3. Hildegarde de Bingen, psychologue

Par

prêtre de l’Église épiscopale de Californie  

traduction Gilles Castelnau          

« Mélancolie ». Photo de Jerzy Kociatkiewicz sur Flickr.

[…]

Hildegarde traite abondamment de la mélancolie, au point que les spécialistes se demandent si elle n’en souffrait pas elle-même. 

Elle pense que la mélancolie trouve son siège dans la rate qui produit un excès de bile noire. Il convient donc de consommer des aliments bénéfiques pour la rate. Les châtaignes, par exemple, qu’il faut consommer grillées (et non bouillies). 

D’une manière générale, elle préconise des plantes connues pour restaurer la joie de l’esprit. La santé mentale n’est d’ailleurs pas régulée seulement par l’alimentation et les remèdes à base de plantes. Elle l’est aussi par la lithothérapie et l’adoption d’attitudes psychologiques appropriées.

Chaque aliment recèle une forme de « viriditas », une vitalité capable d’améliorer la circulation de certaines humeurs dans leurs organes correspondants et leur fonctionnement ; la « viriditas » des aliments restaurer la « viriditas » humaine.

Hildegarde était également convaincue du pouvoir curatif des pierres précieuses, chacune répondant à des besoins psychophysiques spécifiques. 

Elle disait aussi que ce sont principalement nos pensées qui nous nourrissent ou nous empoisonnent et que sans elles notre nourriture ou les pierres n’ont qu’un effet insuffisant.

Elle ne disait jamais que nous sommes coupables de notre mélancolie. Elle affirmait, certes, l’état de péché universel mais le considérait comme un état de maladie et non de culpabilité. Elle disait que nous pouvions en guérir en suivant un traitement approprié et retrouver ainsi l’équilibre perdu du jardin d’Eden originel.

Elle incite à ne pas se lancer dans un combat perdu d’avance contre nos défauts mais qu’il vaut mieux, au contraire, cultiver la vertu opposée en danger. Par exemple, le défaut d’égoïsme et d’attachement aux biens de ce monde ne doivent pas être inutilement condamnés comme le pire des péchés. Il vaut mieux s’ouvrir à de petits gestes de bonté et d’ouverture du cœur et prendre tranquillement conscience de l’épanouissement du cœur qu’ils provoquent.

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