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Priscilla et Aquilas


Francis Willm

pasteur de l'Église protestante unie

 


éd. Olivétan
282 pages – 17 €

 

recension Gilles Castelnau

 

Voir le second tome :
Aquilas et Priscilla

29 mars 2020

Priscilla et Aquilas sont un couple de chrétiens corinthiens dont l’histoire, prise dans le livre biblique des Actes des Apôtres sert de fil de trame dans la description de la vie de l’Église primitive.

Le pasteur Francis Willm nomme son récit « roman biblique » pour indiquer qu’il brode lui-même les détails qu’il imagine mais il ne se lance en rien dans une fantaisie romanesque. Selon le principe de la « narratologie », il n’analyse pas de manière critique la réalité historique des sources de l’évangéliste Luc, auteur du livre des Actes : il rédige une histoire très sympathique et vivante qui permet au lecteur de baigner dans l’atmosphère ancienne, selon l’esprit qui animait Luc.
C’est ainsi qu’il ne s’intéresse pas à distinguer les récits légendaires (tels l’opportun tremblement de terre libérant Paul de la prison) d’autres passages d’allure plus réalistes.

Francis Willm a évidemment visité la Grèce dont il nous décrit bien les paysages et il s’est scrupuleusement documenté sur la civilisation gréco-romaine et ses mœurs : la vie de Priscilla et d’Aquilas nous apparaît clairement compréhensible et leur spiritualité devient un modèle pour la nôtre.

Le livre des Actes prend, à la suite de la lecture de ce « roman biblique », une vie saisissante. Que le pasteur Willm en soit remercié.

Voici quelques passages de ce livres

 

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page 41

Découvertes

Ils parcourent l’une des voies les plus commerçantes de la ville, au milieu d’une foule hétéroclite, jacassant, empressée auprès des commerces. Des couples bavardent bruyamment, hommes et femmes, mais également, en aussi grand nombre, beaucoup de couples de même sexe, ce qui est fréquent dans la société grecque païenne, mais abhorré par la Torah... En quelques minutes, ils ont croisé trois cortèges religieux, qui se dirigent vers quelque temple. Les prêtres vont en tête, vêtus de manière ridicule, des cornes sur la tête, des plumes et des colliers brinquebalant... Puis des musiciens, si on peut appeler ainsi des hommes à moitié nus, qui tapent à tour de bras sur des tambours ou soufflent dans d'énormes cornes dont ils tirent à grand peine des sons lugubres. À leur suite, une troupe de femmes vêtues, si on peut dire, de tuniques transparentes indécentes, avancent en prenant des attitudes lascives… Paul est écœuré. C'est pire qu’à Athènes !

- Tu vois la grande esplanade, là-bas. Tu peux distinguer d'ici l'énorme statue en bronze d'Athéna qui s'élève en plein milieu du champ de course.
- Hélas, dit Paul, je vois très mal, j'ai une mauvaise maladie des yeux dont je n'arrive pas à me débarrasser. Même le Seigneur n'a pas exaucé mes prières. Il m'a dit : « Ma grâce te suffit, car ma force s'accomplit dans ta faiblesse ! » C'est vrai, d'ailleurs c'est quand je suis le plus faible, physiquement, que je me sens fort…

Ils se sont assis sur un bloc de marbre pour se reposer quelques minutes et admirer le panorama. Priscilla est plutôt étonnée des propos de son voisin toujours aussi mystérieux. Elle s'aperçoit alors qu'il commence à murmurer des phrases qu'elle n'arrive pas à saisir. Mais oui, il prie, les yeux mi-clos. Et il se plonge à nouveau dans sa prière. Il est calme, pas du tout exalté, comme les prêtres des idoles, qui cherchent l'extase. La jeune femme est profondément touchée, quelques larmes coulent sur ses joues… Et Paul soudain se tourne vers elle, le visage éclairé d'un grand sourire :
- Chère Priska, le salaire du péché, c'est la mort, tu sais, nous le lisons bien dans la Torah, mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie, même la vie éternelle ! Pour toi aussi.
- La vie éternelle !

Elle pense l'obtenir, du moins essayer d'y atteindre, par l'obéissance aux lois de la Torah. Mais là, comme si le Seigneur lui-même parlait par sa bouche, Paul l'annonce comme un cadeau gratuit ! Elle en reparlera avec son invité et elle a hâte d’en savoir plus.
En chemin ils passent devant la maison d'un ami grec, Stéphanas,
Antonia, la femme de Stéphanas se précipite sur Priscilla, elle semble affolée.
- Ah ! Priska, Stéphanas est très malade ! je ne sais pas ce qu'il a, il est chaud, il délire, il dit n'importe quoi et il est très agité. Peux-tu aller chercher un médecin ? Moi, je dois rester pour le surveiller ! Les esclaves ont leur moment de repos et sont partis faire un tour en ville.

Priscilla s'apprête à répondre affirmativement à sa requête, quand Paul s'interpose et se propose de voir le malade, tout en disant qu'il n'est pas médecin. Le petit groupe entre donc dans la maison et ils trouvent le pauvre homme prostré sur sa couche, les yeux hagards. Il semble effectivement bien malade. C'est la malaria sans doute, car la région est infestée de moustiques et cette maladie cause de gros dégâts dans la population, quelle qu'en soit l'origine. Cet homme vénéré est dans un état lamentable, une pauvre chose qui s'agite sous sa couverture de riche laine d'Asie. Alors Priscilla et la femme assistent à un spectacle ahurissant, qu'elles n'ont jamais vu : Paul s'approche tranquillement du malade, lui parle avec beaucoup de douceur, puis se met à genoux près de lui, pose ses mains sur sa tête, ferme les yeux et prie. Les deux femmes ne comprennent pas ce qu'il chuchote, mais de tout son être semble émaner une assurance et une paix profondes. Puis il se relève et déclare tout simplement, comme s'il avait accompli une action toute ordinaire :
- Voilà, le Seigneur Jésus l'a guéri, ce n'est pas la peine d'aller chercher le médecin, dans quelques instants il pourra se lever et vous pourrez lui donner à manger. Notre Dieu, béni soit-il, est plein d'amour et de miséricorde. Il nous fait ce cadeau ce soir pour vous montrer qu'il est un Dieu vivant, et que son fils Jésus, le Christ, que les Romains ont crucifié, est vivant, lui aussi, et agit aujourd'hui, par le Saint-Esprit qu'il nous a donné.

Les deux femmes sont pétrifiées, ne sachant que croire. Cet homme a une telle conviction une telle foi en Dieu ! Jamais elles n'ont vu une telle assurance. Priscilla sait que, dans la Torah, on trouve des récits de miracles et de guérisons, et que les croyants s'adressent directement à Dieu dans leur prière, mais là, elle le voit de ses propres yeux !

Soudain ils entendent une voix, c'est Stéphanas, redressé sur son lit, qui déclare se sentir mieux et avoir faim. Quelle joie ! Son épouse se jette à son cou et l'étreint un long moment, puis elle saisit les mains de Paul et veut l'embrasser, mais Paul la repousse doucement en lui disant de plutôt remercier Dieu. Oui, certainement Dieu l'a guéri et a exaucé la prière de Paul. Vite, Priscilla et son hôte repartent raconter tout à Aquilas.

 

 

page 110

La communauté naissante

Le lendemain, premier jour de la semaine, il se passe un phénomène imprévu : le bouche-à-oreille ! Les nouveaux convertis n'ont pas tardé à faire part de leur découverte à leur entourage, famille et esclaves, voisins, compagnons de travail... La nouvelle s'est répandue rapidement. C'est surtout le fait de se sentir désormais libres qui les séduit. Et surtout: cela se voit. Les visages de ces adeptes de la nouvelle Voie sont rayonnants, il émane d'eux une sorte de lumière intérieure, une paix sereine, une joie maîtrisée mais bien visible dans les sourires et les regards pétillants. Enfin, ils semblent remplis d’amour pour chacun. Bien sûr, ils se sentent bien incapables d’expliquer ce qui s'est passé en eux, ni de donner des détails sur cette nouvelle façon de croire, sur ce Dieu inconnu de la plupart des païens. C'est pourquoi ils conseillent simplement à ceux qui sont intéressés de venir aux prochaines réunions, et même à celle de cette fin d'après-midi, chez Titius Justus.

 

 

page 261

La prison et la séparation

Un beau jour d'hiver, alors qu'un froid vif a presque paralysé l'activité de la ville, une sœur vient de Corinthe apporter une lettre de Paul. C'est Phœbé, la responsable de la communauté du port de Cenchrées. Quel bonheur ! Pour l'occasion, Tyrannos a prêté son école et presque toute la communauté s'y rassemble pour entendre la lecture de la lettre. En effet, Phœbé a prévenu que celle-ci est un peu différente des autres, car très théologique.
En fait, Paul l'a écrite à l'origine pour les frères de Rome, pour préparer sa venue dans un avenir d'ailleurs incertain. Paul est tout à fait conscient que bien des aléas peuvent interrompre ses projets ambitieux de voyage. Depuis Corinthe, il a donc écrit cette lettre, mais il a souhaité en faire bénéficier ses amis d'Éphèse.
Il a payé un écrivain public pour la recopier, afin qu'elle puisse être lue dans d'autres Églises, et il a rajouté une fin personnalisée pour ses amis d'Asie. Il sait qu'elle circulera ensuite dans l’intérieur du pays. Il a profité du fait que Phœbé, de par ses activités professionnelles, fait assez souvent le voyage entre l'Achaïe et l'Ionie.

Aquilas et Priscilla sont tout heureux de lire dans cette conclusion une évocation de leur ministère, et plusieurs membres de la communauté se reconnaissent aussi dans ces salutations du grand missionnaire. Voilà bien la communion de l'Église ! Ah ! ce cher Paul, un vrai père spirituel ! Par contre effectivement, le reste de la lettre est plutôt ardu et tous décident d'en faire l'étude progressivement, sous la conduite des missionnaires de passage, Tite, Épaphrodite, par exemple, ou avec des responsables solides dans la foi, comme Épaphras, de Colosses, ainsi qu'Andronicus et Junia qui sont d'ailleurs apparentés à Paul.
Tyrannos leur ouvre donc de nouveau son école et tous les après-midi, à l'heure de la sieste, les personnes intéressées et libres viennent étudier la lettre de Paul, par petits passages. C'est une nourriture spirituelle solide qui raffermit la communauté et encourage chacun dans son témoignage...

 



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