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La prière, la Bible, l'Église, Dieu

sont-ils importants ?

 

 

 

Tony Windross

pasteur de la paroisse (anglicane) Saint-Peter Sheringham

Angleterre

 

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La prière est-elle importante ?


Why Bother to pray ?

 

26 février 2010

Tout dépend de l'idée que l'on se fait de Dieu.

- Les « théistes », qui pensent Dieu comme un être extérieur au monde et indépendant de nous, comprennent la prière comme une sorte de conversation avec lui.

- Les « non-théistes », pensent Dieu comme le Fondement de l'Être, comme le Contenu de nos valeurs, ou comme le Dynamisme créateur et la Puissance de guérison de l'Amour. La prière est alors vécue comme une entrée dans les Profondeurs de la vie, l'exploration des mystères du cœur humain.

Les théistes critiquent la conception non-théiste en disant que la prière doit être un « dialogue avec Dieu » et non ce qu'ils croient être un banal « dialogue avec soi-même ».
Mais on n'est pas forcé de les écouter car si bien des gens sont, en effet, surpris par cette idée que la prière n'est pas forcément une conversation intérieure avec un invisible personnage extérieur, beaucoup d'autres par contre, y trouvent la libération d'une situation impossible.
Les théistes n'ont pas le monopole de la prière et il n'y a pas de pensée unique. Il faut « prier » comme on peut et non s'épuiser à prier comme on ne peut pas ! Il y a sans doute autant de manières de prier qu'il y a d'individus sur terre.

Nous vivons actuellement une période superficielle, d'inattention et de zapping permanent. Et on n'a pourtant jamais eu tant besoin de penser à nous-même et au sens de notre vie. La prière est précisément l'occasion de méditer sur la vie du monde. Ceci est absolument fondamental et il serait presque criminel d'en détourner tant et tant de gens sous prétexte qu'ils sont incapables de penser Dieu à la manière « théiste ».
Une religion trop conservatrice risque de fermer les portes devant les gens et de les exclure d'une vie spirituelle épanouie à laquelle ils ont droit. Les petites préoccupations journalières ont tendances à boucher notre horizon.

La prière, quelle que soit la manière dont nous l'entendons, nous ouvre des perspectives nouvelles, nous révèle des possibilités inattendues, transcende notre existence. Plus haut que la boue du quotidien, elle met du ciel bleu en nos cœurs.

 

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La Bible est-elle importante ?


Why Bother to read the Bible ?

 

Il est vrai que la Bible contient des textes dont on se demande ce qu'ils font là. Une raison en est, bien sûr, qu'ils ont été écrits à une époque bien différente de la nôtre ; l'idée que l'on se faisait alors du monde, la façon de se conduire n'avaient souvent aucun rapport avec notre 21e siècle. Ceci est si vrai que l'on a pu dire que la Bible ne peut plus être lue normalement : ou bien il faut se livrer à une véritable étude, ou bien il faut la laisser fermée.
Il faut savoir que les textes de la Bible ont été écrits sur une période de 1000 ans, par des hommes dont nous ne savons souvent rien. Il ne faut pas s'imaginer que l'on doit tout accepter ou tout rejeter en bloc. Bien sûr, l'histoire de Jonas resté vivant trois jours dans le ventre d'une baleine ne peut pas être prise au pied de la lettre ; mais ce n'est pas une raison pour se priver de tous les passages qui demeurent excellents. Il est possible de pratiquer une lecture intelligente et intéressante de ces textes anciens.

La Bible est un livre humain qui n'a été ni écrit, ni publié, ni traduit par Dieu lui-même. Au début ces récits n'étaient même pas écrits, on en transmettait le souvenir de père en fils et ils étaient constamment embellis. On dit souvent de la Bible qu'elle est « Parole de Dieu » mais cette expression est ambiguë.
Certains disent qu'à l'âge du bronze et dans un contexte inconnu du Moyen-Orient, Dieu aurait prononcé des paroles que les gens de l'époque auraient entendues et copiées pour en faire notre Bible d'aujourd'hui.
D'autres pensent que c'est plutôt par transmission de pensée que Dieu a donné sa « Parole ». Mais la plupart des gens ne peuvent pas croire que les choses se soient passées ainsi.
Le plus simple est, sans doute, de donner un sens symbolique à ces mots de « Parole de Dieu ».

Sir Alec Issigonis, qui a dessiné l'Austin Mini prétendait qu'un chameau était l'image d'un cheval dessiné par un comité. On pourrait dire de la Bible qu'elle est un livre, ou une collection de livres, édités au cours des siècles par un comité. Un comité qui aurait commencé à se réunir au 3e siècle avant J-C dans les milieux juifs et aurait continué son œuvre jusqu'au 5e siècle après J-C parmi les dirigeants de l'Église ancienne pour décider des livres à sélectionner dans l'énorme production littéraire de ces époques.

De même que le chameau est une drôle de bête, la Bible est effectivement un drôle de livre : certains textes, comme l'Apocalypse auraient pu être laissés de côté et d'autres auraient pu être inclus ; mais tel est le choix qui a été fait. Dire que tel texte est « Parole de Dieu » revient en fait à lui reconnaître l'autorité que les anciens ont discernée en lui.

Certains sont gênés par les histoires de miracles qui s'opposent aux lois de la nature ainsi que par les récits de la Création. Quant aux fondamentalistes, qui refusent la théorie de l'Évolution, et s'attachent désespérément à prouver contre toute évidence l'historicité des récits de la Création, leur anti-intellectualisme en arrive à dégoûter de la foi chrétienne les esprits cartésiens.
Nous sommes cependant nombreux à allier paisiblement science et religion, Bible et monde moderne.

La Bible est un livre magnifique avec des personnages saisissants, un puissant dessein de Dieu, mille intrigues d'amour, de haine, de trahisons ; récits dramatiques, poétiques, d'histoire ancienne aussi. Livre étonnant dont l'inspiration est suffisante pour emplir toute notre vie, à condition, bien sûr, que nous le lisions avec toute notre intelligence et notre cœur.

 

 

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L'Église est-elle importante ?


Why Bother to go to Church ?

 

Le dimanche, on a bien d'autres choses à faire que d'aller à l'église ! On peut laver l'auto, jardiner, faire les courses. On ne va à l'église que si cela apporte quelque chose. Si le culte est ennuyeux ou s'éloigne des réalités de la vie (ou les deux) on n'y retourne pas.
Dans certaines paroisses le culte est convivial, ailleurs la musique est bonne, le sermon est intéressant ; ici le langage est traditionnel, là il est plus moderne. Les gens vont là où ils reçoivent quelque chose. Mais quelle chose ?

Il est utile de faire de temps en temps le point de sa vie et l'Église aide à poser les grandes questions que l'on n'aborde jamais dans la vie quotidienne : quel est le sens de la vie, quelles sont les priorités, quand fait-on fausse route ? Si l'on n'y prend pas garde on se laisse emporter comme un bouchon au fil de l'eau ; on reste scotché à la télévision, on néglige son potentiel. Beaucoup de gens vont consulter des psy et des conseillers familiaux pour des problèmes qu'ils auraient appris à l'église à régler eux-mêmes. L'Église ne fournit pas de solutions toutes faites, mais elle enseigne comment affronter les problèmes.

Autrefois on allait à l'église pour son salut éternel, mais les temps ont changé. Les gens ne sont plus les moutons d'un troupeau. Le monde est plus complexe que jadis, la vie est plus belle aussi et notre « dimension spirituelle » est,elle aussi, plus compliquée et plus belle. Il ne nous faut plus de doctrines toutes faites, mais des partenaires avec qui échanger.

Aujourd'hui, les gens n'acceptent plus les sermons conventionnels tissés d'idées reçues et de mots vides de sens. On veut utiliser son intelligence et poser honnêtement les vraies questions du 21e siècle. La plupart des paroisses offrent une réflexion intelligente sur nos insuffisances et notre nécessaire réorientation, sans pour autant nous faire remâcher des sentiments inutiles de culpabilité. Mais il ne faut pas fuir les critiques ni renoncer à toute amélioration.
La lecture de la Bible est là pour nous aider, la prédication, la prière et le chant. Ceux qui ne voient pas l'utilité de repenser les grandes questions de la vie, qui s'ennuient dans le silence du culte, qui ne peuvent pas fixer leur attention une heure, n'aimeront pas l'Église. Mais ceux qui ne veulent pas gaspiller leur vie et qui veulent réfléchir calmement, seront heureux de s'insérer dans une paroisse où ils trouveront la fraternité et l'encouragement à résister à leur égocentrisme.

 

 

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Dieu est-il important ?


Why Bother to take God Seriously ?

 

Si la plupart des gens ne s'intéressent pas à la religion, c'est bien souvent parce qu'ils ne s'intéressent pas à Dieu. Non qu'ils soient vraiment athées, mais ils ne voient pas que la présence ou l'absence de Dieu change quelque chose dans leur vie.
Dieu existe-t-il ? Et si oui, qu'est-Il ? ou qu'est-Elle ? ou qu'est-Ce ?

Ces questions sont fondamentales, mais on leur apporte trop souvent des réponses simplistes et non crédibles qui rebutent et les gens s'imaginent que le christianisme consiste à croire en un être invisible qui a créé toutes choses et passe son temps à tout surveiller.
Idée qui en entraîne bien d'autres : par exemple la croyance en une âme immortelle qui continue à vivre sous d'autres formes après notre mort et parvient à la gloire du paradis tout au moins pour ceux qui ont cette chance.

Ce genre de croyance n'a rien de particulièrement chrétien et il n'est pas étonnant que nombre de nos contemporains la refusent. Présenter Dieu comme un « Être » (même si on précise qu'il est un Être évidemment très particulier) semble le situer à côté et en plus des autres « êtres », créatures humaines, objets...

Il ne faut tout de même pas en rester à un niveau enfantin d'instruction religieuse. Dans les autres domaines de pensée, nous savons faire progresser notre réflexion ; la physique enseignée à l'université n'est pas celle de l'école primaire. Pourquoi ne pas prendre la même peine avec la théologie ? Pour nous libérer d'un scepticisme primaire, commençons par ne plus penser à Dieu en posant avant tout la question de son « existence » : il est des conceptions plus actuelles de la nature divine.

On peut s'intéresser davantage à découvrir en nous une profondeur, que l'on nommait jadis notre « âme » ; elle est le siège de nos préoccupations les plus fondamentales qui ne se satisfont pas de pensées banales ou de réflexions superficielles. Profondeur sensible à l'art, à la poésie, à la musique et, bien sûr, à la spiritualité. On peut, sans doute, se passer de Dieu ; mais négliger notre profondeur nous fait perdre ce qui fait notre humanité même et nous appauvrit.

Les Églises s'épuisent à sensibiliser les gens à la question de l'existence de Dieu. Elles feraient mieux de leur montrer le chemin de la profondeur et de leur permettre de partager les préoccupations humaines les plus fondamentales. On ne veut plus, aujourd'hui de doctrines toutes faites ; on a grand besoin, en revanche, d'une conception nouvelle de la divinité qui puisse réellement épanouir notre cœur.

 

Traduction Gilles Castelnau


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