Le religieux dans la presse

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Euthanasie aux Pays-Bas

L’hebdomadaire protestant Réforme a publié récemment le témoignage d‘un pasteur d’Amsterdam, Joost Röselaers sur « la pratique de l’euthanasie aux Pays-Bas » où il rappelle que « son pays a déjà une longue pratique » en la matière et qu’il suit avec attention les débats en France. « Ces dernières années, écrit-il, j’ai accompagné plusieurs personnes qui sont décédées par euthanasie. La législation néerlandaise est d’une extrême prudence et rigueurCe n’est jamais un acte pris à la légère. Le parcours est long et minutieux, et implique plusieurs médecins. D’ailleurs, le nombre de personnes qui meurent réellement par euthanasie reste très faible. L’effet de la loi est avant tout un effet d’apaisement : la certitude que l’on n’est pas obligé de continuer à vivre dans des conditions devenues invivables. » Le pasteur qui a été sollicité à plusieurs reprises pour accompagner la préparation à une euthanasie « en tant que pasteur » insiste sur « l’accompagnement, la qualité des soins  et l’attention portée à la personne mourante ainsi qu’à ses proches.  Beaucoup parviennent à concilier cette décision avec leur foi », souligne-t-il, c’est important pour le pasteur qu’il est. Il cite ainsi une personne qu’il a connue et qui avait tenu à proclamer sur son faire-part : « Dans la gratitude, je rends ma vie à mon Créateur. » Et il insiste à nouveau, et s’adressant à des Français c’est important en pleine réflexion sur l’euthanasie et qui s’opposent parfois violemment : « Je tiens à préciser qu’il n’existe aucune dérive aux Pays-Bas […] Pour ma part, je considère comme une bénédiction le fait que nous ayons une loi sur l’euthanasie si rigoureuse et humaine. Je souhaite la même chose à mes frères et sœurs français. Par amour et par foi en la vie. »

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Comment Jésus juge l’Amérique

Martin Thielen est un pasteur de l’Église méthodiste aux États-Unis. Il a eu envie de relire les Évangiles en regard du Nouveau Testament, à la veille de la Fête nationale américaine le 4 juillet.  Ce qui l’a amené à se demander comment Jésus nous jugerait s’il revenait en Amérique.  Justement, dans Matthieu 25, un texte du Nouveau Testament, Jésus nous répond […] Lorsque nous accomplissons des actes de compassion comme nourrir les affamés, accueillir les étrangers et soigner les malades, c’est comme si nous le faisions pour Lui. Ne pas faire ces choses « pour les plus petits », c’est comme si nous ne le faisions pas pour Lui.

Nourrir les affamés

Cette année, l’Amérique a abandonné la majeure partie de son aide étrangère, notamment l’aide alimentaire destinée à des millions d’enfants souffrant de la faim dans le monde. Le même abandon a eu lieu à l’intérieur du pays. Le projet de budget récemment adopté par la Chambre des représentants prévoit des réductions importantes dans le programme des bons alimentaires qui contribuent à nourrir des millions d’Américains à faibles revenus, dont un pourcentage important d’enfants.

Des coupes budgétaires importantes ont également été opérées dans les banques alimentaires et les écoles. Si Jésus visitait l’Amérique aujourd’hui, il dirait : « J’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger. »

J’étais étranger

De nombreux Américains accusent les immigrés d’être violeurs, meurtriers, membres de gangs et trafiquants de drogue. Mais la grande majorité d’entre eux sont respectueux des lois, travailleurs et contribuent significativement à notre culture et à notre économie.

Un grand nombre d’immigrés ont été récemment expulsés, souvent sans respect de la procédure régulière garantie par la Constitution. Des centaines d’entre eux, dont beaucoup n’ont pas de casier judiciaire, ont été expulsés dans d’autres pays, dans des prisons inhumaines. Ceux qui n’ont pas été arrêtés et expulsés vivent dans la peur, même s’ils vivent légalement aux États-Unis, car tous sont menacés d’expulsion. 
Si Jésus visitait l’Amérique aujourd’hui, il dirait : « J’étais étranger, et vous ne m’avez pas accueilli. »

J’étais malade

Jésus guérissait : la santé était donc importante pour lui. Pourtant, des projets de réduction des soins de santé sont actuellement en cours, notamment à l’égard de gens à faibles revenus. Environ 10,9 millions de personnes risquent de perdre leur assurance maladie, dont un grand nombre d’enfants et de personnes handicapées. 

Si Jésus visitait l’Amérique aujourd’hui, il dirait : « J’étais malade, et vous ne m’avez pas visité. »

 Il jugerait sévèrement l’Amérique.

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Les églises ukrainiennes

 L’Ukraine accuse des dirigeants orthodoxes russes d’avoir contribué à la saisie illégale d’églises dans les zones temporairement occupées du sud et de l’est de l’Ukraine par l’armée russe.  Le ministère ukrainien de la Défense [le SBU) a également accusé l’Église orthodoxe russe d’avoir nommé à la tête de ses paroisses des « conservateurs » pour promouvoir les idéaux du « monde russe ». 14 hauts responsables de l’Église orthodoxe russe sont accusés d’avoir aidé au transfert et à la saisie d’églises et de leurs biens dans ces territoires temporairement occupés. du sud et de l’est de l’Ukraine.

Les accusations portent sur la période comprise entre 2022 et 2024, lorsque le Patriarcat de Moscou a annexé les éparchies (diocèses) de l’Église orthodoxe ukrainienne dans les territoires occupés et les a placées sous le contrôle direct du patriarche Kirill de Moscou.  L’Église orthodoxe ukrainienne est historiquement liée à Moscou, mais gérée depuis Kiev avec sa propre direction. Les accusations concernent spécifiquement les diocèses ukrainiens de Djankoï, Berdiansk, Rovenky et Kherson, où des prêtres nommés par Moscou ont été installés pour promouvoir la politique étrangère russe visant à déstabiliser la situation en Ukraine ». Des évêques de haut rang de l’Église orthodoxe russe, dont le métropolite Antoine (Volokolamsk), qui dirige le Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, ont été chargés d’étendre les opérations hybrides en Ukraine.

En août 2024, l’Ukraine a adopté une loi obligeant l’Église orthodoxe ukrainienne à rompre ses liens avec l’Église orthodoxe russe, sous peine de poursuites judiciaires. L’Église avait jusqu’en mai 2025 pour s’exécuter. Interrogé, sur une prétendue répression de la liberté religieuse en Ukraine le président Zelensky a réfuté ces allégations, venues entre autres d’un commentateur politique américain connu américain, Ben Shapiro, mais il a réaffirmé qu’il était impossible que le KGB russe contrôle l’Église orthodoxe russe en Ukraine par des liens juridiques. Et l’on connaît la soumission au Kremlin et à Vladimir Poutine du patriarche Kirill de Moscou et de toutes les Russies…

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Des craquements notables dans le monde orthodoxe, il y en a sûrement. Ainsi en 2023, l’évêque orthodoxe Irénée de Londres et d’Europe occidentale a condamné la guerre en Ukraine, appelant à sa fin et affirmant que l’Église est apolitique et n’est liée à « aucun État, gouvernement ni idéologie politique.  Pour nous, il ne s’agit pas d’une question politique, mais d’une question religieuse a-t-il déclaré. Nous sommes contre toute guerre, et celle-ci en particulier, comme nous sommes également contre les effusions de sang et contre la persécution en toutes circonstances, quels qu’en soient les auteurs » L’hebdomadaire anglican Church Times qui a publié cette déclaration ajoute : « Nombreux sont ceux qui considèrent cette déclaration de l’Église orthodoxe russe hors Russie comme une protestation contre le président Poutine et le patriarche Kirill de Moscou. Bien qu’elle puisse être interprétée comme une forme de dissidence, elle ne condamne ni ne rejette directement l’invasion de l’Ukraine par M. Poutine, se concentrant plutôt sur les évolutions idéologiques en Russie (et sur la réhabilitation en cours de dirigeants de l’ére soviétique ). L’Église orthodoxe russe hors de Russie (basée à New York après avoir fait scission au temps du stalinisme) s’exprime sur le révisionnisme à la soviétique. »

Et en 2024, 53 évêques de l’Église orthodoxe indépendante d’Ukraine (qui a fait scission d’avec le patriarcat de Moscou) ont écrit au patriarche œcuménique Bartholomée de Constantinople, primus inter pares (premier parmi ses pairs) du monde orthodoxe, pour que les Églises orthodoxes rejettent la formulation par le Patriarcat de Moscou d’une nouvelle « théologie de la guerre », d’une « religion politique » centrée sur la vénération de l’État russe et où les principes chrétiens sont relégués au second plan, afin de servir les objectifs des dirigeants de la Fédération de Russie, dont Poutine, « vénéré comme une divinité vivante », selon les mots d’un dignitaire orthodoxe ukrainien et son affidé le patriarche Kirill. Les évêques ukrainiens exhortaient Bartholomée de Constantinople à user de son autorité canonique au sein de l’épiscopat orthodoxe pour exiger des dirigeants orthodoxes russes qu’ils renoncent à leur « théologie de la guerre sainte » une guerre « diabolique » contre l’Ukraine et demandaient l’excommunication du président Poutine. Le même jour, Kirill dans un sermon exhortait les Russes à poursuivre leur lutte contre le mal et à « remporter une victoire pour le Christ ». 

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