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Edvard Munch : La Puberté, 1894-95

 

Edvard Munch

l’œil moderne 1900 - 1944

 

Exposition au Centre Pompidou

jusqu’au 9 janvier 2012

 

Gilles Castelnau

 

 

26 septembre 2011

Edvard Munch, (prononcer « Mounk ») 1863-1944

Angela Lampe et Clément Chéroux, conservateurs de cette remarquable exposition ont réussi à obtenir des musées d’Oslo 59 peintures, des photos et des films qui nous font pénétrer dans une atmosphère angoissée et sans doute malsaine d’Edvard Munch

 

Le Cri, 1893

 

On connaît surtout son fameux « Cri » dont l’intensité et l’horreur qui saisissent le spectateur, symbolisent certainement les affres qui ont déchiré le peintre tout au long de sa vie. Munch l’a recopié à 5 exemplaires mais aucun ne figure dans l'exposition car ils ne sont plus autorisés à sortir des musées d’Oslo.

Edvard Munch a été élevé dans un protestantisme luthérien sinistre, tissé de culpabilité et d’un sentiment du devoir et du péché ôtant tout sourire et toute joie de vivre. Il a perdu sa mère à l’âge de 5 ans et sa petite sœur est morte peu après sans doute de la tuberculose. Une autres sœur souffre de dépression et son frère meurt quelques mois après s'être marié. Dans ce pays nordique aux nuits interminables et au froid glacé, il était atteint de neurasthénie et ressentait la vie comme une angoisse permanente, une croix était comme plantée dans son âme sans que la peinture puisse jamais l’exorciser.

Les Parisiens qui ont le bonheur de pouvoir recharger actuellement leurs batteries en plongeant dans la vague de sourires et de joie de vivre qu’exprime si bien la magnifique exposition de l’Aesthetic Movement « Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde » du musée d’Orsay, ne manqueront pas de s’étonner qu’à la même époque et de l’autre côté de la mer du Nord, une telle mélancolie ait pu ainsi régner

Les spécialistes d’histoire de l’art rapprochent la peinture de Munch de l’Expressionnisme qui naissait en Allemagne avec le groupe « die Brücke » et « der Blaue Reiter » avec la même violence émotionnelle et destructrice. On se souviendra d’avoir visité en 2008 au Grand Palais la passionnante exposition de Nolde.
Celui-ci, étouffant lui aussi dans un conservatisme protestant bien-pensant recherchait avec le même style fruste, brut et épais que Munch, une vision nouvelle, alternative de la vie. Mais il était fasciné par la puissance de l'idéologie nazie qui naissait en Allemagne avec Hitler. Il y reconnaissait une énergie – pervertie et dévoyée - qu'il sentait monter en lui avec l'intensité que sa peinture exprime si fortement.
Munch aussi a une peinture puissamment destructrice des valeurs de la bienséance traditionnelle mais déprimée et contrairement à Nolde et aux autres expressionnistes allemands, négatrice de toute créativité

 

Neige fraiche sur l’avenue, 1906

 

Le paysage est glacé, les arbres sont fantomatiques, les deux femmes sans visages, sans expression. Un enfer froid

On apprend avec étonnement qu’Hermann Goering, le numéro 2 du Reich allemand, avait adopté un des exemplaires du « Cri » et ne s’en séparait plus. Rien du dynamisme nazi pourtant dans cette œuvre de Munch. Hitler l’avait bien vu lui qui était sensible à l’art « décadent » et qui interdit finalement à Goering de conserver « Le Cri » chez lui

 

Les jeunes filles sur le pont, 1901

 

Même dans un tableau aussi paisible en apparence que celui de ces trois jeunes filles en promenade sous un ciel sans nuages, une sorte de détachement, d’insensibilité marque la scène. Les couleurs sont froides, le soleil que l’on croit découvrir à gauche de l’arbre n’éclaire ni ne réchauffe, les filles ne semblent même pas se parler. L’immobilité de l’ensemble et la rigidité du trait angoissent.

 

Autoportrait à Bergen, 1916

 

Le visage d’Edvard Munch se détourne du monde de la vie nous fixe comme celui d’un aliéné.

 

 

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