démocrate chrétien vainqueur du Texas
traduction Gilles Castelnau
Nous venons de reprendre le Texas. Nous venons de prouver que tout l’argent du monde ne fait pas le poids face au peuple texan. Nous venons de démontrer qu’une politique fondée sur la division ne peut rivaliser avec une politique fondée sur l’amour.
Et nous venons d’adresser un message à tous ces milliardaires, à tous ces richissimes donateurs, à tous les défenseurs corrompus de ce système politique défaillant, dans cet État comme dans tout le pays : le pouvoir appartient au peuple.
Cela me rappelle ce récit biblique d’un jeune berger qui affronte un géant. Pendant 40 jours, Goliath multiplie les provocations et les railleries. Le jour du combat, il se présente en armure complète, croulant sous le poids de tant d’armes qu’il a même besoin de quelqu’un pour porter son bouclier. Dans cette campagne, nous avons dû affronter des « Goliath ».
L’homme le plus riche du monde, l’homme le plus puissant du monde, et tout l’establishment de Washington D.C. David n’était ni aussi grand ni aussi fort que Goliath. Il n’avait pas autant d’armes, mais il possédait l’espoir. Il avait la foi, et il avait une fronde. Vous avez été ma fronde. Le peuple texan a été ma fronde. Et ce soir… ce soir, nous avons vaincu Goliath.
Les Écritures m’ont enseigné — tout comme mon propre parcours — qu’il faut toujours parier sur celui que l’on donne perdant. Avant d’être homme politique, j’enseignais les lettres au collège Rhodes, dans le quartier ouest de San Antonio.
C’est un magnifique secteur historique. C’est aussi l’une des zones les plus pauvres de tout l’État du Texas. Chaque jour, mes élèves luttaient héroïquement pour surmonter un système truqué. Mes élèves n’étaient pas seulement des enfants ; c’étaient des survivants, des rêveurs, des combattants. Je lisais dans leurs yeux, chaque jour, cette détermination inébranlable, cet esprit indomptable. En grandissant, j’ai pu observer cette même combativité chez ma mère, fille d’un pasteur de Laredo.
Elle s’est installée à Austin, où elle a rencontré mon père biologique — un homme de 21 ans dont l’amour de l’alcool dégénérait trop en violence. Un soir où il se montrait particulièrement violent, elle a eu le courage de rassembler nos quelques affaires dans sa petite Ford Escort et m’a emmené à l’hôtel où elle travaillait. Elle a obtenu du gérant qu’il nous accorde provisoirement une chambre, jusqu’à ce que nous trouvions ce petit appartement dans l’est d’Austin.
Faute d’espace je dormais dans le placard. Elle l’avait magnifiquement décoré avec des photos et des jouets : il faut toujours, toujours parier sur ceux que l’on donne perdants. Et pendant près de 40 ans nous avons affronté une vie de doutes et de désillusions.
Durant cette campagne pour le Sénat, notre parti a dû affronter des fores financières de plus de 300 millions de dollars, des publicités hostiles de dénigrement, des attaques de l’IA et tout ce que l’argent peut acheter. En fait, ces attaques étaient les derniers cris d’une institution à l’agonie, le râle de désespoir d’un statu quo aux jours désormais comptés.
Mais malgré les sommes colossales qu’ils dépensaient et qui semblaient réduire nos chances à zéro, nous n’avons pas perdu espoir, nous n’avons pas perdu la foi et finalement nous avons gagné. Il faut toujours miser sur ceux que l’on donne perdants. Nous avons réussi à rassembler dans une même équipe des Texans de tous horizons et de toutes convictions, et avons défié le système Républicain corrompu et défaillant.
Nous dédions maintenant cette victoire à tous ceux que l’on avait sous-estimés, écartés, laissés pour compte.
Cette victoire est pour chaque enseignant, chaque infirmier, chaque agriculteur, chaque éleveur, chaque jeune qui tente d’acheter un logement, chaque parent qui s’efforce de nourrir sa famille. Cette victoire est pour chaque Texan qui s’est un jour demandé si quelqu’un l’entendrait jamais.
Oui, vous avez été entendus. Nous vous avons entendus. Et ce soir, le monde entier vous entend.
Je suis honoré de votre confiance. Quant aux Texans qui n’ont pas voté pour moi : je dis que je serai aussi votre sénateur. Je serai toujours à votre service. Je me battrai toujours pour vous. Cette victoire dépasse le Parti démocrate ainsi que le Parti républicain.
Mon grand-père était pasteur baptiste dans le sud du Texas. Quand j’étais petit, il m’a dit que nous suivons un rabbin aux pieds nus qui enseignait deux commandements : aimer Dieu et aimer son prochain. Il disait qu’il ne peut y avoir d’amour pour Dieu sans amour du prochain.
Chacun porte en lui une part de sacré. Chacun est saint — et pas seulement le prochain qui me ressemble, qui prie comme moi ou qui vote comme moi. Je suis appelé à aimer tous mes prochains comme je m’aime moi-même.
Car nous aspirons tous aux mêmes choses : un quartier sûr, un bon emploi, une école publique de qualité et bien financée, ainsi que la possibilité de consulter un médecin lorsque nous en avons besoin. Mais les milliardaires — ceux qui possèdent les algorithmes des réseaux sociaux, les chaînes d’information télévisées et les politiciens qui s’affrontent sous nos yeux — veulent que nous nous entre-déchirions. Ils veulent que nous nous concentrions sur ce qui nous distingue, plutôt que sur ce qui nous rassemble. Ils veulent que nous nous observions les uns les autres, de gauche à droite, au lieu de lever les yeux vers eux.
Le véritable combat, dans ce pays, ne se joue pas entre la gauche et la droite. Il oppose ceux d’en haut à ceux d’en bas. Ceux qui sont au sommet déploient des efforts considérables pour entretenir notre colère et nos divisions, car notre unité constitue une menace pour leur richesse et leur pouvoir. Nous l’avons bien constaté durant cette campagne, notamment à travers tous ces discours dénigrant financées par des milliardaires.
Ceux d’en haut nous divisent — selon notre appartenance politique, notre origine, notre genre, notre religion ou notre culture — afin que nous ne remarquions pas qu’ils sont en train de nous dépouiller. Ils privent nos écoles de financements, démantèlent notre système de santé et augmentent nos impôts, tout en réduisant les leurs. C’est la plus vieille stratégie du monde : diviser pour mieux régner.
Mais ce soir, nous avons adressé un message on ne peut plus clair à ceux qui sont au sommet : nous ne nous laissons pas dominer. Nous n’acceptons pas d’être dressés les uns contre les autres et qu’on nous incite à nous haïr les uns les autres.
Cela déchire des familles, brise des amitiés et suscite un malaise général. Nous ne voulons plus d’une politique de haine, de peur, de division. Nous voulons une politique de fraternité.
L’amour est la force la plus puissante de l’univers.
L’amour n’est pas passif.
L’amour n’est pas neutre.
L’amour n’est pas faible.
L’amour exige que nous nous placions entre les oppresseurs et les opprimés.
L’amour exige que nous regardions le mal en face.
L’amour est une menace pour les pouvoirs en place car il est révolutionnaire et créatif.
La haine est inefficace.
La haine ne peut pas réduire nos factures d’énergie.
La haine ne peut pas apprendre à un enfant à lire.
La haine ne peut pas bâtir l’avenir.
Mais ce que la haine ne peut accomplir, l’amour le peut.
Le dynamisme de l’amour peut transformer un élève en érudit, un placard en chambre d’enfant un ennemi en ami, une campagne électorale en véritable mouvement fraternel. Il peut guérir ce qui est brisé en Amérique.
Lorsqu’on tend une main ouverte plutôt qu’un poing fermé, il est étonnant de voir qui saisit cette main.
Nous n’avons pas remporté cette élection en humiliant ou en ridiculisant nos concitoyens. Nous avons voulu vivre un amour réel pour notre État, pour notre pays, pour ceux qui nous entourent.
Nous avons ainsi mobilisé nos 60 000 bénévoles aux quatre coins de l’État et, nous avons acheminé de l’eau en bouteille à Sand Branch, une communauté située au sud de Dallas, dépourvue d’eau courante. Nous avons fait don de fournitures scolaires à une école primaire d’El Cenizo, une petite ville située à la frontière. Nous avons collecté plus de 9 tonnes de denrées alimentaires pour des familles de Fort Worth qui peinent à faire face au coût élevé de la vie.
Nous avons cherché à faire preuve de bienveillance pour nos voisins, à prier pour ceux qui nous ignoraient et c’est ainsi que nous avons conquis le Texas.
Nous devons maintenant évacuer les grandes fortunes de notre vie politique, afin qu’aucun milliardaire ne puisse plus chercher à acheter less élections.
Nous devons corriger le système économique biaisé actuel qui ne profite qu’au 1 % les plus riches.
Nous devons instaurer une couverture santé universelle, pour que personne ne se retrouve ruiné simplement parce qu’il tombe malade.
Nous devons investir dans nos enseignants et nos élèves, afin que tous, même les plus démunis, aient une réelle chance de réussir.
Nous devons mettre fin aux guerres sans fin et corrompues que mènent les États-Unis, qui font monter les prix et coûtent la vie aux remarquables hommes et femmes en uniforme.
Nous devons guérir la profonde corruption spirituelle qui est à la racine de toutes ces crises.
Une nouvelle politique voit le jour à travers chacun d’entre nous — à travers tous ceux que l’on disait perdants d’avance, à travers chaque « David » affrontant son « Goliath », à travers chaque Texan qui a cru en notre État et en ce mouvement. C’est maintenant que le véritable travail commence.
Le rabbin aux pieds nus n’est pas resté, il y a 2 000 ans, immobile dans sa chambre à prier. Il est entré au cœur même du pouvoir et a renversé les tables de l’injustice.
Il est temps de commencer à renverser les tables du Texas.
Un cow-boy finit toujours par savoir ce qu’il doit faire !
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