Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


Spiritualité des images 

 

 

 


L’Ancêtre des jours

1794

 

William Blake

1757-1827

 

Paris, Petit Palais

jusqu’au 28 juin 2009

 

Gilles Castelnau

 

8 avril 2009
William Blake était un grand admirateur des puissantes fresques de Michel Ange et, comme lui, il représentait à l’aide de personnages musclés se détachant sur le ciel un monde invisible dont il était le visionnaire.

Page titre de Visions des filles d'Albin, 1793

« L’œil voit plus que ne sait le cœur » écrit-il en exergue de ses « Visions des filles d’Albion », 1793.
Titre énigmatique car on pense habituellement au contraire que le cœur sait plus que l’œil ne voit !
Mais alors que Michel Ange ne traduisait au plafond de la chapelle Sixtine que l’enseignement traditionnel du catholicisme, William Blake, dans l’étonnante liberté de pensée anglaise du 18e siècle, se détache de la religion anglicane - pourtant bien libérale - des images bibliques qu’affectionnait Michel Ange, de la morale ordinaire et même des certitudes les plus courantes : il se permet par exemple, de représenter Satan dans toute sa « gloire originelle » !

Satan dans sa gloire originelle,  1805

 

Bien loin des poses mélancoliques du romantisme anglais naissant et du culte de la nature de ses contemporains, il déclare la guerre à toutes les idées reçues :
« De même que la chenille choisit les plus belles feuilles pour y poser ses œufs, écrit-il, de même le prêtre (anglican) pose sa malédiction sur les plus belles joies ».
Et encore :
« Les prisons sont construites avec les pierres de la loi, les bordels avec les briques de la religion ».

La France, à cette époque, traverse la Terreur de la Révolution qui va faire basculer la pensée unique qui a vitrifié l’Ancien Régime - malgré l’opposition des Lumières -  dans le romantisme traditionnaliste de l’Empire et de la Restauration blanche.
L’Angleterre, par contre, a permis aux Lumières de se développer au sein même des institutions et le pluralisme a forgé le caractère anglais.

Voltaire qui aimait voyager outre-Manche a écrit :
« S’il n’y avait en Angleterre qu’une seule religion, son despotisme serait à craindre ; s’il n’y en avait que deux, elles se couperaient la gorge ; mais il y en a trente et elles vivent en paix et heureuses » (Lettres philosophiques, VI).

Blake se trouve être un éminent représentant de l’incroyable diversité, impensable alors en France, à laquelle a pu s’élever l’esprit humain de ce temps, avec son humour et son sens dramatique.

Ces visions apocalyptiques ne doivent pas faire penser que Blake était un fou délirant et insensible.
Visionnaire ? sûrement.
Insensible ? bien au contraire. Il écrivait :
« La miséricorde a un cœur humain
la Pitié un visage humain
et l’Amour la divine forme humaine. »

 

Le petit ramoneur

Un petit être noir dans la neige crie :
- R’moneur, r’moneur d’un ton de douleur
( 1 ).
- Où sont-ils, dis-moi, ton père et ta mère ?
- Montés à l’église, où ils prient l’bon Dieu.
Comme ils me voyaient joyeux sur la lande
Et que je souriais dans la neige d’hiver,
Ils m’ont fait r’vêtir cette vêture de mort,
Appris à chanter cet air de douleur.
[…]
et ils louent l’bon Dieu, son Prêtre et son Roi,
qui fabriquent le ciel avec not’misère ».

Les Chants d’innocence

( 1 ) Le texte anglais pour le second vers est Crying ‘weep’ ‘weep’, in notes of woe.

Blake joue sur l’homophonie de sweep (nettoyer, ramoner) et weep (pleurer).

Jésus

Jésus est-il né d’une Vierge pure

Jésus est-il né d’une Vierge pure
A l’âme étroite et à la mine modeste ?
S’il entendait revêtir le péché
Sa mère devait être une prostituée.

 

 

Oberon, Titania et Puck dansant avec les  fées,  1785

L’exposition du Petit Palais ne permet pas vraiment de prendre conscience de la personnalité exceptionnelle de Blake et de son extraordinaire rayonnement.
Les dessins sont présentés dans la demi-obscurité protectrice des couleurs.
Ils sont de petite taille car ils illustraient les textes philosophiques et poétiques de Blake et les commissaires n’ont installé aucun agrandissement ni aucune traduction qui permettraient de les comprendre, ce qui est évidemment bien dommage et laisse le visiteur perplexe et frustré.

Néanmoins si l’on prend la peine de contourner ces difficultés, on en sera récompensé  par la découverte d’une vision du monde immense et une ouverture d’esprit décapante.

 

voir aussi

Blake Eve tentée par le serpent

Blake Jerusalem

 

Retour vers spiritualité des images
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.