Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 


Introduction à l'Ancien Testament

Introduction au Nouveau Testament

 

 

 

Années 70-90

 

Les chrétiens « hellénistes »

 

L'essentiel du christianisme était pour eux la seule affirmation éblouissante de la résurrection glorieuse du crucifié désormais présent à la droite de Dieu. Ils n’avaient pas connu Jésus, ignoraient tout de son ministère et ne citaient jamais les parole et les actions de son ministère.

 

.

 


L'épître de Paul aux Éphésiens

 

 

22 juillet 2014

L’épître aux Éphésiens n’a pas été écrite par Paul lui-même mais par un de ses fidèles disciples de la seconde ou de la troisième génération chrétienne. Elle reprend les déclarations et les exhortations de l'épître aux Colossiens, les développe et les prolonge. Elle est sans doute l’œuvre d’un autre disciple de Paul, enthousiaste de ce que son collègue avait précédemment écrit et qui cherchait à en préciser l’importance et le sens. Elle est d’ailleurs nettement plus longue que l'épître aux Colossiens. Celle-ci est placée dans le canon après elle car les épîtres y sont classées en fonction de leur longueur.

Le texte commence en nous faisant voir le monde depuis les cieux 

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ ! En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d'adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté. 1.3-5

le bienveillant dessein qu'il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. 1.9-10

- L’auteur reprend à Colossiens l’affirmation de la situation bénie où se trouvent les fidèles. Il souligne qu’elle ne provient en rien de l’élévation de notre spiritualité mais uniquement d’un libre projet de Dieu. Il développe cette idée et précise bien qu’il s’agit d’une élection par grâce, et même d’une prédestination.

c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. 2.8

C’est en union avec Jésus-Christ - dans la mesure où il est Ressuscité - que nous avons été comme emportés dans son mouvement d'ascension céleste.

nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c'est par grâce que vous êtes sauvés) ; il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l'infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ. 2.5-7


- Le geste de Dieu ressuscitant Jésus en gloire est, en effet pour l’auteur, l’acte central de l’histoire du monde. L’auteur insiste sur l’idée qui n’était qu’implicite dans Colossiens que la Résurrection du Christ manifestait une infinie puissance de Dieu :

l'infinie grandeur de sa puissance, se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force, il l'a déployée en Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. Il a tout mis sous ses pieds, et il l'a donné pour chef suprême à l'Église, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. 1.19-23.

 

- L’auteur considère bien connu de ses lecteurs d'une part le fait que leur union mystique avec le Christ est indéfectible et d'autre part que la Résurrection glorieuse du Christ est admise. Il n’est plus question de justifier l’abandon des préceptes rituels de la Loi de Moïse : Paul l’a fait et on n’y revient plus.
Il s’agit désormais de ne pas se détourner de la grande espérance ainsi ouverte aux hommes. L’auteur souligne l’Esprit de sagesse donné aux fidèles afin qu’ils comprennent la réalité divine dans laquelle Dieu les a engagés. Alors que Colossiensdisait seulement :


 Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d'en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d'en haut, et non à celles qui sont sur la terre. 3.1


Éphésiens précise :

faisant mention de vous dans mes prières, afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance, et qu'il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l'espérance qui s'attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu'il réserve aux saints, 1.16-18


- Cette espérance n’est pas seulement notre future participation à la vie au-delà ; dès ici-bas l’union avec le Christ nous fait participer à la puissance de résurrection de Dieu qui agit en lui :

en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi ; afin qu'étant enracinés et fondés dans l'amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu. Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l'Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! 3.17-21

Il est frappant qu’immédiatement après avoir parlé de cette « puissance qui agit en nous », loin de développer une quelconque annonce de la domination que les croyants pourraient exercer sur les autres hommes et sur le monde, l’auteur bien au contraire continue en parlant de douceur et d’unité :

Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix 4.1-3

 

Animés par un esprit d’unité, les disciples seront donc fidèles à l’œuvre du Christ qui a réalisé l’unité des juifs et des païens, au prix de son sang :

Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christ. Car il est notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un, et qui a renversé le mur de séparation, l'inimitié, ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix, et de les réconcilier, l'un et l'autre en un seul corps, avec Dieu par la croix, en détruisant par elle l'inimitié. Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près ; 2.13-17

La mention du sang du Christ et de sa croix est un renvoi aux épîtres de Paul aux Galates et aux Romains qui expliquent que Jésus ayant été validement condamné pour ses infractions à la Loi de Moïse, le fait que Dieu l’ait réhabilité par la Résurrection montre que désormais de respect de cette Loi n’est plus indispensable au salut : l’auteur considère ces explications comme suffisamment connues et admises pour qu’on ne les répète pas.
Cette mention de la vulnérabilité et de la non violence du Christ, justifie également l’invitation adressée aux disciples à

marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix. 4.2-3

Les disciples appartenant désormais à un monde réunifié et apaisé par la grâce de Dieu doivent évidemment en tenir compte et conserver des relations familiales et citoyennes évitant le trouble.

il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous.  4.5-6

Enfants, obéissez à vos parents, selon le Seigneur, car cela est juste. Honore ton père et ta mère (c'est le premier commandement avec une promesse), afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. Et vous, pères, n'irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur. Esclaves, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme à Christ, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais comme des serviteurs de Christ, qui font de bon cœur la volonté de Dieu. 6.1-6

 

Conclusion

L'épître se termine, comme elle a commencé, dans la paix de Dieu :

Que la paix et la charité avec la foi soient données aux frères de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ ! Que la grâce soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ d'un amour inaltérable ! 
6.23-24

 

 

Retour
Retour vers Introduction au Nouveau Testament
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

a conversio  

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.