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Aux origines de la Torah

 

Nouvelles rencontres,
nouvelles perspectives

Israël Finkelstain

Thomas Römer

 

Édition Bayard

262 pages - 19,90 € 

 

Recension : Gilles Castelnau

 

22 février 2019

Israël Finkelstein (dont plusieurs articles sont publiés sur ce site) est un archéologue israélien juif, directeur de l’Institut d’archéologie de l’Université de Tel Aviv et codirecteur de la mission archéologique de Megiddo en Galilée. Il a été récemment nommé à l’académie française des Inscriptions et Belles Lettres après de nombreuses conférences au Collège de France.

Thomas Römer (dont plusieurs articles sont publiés sur ce site) est protestant, professeur de la chaire Milieux bibliques au collège de France et enseigne également la Bible hébraïque à l’Université de Lausanne.

Leur collaboration de bibliste et d’archéologue, comme le faisaient, l’archéologue protestant Pierre Bordreuil (récemment décédé) et la catholique Françoise Briquel Chatonney (sur ce site) leur permet de situer dans leur contexte historique et de dater à nouveaux frais, les récits des textes de la Bible.

Cette méthode ouvre à une nouvelle approche des récits. On comprend qu’ils ne décrivent pas la réalité historique des événements qu’ils racontent, mais qu’ils renvoient plutôt au milieu politique qui leur a donné naissance.

Ce livre présuppose que le lecteur soit disposé à une lecture attentive il ne s’est pas toujours simple. Mais, comme dans leurs ouvrages précédents, les deux auteurs nous font entrer dans l’univers passionnant du monde qui a vu naître la Bible.

En voici des passages.

 

INTRODUCTION

Paris / Tel Aviv, juin 2018

Israël Finkelstein
Thomas Römer

Bible et Archéologie n'ont pas toujours fait bon ménage. L'archéologie biblique, dont on peut situer l'essor majeur dans la première moitié du XXe siècle, avait surtout pour but de prouver l'historicité des récits bibliques en identifiant les lieux bibliques et en enracinant les événements racontés dans la Bible dans la matérialité des découvertes archéologiques. [...]
Il est donc temps que l'archéologie moderne et les sciences bibliques critiques se parlent à nouveau, les sciences bibliques cessant de considérer l'archéologie comme une « science auxiliaire » et les archéologues renonçant à imaginer l‘archéologie comme étant la « cour suprême », qui pourrait définitivement trancher les questions et datations débattues par les exégètes.

 

 

L’histoire de l’Israël ancien entre archéologie et texte biblique

État des lieux

Israël Finkelstein


Comment furent préservées et transférées à Juda les anciennes traditions du royaume du Nord ?

Plusieurs chercheurs ont suggéré que les traditions du Nord étaient arrivées en Juda avec les Israélites qui s'y installèrent dans les décennies qui suivirent la conquête d'Israël par les Assyriens en 720 av. J.-C. L'archéologie et, tout particulièrement, l'examen des modèles d'occupation du territoire, semble apporter son soutien à cette théorie. Je fais référence, en l'occurrence, à la croissance démographique de Jérusalem en particulier, et de Juda en général, à la fin du VIIIe siècle et au début du VIIe siècle av. J.-C. Autant que je puisse en juger, la transformation démographique en Juda ne peut s'expliquer autrement.

Un tel bouleversement démographique pourrait avoir été le catalyseur de l'essor d'une idéologie pan-israélite en Juda. À ses débuts, sous la domination assyrienne, ce pan-israélisme était tourné vers l’intérieur, vers cette nouvelle population mixte d'habitants de Juda et d'anciens Israélites vivant dorénavant ensemble dans le royaume du Sud, dans un effort pour créer une identité commune. Ce n'est que plus tard, après le retrait assyrien de la région, que cette idéologie pan-israélite fut « exportée » vers les Israélites vivant dans les territoires de l'ex-royaume du Nord. C'est l'époque de l'essor de l'idéologie territoriale davidique, qui trouvera son expression majeure dans la description d'un âge d'or de David et Salomon, vu comme la grande Monarchie Unifiée à venir.

 

Théologie versus histoire

À ce propos, je souhaite revenir sur la question de savoir si les récits bibliques sont plus historiques lorsqu'ils décrivent des événements proches de l'époque à laquelle vécurent les auteurs. La réponse est en fait à la fois positive et négative. Prenons l'exemple du « siècle assyrien » en Juda, entre 730 et ca. 630 av. J.-C. Trois rois se succédèrent à Jérusalem à cette époque : Akhaz, Ézékias et Manassé. Le contexte de leurs règnes, dates, nombres d'années sur le trône et lien avec les monarques assyriens, sont parfaitement historiques, mais la théologie intervient dans la manière de les présenter.

Akhaz est évalué de façon négative, alors que I ‘archéologie montre que sous son règne Juda progressa fortement, devenant un royaume densément peuplé et économiquement prospère.

Ézékias, quant à lui, est présenté de façon positive, alors que l‘archéologie montre qu'à son époque, et en raison de l'inanité de sa décision à participer à une révolte contre les Assyriens, la Shéphélah et la vallée de Béer-Shéva furent dévastées par Sennakérib : dans ces régions, tous les centres liés à Juda, explorés par l'archéologie, révèlent, en effet, des signes de destructions majeures.

Manassé est considéré par les textes comme le pire et le plus impie de tous les rois de Juda. Son attitude vis-à-vis du culte étant même présentée comme responsable de la chute de ce royaume. À l'opposé, l'archéologie montre que, sous le règne de ce roi, Juda connut un renouveau, car ce vassal complaisant et fidèle des Assyriens participa alors à leur économie globale, de telle sorte que le royaume du Sud connut sous Manassé une prospérité jamais atteinte auparavant.

 

 

Comment dater les textes du Pentateuque ?

Quelques cas d’étude.

Thomas Römer

 

CONCLUSION

La date la plus assurée pour l'existence des textes du Pentateuque est la période perse, parce que ce contexte peut être déduit de données concrètes. plus on recule dans le temps, plus la datation devient hypothétique et compliquée. On doit donc commencer toute analyse d’un texte en se demandant s'il convient à la période perse (note de G.C. : la période perse commence en 538 av. JC, lorsque le roi de Perse Cyrus envahit Babylone et permet aux Juifs de regagner Israël) s'il est ou non composite et quelles sont les possibilités d'identifier des strates plus anciennes.

La première édition du Deutéronome au VIIe siècle av. J.-C. est restée depuis l'époque de Wette un bon point de départ, apparemment, pour la datation de textes plus anciens.
En ce qui concerne P, il y a de fortes raisons de penser qu'une datation de la période perse reste la meilleure option. Mais il ne faut pas dramatiser les divergences. Même les chercheurs qui soutiennent une date postexilique pour le document sacerdotal admettent que le rituels et les prescriptions en Lévitique 1-15 peuvent très bien dater, au moins partiellement, de l'époque du premier Temple.
D'un point de vue méthodologique toutefois, il est plus sûr d'étudier les textes P de la Torah en les situant avant tout dans le contexte du Second Temple. (note de G.C. : Le Second Temple a été construit au retour de l’Exil en 538)

 

 

 

Observations sur les contextes historiques de l’histoire d’Abraham

entre archéologie et exégèse.

Israël Finkelstein
Thomas Römer

 

Le cycle de Jacob,
le plus ancien récit d’ancêtre
dans le livre de la Genèse

Si Osée 12 date du VIIIe siècle, nous avons déjà à cette époque de claires allusions aux épisodes majeurs du cycle de Jacob, tel qu'il nous est connu dans le livre de la Genèse : la naissance et le conflit entre les frères (Gn 25,24-26) ; le combat avec Dieu (El) ou son ange (32,23-32) ; la rencontre à Béthel (28,10-22) ; l'enrichissement de Jacob (30,25-42) ; la fuite d'Aram (31,1-22) et la servitude pour une femme (27,15-30).
Il est intéressant de noter que, mise à part l'allusion à son frère non-nommé, tous les autres éléments mentionnés en Osée 12 sont liés au récit de Jacob et Laban. Ce récit dans sa forme pré-P peut très bien avoir vu le jour au VIIIe siècle av. J.-C. À cette époque, Haran était la capitale occidentale de l'empire assyrien et le récit de Jacob y séjournant pouvait avoir été raconté afin d'indiquer aux auditeurs comment se comporter intelligemment vis-à-vis des Assyriens.

 

 

Observations sur les contextes historiques de l’histoire de Jacob dans la Genèse

Israël Finkelstein
Thomas Römer

Le présent article tente de reconstruire l'histoire dans sa longue durée ou, plus précisément, l'histoire culturelle de ces traditions. De telles indications peuvent être décelées dans la relation entre textes, contextes géopolitiques, réalités démographiques et d'occupation des lieux ainsi que dans les toponymes mentionnés et les trouvailles archéologiques faites dans les lieux en question.

Selon la même méthode, nous avons suggéré dans un précédent article une « stratigraphie » et une chronologie des récits sur Abraham et tenté d'identifier les couches littéraires et les réalités à la fois archéologiques et historiques qui les sous-tendaient, depuis l'âge du Fer jusqu'aux époques exilique et postexilique et, éventuellement, jusqu'à la période hellénistique.
Dans ce qui suit, nous souhaitons faire de même pour les traditions sur Jacob. Nous utiliserons l'exégèse biblique ainsi que des indices fournis par l'archéologie et des sources extrabibliques afin de proposer quelques observations préliminaires sur des aspects importants de « realia », capables d'éclairer l'histoire culturelle de la tradition de Jacob.

 

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