dans l’esprit de Paul Tillich
Je crois en Dieu, la Profondeur de toute existence, la Source et l’Abîme de l’être, Celui que nul nom ne peut enfermer, que nulle image ne peut contenir, et que pourtant nous cherchons au cœur même de notre finitude.
Je crois en Jésus-Christ, manifestation de l’Être nouveau, en qui l’aliénation humaine est traversée et surmontée, en qui le divin et l’humain ne sont plus séparés par la peur, en qui se révèle la possibilité d’une existence réconciliée.
Il a partagé notre condition, connu l’angoisse et la solitude, affronté les puissances du monde, et porté jusqu’à la croix le poids de notre séparation d’avec nous-mêmes, d’avec les autres et d’avec le Fondement de notre être.
Il est entré dans les ténèbres de la mort, dans l’abîme où tout sens semble disparaître. Mais la croix n’a pas eu le dernier mot : en lui s’est manifestée la puissance qui fait surgir l’être du néant, l’espérance du désespoir, et la vie au cœur même de la mort.
Je crois en l’Esprit saint, puissance de la Présence, qui nous saisit au plus profond de nous-mêmes, nous arrache à l’isolement, et nous rend capables d’aimer au-delà de nos peurs et de nos intérêts.
Je crois à la communauté spirituelle, où nul ne possède Dieu, où chacun peut recevoir et donner, où les frontières sont traversées et où la justice devient espérance.
Je crois au pardon, qui ne nie pas la faute mais libère l’être de son enfermement ; à la résurrection, qui signifie que la mort et le néant ne détiennent pas l’ultime vérité ; et à la vie éternelle, non comme prolongement indéfini du temps, mais comme participation à la profondeur de l’Être qui nous porte dès maintenant.
Je crois que, même lorsque Dieu semble absent, même lorsque toutes nos images de Dieu s’effondrent, le Fondement de notre être demeure ; et que cette profondeur silencieuse peut encore nous donner le courage d’être, d’espérer et d’aimer.
Amen.
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