Années
70-90
Les
chrétiens « hellénistes »
L'essentiel du
christianisme était pour eux la seule
affirmation éblouissante de la résurrection
glorieuse du crucifié désormais présent à la
droite de Dieu. Ils n’avaient pas connu Jésus,
ignoraient tout de son ministère et ne citaient
jamais les parole et les actions de son
ministère.
.
L'épître de Paul aux Éphésiens
22 juillet 2014
L’épître aux Éphésiens n’a
pas été écrite par Paul lui-même mais
par un de ses fidèles disciples de la seconde ou
de la troisième génération chrétienne. Elle
reprend les déclarations et les exhortations de
l'épître aux Colossiens, les développe et les
prolonge. Elle est sans doute l’œuvre d’un autre
disciple de Paul, enthousiaste de ce que son
collègue avait précédemment écrit et qui
cherchait à en préciser l’importance et le sens.
Elle est d’ailleurs nettement plus longue que
l'épître aux Colossiens. Celle-ci est placée
dans le canon après elle car les épîtres y sont
classées en fonction de leur longueur.
Le texte commence en nous faisant voir le monde
depuis les cieux
Béni soit Dieu, le Père de
notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis
de toutes sortes de bénédictions spirituelles
dans les lieux célestes en Christ ! En lui
Dieu nous a élus avant la fondation du monde,
pour que nous soyons saints et
irrépréhensibles devant lui, nous ayant
prédestinés dans son amour à être ses enfants
d'adoption par Jésus-Christ, selon le bon
plaisir de sa volonté. 1.3-5
le bienveillant dessein qu'il avait formé en
lui-même, pour le mettre à exécution lorsque
les temps seraient accomplis, de réunir toutes
choses en Christ, celles qui sont dans les
cieux et celles qui sont sur la terre. 1.9-10
- L’auteur reprend à Colossiens
l’affirmation de la situation bénie où se
trouvent les fidèles. Il souligne qu’elle ne
provient en rien de l’élévation de notre
spiritualité mais uniquement d’un libre projet
de Dieu. Il développe cette idée et précise bien
qu’il s’agit d’une élection par grâce, et même
d’une prédestination.
c'est par la grâce que vous
êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela
ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce
n'est point par les œuvres, afin que personne
ne se glorifie. 2.8
C’est en union avec Jésus-Christ - dans la
mesure où il est Ressuscité - que nous
avons été comme emportés dans son mouvement
d'ascension céleste.
nous qui étions morts par nos
offenses, nous a rendus à la vie avec Christ
(c'est par grâce que vous êtes sauvés) ; il
nous a ressuscités ensemble, et nous a fait
asseoir ensemble dans les lieux célestes, en
Jésus-Christ, afin de montrer dans les siècles
à venir l'infinie richesse de sa grâce par sa
bonté envers nous en Jésus-Christ. 2.5-7
- Le geste de Dieu ressuscitant
Jésus en gloire est, en effet pour
l’auteur, l’acte central de l’histoire du monde.
L’auteur insiste sur l’idée qui n’était
qu’implicite dans Colossiens
que la Résurrection du Christ manifestait une
infinie puissance de Dieu :
l'infinie grandeur de sa
puissance, se manifestant avec efficacité par
la vertu de sa force, il l'a déployée en
Christ, en le ressuscitant des morts, et en le
faisant asseoir à sa droite dans les lieux
célestes, au-dessus de toute domination, de
toute autorité, de toute puissance, de toute
dignité, et de tout nom qui se peut nommer,
non seulement dans le siècle présent, mais
encore dans le siècle à venir. Il a tout mis
sous ses pieds, et il l'a donné pour chef
suprême à l'Église, qui est son corps, la
plénitude de celui qui remplit tout en tous. 1.19-23.
- L’auteur considère bien
connu de ses lecteurs d'une part le
fait que leur union mystique avec le Christ est
indéfectible et d'autre part que la Résurrection
glorieuse du Christ est admise. Il n’est plus
question de justifier l’abandon des préceptes
rituels de la Loi de Moïse : Paul l’a fait
et on n’y revient plus.
Il s’agit désormais de ne pas se détourner de la
grande espérance ainsi ouverte aux hommes.
L’auteur souligne l’Esprit de sagesse donné aux
fidèles afin qu’ils comprennent la réalité
divine dans laquelle Dieu les a engagés. Alors
que Colossiensdisait
seulement :
Si donc vous êtes ressuscités avec
Christ, cherchez les choses d'en haut, où
Christ est assis à la droite de Dieu.
Affectionnez-vous aux choses d'en haut, et non
à celles qui sont sur la terre. 3.1
Éphésiens
précise :
faisant mention de vous dans
mes prières, afin que le Dieu de notre
Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous
donne un esprit de sagesse et de révélation,
dans sa connaissance, et qu'il illumine les
yeux de votre cœur, pour que vous sachiez
quelle est l'espérance qui s'attache à son
appel, quelle est la richesse de la gloire de
son héritage qu'il réserve aux saints, 1.16-18
- Cette espérance n’est pas
seulement notre future participation à
la vie au-delà ; dès ici-bas l’union avec
le Christ nous fait participer à la puissance de
résurrection de Dieu qui agit en lui :
en sorte que Christ habite
dans vos cœurs par la foi ; afin qu'étant
enracinés et fondés dans l'amour, vous
puissiez comprendre avec tous les saints
quelle est la largeur, la longueur, la
profondeur et la hauteur, et connaître l'amour
de Christ, qui surpasse toute connaissance, en
sorte que vous soyez remplis jusqu'à toute la
plénitude de Dieu. Or, à celui qui peut faire,
par la puissance qui agit en nous, infiniment
au delà de tout ce que nous demandons ou
pensons, à lui soit la gloire dans l'Église et
en Jésus-Christ, dans toutes les générations,
aux siècles des siècles ! Amen !
3.17-21
Il est frappant qu’immédiatement après avoir
parlé de cette « puissance
qui agit en nous », loin de
développer une quelconque annonce de la
domination que les croyants pourraient exercer
sur les autres hommes et sur le monde, l’auteur
bien au contraire continue en parlant de douceur
et d’unité :
Je vous exhorte donc, moi, le
prisonnier dans le Seigneur, à marcher d'une
manière digne de la vocation qui vous a été
adressée, en toute humilité et douceur, avec
patience, vous supportant les uns les autres
avec charité, vous efforçant de conserver
l'unité de l'esprit par le lien de la paix 4.1-3
Animés par un esprit
d’unité, les disciples seront donc fidèles à
l’œuvre du Christ qui a réalisé l’unité
des juifs et des païens, au prix de son
sang :
Mais maintenant, en
Jésus-Christ, vous qui étiez jadis éloignés,
vous avez été rapprochés par le sang de
Christ. Car il est notre paix, lui qui des
deux n'en a fait qu'un, et qui a renversé le
mur de séparation, l'inimitié, ayant anéanti
par sa chair la loi des ordonnances dans ses
prescriptions, afin de créer en lui-même avec
les deux un seul homme nouveau, en établissant
la paix, et de les réconcilier, l'un et
l'autre en un seul corps, avec Dieu par la
croix, en détruisant par elle l'inimitié. Il
est venu annoncer la paix à vous qui étiez
loin, et la paix à ceux qui étaient près ; 2.13-17
La mention du sang du Christ et de sa croix est
un renvoi aux épîtres de Paul aux Galates et aux
Romains qui expliquent que Jésus ayant été
validement condamné pour ses infractions à la
Loi de Moïse, le fait que Dieu l’ait réhabilité
par la Résurrection montre que désormais de
respect de cette Loi n’est plus indispensable au
salut : l’auteur considère ces explications
comme suffisamment connues et admises pour qu’on
ne les répète pas.
Cette mention de la vulnérabilité et de la non
violence du Christ, justifie également
l’invitation adressée aux disciples à
marcher d'une manière digne
de la vocation qui vous a été adressée, en
toute humilité et douceur, avec patience, vous
supportant les uns les autres avec charité,
vous efforçant de conserver l'unité de
l'esprit par le lien de la paix. 4.2-3
Les disciples appartenant désormais à un monde
réunifié et apaisé par la grâce de Dieu doivent
évidemment en tenir compte et conserver des
relations familiales et citoyennes évitant le
trouble.
il y a un seul Seigneur, une
seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et
Père de tous, qui est au-dessus de tous, et
parmi tous, et en tous. 4.5-6
Enfants, obéissez à vos
parents, selon le Seigneur, car cela est
juste. Honore ton père et ta mère (c'est le
premier commandement avec une promesse), afin
que tu sois heureux et que tu vives longtemps
sur la terre. Et vous, pères, n'irritez pas
vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant
et en les instruisant selon le Seigneur.
Esclaves, obéissez à vos maîtres selon la
chair, avec crainte et tremblement, dans la
simplicité de votre cœur, comme à Christ, non
pas seulement sous leurs yeux, comme pour
plaire aux hommes, mais comme des serviteurs
de Christ, qui font de bon cœur la volonté de
Dieu. 6.1-6
Conclusion
L'épître se termine, comme
elle a commencé, dans la paix de Dieu :
Que la paix et la charité
avec la foi soient données aux frères de la
part de Dieu le Père et du Seigneur
Jésus-Christ ! Que la grâce soit avec tous
ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ
d'un amour inaltérable !
6.23-24
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