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SpiritualitÉ des images

 

L’Annonciation, 1569-1570

 

Greco

 

Grand Palais

jusqu’au 10 février 2020

 

Gilles Castelnau

 

23 octobre2019

Le Greco n’est pas grec. Il est né en Crète. Et la Crète appartient à la République de Venise. C’est là que le Greco commence sa carrière sous l’influence du Titien (voir sur ce site : le Titien) : beauté, sensualité, couleurs attrayantes, le Greco s’enthousiaste.
La ville de Venise mène une vie libre et joyeuse, bien loin des remontrances de l’Église catholique. Bien loin aussi avec son maniérisme, de l’académisme des Leonard de Vinci, Raphaël et Michel Ange : les personnages sont vivants, prétentieux dans leur individualisme, comme saisis de transe avec leurs gestes sophistiqués.
Mais le concile de la contre-réforme vient de s’achever à Trente, ville voisine, et l’Inquisition menace. Les peintres vont davantage prendre garde aux sujets de leurs tableaux. Dans cette ambiance, le Greco va poursuivre et prolonger même l’expression de la joie de vivre du Titien mais il aura la prudence de ne traiter que des sujets religieux.

Dans l’Annonciation placée ci-dessus en exergue, l’ange est lancé dans une danse tourbillonnante. Ses gestes maniérés et son vêtement agité par le mouvement, ses grandes ailes noires sont en harmonie avec les nuées qui l’enveloppent et où se trouvent même des anges ! La Vierge Marie est charmante dans sa belle robe rouge et son immense manteau chamarré.

 

La Mise au tombeau du Christ, vers 1570-1575

 

Les mouvements désordonnés et les couleurs chatoyantes tourbillonnent de façon magnifique. On ne dirait pas une triste mise au tombeau mais une sorte de danse exubérante et fraternelle dans la joie de vivre.
On dit que le Greco emporté dans sa fougue effervescente avait proposé au pape de faire effacer les fresques de Michel Ange du plafond de la chapelle Sixtine qu’il jugeait trop ennuyeuses pour les remplacer par sa peinture plus moderne.

 

L’Annonciation, vers 1576

 

Le cartel de ce tableau nous prévient que cette toile est probablement l’une des dernières peintures du Greco en Italie ou l’une des premières peintes en Espagne.
Ses couleurs sont toujours vives et la scène en mouvement, mais la gravité espagnole le conduit à davantage de modération.

 

L’Adoration du nom de Jésus, dit aussi Le Songe de Philippe II, vers 1578-1579

 

Le Greco est à Tolède, en Espagne. L’ambiance est bien différente de l'Italie. La nature y est sèche et aride, la vie dure et sans joie. Philippe II, allié de l’Inquisition, gouverne de façon implacable l’Espagne et les Pays-Bas. Il vient de réprimer cruellement une révolte des Juifs, pourtant déjà convertis de force au catholicisme, qui prétendaient continuer à parler leur langue et respecter certaines de leurs coutumes. Il faisait de même avec les protestants d’Espagne.
Il menait de façon impitoyable la guerre de Quatre-Vingts ans qui divisait les Pays Bas et soutenait notamment la répression anti-protestante du duc d'Albe qui était justement Fernando Álvarez de Tolède !

Ce tableau représente le roi Philippe II et ses alliés le doge de Venise Alvise Mocenigo et Don Juan d’Autriche devant le pape Pie V qui célèbrent leur victoire bénie par le ciel contre les Turcs à Lépante, en 1571.

 

Sainte Véronique, vers 1580


Sainte Véronique, dit la légende, a essuyé le visage du Christ montant au Calvaire et son empreinte s’y est imprimée.

Le Greco pénètre dans la spiritualité de la contre-réforme qui magnifie la fidélité des saints et souligne ainsi la grandeur de l’Église catholique.

 

Le Christ sur le chemin du Calvaire, vers 1585

Il a peut-être rencontré Jean de la Croix qui avait d’ailleurs son âge et vivait justement à Tolède. Celui-ci, comme Thérèse d’Avila, enseignait une piété rigoureuse faite du renoncement à tout attachement humain pour faire le vide en soi et se laisser ainsi emplir de la seule Présence divine.

 

Le Christ en Croix, vers 1600

 

Jean de la Croix écrivait ainsi :

Si un jour quelqu’un, prélat ou non, cherchait à vous inculquer une doctrine large et facile, ne le croyez pas, de la suivez pas, alors même qu’il la confirmerait par des miracles. Mais embrassez la pénitence et le détachement de tout et ne cherchez pas le Christ sans la Croix.

Il faut reconnaître que ce Christ est saisissant. Il semble en Ascension dans un ciel noir mais aux nuages de lumière. Il est haut, au-dessus de la terre et notamment de la ville de Tolède que l’on croit discerner au pied de la gigantesque crois.

 

Saint Martin et le mendiant, 1597-1599

Après tout, Jean de la Croix disait aussi

C'est dans le secret que Dieu instruit l'âme et lui apprend la perfection de l'amour, sans qu'elle-même coopère ou coomprenne de quelle sorte est cette contemplation infuse.

 

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