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SpiritualitÉ des images


Le Baiser, 1881-1882

 

 

Rodin

L’exposition du centenaire

 

 

Musée du Grand Palais

jusqu’au 31 juillet 2017

 

Gilles Castelnau

 

18 mai 2017

Le musée Rodin de Paris possède de nombreuses autres œuvres que celles qui sont présentées dans cette exposition. Certaines s'y trouvent en double exemplaire. Une brève recension en est faite sur ce site.


Lorsqu’Auguste Rodin réalise en 1877 sa première grande statue, L’Age d’Airain (mentionné dans la recension du musée Rodin) qui représente un jeune homme nu, celle-ci apparaît tellement naturelle que l’on prétend immédiatement qu’il s’agit d’un moulage réalisé sur un modèle vivant.
La raison en est que Rodin s’efforce de comprendre la vie intérieure de ses modèles et d’exprimer les sentiments qu’ils éprouvent.

Le Baiser qui est placé ci-dessus en exergue, représente la passion tragique qui animait les amants maudits Francesca da Rimini et Paolo Malatesta dont parle Dante. Rodin pensait leur trouver place dans sa Porte de l’Enfer.
Exposé séparément en 1887 la sculpture a pris finalementcle nom de « Baiser » et connut un très grand succès.

 

L’Enfant prodigue, vers 1886 ?

 

Ayant quitté son père, raconte Jésus dans l'Évangile, le fils revient tout repentant. Cette statue devait faire partie de la Porte de l'Enfer. Elle reçoit un nouveau titre. L'agenouillement du garçon peut, en effet, représenter son humble retour. Mais pourquoi serait-il nu ? Et d'ailleurs son visage tourné vers le ciel donne plutôt à son élan joyeux le sens d'avoir été accepté par Dieu.
Comme toujours avec les statues de Rodin, peu importe le titre, chacun, quelle que soit sa situation peut s'y reconnaitre. Et, dans le cas présent, se sentir aspiré dans un dynamisme nouveau rénovateur.

 

Les Trois Ombres, avant 1886

 

Le groupe des Trois Ombres était présent au sommet de la Porte de l’Enfer. Le fait qu’il soit composé de la triple répétition du même personnage à l’expression dramatique lui apporte une forte intensité.

 

Monument aux Bourgeois de Calais, 1889

 

Ce groupe représente les six hommes qui se présentaient devant roi d’Angleterre Édouard III, vainqueur en août 1347, pour mettre fin au très long siège de la ville perdu par les Français. Leur vie a été épargnée par l’intervention par l’épouse du roi d’Angleterre.

L'un d'eux est mentionné dans la recension du musée Rodin.

Rodin, conformément à son habitude ne mentionne aucun détail qui aurait permis l’identification historique de ces hommes. Ceux-ci peuvent parfaitement symboliser l’anxiété et la détresse de n’importe quelle situation à toute époque.
Il est à noter que c’est l’épouse de Rodin, la sculptrice Camille Claudel qui s’est chargée de la réalisation des mains de ces hommes.

 

Balzac, 1898

 

La Société des gens de lettres, présidée par Emile Zola l’ami de Rodin, lui commande une statue de Balzac. Il se livre à toute une recherche de documents iconographiques de Balzac et la tâche traine en longueur.
La Société vient se rendre compte dans son atelier de l’avancement du travail et se trouve désarçonnée par la vision de ce qu’elle nommera une « masse informe » où elle n’a pas pu « reconnaître le romancier ».

Une polémique énorme s’en suit. Rodin est soutenu par Zola et son groupe d’amis. La presse parle d’une scandale analogue à celui de ll’affaire Dreyfus.

Finalement la statue a été terminée de façon que l’ensemble du corps de Balzac, vêtu d’une robe de chambre, conduit le regard vers le visage qui est majestueux et saisissant de vérité. Fantomatique tout de même.

Rodin en a dit : « Cette œuvre dont on a ri, qu’on a pris soin de bafouer parce qu’on ne pouvait pas la détruire, est la résultante de toute ma vie, le pivot de mon esthétique »

 

Le Penseur, 1903

 

C’est la figure qui domine la Porte de l’Enfer. Rodin a dit qu’elle représente Dante, mais comme toujours, aucun détail concret ne permet cette identification et elle peut représenter tout le monde. (Elle est représentée dans la recension du musée Rodin)

 

Les Bénédictions, avant 1894

La douceur féminine et sa sensualité se retrouve souvent sous le ciseau de Rodin.

 

 

Barry Flanagan, Grand monument, 1996

 

Les commissaires de l’exposition ont voulu manifester l’importance de l’art de Rodin pour tous les sculpteurs suivants. Ceux-ci y ont trouvé l’idée de se libérer de la représentation exacte de leurs modèles pour exprimer plutôt leurs propres sensations et fantasmes.

L’excellent Barry Flanagan manifeste sa joie de vivre en représentant des lièvres bondissants !

 


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