Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français



Aquilas et Priscilla


… mais où est donc l’apôtre Paul ?


roman


Francis Willm

pasteur de l'Église protestante unie

 


Disponible sur « Amazon.com » et « Lulu.com » (imprimeur)
216 pages – 14,77 €

 

recension Gilles Castelnau

 


13 avril 2020

Après avoir écrit « Priscilla et Aquilas », présenté et recensé sur ce site, récit semi-imaginaire de ce couple de chrétiens de la première Église basé sur le livre des Actes des Apôtres, le pasteur Francis Willm en propose une suite.

Il reconnaît disposer désormais de moins de renseignements bibliques. Il s’efforce néanmoins de mettre en scène de son mieux les apôtres Pierre et Paul et l’évangéliste Marc à une époque dont le Nouveau Testament ne dit rien. Son « roman » - comme il l’appelle – permet néanmoins de « comprendre comment l’Église primitive s’est développée avant la destruction de Jérusalem et du Temple par les Romains en 70, puis la rupture avec le judaïsme et les grandes persécutions des siècles suivants. »

En bon pasteur qu’il est, Francis Willm ajoute que « la vie de ces premiers chrétiens et de leurs communautés est un exemple pour ceux de notre temps. »
Nul doute qu’on lira avec plaisir et intérêt ces pages si vivantes et qu’en reprenant les épitres de Paul et les Actes des apôtres on leur trouvera un nouveau visage.

En voici des passages.

 


Éphèse

Un matin, tout en partageant un repas léger, Priscilla se tourne vers Marc :
- Marc, tu as commencé à me raconter l'arrestation de Jésus, au Jardin de Gethsémané, à Jérusalem. J'aimerais tant connaitre la suite !
[...]
- De grand matin, le premier jour de la semaine, après le shabbat, encore dans ma tunique de nuit blanche, j'y suis allé. II faisait nuit, tout était calme, devant moi cette pierre en forme de meule, qui ferme l'entrée du tombeau. Mais elle était déjà roulée sur le côté ! Je tremblais de peur et en même temps j'étais saisi d'impatience en m'avançant pour voir à l'intérieur.
- Qui avait roulé cette énorme pierre ?
- Je ne sais pas... C'est un peu un mystère, à moins que Joseph d'Arimathée ait laissé la tombe ouverte cette fin de semaine, pour diverses raisons ?
- Bon, continue, je suis impatiente !
- Le tombeau était vide ! Bien sûr il y faisait très sombre, mais j'ai bien vu que sur la banquette à droite, il n'y avait que le linceul, à plat sur la banquette. Je pensais que les deux femmes que j'avais aperçues au moment où on l'avait mis au tombeau arriveraient à un moment ou un autre.
- Tu ne sais pas qui c'est ?
- Non, mais je me renseignerai sur ce point et sur tout ce déroulement d'ailleurs. Effectivement elles sont arrivées. J'étais à l'intérieur, un peu caché, et j'ai vu ces deux formes, légères, courbées dans la douleur, hâtant le pas et regardant à droite et à gauche. Théoriquement, elles auraient pu y aller même pendant le shabbat pour de telles circonstances, je ne sais pas pourquoi elles ont attendu le matin... Elles ont paru surprises de voir que la pierre était roulée, puis elles se sont avancées ont regardé à gauche n'ont rien vu, puis à droite et elles m'ont aperçu ! Le soleil venait de se lever et un rayon tombait juste sur moi ! Tu aurais vu leur réaction ! Terrorisées ! Vite je leur ai dit que Jésus n'est pas là, qu'il est vivant, mais j'ai à peine pu terminer mes explications, elles se sont enfuies, épouvantées, poussant des petits cris affolés...
- C'est sûr qu'elles t'ont pris pour un ange, avec ta tunique blanche et le rayon de soleil !
- Je pense, car les quelques relations que j'ai de jà eues de cette matinée de la Pâque font état de l'apparition d'anges qui leur ont dit a peu près la même chose. Mais tous les récits ne concordent pas tout a fait, il faut que je me renseigne plus. Depuis ces événements, plusieurs versions circulent !
- C'est un peu normal, c'est tellement incroyable !
- Je crois que le plus important c'est de savoir que Jésus est vivant, et ça, ceux qui en ont vu une apparition ou même ceux qui depuis ont eu une expérience spirituelle de rencontre avec le Seigneur, tous en sont convaincus. Priscilla est émerveillée par ce récit, on peut dire de première main ! Personne ne peut croire une pareille histoire, mais elle a su qu'ensuite Jésus est apparu aux disciples plusieurs fois. Paul lui a même dit qu'il était apparu une fois à près de cinq cents frères qui s'étaient rassemblés dans une forêt pour justement célébrer sa résurrection. D'ailleurs il est aussi apparu à Paul lui-même, qui le lui a raconté. C'était sur la route de Damas, alors qu'il partait arrêter des adeptes de la Voie. Pour Priscilla, comme pour son mari, cela ne fait aucun doute : Jésus est vivant, chaque jour ils perçoivent mystérieusement sa présence.

 

Assos

Le lendemain matin ils se retrouvent dans la salle d’hôte pour un léger repas, servi par des esclaves venant de cette région de Troade. Entre eux ils parlent le dialecte local, mais s'expriment dans un mauvais latin auprès des voyageurs. Tertius vient s'asseoir à côté des missionnaires, surpris que leur esclave mange avec eux ! Aquilas lui explique que ce serviteur est devenu chrétien depuis quelques années, il est quasiment leur ami et même leur frère, tout en les servant correctement. Le soldat est de plus en plus étonné ! Il constate aussi que la présence d'une femme, Priska, ne les gêne aucunement, et qu'elle prend part aux conversations au même titre qu’un homme.
- Tu comprends, explique Aquilas, notre ami, le missionnaire Paul, déclare souvent que dans la nouvelle Voie, « il n’y a plus ni Judéen, ni Grec, ni esclave, ni libre, et même ni homme ni femme ! » Oui, nous sommes tous au même niveau devant notre Dieu.
- Et le Seigneur Jésus disait : « aimez-vous les uns les autres » ajoute Priscilla.

 

Philippes

Le petit groupe entre dans le vaste atrium, décoré de belles et simples mosaïques représentant la nature et des scènes de chasse. Des tentures décorent les murs et plusieurs sièges attendent les visiteurs. L'air est frais, des effluves de parfum embaument discrètement l'atmosphère. Lydia ( 1 ) est une belle femme, un peu plus âgée qu'Aquilas. De longs cheveux noirs dans lesquels serpentent quelques mèches déjà blanches encadrent son doux visage et tombent presque jusqu'à sa taille, ondulant sur une tunique de couleur assez indéfinissable. Les voyageurs comprennent que c'est une tunique de travail ! Mais Lydia reste d'une rare élégance, pleine de distinction. Originaire de Thyatire, elle s'exprime dans un excellent latin. La ville étant quasiment une petite Rome, tout le monde parle latin, mais elle connait aussi parfaitement le grec. Lydia est donc veuve depuis longtemps. Alors que la condition de veuvage est souvent dramatique pour les femmes, elle-même, avec son énergie et son intelligence, a su continuer la gestion de l'entreprise créée par son mari.
[...]

( 1 ) On peut lire au sujet de Lydia le roman « Celle que St Paul a aimée », (Albin Michel) du théologien Norbert Hugedé, qui émet l'hypothèse sympathique mais hasardeuse que Paul et Lydia étaient... amoureux, mais sans jamais se le déclarer !

[Marc dit :]
J'en profiterai pour retrouver Pierre, mon père spirituel, le disciple de Jésus, car il m'aidera à rédiger un petit livre sur la vie de notre Seigneur. Je crois qu'il est à Rome ces temps-ci.
- Oh ! C'est une bonne idée, répond Lydia qui s'est ressaisie. Tu m'en enverras un exemplaire, n'est-ce pas ? Mais il sera destiné à qui ?
- Ce ne sera pas une biographie, mais plutôt une catéchèse, à destination des Églises qui risquent toujours de dévier dans leurs croyances. Il faut revenir sans cesse aux sources et se rappeler les paroles et les actes de Jésus, en tirer des enseignements, des exhortations, les adapter pour raffermir la foi des croyants. C'est pour cela que retrouver Pierre m'est précieux, car c'est un témoin oculaire encore vivant !
- Oh ! C'est une excellente initiative ! Et en quelle langue le rédigeras-tu ?
- Ma langue maternelle, c’est l'araméen, que je parlais à Jérusalem. Puis comme tout le monde j’ai appris le latin. Comme je voyageais beaucoup dans l'Empire, surtout à Alexandrie, j’ai également bien pratiqué le grec ! Alors je pense que je rédigerai en araméen, puis ce sera sans doute transcrit en grec, par moi ou quelqu'un d'autre...
[...]


Marc pense qu'un jour il faudra fixer une fois pour toutes les écrits fiables concernant Jésus et les premiers apôtres.
Lydia semble très intéressée par ce travail. A un moment, elle passe derrière lui alors qu'il prend des notes sur un parchemin.

- Dis-moi, cher Marc, comment vas-tu commencer ton livre ? Il faut bien une introduction ! Elle est un peu ironique...
- Je ne sais pas encore. soit comme une lettre, comme celles de Paul, en précisant les destinataires et en me présentant, mais je pense que ce livre sera trop important pour une simple lettre !
- Pourtant, reprend Lydia avec un sourire malin, la lettre que Paul a écrite aux Romains était très longue ! Marc la regarde : elle est vraiment charmante, son joli visage à peine strié de quelques ridules, ses yeux noirs pétillants de malice et d'intelligence, ses longs cheveux dénoués tombant avec négligence sur ses épaules légèrement dénudées. Elle est plus âgée que lui, mais il n'est pas insensible à son charme. D’ailleurs elle-même trouve fière allure à cet homme encore jeune. Leurs regards complices se croisent un instant furtif et ils reprennent prestement leur conversation :
- En fait il n'y aura pas d’introduction, je pense.
- Tu ne vas pas raconter la naissance de Jésus ? J’ai entendu des choses bizarres à ce sujet, reprend Lydia soudain très sérieuse.
- Oui, oui, je sais, mais justement, je pense que ces récits hauts en couleur sont, comment dire ? ... un peu trop élaborés et théologiques. J'ai peur que le lecteur s'attache trop aux détails, j'allais dire au folklore, et passe à côté du grand message qu'ils signifient : Jésus est le Fils de Dieu, mais c'est aussi et surtout un homme comme nous. Moi, je veux simplement présenter cet homme, empli de l’Esprit du Père.
- Mais c'est précisément ce qu'avait fait Jean le baptiseur : il a présenté Jésus ! Le missionnaire, pensif, marque un temps d'arrêt, les yeux perdus dans le vague...
- Ah ! bien justement, tu me donnes une idée, je peux commencer par Jean le baptiseur. Enfin, je vais réfléchir encore à tout cela.

 

L’arrivée de Paul à Rome

Une nouvelle vague de joie secoue l'assemblée ! D'un commun accord ils décident d’envoyer une délégation à la rencontre du cortège. Bien sûr Aquilas et Priscilla seront de la partie ! Le surlendemain ils partent de très bonne heure, avant même le lever du soleil, et s'engagent sur la Via Appia. Ils ont loué trois attelages et sont en tout une douzaine de personnes. Tertius les précède sur son cheval et ira en avance prendre des nouvelles. Ils font une halte au lieu-dit « les Trois Tavernes » et y passent la nuit. Là ils attendent le retour de leur ami. Priscilla n'en peut plus d'attendre et d'espérer ! Elle ne tient pas en place. Quand elle entend le bruit des sabots du cheval de Tertius sur les parois de la route, elle se précipite et fait même peur au cheval qui fait un brusque saut en arrière, au risque de désarçonner Tertius ! Mais celui-ci n'est pas un débutant équestre. Il saute prestement et annonce triomphalement que Paul et quelques autres prisonniers s'arrêteront pour une étape au forum d'Appius. Il reste donc un peu plus d'une heure de route. Ils décident d'y aller immédiatement, quitte à attendre là-bas l'arrivée de Paul. Quelques femmes vraiment fatiguées préfèrent attendre aux Trois Tavernes, dans l’auberge confortable. C'est donc six chrétiens de Rome, avec Aquilas et son épouse, qui arrivent le soir au Forum d'Appius.
Là, on leur annonce que les prisonniers arriveront le lendemain vers midi.

 



Retour vers libres opinions
Vos commentaires et réactions

 

 

haut de la page

 

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.