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Analogia imaginis


 Michel Leconte

 


22 novembre 2022

 

Le rejet par Paul Tillich de toute tentative de justifier la foi et la doctrine christologique en extrayant des évangiles une image biographique de Jésus est bien connu. Les raisons qu'il donne dans le troisième volume de la Théologie Systématique traduite en français par André Gounelle ne sont pas inhabituelles.


Ainsi, par exemple, nous trouvons une position similaire avec Bultmann sur le fait que, compte tenu de la nature kérygmatique des évangiles, il est erroné de faire la distinction protestante libérale entre l'homme Jésus historique et Jésus le Christ de la foi, afin de focaliser l'attention sur un « Jésus de l'histoire » prétendument récupérable. Tillich développe cet argument en termes d'inséparabilité du « fait » de Jésus et de sa « réception » en tant que Christ au sein de l'événement « Jésus reconnu comme Christ », et soutient en conséquence que la critique biblique ne peut pas miner efficacement la christologie parce que la vérité empirique de Jésus ne peut pas être distinguée en dehors de l'appropriation fidèle de ce fait, dans laquelle le destinataire est tout aussi important que le fait lui-même.

 

Par ailleurs, Tillich ajoute que si l’on se base sur le message de Jésus qui consiste à se décider pour le Royaume de Dieu, on reste sous l’emprise de la loi. La croix est le symbole d’un don avant d’être celui d’une exigence (Théologie systématique III, p. 172). Ce qui importe pour la foi est le nouvel être qui triomphe de l’aliénation existentielle apparu dans le christ. C’est la participation à ce nouvel être, et non un argument historique qui certifierait la réalité de l’événement, sur lequel se fonde le christianisme. Elle garantit l’existence d’une personne vivante en qui l’Etre nouveau à triomphé de l’être ancien.

 

La puissance qui a créé et maintenu la communauté de l’Être nouveau ne se réduit pas à un énoncé abstrait sur sa manifestation comme chez Bultmann ; elle comporte l’image de celui en qui elle se manifeste. On ne peut vérifier avec certitude aucun trait particulier de cette image, mais on peut catégoriquement affirmer que grâce à elle l’Être nouveau a le pouvoir de transformer ceux qu’ils touchent. Ce qui implique une analogia imaginis, c’est-à-dire une analogie entre l’image et la personne vivante réelle d’où qu’elle vienne.


L’image médiatise la puissance transformatrice de l’Être nouveau. Que cette connaissance soit mythique, symbolique et médiate n’en diminue nullement sa valeur de vérité. C’est cette image et non une hypothétique description historique du Jésus terrestre qui a créé l’église et le chrétien. Une image inventée par les disciples de Jésus aurait exprimé leur existence non transformée et leur quête. Cette image est une « image vraie » en ce sens que nous ne connaissons personne aussi bien que Jésus (op. cit., p 187).

 

                  


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