Les divers
manuscrits
bibliques
1er mars
2002
Nous connaissons
peu de
variantes dans les manuscrits de
l'Ancien Testament dans la
mesure où les scribes juifs en copiaient le
texte très
littéralement et détruisaient les manuscrits
usés.
Par contre, les manuscrits du Nouveau Testament,
copiés avec
davantage de liberté, présentent de très
nombreuses variantes.
Voici la présentation des principaux manuscrits
les plus
complets et les plus anciens, les plus beaux
aussi, écrits sur
parchemin de grand format en lettres majuscules.
L'Alexandrinus
(A). Il contient l'Ancien
Testament, le Nouveau à partir de
Matthieu 25. 6 et les épîtres de Clément de Rome. Il fut
copié au Ve siècle à Alexandrie, où il est
répertorié depuis 1098 ; offert par le
patriarche d'Alexandrie au roi Charles Ier
d'Angleterre en 1628 et publié
dès 1654, il est conservé à la British
Library de Londres. Copié sur deux colonnes, il
mesure 32 cm x 26 cm.
Le
Sinaïticus (¿). Il
contient l'Ancien Testament presque complet,
dans la version de la Septante, le Nouveau
Testament, « Le
Pasteur » d'Hermas
et l'épître de Barnabé.
Copié au IVe siècle ;
il est ainsi nommé car il fut découvert par
Tischendorf en 1844 au monastère
Sainte-Catherine du Sinaï. Il a été acheté
pendant la dernière guerre par l'Angleterre à
l'Union Soviétique qui le conservait à Saint
Pétersbourg. Écrit sur 4 colonnes il mesure
43 cm x 38 cm. Il est
conservé à la British Library de Londres.
Le Vaticanus
(B). Il lui manque ses
trente-et-une premières feuilles jusqu'en
Genèse 46. 28, vingt feuilles de
psaumes
(Psaume 105. 28 - 137. 6)
et toute la fin du Nouveau Testament après
Hébreux 9. 14. Copié au
IVe siècle, il est à la bibliothèque du
Vatican. Répertorié depuis la fin du
XVe siècle, il ne fut publié
qu'en 1904. Copié sur trois colonnes il
mesure 27 cm x 27 cm.
Le codex
d'Ephrem ré-écrit (C). Il
contient l'Ancien et le Nouveau Testament avec
de nombreuses lacunes. Il fut copié au
Ve siècle ; c'est un palimpseste,
c'est-à-dire qu'au XIIe siècle, son texte
fut recouvert par les oeuvres de saint Ephrem.
En 1843 Tischendorf parvint à relire le
texte biblique ainsi caché. Il est à Paris à la
Bibliothèque Nationale. Il fut acheté
en 1453 à la chute de Constantinople par
les Médicis ; il fut apporté à Paris par
Catherine de Médicis en 1550.
Le codex de
Bèze (D). Grec-latin. Ne contient
que les évangiles et les Actes. Copié au
VIe siècle, il se trouvait, au
XVIe siècle entre les mains du réformateur
Théodore de Bèze qui l'offrit en 1581 à
l'université de Cambridge.
Il existe aussi
beaucoup de manuscrits écrits sur
papyrus en lettres minuscules et des milliers de
manuscrits plus récents dans toutes les
bibliothèques d'Europe et de Russie.
Pour éditer le texte
biblique on tient également
compte des citations bibliques que l'on trouve
dans les œuvres des Pères de l'Église des
premiers siècles et des traductions anciennes en
langues latine, syriaque, copte etc. car elles
ont peut-être été réalisées sur des manuscrits
très anciens.
En tout état de cause l'ancienneté n'est pas un
argument décisif, car un manuscrit récent peut
avoir été copié sur un autre très ancien.
Les
variantes de manuscrits
Pour éditer le Nouveau
Testament, il s'agit de choisir
parmi toutes les variantes figurant dans les
manuscrits celles sur lesquelles les traducteurs
travailleront et dont on juge qu'elles doivent
s'approcher le plus du texte original que l'on
ne connaît évidemment pas. Il y a évidemment des
variantes orthographiques de peu d'intérêt
théologique. D'autres variantes sont
intéressantes :
- Jean 5. 2.
L'Alexandrinus mentionne la piscine de « Bethesda »
ce qui signifie en hébreu, « maison de
miséricorde » ; le Vaticanus
donne la forme « Bethsaïda »,
sans doute par assimilation avec la ville
mentionnée en 1. 44 ; le Sinaïticus
dit :« Bethzata ».
C'est cette dernière variante que l'on choisit
le plus volontiers.
En effet les autres leçons s'expliquent
facilement et on préfère en général la variante
la plus difficile à comprendre, les autres
provenant sans doute du désir de simplification
du scribe copieur.
- Marc 1. 2.
Sinaïticus et Vaticanus :
Selon ce qui est écrit dans le prophète
Ésaïe...
Alexandrinus :
Selon ce qui est écrit dans les prophètes...
La variante de l'Alexandrinus s'explique par le
fait que la citation qu'elle introduit n'est pas
du prophète Ésaïe mais du prophète Malachie. Le
scribe ayant copié l'Alexandrinus a cru devoir
corriger cette erreur. Aujourd'hui nous
n'approuvons pas son intention et nous imprimons
la formule erronée que nous supposons la plus
proche de ce que l'auteur a pu écrire : on
comprend que des scribes aient voulu la corriger
et on la suppose donc originelle. On ne
comprendrait pas que si l'auteur avait
correctement écrit : « dans
les prophètes », on ait introduit
la mention erronée dans le prophète Esaïe !
- Romains 5.1.
Justifiés par la grâce nous avons la paix
avec Dieu
Justifiés par la grâce, ayons la paix avec
Dieu.
La variante s'explique par le fait qu'en grec
les deux termes se prononcent de la même manière
mais s'orthographie différemment. On choisit
habituellement la première variante qui semble
mieux correspondre à la pensée de Paul.
- Jean
8. 6. (Dans l'épisode de la
femme adultère)
Jésus, s'étant baissé, écrivait sur la terre.
Jésus, s'étant baissé, écrivait sur la terre
les péchés de chacun d'eux.
La seconde variante se trouve dans nombre de
manuscrits des IXe, Xe, XIe siècles ; elle
semble secondaire car elle présente un ajout
évidemment destiné à satisfaire le lecteur
curieux de ce que Jésus écrivait.
- Luc
3. 22. Dans le récit du
baptême de Jésus la voix céleste s'exprime de
façon différente suivant les manuscrits :
Sinaïticus, Alexandrinus, Vaticanus :
Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j'ai mis ma
joie.
Manuscrit N° 1574 :
Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai
mis ma joie (sans doute pour harmoniser avec
Matthieu 3. 17)
Codex de Bèze :
Tu es mon Fils, moi aujourd'hui je t'ai
engendré. (citation du Psaume 2. 7)
La première variante semble la plus proche de
l'original, les deux autres pouvant s'expliquer
par les rapprochements mentionnés.
Conclusion
Les auteurs du Nouveau
Testament ne nous transmettent pas seulement
la tradition orale sur Jésus en se
bornant à la rassembler ; ils font
également oeuvre d'interprétation traditionnelle
de cette tradition à l'intention des lecteurs du
Ier siècle.
Jean le dit clairement :
Ces choses ont été écrites afin que vous croyie
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et
qu'en croyant vous ayez la vie en son nom.
20. 31
Et Luc :
...afin que tu reconnaisses la certitude des
enseignements que tu as reçus. 1. 4.
Les auteurs du Nouveau
Testament ne se présentent pas comme des
historiens, encore moins comme
des journalistes, mais comme des hommes de foi
cherchant à rendre compte du surgissement de
Celui qui communique la Vie divine. Il ne
convient donc pas de s'intéresser à la valeur
historique de ces récits mais à leur sens, selon
l'interprétation qu'en donnent les évangélistes,
dans le milieu historique qui est le leur,
cinquante ou soixante ans après les événements.
Une parole ou un geste
prêtés à Jésus par l'évangéliste,
sans avoir été dit ou accompli par Jésus (et
donc inauthentiques) peuvent parfaitement nous
présenter une interprétation fidèle de son œuvre
et de sa personne.
Certains éléments des évangiles ne sont
compréhensibles que comme des souvenirs ou des
échos de la vie de Jésus elle-même, d'autres
sont manifestement issus de l'affrontement de la
chrétienté avec le milieu juif ou païen ambiant.
Lorsque nous lisons la
Bible « avec
un coeur ouvert et bon » comme le
dit Luc 8. 15, la Présence spirituelle qui
a inspiré ces écrits, nous étreint à notre tour.
Le témoignage intérieur du Saint-Esprit qui a
fait parler et écrire les hommes du passé nous
met au bénéfice de la même Rencontre, de sorte
que ces anciens textes nous deviennent
contemporains dans une jeunesse et une fraîcheur
défiant les siècles.
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