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La Bible

Quelles histoires !

 

Entretien avec Estelle Villeneuve

 

Thomas Römer

professeur au Collège de France
professeur à l’université de Lausanne

 

Éd. Bayard
300 pages – 19,90 €

 

 

Recension Gilles Castelnau

 

15 février 2014

Dans la ligne d’Israël Finkelstein et de Pierre Bordreuil, Thomas Römer reconstitue en historien les événements de l’ancien Israël et s’efforce de comprendre quelle place y ont pris les textes de la Bible.

Ainsi, au lieu de partir de l‘ « histoire sainte » telle qu’on la présente habituellement, puis de la confirmer et de l’illustrer à l’aide des découvertes archéologiques et des productions littéraires des peuples voisins, cette nouvelle méthode cherche à expliquer pourquoi à telle époque et dans telles circonstances politiques les textes bibliques ont vu le jour.

Dans ce volume Thomas Römer étudie les récits des patriarches dans la Genèse et de Moïse dans l’Exode.

Il ne s’agit pas d’une thèse savante difficile à lire et écrasée par les notes en bas de page mais d’un grand interview au style facile et agréable, conduit par Estelle Villeneuve, journaliste au Monde de la Bible, qui sait poser les questions fondamentales.

Nul doute que les amis de la Bible seront bien souvent surpris et même déstabilisés des affirmations de Thomas Römer, mais celui-ci les justifie avec tant de rigueur et d’intelligence en citant des versets bibliques que tous connaissent, que l’on acquiert une nouvelle familiarité avec le peuple d’Israël que personne ne peut mettre en doute.

En voici des passages.

 

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L'aventure de la recherche

page 67

Si l'on veut faire une utilisation religieuse de ces textes, il est indispensable de lire et d'interpréter chaque passage à la lueur de tous ceux qui traitent du même sujet. Il faut aussi s'interroger sur les contextes socio-historiques pendant lesquels ils ont vu le jour. C'est très important d'attirer l'attention sur ce point, car les lectures littéralistes nourrissent les tendances fondamentalistes que l'on voit se propager un peu partout, jusqu'à l'extrémisme.
Prenez les débats sur le mariage pour tous, qui ont fait tant de bruit. J'ai participé à une émission de télévision où quelqu'un disait : « Ce projet est inacceptable, parce que le livre du Lévitique interdit l'homosexualité. »
Sur ce point, en effet, le Lévitique est très clair. Mais que fait-on, alors, de l'instruction qui lui est associée, à savoir la mise à mort du contrevenant ? S'il fallait appliquer la Bible à la lettre, il faudrait aussi restaurer la peine de mort pour tous les couples homosexuels. Qu'on soit pour ou contre le mariage homosexuel, pour ou contre la peine de mort, etc., cette méthode qui consiste à faire son marché dans la Bible en fonction de ses propres convictions, puis à décréter : « Voilà ce que dit la Bible et ce qu'il faut penser », consciemment ou non, c'est de la manipulation.

 

 

La formation du Pentateuque

page 99

Ces pratiques communes, que vous évoquez, ne fonctionnent-elles pas aussi comme marqueurs identitaires, une façon de souder le peuple en le distinguant des autres ?

En effet. Les rédacteurs sacerdotaux accordent une grande importance aux signes de l'Alliance. La question est de savoir quel environnement offre à Israël une altérité telle que ces signes distinctifs puissent jouer leur rôle de ralliement et de démarcation.
Prenons la circoncision : elle était pratiquée, probablement comme rite initiatique lié à la puberté, dans tout le Levant (à l'exception des Philistins) et en Égypte où elle était peut-être réservée au sacerdoce ou à l'aristocratie ; ce n'est pas très clair. Les auteurs sacerdotaux reconnaissent d'ailleurs cette communauté de pratique, quand ils font remonter la circoncision à Abraham, c'est-à-dire à la préhistoire d'Israël.
Finalement, où la circoncision n'est-elle pas pratiquée ? En Mésopotamie.
On peut donc supposer que c'est là, dans le contexte de l'Exil à Babylone, qu'elle est devenue signe distinctif de l'identité israélite. C'est assez logique, quand on y pense. Pour prendre conscience de son identité religieuse, il faut être sorti de son milieu naturel, se trouver en situation de minorité par rapport à une religion dominante.
J'ai fait cette expérience en tant que protestant, quand je suis arrivé en France et que j'ai été confronté à des gens qui ne savaient même pas ce qu'était le protestantisme. En Allemagne, je ne m'étais jamais posé la question de mon identité religieuse, mais, là, il a fallu que je réfléchisse à ce que cela voulait dire pour moi et à la façon dont je me démarquais des autres.
Les Judéens ont dû connaître un peu la même chose pendant l'Exil. Ce qui les différenciait des Babyloniens, c'était la circoncision. C'est alors, je pense, qu'ils ont réinterprété ce rite, qui les marquait aussi corporellement, comme signe de leur lien avec Yahvé.
Ils en ont aussi avancé l'âge, de la puberté à la naissance, pour le distinguer des pratiques de leurs voisins proche-orientaux.
Ce changement se reflète dans les récits de Genèse 17 et 21, où Ismaël est circoncis à l'âge de 13 ans, alors qu'Isaac, lui, l'est à huit jours, comme cela deviendra la règle dans le judaïsme.

 

Le shabbat est-il aussi le fruit d'une reformulation identitaire ?

Pour le shabbat aussi, et plus largement pour les fêtes communautaires d'Israël, on retrouve cette même tendance du clergé à redéfinir a posteriori des rites qui étaient largement partagés par tous les peuples du Levant.
Dans les récits d'époque monarchique, comme le second livre des Rois 4,23 et Amos 8,5, le terme « shabbat » désigne le début du mois. Le shabbat était donc, au départ, une fête mensuelle du calendrier lunaire. C'est lors du séjour à Babylone que les fêtes traditionnelles sont repensées et reçoivent, en plus de leur connotation naturaliste originelle, une signification théologique nouvelle. Le shabbat est alors redéfini sur un rythme hebdomadaire de sept jours, à la lumière du récit sacerdotal de la Création. C'est l'origine de notre semaine.

 

page 114

Pour en revenir au point de vue des milieux qui ont produit l'histoire deutéronomiste, comment comprennent-ils le sens de l'histoire ?

Pour les deutéronomistes, l'histoire commence avec l'Alliance scellée dans le désert, après la libération d'Égypte. Dans la conception des deutéronomistes, les origines du peuple sont exclusivement exodiques ; la Création, les Patriarches, leur installation pacifique en Canaan... cela ne les intéresse pas. Eux, ils ont les yeux rivés sur l'Exil et la perte du pays. Ils sont obsédés par cela. Ils veulent expliquer pourquoi la catastrophe s'est produite, avec la conviction que l'histoire est déterminée par le comportement d'Israël par rapport à la Loi : s'il la respecte, tout va bien ; s'il la transgresse, tout va mal. L'exégète Martin Noth disait, à juste titre, que l'histoire deutéronomiste est une grande étiologie de l'Exil.

Toutes les étapes sont donc passées en revue : le séjour au Sinaï, la conquête, la période des Juges, l'instauration de la monarchie, le Royaume unifié sous David et Salomon, et puis tous les règnes d'Israël et de Juda.

Pour les deutéronomistes, à part quelques épisodes favorables, l'histoire est une constante dégringolade jusqu'à la chute de Jérusalem, en 587, et I'Exil à Babylone. La cause est annoncée dès le discours de Moïse, à la fin du livre du Deutéronome :
« Toutes ces malédictions viendront sur toi, te poursuivront et t'atteindront jusqu'à ce que tu sois exterminé, puisque tu n'auras pas écouté la voix de Yahvé ton Dieu en gardant ses commandements et ses lois, qu'il t'a donnés. [...] Vous serez arrachés de la terre où tu entres pour en prendre possession. Yahvé te dispersera parmi tous les peuples, d'un bout à l'autre de la terre, et là tu serviras d'autres dieux que ni toi ni tes pères vous ne connaissez : du bois et de la pierre ! » (Dt 28,45.63-64).

Cette mise en garde revient comme une rengaine tout au long de l'histoire deutéronomiste. Dans son discours d'adieu, prononcé alors que la terre est à peine conquise, Josué le redit encore : « Yahvé est fidèle à ses engagements, mais si vous ne l'êtes pas, vous serez arrachés de votre pays, déportés... » (Jos 23).

Même avertissement dans le testament de Samuel, après l'instauration d'une monarchie : « Vous avez voulu un roi ? Eh bien, tâchez d'en tirer le meilleur, autrement la main de Yahvé sera contre vous, comme elle l'a été contre vos pères » (1 S 12). Et une autre fois, dans le discours d'inauguration du Temple par Salomon, qui prévoit déjà le temps où le peuple, éloigné dans un pays lointain, ne sacrifiera plus dans le sanctuaire, mais tournera vers lui ses prières comme les musulmans vers la qibla de La Mecque (l R 8).

De façon encore plus explicite, le second livre des Rois commente la chute de Samarie, en 722, comme la conséquence directe de la désobéissance aux commandements de Moïse (2 R 17). Bref, le lecteur ne pouvait que se dire :
« Voilà, l'Exil a bel et bien eu lieu, mais nous étions prévenus. Si nous avons été vaincus, ce n'est pas à cause de la faiblesse de notre Dieu protecteur Yahvé. Au contraire, il est assez puissant pour se servir de nos vainqueurs et punir, à travers eux, notre incapacité à respecter sa Loi. »

On est là typiquement dans une théologie de la rétribution, dans laquelle Dieu lie sa justice à notre comportement. C'est un peu décourageant comme vision de l'histoire...

Les deutéronomistes sont obsédés par la faute et par la défaite, ils ne savent pas comment les gérer. Alors que les prêtres ont le rituel pour restaurer la relation avec Dieu, pour eux, tout repose sur leur comportement. C'est très culpabilisant

 

 

Le grand puzzle des traditions d'Israël

page 143

Dans cette imbrication de traditions sacerdotales et deutéronomistes que vous venez de nous résumer, comment arrivez-vous à distinguer les traditions plus anciennes ?

[...] Si vous lisez bien le chapitre 4 (de l’Exode), vous remarquerez une bizarrerie : au verset 18, Dieu vient d'appeler Moise à son service, il l'a convaincu de repartir en Égypte pour délivrer son peuple de l'oppression, et Moïse prévient son beau-père qui lui dit d’aller en paix. On pense donc que l'affaire est faite, mais non : au verset 19, Dieu donne à nouveau l'ordre à Moïse de retourner en Égypte, en ajoutant que ceux qui en voulaient à sa vie sont morts. En fait, ce verset 19 peut se lire dans la continuité de la première phrase du verset 23, au chapitre 2 : « Au bout de cette période, le roi d'Égypte mourut. » C'est-à-dire qu'un premier fil narratif a été interrompu à cet endroit, pour y intercaler la séquence deutéronomiste de la vocation.
[...]

Ce récit plus ancien, avez-vous des idées sur l'époque de sa rédaction ?

Pour cela, il faut rechercher des indices extérieurs au texte. À partir de là, nous pouvons essayer de cerner le contexte socio- politique auquel il renvoie. De ce point de vue, les parallèles les plus frappants viennent de Mésopotamie. Dès le chapitre 1 de l'Exode, quand le rédacteur évoque les corvées auxquelles étaient soumis les Hébreux en Égypte, il utilise des termes techniques empruntés au vocabulaire assyrien. De là à penser qu'il décrit les corvées d'Égypte à travers celles que les Assyriens imposent à ses contemporains, le pas est vite franchi.

Prenez aussi la naissance de Moïse, racontée au chapitre 2 : cette histoire de bébé abandonné dans une nacelle sur le fleuve et recueilli par une princesse à la cour égyptienne, où il devient un puissant, est clairement calquée sur celle de Sargon d'Akkad, le fondateur mythique de l'Empire assyrien.
Cette histoire de naissance miraculeuse, nous la connaissons par trois tablettes cunéiformes datées du temps de Sargon II, un usurpateur qui régna entre 722 à 705 av. J. C. et légitima son pouvoir en se rattachant au glorieux ancêtre de la monarchie. Les Assyriens dominaient le Proche-Orient depuis le début du Ier millénaire av. J. C., mais c'est précisément Sargon II qui, en 722, a mis fin au royaume d'Israël et soumis le royaume de Judée au tribut. Cette époque de la domination néo-assyrienne au Levant nous donne donc un cadre probable pour imaginer la première mise par écrit des traditions relatives à Moïse et à l'Exode, qui servira ensuite de base pour des révisions plus récentes.

 

 

page 203

Cela signifie-t-il aussi que l’histoire de Hagar est une critique, à mots couverts mais vigoureuse, de l'Exode ?

Je pense, en effet, que nous avons là une forme de contre-histoire, qui reprend les termes du récit de l'Exode pour en détourner la leçon. La critique porte contre l'idéologie exclusiviste diffusée par les rédacteurs deutéronomistes dans la première histoire d'Israël, et contre ce projet de l'Exode de fonder la supériorité des Israélites sur toute autre nation. Contre cette vision élitiste, les auteurs de l'histoire de Hagar protestent que si Yahvé a sauvé Israël, il peut aussi accorder ce privilège à d'autres que lui.

J'imagine volontiers que de telles objections soient émises dans les milieux provinciaux de la Judée du sud, vivant dans un milieu pluriethnique plus ouvert que Jérusalem et désapprouvant le sectarisme de la capitale. Leur vision des origines d’Israël est plus œcuménique : Ismaélites, Israélites, Édomites, tous sont les héritiers naturels d’Abraham.

 

 

La grande histoire du Dieu de la Bible

page 220

L'exégèse moderne avait-elle compris cela depuis longtemps ?

[...] Depuis la fin du XIXe siècle, l'archéologie proche-orientale a fourni toute une littérature religieuse permettant de tirer des comparaisons, à Ougarit, sur la côte syrienne, dans les palais assyriens et babyloniens de Mésopotamie, chez les Hittites d'Anatolie, etc. On s'est alors rendu compte qu'avant I'Exil, la pratique religieuse d'Israël et de Juda, toute dédiée à Yahvé qu'elle fût, ressemblait beaucoup à celle de ses voisins. On vénérait un dieu tutélaire auquel étaient associés d'autres dieux, on rendait un culte aux ancêtres divinisés, on pratiquait la divination, etc.

Au bout du compte, nous savons, aujourd'hui, que la conception idéalisée que nous avons d'un monothéisme et du destin d'Israël trouve, certes, un fondement théologique dans la Bible, mais qu'elle est tardive et ne résume pas à elle seule l'ensemble de l'histoire et de la pensée bibliques. Même dans un livre assez récent comme le livre de Job, sorte de conte philosophique et poétique rédigé à l'époque perse, c'est-à-dire à une époque où la théologie monothéiste avait déjà fait son chemin, l'auteur n'hésite pas à mettre Dieu en scène, entouré de ses ministres, discutant avec Satan qui joue le rôle d'une sorte d'agent secret de la cour céleste. Cela n'avait rien de choquant.

 

 

page 259

Je reviens sur la question des images et l’élimination par Josias des objets de culte de Baal, d’Ashéra et des divinités astrales. Dans le fond, le texte ne dit rien des représentations de Yahvé lui-même. Faut-il comprendre que sa statue est restée autorisée ?

Sans aucun doute. Si l'interdit avait concerné la statue de Yahvé, Josias se serait sûrement vanté de l'avoir éliminée, elle aussi. Cela suppose, bien sûr, qu'il y en avait une dans le Temple, auparavant. Le texte biblique ne le dit jamais explicitement, mais il conserve une foule d'indices en ce sens.
Les Assyriens témoignent indirectement de cette pratique en figurant la déportation de statues divines sur les bas-reliefs de la prise de Lakish qui ornent les palais de Ninive, de même qu'un texte relatant la chute de Samarie évoque celle des dieux auxquels les Israélites s'étaient fiés.

En ce qui concerne la présence d'une statue de Yahvé à Jérusalem même, il ne manque pas non plus d'indices. Il y a déjà ce récit de la vocation d'Ésaie, avec sa vision de Yahvé assis sur son trône, entouré de chérubins, dans le Temple qui se remplit de fumée (Es 6). L'exégèse traditionnelle a interprété cela comme une vision purement imaginaire, alors que c'est probablement une évocation assez réaliste de la statue baignée dans les nuées d'encens, comme on pouvait la voir à certaines occasions dans le Saint des saints. Cette statue d'un Yahvé assis devait sans doute ressembler à celles d'El que les archéologues ont trouvées à Ougarit.

Par ailleurs, l'expression « voir la face de Yahvé » que l'on trouve très souvent, dans les Psaumes notamment, n'est pas qu'une figure de style ; elle décrit probablement la position de celui qui se trouve physiquement en face de la statue divine. Et quand le Deutéronome attribue à la tribu de Lévi, c'est-à-dire aux prêtres du sanctuaire, la fonction de « se tenir devant la face de Yahvé pour le servir », c'est, je crois, de l'entretien de la statue qu'il s'agit. On trouve aussi, dans les Psaumes, toutes sortes d'allusions aux déplacements de Yahvé, qui entre ou sort de son sanctuaire. Cela fait très concrètement référence aux processions de la statue divine hors du Temple, à l'occasion de telle ou telle fête, comme cela se fait couramment dans les religions traditionnelles :
« On a vu tes processions, Dieu, les processions de mon Dieu, de mon roi, dans le sanctuaire ; en tête les chanteurs, les musiciens à la fin, au milieu les jeunes filles battant le tambours » (Ps 68,25-26).
Tout cela peut être lu de façon très réaliste.

À partir de là, la question est de savoir ce qu'il est advenu de cette statue quand les Babyloniens ont pris la ville et détruit le Temple. Si l'on raisonne à partir des coutumes de guerre amplement attestées au Proche-Orient, il est logique de penser qu'elle a été emportée comme butin à Babylone.

On peut parfaitement relire sous cet angle la vision très imagée du prophète Ezéchiel, où Yahvé, furieux de l'infidélité des Judéens, franchit le seuil du Temple, debout sur ses chérubins, et s'élève au-dessus de la ville en direction de l'Orient (Ez 11,22-24). Cette scène charrie sans doute le souvenir de la déportation physique de la statue.

Il est frappant aussi que, dans une autre vision d'Ézéchiel, qui se trouve en ouverture du livre, Yahvé soit décrit comme un être d'apparence humaine, trônant sur une sorte de char de feu entouré d'animaux et d'anges ailés.

On peut toujours discuter pour savoir si c'est une réminiscence de la statue de Yahvé dans le temple de Jérusalem avant sa destruction, ou bien une représentation plus ou moins inspirée par les divinités babyloniennes ou perses que les exilés côtoyaient en Babylonie. Quoi qu'il en soit, je ne crois pas que les éditeurs d'Ézéchiel se seraient étendus sur une telle image, s'ils l'avaient jugée scandaleuse...

 

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