
Jean-Jacques Henner
musée Henner
Gilles Castelnau
7 juin 2016
Le musée Henner est installé dans un charmant hôtel particulier, construit au 19e siècle, acheté et aménagé dans cette intention par Mme Marie Henner, nièce du peintre, qui l’a donné à l’État avec 440 peintures et meubles. Il vient d’être restauré et on s’y promène avec plaisir. Évidemment ses fenêtres ne permettent qu’un éclairage de face qui fait briller les tableaux...
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Voulez-vous comprendre pourquoi Gustave Courbet a scandalisé le tout-Paris en peignant avec un réalisme misérabiliste en 1850 son « Enterrement à Ornans » et Édouard Manet en 1863 représentant son « Olympia » comme une femme nue regardant le visiteur effrontément dans les yeux ? (voyez sur ce site Peinture de « droite » ou peinture de « gauche » ?).
C’est que la bonne éducation et l’élévation de l’esprit vers un monde et honorable interdisaient cette bassesse de sentiment et que les peintre exposant chaque année au Salon savaient, eux, promouvoir la beauté d’une humanité bien-pensante et conservatrice.
Tout au plus était-on prêt à admettre le réalisme naturaliste de l’Angélus de Jean-François Millet dans la mesure où ces paysans vivaient leur pauvreté dans la piété de l’Église.
Mais foin du réalisme de la fatigue de la souffrance.
On aimait la « Naissance de Vénus » d’Alexandre Cabanel et « la Danse » de William Bouguereau dont les tableaux empreints de beauté, de sérénité et de bonheur paisible décoraient de manière édifiante les murs des salons.
Et justement Jean-Jacques Henner faisait partie de ces peintres appréciés des milieux dirigeants de l’Empire et de la Troisième République. Il a mené une carrière brillante : grand prix de Rome à 29 ans, chevalier de la Légion d’honneur à 43 ans, membre de l’Institut à 60 ans. Un bon nombre de ses œuvres ont été achetées par l’état, il exposait chaque année au Salon où il était médaillé. II était un artiste qui comptait. En cette deuxième moitié du 19e siècle.

Adam et Ève trouvant le corps d’Abel, 1858
Ce tableau a fait gagner à Jean-Jacques Henner le grand Prix de Rome de peinture en 1858. La précision du dessin donne une impression de réalisme photographique. Les sentiments d’Adam et d’Eve sont convenus. La pudeur et la Bible sont respectées.

Portrait d’une jeune fille italienne, 1859
Elle et bien mignonne cette jeune italienne peinte durant le séjour que Jean-Jacques Henner a fait au début de sa carrière. Elle n’est ni provocante ni impudique. Elle ferait sans doute une domestique parfaite.

L’Alsace. Elle attend, 1871
Jean-Jacques Henner se souvient de sa naissance et de sa jeunesse alsaciennes. Ce tableau a été commandé par des épouses d’industriels de Thann pour être offert à Léon Gambetta, opposant déterminé à l’abandon de l’Alsace-Lorraine après la défaite de 1870. Il a eu un succès considérable dans la jeune Troisième République patriote.

Henriette Germain, 1874
Henriette était la fille du banquier fondateur du Crédit Lyonnais Henri Germain.

Portrait de Mme *** dit La Femme au parapluie. Salon de 1874
Henner a fait poser Augustine Durand, un modèle de profession.

Les Naïades, 1877
Commande pour la salle à manger de l’hôtel particulier de M. et Mme Soyer, 43 rue du Faubourg Saint Honoré à Paris. Le peintre connaissait leur gendre, Paul Sédille, l’architecte des Magasins du Printemps.

Nicolas Le Roux, 1884.
Le modèle est le fils du peintre Hector Le Roux, un des meilleurs amis de Jean-Jacques Henner.
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