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Le surnaturel

 

The Supernatural

 

Tony Windross

pasteur de la paroisse (anglicane) Saint-Peter Sheringham

Angleterre

 

 

7 novembre 2010

L’idée qu’une réalité parfaite se trouve derrière notre monde imparfait est aussi ancienne que l’humanité. Dans sa forme occidentale, elle dérive principalement de la philosophie grecque de Platon. L’Église a repris cette idée et l’enseigne encore maintenant. Elle pose pourtant des problèmes qui gênent sérieusement tous ceux qui ne peuvent pas s’en contenter.

Le concept de surnaturel est remarquablement central dans la religion chrétienne, dans l’islam et dans de nombreux autres systèmes religieux. Peu nombreux sont ceux qui, comme les bouddhistes, ne considèrent pas le monde matériel comme partie intégrante d’un univers surnaturel. Il est généralement admis que ne pas croire au surnaturel détruirait le christianisme traditionnel.

Autrefois, c’est-à-dire jusqu’à la période médiévale et même jusqu’à aujourd’hui, on ne séparait pas le surnaturel du naturel. 
Une telle distinction a été provoquée par le développement de la science de la nature. Sans exclure l’existence d’un surnaturel, d’un pouvoir réel ou imaginaire échappant à l’analyse, on a commencé à analyser avec rigueur tout ce qui tombait sous les sens, et pouvait être touché, regardé, écouté, analysé.
Mais auparavant, les esprits pré-modernes ne concevaient la nature visible et l’invisible surnaturel que comme une seule et même réalité. En faisaient partie les esprits, les hommes, les anges, les démons et bien d’autres êtres encore visibles ou invisibles. Les esprits et les démons pouvaient apparaître sous forme d’animaux, d’hommes ou d’apparitions. Certains hommes pénétraient dans le monde surnaturel, en revenaient et pouvaient témoigner de ses merveilles ; d’autres ne revenaient pas.

On pensait en ces temps-là que certains avaient la capacité de communiquer avec les puissances invisiblement présente dans le monde matériel. Ils pouvaient en obtenir des directives, notamment de la part de Dieu dont la puissance transcendante dominait l’ensemble du naturel et du surnaturel.
Prenons l’exemple de l’ancienne société romaine. Aucun acte de la vie publique ne se passait sans les Dieux. On dit souvent que les Romains n’étaient guère croyants et ne considéraient ces rites que comme des pratiques officielles. Mais ils servaient, bien au contraire, à maintenir un lien vital avec les Dieux dont on était convaincu qu’ils pouvaient être aussi bien d’excellents protecteurs que de cruels opposants. On n’osait donc pas poser aucun acte sans s’être concilié leur protection.
Il est rare qu’aujourd’hui on pense encore ainsi, particulièrement en Occident. On s’attache plutôt à ce que l’on peut observer et prouver.
A la question :
« les sirènes existent-elles ? » la réponse sera négative jusqu’à ce qu’on ait pu en trouver une et qu’elle soit examinée et décrite de manière convergente par un nombre suffisant de personnes.

Mais dans l’univers chrétien le surnaturel est généralement considéré comme un élément indiscutable de la foi chrétienne qui ne doit pas être analysé avec précision, ni prouvé par des preuves et des arguments convaincants. A la question :
-  « Pourquoi reconnaître l’autorité à la Bible ? »,
la réponse courante est :
-  « Parce qu’elle est la révélation de Dieu ».
Que cette « révélation » soit surnaturelle est admis sans discussion. Pourtant, cette conception du surnaturel tend à disparaître du monde des églises dans la pensée occidentale. Nous ne sommes plus capables de concilier notre vision scientifique de l’univers avec sa description religieuse.

Un exemple de la place centrale que conserve le surnaturel dans la foi chrétienne est celui de Jésus de Nazareth. Il avait une apparence ordinaire, à part les miracles qu’il accomplissait mais qui étaient considérés en son temps comme les merveilles ou les signes qu’accomplissaient habituellement tous les saints hommes.
Mais sa nature transcendante était indiquée par les récits de sa conception virginale, intervention surnaturelle de Dieu.
Sa mort fut celle d’un homme ordinaire, mais c’est de manière surnaturelle qu’il revint à la vie, rencontra ceux qui l’avaient connu et mangea avec eux. Il disparut enfin dans le monde surnaturel mais nombreux sont ceux qui affirment que d’« ici-bas », ils gardent une relation avec lui qui est pourtant « au-delà ».

Beaucoup de gens verraient leur christianisme traditionnel s’écrouler s’ils devaient abandonner ces affirmations surnaturelles.
[...]
Si nous abandonnons l’idée du surnaturel, il nous faut admettre qu’il est illusoire de penser que derrière l’univers de boue et de chaos dans lequel nous vivons, il existerait un autre monde pur, ordonné, parfait et surnaturel dans lequel nous pénétrerions à notre mort et qui serait accessible dès maintenant. Don Cupitt dit que nous devons abandonner l’idée qu’il existe des preuves objectives et indépendantes sur lesquelles nous pouvons nous baser. Il n’y en a pas. Il n’y a que nous. Il n’y a ni expert ni juge. Nous n’en avons d’ailleurs pas besoin et nous pouvons parfaitement nous contenter du monde qui est le nôtre et qui nous convient tout à fait.
[...]

 

Traduction Gilles Castelnau


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