Le religieux dans la presse

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La Journée de Jérusalem

Le 26 mai, avait lieu à Jérusalem, ce que les Juifs appellent la « Journée de Jérusalem ». Avec, décrit Le Monde, la « marche des drapeaux » qui s’apparente à une marche de la fierté raciste pour célébrer la conquête de Jérusalem-Est par Israël en 1967 et son annexion en 1980, non reconnue par la communauté internationale. « Un rituel raciste » pour ces Juifs, qui parcourent les ruelles de la Vieille ville en criant des slogans hostiles « aux Arabes » accompagnés de regards de haine, d’insultes et de crachats.  Les commerçants arabes ont fermé boutique par crainte des violences et des dégradations. « Toute la journée des ‘Mort aux Arabes’ ou ‘Que vos villages brûlent’ ont résonné dans Jérusalem », décrit Le Monde. […] Partisans de « l’unification de Jérusalem », ces manifestants sont entraînés entre autres par le ministre Itamar Ben Gvir du gouvernement Netanyaou, un suprémaciste juif et leader d’un groupuscule d’extrême-droite et ces sionistes religieux « voient la prise de Jérusalem comme la libération de leurs lieux saints » [y compris le Mont du Temple, ou Esplanade des mosquées, lieu supposé du Second Temple détruit en 70 de notre ère, le plus saint lieu du judaïsme et le 3e lieu saint de l’islam après la Mecque et Médine. Les affrontements n’ont pas manqué, en cette « journée de Jérusalem », comme chaque année, avec ces groupes de juifs religieux, dont le ministre Ben Gvir, venus sur l’Esplanade des mosquées pour tenter d’y organiser des prières alors que depuis 1967 et la prise de Jérusalem-Est, il est interdit aux non-musulmans d’y prier, sauf en silence. D’ailleurs la Jordanie et la France ont condamné la provocation du ministre de même que l’opposition israélienne. Pour plus d’explications sur le statut de l’Esplanade des Mosquées, voir un article du Monde de 2023 : Le site d’information  Les clés du Moyen-Orient la « Journée de Jérusalem » et note que « Pendant la manifestation, de nombreux enfants sont présents, recouverts ou munis de drapeau israéliens.Des ultra-orthodoxes (Haredim, ou « craignant-Dieu ») regardent ces scènes, avec curiosité. Anti-sionistes, ils refusent l’existence d’Israël car ils attendent la venue du Messie pour refonder le Royaume d’Israël. Ils composeraient plus de 12 % de la population et leur influence est grandissante dans le pays.

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La marche des quakers

Qui sont ces 30 quakers photographiés en train de marcher de New York à Washington ? Un mouvement religieux protestant contre l’administration Trump et sa politique anti immigration. Ils ont fait quelque 500 km en un mois pour remettre à la Maison Blanche un exemplaire de la Remonstrance de Flushing, un document du 17e siècle, plaidoyer pour la liberté religieuse et considéré comme l’ancêtre du Premier Amendement à la Constitution américaine de 1791, qui interdit au Congrès d’adopter des lois limitant la liberté de religion.  Un quaker organisateur de la marche a déclaré à la presse que c’était une manière d’exprimer leur foi et leur solidarité avec les migrants menacés par Donald Trump. Mais qui sont ces Quakers, très peu connus en France ? Un mouvement issu de la réforme protestante, c’est un pasteur anglais, George Fox, qui au 17e siècle fonde la Société religieuse des Amis qui appelait à une forme plus pure du christianisme où le clergé, les rituels et sacrements étaient rejetés. Leur nom de quakers, vient du mot « trembler », George Fox ayant déclaré aux juges que tout être humain « devait trembler devant Dieu ». Autre explication : leurs tremblements à leurs débuts durant leur culte silencieux en attente d’une relation intime avec Dieu, Persécutés en Angleterre pour ne pas souscrire à la religion anglicane, la religion du roi et du Parlement, ils s’exilent en Amérique en 1667 et fondent avec leur mentor William Penn, un membre de l’élite anglaise converti au quakerisme, une colonie, l’État de Pennsylvanie. Ils sont connus pour leur pacifisme et leur défense des persécutés, et l’objection de conscience. Et ils ont inspiré plusieurs associations de défense des droits humains comme Amnesty International et ont aussi lutté pour l’abolition de l’esclavage aux États-Unis. Née à Philadelphie, l’idée de liberté religieuse et d’objection de conscience a donné aux Quakers la force de refuser toute participation aux guerres menées par l’Amérique. « Dans leur longue tradition de dissidence pacifique, la marche symbolique vers la Maison Blanche n’est que le dernier chapitre de l’engagement continu des Quakers en faveur de la justice  et leur solidarité avec les  communautés menacées » écrit le quotidien catholique La Croix qui a publié le 23 mai un article sur cette marche quaker en Amérique.

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L’église orthodoxe de Nice

« La Russie met la main sur une deuxième église orthodoxe de Nice » titre Le quotidien Le Monde ce 25 maiQuelques jours auparavant, les paroissiens de l’église orthodoxe Saint-Nicolas et Sainte-Alexandra de Nice avaient vu arriver, à la fin de leur office religieux, un huissier accompagné d’avocats et d’un serrurier. Armés d’appareils photos ils ont procédé à l’inventaire des objets à l’intérieur de l’église, en particulier des icônes.

Comme pour la très belle cathédrale orthodoxe russe de Nice dont Moscou a pris possession en 2011 déjà, après un procès, la bataille judiciaire concerne désormais la « vieille église » Saint-Nicolas-Sainte-Alexandra de la rue Longchamp, au cœur de Nice et un cimetière russe. L’église orthodoxe de la rue Longchamp a été gérée durant plus de 100 ans par les descendants de ces « Russes blancs » qui avaient fui après la Révolution de 1917 et qui « entretiennent encore le souvenir, la colère et la nostalgie », disent certains d’entre eux. Et la présence d’un serrurier accompagnant avocats et huissier ont laissé les paroissiens choqués : « Si nous n’avions pas été là, ils auraient fait quoi ? Ce serrurier, il était là pour forcer la porte ou pour condamner les lieux ? » C’est plausible étant donné le bras-de-fer judiciaire qui dure depuis deux décennies où Moscou à déjà fait poser des cadenas à la cathédrale Saint-Nicolas et au cimetière de Caucade, sur la hauteur de Nice, où se trouvent les tombes de centaines d’émigrés russes. Dans les années 1920, les églises et le cimetière ont été confiés à une association cultuelle russe de Nice, mais le 24 avril, la justice française a finalement donné raison à la Fédération de Russie, héritière juridique de l’Empire russe. « On pensait que tout le monde avait ouvert les yeux sur la Russie de Poutine, déplore la trésorière de l’association. Mais on donne tout de même raison à un État voyou contre une association française qui a plus de 100 ans d’existence. Et promeut une pratique religieuse ouverte. » Ce qui n’est pas le cas du patriarcat de Moscou, avec à sa tête le patriarche Kirill, âme damnée de Poutine.  Le Monde rappelle, s’il le fallait,  que non seulement Kirill est un soutien inconditionnel de Poutine et de sa guerre d’agression contre Ukraine mais que la hiérarchie de l’Église orthodoxe russe est « un soutien inconditionnel au FSB, les services de renseignements russes comme l’était la hiérarchie orthodoxe russe  au temps de la Russie soviétique. » Et c’est cette Église orthodoxe russe qui va récupérer la gestion de l’Église Saint-Nicolas et Sainte-Alexandra comme celle de la cathédrale. « Pour nombre de descendants des Russes blancs, mais aussi pour beaucoup de paroissiens arrivés plus récemment à Nice, Géorgiens et Ukrainiens en particulier, impossible de continuer à prier rue Longchamp dans de telles conditions. » Alors où iront-ils ? Français exilés en France ?  L’association s’est pourvue en cassation et elle a appelé Emmanuel Macron à l’aide.

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Gaza

Le 22 mai, le site BBC News a publié un article de Yolande Knell, sa correspondante à Jérusalem après la fusillade devant le musée juif de Washington qui a fait deux morts d’origine juive et les réactions en Israël, confronté à de vives critiques internationales et nationales concernant la conduite de la guerre à Gaza ces derniers jours. Yolande Knell écrit : « Si les ministres du gouvernement israélien ont condamné cette fusillade la qualifiant d’acte antisémite, de vives récriminations ont également été exprimées. Telles celles du Premier ministre qualifiant les meurtres d’’actes antisémites’ et ‘d’incitation sauvage à la haine contre Israël’. » Et le ministre des Affaires étrangères n’a pas hésité à parler de « coalition anti-israélienne de dirigeants de nombreux pays et organisations internationales, notamment européennes. » En début de semaine, comme une réponse à ces critiques violentes et peu diplomatiques, les dirigeants du Royaume-Uni, de la France et du Canada ont signé une lettre commune très ferme condamnant les actions d’Israël à Gaza. Et en Israël, Yair Golan, chef du parti démocrate, a condamné avec une vigueur inhabituelle la guerre de Gaza, affirmant qu’Israël tuait des bébés « comme un hobby », se sont ses mots. Et il a accusé le gouvernement radical israélien « d’alimenter l’antisémitisme et la haine d’Israël », affirmant que cela constituait « un isolement politique sans précédent » et un « danger pour chaque juif partout dans le monde ». 

Après la fusillade de Washington, le ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir avait paru accuser Yair Golan d’avoir « le sang des victimes » sur les mains.

En réponse, Golan a accusé le gouvernement radical israélien d’alimenter « l’antisémitisme et la haine d’Israël », affirmant que cela constituait « un isolement politique sans précédent et un danger pour chaque Juif, partout dans le monde ».

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