des merveilles de notre humanité. C’est ainsi que nous vivons personnellement le sens de la vie, c’est ainsi que nous dirigeons librement chacun son existence. C’est notre conscience que nous sommes, avec Dieu, seuls à connaître, qui nous donne notre valeur humaine. Et notre conscience nous renouvelle notre empathie, notre sensibilité à l’égard des autres. On entend souvent dire : « c’est notre avidité, notre égoïsme qui fait tourner le monde, qui dynamise notre économie ».

Mais ce n’est pas vrai. Et le plus matérialiste des hommes a lui aussi besoin d’aimer et d’être aimé. Si nous laissons la science ou l’économie ou quelque autre valeur humaine marginaliser l’amour, nous sommes perdus.

Ma foi est basée sur le fait qu’il y a, en chacun de nous, une vie intérieure : notre vie est faite de la conscience de nous-même, de nos amours et de nos relations. Notre foi chrétienne élargit et renforce cette ouverture, cette empathie, cet intérêt pour les autres.

Nous vivons dans un contexte matériel : nous sommes biologiquement des animaux. Nous nous reproduisons sexuellement. Nous vivons et nous mourons. Nous souffrons. Notre insertion dans des familles et des communautés humaines fait que nos intérêts personnels ou collectifs parfois divergents provoquent des conflits individuels ou nationaux. Nous provoquons la souffrance accidentellement, par inadvertance ou même délibérément.

Mais Jésus a dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » et lorsqu’on le suit, cela va bien. C’est évidemment le Jésus que nous avons aujourd’hui qui compte. Comme ma science, mon christianisme est empirique. Il est fondé sur ses résultats dans ma vie. Que peut-on en dire ?

« Vous êtes le sel de la terre » a dit Jésus dans le Sermon sur la montagne. La mission des chrétiens est de répandre le royaume du Christ. Y échouons-nous ? La présence au culte diminue. Alors, oui, continuons et ne nous décourageons pas. Vous êtes le sel, c’et-à-dire que c’est vous qui donnez du goût à la vie, sa qualité à notre communauté humaine. Voyez les organisations qui sont au service de la communauté. Beaucoup d’entre elles, souvent même la plupart, sont l’œuvre de chrétiens. N’êtes-vous pas fiers de faire partie d’une Eglise, d’une religion qui contribue à promouvoir l’humanité de la vie humaine ?

C’est pourquoi j’ai placé en exergue ce magnifique passage de l’évangile de Matthieu. Notre foi est fondée sur la conscience de nous-même. L’ « état de conscience », comme disent les bouddhistes. Avec notre état de conscience nous nous tournons vers les autres. Les choses dont parlait Jésus dans ses paraboles, nous nous efforçons de les faire à cause de notre foi, de notre compassion, de notre état de conscience, de notre désir d’égalité. Et nous ne portons pas de jugement sur ceux qui ont plutôt besoin de notre compassion. Chacun a son histoire personnelle, une expérience de la vie qui n’est pas la nôtre. Comment pourrions-nous les juger ? Soyons ennemis du mal, corrigeons-en les effets, mais ne jugeons personne.

La nature, le monde matériel, est, d’une certaine manière, une manifestation de l’amour de Dieu. Dieu et la Nature sont en parfaite cohérence. Ceci fut une importante découverte faite par nos ancêtres dans leur quête de Dieu.

Notre compréhension de la science admet qu’il n’y a qu’un petit nombre de principes fondamentaux. S’il y avait beaucoup de lois, des contradictions en surgiraient. Mais la loi humaine et la loi religieuse sont la même. La multiplicité des lois contenues dans les livres du Lévitique et du Deutéronome provient des limites qu’avait à l’époque la capacité de compréhension de l’esprit humain. Mais Jésus y a coupé court à cause de la cohérence de Dieu. A la question de savoir quel était le plus grand commandement de la loi, il répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée, ceci est le premier et le plus grand commandement et voici le second : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Ceci est toute la Loi et les Prophètes. »

Il nous rappelait ainsi que nos principes fondamentaux ne devaient pas conduire à des contradictions.

Peut-être que le grand commandement, la parabole des brebis et des boucs ainsi que les autres paraboles et enseignements dont nous croyons qu’ils viennent de Jésus sont tout ce dont nous avons besoin dans la Bible. Rien de ce que nous croyons ou faisons ne doit être en contradiction avec ces principes.

Ils ne sont pas un ensemble de règlements mais un chemin à suivre. Bien sûr nous ne pouvons pas donner à tous les mendiants qui nous demandent, mais nous pouvons du moins les regarder avec compréhension, compassion et sans esprit de jugement. Et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour changer la société afin que les raisons de mendier aient disparu. C’est là une orientation, un désir, un motif de prière.

Je termine avec une citation tirée du livre de l’écrivain John Spong « The fourth gospel: Tales of a Jewish mystic » (« Le Quatrième évangile, paroles d’un mystique juif ») :
La vie chrétienne n’est pas de croire en des credo ou d’obéir à des règles divines. C’est une manière de vivre, d’aimer et d’être. La Résurrection survient lorsque nous sommes libérés et capables de renoncer à « sauver » notre vie, libérés et capable d’aimer au-delà des limites de nos peurs, libérés non seulement pour être nous-mêmes mais pour rendre les autres capables d’être eux-mêmes dans la pleine et riche diversité de notre humanité aux multiples facettes. C’est alors que les préjugés meurent. C’est alors que la plénitude est vécue. C’est alors que la résurrection devient réelle.
Soyez le sel. Soyez la lumière. Amen.


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