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SpiritualitÉ des images

 

Le Château Saint-Ange, 1832

 

Turner

peintures et aquarelles



musée Jacquemart-André
jusqu’au 11 janvier 2021

 

Exposition organisée en collaboration avec la Tate-Britain
 
60 aquarelles et quelque 10 peintures à l’huile, 

 

29 mai 2020

Félicitons le musée Jacquemart-André d’être le premier – et pour le moment le seul – à organiser à Paris, en cette période de déconfinement, une belle exposition.
Celle-ci en vaut vraiment la peine. Les aquarelles de Turner sont fraîches et séduisantes. Et le petit nombre de visiteurs admis dans le respect du confinement permet une approche très personnelle de chaque tableau.

Turner est un romantique anglais invétéré. En France le romantisme a surgi bien différemment. Dans les deux cas il s’agit du mouvement de libération de la sensibilité personnelle, des émotions irrationnelles, du refus des contraintes aliénantes.

En France, Théodore Géricault nous émeut avec son « Cuirassier blessé quittant le feu » exaltant le courage et la résilience puis avec « Le Radeau de la Méduse » montrant toute l’horreur des drames humains.

Eugène Delacroix nous éblouit et nous scandalise avec « La mort de Sardanapale » puis exalte notre élan patriotique révolutionnaire avec « La Liberté guidant le peuple ».

Rien de tel en Angleterre. Ce ne sont pas les drames humains et leurs grands élans qui plaisent aux Britanniques mais la contemplation de la nature qui leur permet de se situer dans l’heureuse vie de l’univers.

 

John Constable.  L’Écluse, 1824

Ainsi le grand poète et peintre William Blake chante à cette époque la « verte et douce terre d’Angleterre » et John Constable la peint. (Nous mentionnons ce tableau qui ne figure pas dans l'exposition pour souligner l'originalité de Turner.)
Il aime les paysages, il est sensible à la puissance des éléments, aux grands arbres. Il s’intéresse à la formation des nuages et il est d’ailleurs renommé comme observateur attentif des phénomènes atmosphériques.
Le style romantique incite les peintres à exprimer la puissance de leurs sentiments, leur désir d’une vie intense et leur profond vague à l’âme.
Turner ignore le style des Français et, comme Constable, peint la nature. Mais il ne s’agit plus pour lui de reproduire le paysage qu’il aime et a sous les yeux, c’est sa propre âme avec ses tourments, ses espoirs, ses désirs qu’il exprime à partir de la nature qu’il contemple moins que les bouleversements de son âme.
Lorsqu’il était enfant, il fut témoin des scènes de folie de sa mère qui était démente et qui sait si ces tourments ne revivent pas d’une certaine manière dans le chaos de certaines de ses toiles.

Turner a eu une éducation protestante rigoureuse (il était de famille méthodiste) mais s’en est détourné au profit d’une union fusionnelle, panthéiste, avec une nature fantasmée.
Il aurait déclaré qu’il ne travaille « pas selon un processus établi, mais joue avec les couleurs jusqu’à ce qu’ il ait exprimé les idées qu’il a en tête. »
Les conservateurs de l’exposition ont écrit sur un des murs sa phrase fondatrice : « Mon travail consiste à peindre ce que je vois non ce que je sais être là. »

 

Vue de Richmond Hill et d’un pont. 1808

Le premier plan est dans l’ombre. De petits personnages y évoluent, mais bénéficient étonnamment d’un rond de lumière venu d’on ne sait où. Devant eux l’onde reflète le ciel, on ne sait non plus comment. C’est dans le lointain qu’un paysage irréel est éclairé d’une lumière dorée sous un ciel limpide, représentant une sorte d’au-delà brumeux et désirable.

 

Venise : San Giorgio Maggiore – tôt le matin, 1819

La paix revenue après le blocus européen des guerres napoléoniennes, Turner effectue le « Grand Tour » d’Italie, à Venise, à Naples et à Rome. Il y découvre l’aveuglement de la lumière méridionale. L’église, les bâtiments, les bateaux sont représentés de manière si mince, si floue, que leur présence semble sans importance pour l’artiste qui ne voit en eux que la valorisation de l’éblouissement de l’immense lumière.

 

Le Rameau d’or, 1834

C’est une toile de grand format qui s’inspire d’un passage de l’Énéide de Virgile où Énée, accompagné de la sibylle descend au royaume des morts et présente, comme laisser-passer un rameau d’or.
Une légère brume rend le paysage irréel. L‘eau du Styx est vaporeuse et dans le lointain le paysage presque transparent disparaît à la vue.

 

Venise, la Piazetta avec la cérémonie du Doge épousant la mer, vers 1835

La cérémonie du doge avait été supprimée par Bonaparte à son arrivée en 1797. Au temps du roi Louis-Philippe, Turner va s’y intéresser.
Les bâtiments caractéristiques de Venise et le doge censé « épouser la mer » se fondent dans une unité brumeuse. Le sujet du tableau a presque totalement disparu ne laissant au spectateur qu’une image confuse dans laquelle celui-ci pourra lui aussi s’immerger, pour ainsi dire, dans ses pensées ou... ses nostalgies.
Est-ce cette liberté de méditer ainsi accordée au visiteur qui explique la fascination que provoque la peinture de Turner et... son immense succès populaire ?

 

Venise, vue sur la lagune au coucher du soleil, 1840

C’est le troisième et dernier voyage de Turner à Venise. Une fois encore, l’eau et le ciel se mêlent en une profonde unité avec des pieux de bois et des bâtiments. Mais distingue-t-on réellement des bâtiments ?



 

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