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Spiritualité des images






Un mariage

chez des protestants disséminés

(Suisse)


 

Armand Leleux

Paris, 1818 - Paris, 1885


Salon de Paris en 1874

Photographe du Louvre : Antoine Mongodin

 

 

29 mai 2015

Élisabeth Foucart-Walter

conservateur en chef au Département des peintures au musée du Louvre

 

Un tableau à sujet protestant vient d’arriver au Louvre, de retour de dépôt à la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur où il avait été envoyé en 1892.

Il s’agit d’un tableau de  genre du peintre (peu connu)  Armand Leleux (Paris, 1818 - Paris, 1885) présenté au Salon de 1874 sous le titre : « Un mariage chez des protestants disséminés (Suisse) » et acquis alors par l’Etat. Le mot disséminés est en italique, comme pour montrer son importance.
C’est une scène de genre rétrospective, qui  montre un mariage en Suisse, au XVIIIe siècle, dans un intérieur et non un temple.
Il faut savoir que Leleux avait épousé une peintre née à Genève et, de ce fait, il a longtemps séjourné en Suisse et peint des sujets helvètes.

 

Un mariage (détail)

 

Gilles Castelnau

S’agit-il vraiment d’un mariage ? Ou est-ce le titre que le peintre a attribué à une scène qu'il s'était tout simplement plu à représenter sans prétention de réalité ? Certes le titre l’indique et Mme Foucart-Walter qui s’en occupe actuellement remarque que l’épouse de l’auteur était suisse et qu’il avait lui-même « longtemps séjourné en Suisse et peint des sujets helvètes. »
Mais est-on sûr que le peintre a lui-même proposé ce titre ? Et peut-on penser que l’attitude des personnages et la disposition de la scène représentait fidèlement une réalité passée ?

L’exaltation du pasteur, une main tenant fermement la grande bible et les yeux tournés vers le ciel montre une haute spiritualité, certainement contagieuse, mais qui ne semble guère convenir à l’union d’un jeune couple.

D’ailleurs les personnes placées derrière lui ne sont guère attentives à son allocution ni, d’ailleurs, désireuses de manifester leur amitié pour les mariés. Ne devraient-elles pas se tenir en groupe devant le pasteur ?

Quant au couple, bizarrement décorés de rubans à leur revers, ils ne sont pas placés au centre de l’espace, face au pasteur ou à l’assemblée, mais contre le mur. Il est vrai qu’ils se tiennent par la main, mais la « mariée » est assise, le regard étrangement perdu dans le vide.

Le professeur Bernard Reymond, de la Faculté de théologie protestante de Lausanne écrit :
« Du moment que c'est en Suisse, ce n'est pas un mariage clandestin. Il a apparemment lieu dans un milieu de la haute bourgeoisie. Qu'il ait été célébré à domicile est parfaitement normal : en milieu réformé, le mariage n'est pas un sacrement, mais un acte contractuel placé sous le regard de Dieu. Tout peut dépendre à cet égard du canton dans lequel celui-ci a été croqué. Au 18e siècle, il était souvent d'usage que, dans les "bonnes familles", les baptêmes soient célébrés à domicile. Donc aussi les mariages. »

Quoi qu’il en soit, l’acceptation de ce tableau au Salon de 1874 montre qu’il jouissait d’une certaine considération. La personne du pasteur n’y était sans doute pas étrangère. Son visage et sa grande bible éclairés de lumière tranchent sur la relative obscurité de la scène. Son regard tourné vers le ciel semble traverser les limites de la pièce. L’immobilité attentive des personnages placés devant lui et notamment du vieillard à la canne qui semble captivé, manifestent l’élévation et l’importance que l’on peut reconnaître à son Évangile.

Si des internautes suisses protestants pensent avoir des idées sur ces question, nous les publierons volontiers ici-même et nul doute que la conservateur du Louvre les lira avec attention.

 

 

 

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