
A la Bastille (Jeanne Wenz), 1888
Toulouse-Lautrec
résolument moderne
Grand Palais
jusqu’au 27 janvier 2020
Gilles Castelnau
18 octobre2019
Henri de Toulouse Lautrec avait un atelier à Montmartre jouxtant celui d’Edgar Degas, de trente ans son aîné, son inspirateur et dont il partageait la passion pour le spectacle de la danse.
Mais alors qu’Edgar passait son temps comme en rêve avec les charmantes petites danseuses de l’opéra, Henri demeurait dans les cabarets et les bordels et représentait plutôt des femmes plus très fraiches.

Étude de nu, femme assise sur un divan, 1882
Il appartenait à une familles d’ancienne noblesse où il avait appris à jeter un regard détaché et sans jugement sur les lieux de débauche de Montmartre sans en craindre le moins du monde la dégradation qui ne pouvait l’atteindre.

Au Moulin Rouge, 1892-1895
Il sombrait dans la syphilis et l’alcool, participant néanmoins avec sa famille à des régates de voile et… les gagnant ! Capable aussi de rompre avec Yvette Guilbert, la Goulue, sa belle maîtresse qui voulait l’épouser car il se refusait à la « déchéance » d’un mariage déclassé.

Jane Avril dansant, 1892
Difforme sur ses petites jambes, les lèvres déformées, malade, alcoolique, les hommes et les femmes gravitant autour du Moulin Rouge appréciaient son attitude ouverte et sympathique à leur égard.

Dans le lit, vers 1892
Il ne craignait pas de représenter l’homosexualité. Il la banalisait comme dans l’ambiguïté de ce tableau où il semble que peu importe de savoir s’il s’agit d’enfants ou d’adolescents, garçon ou fille.
Il était sans jugement et sans réprobation. Il peignait son entourage tel qu’il le voyait dans son quotidien et il en recevait en retour un accueil humain et heureux.

Au Salon de la rue des Moulins, 1894
Dans Télérama du 2 octobre, Olivier Cena écrit excellemment :
Une même souffrance l’unit aux prostituées qu’il ne cesse de dessiner. Elle l’acceptent, dans leur vie et dans leur lit. Elles l’aiment bien parce qu’il ne les juge pas. Il a, disent-elles, un regard pétillant et charmant. Henri ne va pas au bordel, celui de la rue des Moulins ou celui de la rue d’Amboise, il y séjourne, il y dépense la rente familiale, il y boit un étrange mélange qu’il se concocte : moitié cognac, moitié absinthe. Sinon, le soir, il est au Mirliton de son ami Aristide Bruant ou au Moulin Rouge avec la Goulue, Yvette Guilbert et surtout Jane Avril, cette femme intelligente et sensible qui aime sa peinture. Et c’est l’affiche pour le Moulin Rouge qui lui offre au début des années 1890 un peu de notoriété.

Moulin Rouge – La Goulue, 1891
Sa famille d’Albi, qu’il fréquentait régulièrement ne s’est jamais détournée de lui et c’est au château familial, dans les bras de sa mère, qu’il est venu mourir à l’âge de 37 ans.

Un examen à la faculté de médecine, 1901
Cette scène est son dernier tableau. Il représente la soutenance de thèse de médecine de son ami Gabriel Tapié de Celeyran devant les professeurs Würtz et Fournier à l'hôpital Saint-Louis.
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