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Interreligieux 

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Le courage de douter
et la force de croire

Préface de Jacques Musset

Odile Ponton

éd. Karthala


28 janvier 2024

Odile Ponton, agrégée de grammaire et professeur de lettre classiques, est une grande animatrice de groupes de réflexions et de lecture biblique dans le style bien connu de Marcel Légaut.

Comme le dit bien l’éditeur en 4e page de couverture :

« Elle vient renforcer le groupe des femmes théologiennes dont notre société et l’Église catholique ont aujourd’hui un grand besoin. »

 

Elle a lu et partage la réflexion des excellents théologiens catholiques que les éditions Karthala publient dans la collection Sens et conscience et qui sont abondamment référencés sur ce site :

Jacques Musset, Robert Ageneau, Jacques Giri, Bruno Mori.

 

Elle se réfère constamment dans son livre aux théologiens protestants actuels

Daniel Marguerat, Élian Cuvillier, Thomas Römer, John Spong,

sans toutefois mentionner jamais leur protestantisme : Odile Ponton entend susciter une vie nouvelle à l’intérieur de l’Église catholique.

 

 

En voici quelques passages :

 


 

 Jésus

 

 L’origine de Jésus selon le prologue de  Jean,
une interprétation très discutable aujourd’hui


La Sagesse remplacée par le Logos grec

 

Nous avons estimé que nous pouvions considérer Dieu comme une présence qui nous habite et nous aide à donner le meilleur de nous-mêmes. Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons nous représenter les rapports de Jésus et de Dieu qu'il appelle Père. Jésus n'est pas différent de nous. II y a un mystère de Jésus, comme il y a un mystère de l'homme. Dans la personne, la vie, la mort et le message de Jésus, Dieu nous parle d'une façon unique, étant entendu qu'il peut nous parler à travers d'autres personnes ou des évènements.

« Dire que "la parole a été faite chair et a habité parmi nous", c'est dire que, dans la vie de Jésus, des gens ont vu qu'a été vécue la volonté de Dieu et qu'ils ont entendu s'exprimer la parole de Dieu. […] c'était [les faire] accéder à un autre niveau de conscience où ils commenceraient à se voir comme une part de ce qu'est Dieu, et expérimenter Dieu comme une part de ce qu'ils sont. [...] Jésus était le lieu où ensemble l'humain et le divin » John Shelby Spong (Note de G.C. : évêque de l’Église épiscopalienne des États-Unis)


Si l'on veut garder le terme d'incarnation, il faut dire qu'elle se produit en tout être humain. Mais le rôle de Jésus a ét unique, il est à l'origine d'une révolution spirituelle.

Il faut donc libérer la personne de Jésus de la gangue des dogmes qu'on a construits autour d'elle et d'un discours théologique complexe et prolixe qui décourage, éloigne et beaucoup de croyants.

 

Mesdames les théologiennes, messieurs les théologiens, au travail !

 

 

 

 

Ressusciter

 

Les apparitions pascales


L’emploi de la forme « ôphthè » conduit à une expérience spirituelle

 

L'étude du vocabulaire permet de remarquer la présence de la forme « ôphthè, il a été vu » (aoriste passif du verbe grec horaô, voir). Cette forme est utilisée dans la LXX, en particulier dans la Genèse (12,7 : apparition du Seigneur à Abram auquel il promet la terre de Canaan pour sa descendance ; 17,1 : apparition du Seigneur qui fait don à Abram de son alliance ; 18,1 : apparition au chêne de Mambré ; 26,2.24 : apparition à Isaac et promesse d'une grande descendance ; 35,1.9 : apparition à Jacob), mais aussi dans d'autres livres. comme Ex 3,16 : apparition à Moïse. Le plus souvent, l'apparition est suivie de la parole du Seigneur : promesse, mission, exigences particulières. Il s'agit d'une communication entre le monde céleste et ici-bas. Philon d'Alexandrie (mort vers 50 ap. J.-C.), philosophe juif de la diaspora grecque, qui veut montrer la complémentarité de la pensée biblique et des philosophes grecs, écrit que la perception de Dieu dans ces apparitions se fait par « l'œil de l'âme » et il les interprète comme des illuminations intérieures.

 

Ce passif du verbe « voir » a un sens intransitif : « se faire voir à, se révéler à, apparaître à ». Dans I Co 15,3-5, le verbe a « Christ » comme sujet grammatical : le Christ s'est fait voir à Céphas, a donné à Céphas et aux autres de le voir. Ici, comme dans les emplois de l'Ancien Testament, l'initiative vient du sujet transcendant, l'accent est mis sur son action, et sa manifestation utilise des catégories visuelles. On sait cependant que nul ne peut voir Dieu sans mourir (Ex 33,20).

 

Il ne peut donc s'agir de la perception d'une réalité objective, mais d'une expérience spirituelle et intime.

 


Théologie narrative et langage mythique

On peut affirmer que les récits d'apparitions relèvent de la théologie narrative.

 

On peut aussi parler, comme Élian Cuvillier (Note de G.C. : professeur de Nouveau Testament à la Faculté de théologie protestante de Montpellier) de « langage mythique ». Elian Cuvillier critique une opinion courante à propos du mythe, qui véhiculerait un message, mais avec des représentations naïves correspondant à une vision préscientifique du monde. Il pense qu'en réalité, le mythe tente raconter quelque chose qui n'est pas de l'ordre du savoir, « mais de l'indicible et de l'irreprésentable ». « Les mythes tentent d'objectiver, sous la forme d'histoires mettant en scène des personnages et des situations compréhensibles par tous, le rapport de l'homme aux grandes questions de l'existence. » « C'est l'impossible à dire que le mythe essaie d'exprimer. Non pas pour annuler cet indicible mais pour l'approcher autant que possible et tenter d'en traduire les conséquences pour l’existence humaine ».

 

Dans les apparitions pascales, les évangélistes traduisent donc une expérience subjective, ce qui ne peut se faire qu'en utilisant le registre de l'imaginaire, pour dire l'indicible de la foi.

 

 


 

Prier

Vie spirituelle

 

La vie nouvelle que le Ressuscité fait naître dans le cœur et l'esprit exige un engagement au service du Royaume, au service des frères et sœurs qui nous entourent. Elle oblige parfois aussi à prendre des responsabilités, elle entraîne des tensions, voire des conflits. Nous avons besoin de nous redire les raisons pour lesquelles nous agissons, nous avons besoin de vérifier si nous ne dévions pas de la voie, celle de Jésus, sur laquelle nous avons décidé de marcher. Ces interrogations sur nous-mêmes, sur nos actions et ce qui les inspire, dans une sorte de conversation avec nous-mêmes, sont le propre de la vie spirituelle.

 

 

 

La lecture des textes

La lecture des textes est comme une eau vive qui irrigue notre intelligence, notre imaginaire, notre sensibilité. Mais comment lire ?

 

[...]

L'instrument indispensable, on l'a vu, est la méthode historico-critique, qui doit être indépendante et n'être bridée par aucune interférence dogmatique. L'interprétation d'un texte n'a pas à conforter un dogme, quoi qu'en dise le magistère romain.

 

Mais cette lecture, si précieuse soit-elle, ne saurait suffire à nourrir la foi et la vie spirituelle. La lecture croyante a une dimension existentielle : en quoi les symboles rencontrés, les théologoumènes [affirmation théologique à laquelle on a donné la forme d’un récit aux apparences historiques], la théologie narrative, etc., découverts dans cette première lecture, peuvent-ils éclairer mon existence ?

 

Deux impératifs doivent guider ma lecture.

 

« D'une part il convient de rechercher la vérité avec la rigueur et l'honnêteté intellectuelle les plus absolues afin de parvenir à la meilleure perception possible du sens des textes ; d'autre part, il est tout aussi nécessaire de prendre son existence en charge, de la comprendre et de l'assumer dans la foi devant Dieu » Jean Zumstein (Note de G.C. : théologien protestant, professeur de Nouveau Testament à l’Université de Zürich).

En quoi ce texte interroge-t-il ma vie de croyante, de croyant ? Telle est la question que j'ai toujours à me poser.

 

 

 

Conclusion

Le courage de douter et la force de croire

 


Le courage de douter

Affronter les questionnements que j'ai présentés au cours de ce livre, c'est accepter de se lancer dans une traversée sur un sol mouvant où l'on risque à tout moment de perdre l'équilibre. Ils impliquent plusieurs remises en cause :

— remise en cause de croyances que l'on croyait inébranlables ;

— remise en cause d'une institution qui garantissait des repères, des rites, dans lesquels la foi pouvait s'exprimer sans arrière-pensée ;

— remise en cause de la communauté dont nous étions membres à part entière, avec la conviction que, même si nous pouvions avoir par ailleurs des sensibilités différentes, politiques notamment, nous partagions le même credo. Mais notre foi critique risque de ne pas être comprise et il nous faut vaincre la peur d'être rejetés par cette communauté. Dans l'Église catholique, la notion d'orthodoxie est primordiale. S'écarter d'un dogme, c'est sortir de la communion. Oser avoir un regard critique sur la doctrine enseignée par l'institution demande du courage.

Mais nos doutes, regardés en face, assumés, purifient notre foi et la rendent plus forte.

 

 

 

 

 


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