Jésus-Christ, qui connaît nos chemins douloureux pour y avoir marché comme nous, est le compagnon de tous les souffrants, des martyrisés, des vaincus, des condamnés (condamnés à raison, ou condamnés à tort comme lui-même). Dieu est le compagnon de ceux qui suivent un de ces chemins de douleurs : beaucoup de ceux qui souffrent sur un lit d’hôpital ou de prison, dont le présent est incertain et l’avenir bouché, ont fait l’expérience de cette Présence apaisante.
Cela ne signifie nullement que Dieu accepte le mal et la souffrance, qu’ils aient une place dans son plan ou une quelconque vertu éducatrice ou purificatrice !
Dieu est créateur de vie ; il renouvelle et fait monter en nous la sève de la vie ; il ne tolère en aucun cas le mal : Jésus n’a jamais eu la moindre parole permettant de trouver quelque chose de positif dans le malheur ; il n’a jamais lui-même laissé personne s’y enfoncer.
Voilà pourquoi il faut faire comme le disent Matthieu, Marc, Luc et Jean : bien souligner que c’est entre deux autres hommes, partageant les mêmes angoisses et les mêmes souffrances également de bien d’autres, que Jésus est mort, homme parmi les hommes, souffrant parmi les souffrants. D’une souffrance que nous ne mesurerons pas : pas plus que d’autres, pas moins non plus.
Partout dans le monde où des hommes, quelle que soit leur religion, leur civilisation, attachent leur préoccupation fondamentale à la restauration de la vie humaine profanée, chaque fois le Christ crucifié, compagnon des martyrs, transcende leur lutte et lui donne sa dimension dans une espérance de Résurretion. Chaque fois l’Esprit divin est à l’œuvre pour créer au fond des cœurs et entre tous, l’Être Nouveau. Peut-être incognito, mais sans jamais tenir compte de nos distinctions étriquées. Chaque fois c’est la Présence de Dieu vivante parmi les hommes.
Partout dans le monde où des hommes, quelle que soit leur religion, souffrent de la maladie, de la mort, de l’injustice, chaque fois le Christ qui a connu nos chemins douloureux pour y avoir marché le premier, se tient incognito à leur côté. Leur souffrance ressemble à la sienne. Sa souffrance les a toutes résumées ; il est le compagnon des mauvais jours, celui qui sait et s’implique avec force intérieure.
Celui dont l’Esprit nous donne le courage de tenir bon et d’affronter la mort après avoir affronté la vie.
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