Introduction à l'Ancien
Testament
Introduction au Nouveau
Testament
Années
70-90
Les
chrétiens « hellénistes »
L'essentiel du christianisme
était pour eux la seule affirmation
éblouissante de la résurrection glorieuse du
crucifié désormais présent à la droite de Dieu.
Ils n’avaient pas connu Jésus, ignoraient tout
de son ministère et ne citaient jamais les
parole et les actions de son ministère.
.
L'épître de Paul aux Colossiens
6 août 2012
Cette épître n’est sans
doute pas de Paul lui-même. La
salutation initiale :
Paul, apôtre de Jésus Christ
par la volonté de Dieu, et le frère Timothée
aux saints et fidèles frères en Christ qui
sont à Colosses. 1.1
peut être la dédicace respectueuse d’un
disciple de Paul à son maître comme c’était
fréquemment le cas à l’époque.
On est sans doute dans cette 2e moitié du siècle où
la situation de la chrétienté est bien
différente de celle de ses débuts.
Le problème de Paul était de répondre aux juifs
stricts qui identifiaient l’amour de Dieu avec
la soumissions aux lois matérielles de la
nourriture cachère, du respect du sabbat, des
prières à heures fixes, de la pureté rituelle,
de la circoncision.
Paul avait eu la vision de Jésus ressuscité,
glorifié par Dieu malgré sa condamnation par les
autorités légitimes du judaïsme officiel. Il
avait eu l’assurance de la présence du Christ au
cœur des hommes qui pourtant ne respectaient
plus les 613 commandements rabbiniques qui
séparaient les juifs fidèles des
« païens » mécréants.
Pour l’auteur de l’épître aux Colossiens ces
problèmes sont désormais résolus, on n’en parle
plus, et on se réjouit de la vision nouvelle
d’un cosmos centré sur Dieu dans la grande
harmonie apportée par Jésus-Christ.
Ce n’est pas sur l’Empereur divinisé, sur Zeus,
sur « les Dieux » ni même sur l'unité
de l'Empire que le monde est centré mais sur
Dieu, sur le Christ ressuscité.
Car en lui (le Fils) ont été créées
toutes les choses qui sont dans les cieux et
sur la terre, les visibles et les invisibles,
trônes, dignités, dominations, autorités. Tout
a été créé par lui et pour lui. Il est avant
toutes choses, et toutes choses subsistent en
lui. Il est la tête du corps de l'Eglise
; il est le commencement, le premier-né
d'entre les morts, afin d'être en tout le
premier. Car Dieu a voulu que toute plénitude
habitât en lui ; il a voulu par lui
réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui
est sur la terre que ce qui est dans les
cieux, en faisant la paix par lui, par le sang
de sa croix. 1.16-20
L’ancienne séparation entre les juifs
appartenant au peuple de Dieu et les
« païens » exclus de l’Alliance divine
est désormais terminée :
Et vous, qui étiez autrefois
étrangers et ennemis par vos pensées et par
vos mauvaises œuvres, il vous a maintenant
réconciliés par sa mort dans le corps de sa
chair, pour vous faire paraître devant lui
saints, irrépréhensibles et sans reproche, si
du moins vous demeurez fondés et inébranlables
dans la foi, sans vous détourner de
l'espérance de l'Evangile que vous avez
entendu, qui a été prêché à toute créature
sous le ciel. 1.21-23
Cette communion cosmique avec Dieu a
naturellement son prolongement, sa réalité
fondamentale dans les cieux :
l'espérance qui vous est réservée dans les
cieux. 1.5
Si donc vous êtes ressuscités avec Christ,
cherchez les choses d'en haut, où Christ est
assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous
aux choses d'en haut, et non à celles qui sont
sur la terre. Car vous êtes morts, et votre
vie est cachée avec Christ en Dieu. Quand
Christ, votre vie, paraîtra, alors vous
paraîtrez aussi avec lui dans la gloire. 3.1
Mais la réalité de cette situation nouvelle est
déjà instaurée ici-bas et ne cesse d’ailleurs de
s’agrandir dans le monde entier :
l'Evangile est au
milieu de vous, et dans le monde entier ; il
porte des fruits, et il va grandissant. 1.6
Il nous a délivrés de la
puissance des ténèbres et nous a transportés
dans le royaume du Fils de son amour. 1.13
Vous avez tout pleinement en
Christ, qui est le chef de toute domination et
de toute autorité [...]. Ayant été ensevelis
avec lui par le baptême, vous êtes aussi
ressuscités en lui et avec lui, par la foi en
la puissance de Dieu, qui l'a ressuscité des
morts. Vous qui étiez morts par vos offenses
et par l'incirconcision de votre chair, il
vous a rendus à la vie avec lui, en nous
faisant grâce pour toutes nos offenses.
2.10-13
(vous avez) revêtu
l'homme nouveau, qui se renouvelle, dans la
connaissance, selon l'image de celui qui l'a
créé. Il n'y a ici ni Grec ni Juif, ni
circoncis ni incirconcis, ni barbare ni
Scythe, ni esclave ni libre ; mais Christ
est tout et en tous. 3.10-11
Le
salut actuel
La vie nouvelle peut donc
être une réalité ici-bas à l'image de ce qui
existe dans l’au-delà. Elle est rendue
possible à deux niveaux par la mort et la
Résurrection du Christ et par l’union mystique
du fidèle avec lui.
Dieu a voulu que toute
plénitude habitât en lui ; il a voulu par lui
réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui
est sur la terre que ce qui est dans les
cieux, en faisant la paix par lui, par le sang
de sa croix. 1.19-20
Ayant été ensevelis avec lui
par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en
lui et avec lui, par la foi en la puissance de
Dieu, qui l'a ressuscité des morts. Vous qui
étiez morts par vos offenses et par
l'incirconcision de votre chair, il vous a
rendus à la vie avec lui, en nous faisant
grâce pour toutes nos offenses ; il a
effacé l'acte dont les ordonnances nous
condamnaient et qui subsistait contre nous, et
il l'a détruit en le clouant à la croix ; il a
dépouillé les dominations et les autorités, et
les a livrées publiquement en spectacle, en
triomphant d'elles par la croix. 2.12-15
Si donc vous êtes ressuscités
avec Christ, cherchez les choses d'en haut, où
Christ est assis à la droite de Dieu. 3.1
Il n'y a ici ni Grec ni
Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni
barbare ni Scythe, ni esclave ni libre ;
mais Christ est tout et en tous. 3.11
Il est à noter que l’auteur ne décrit pas la
communion qui permet au fidèle de ressusciter
avec le Christ et comment le Christ peut être
tout en tous.
Il ne précise pas non plus en quoi le sang de la
croix a permis à Dieu de tout réconcilier avec
lui-même, ni comment il a cloué à la croix
l’acte qui nous condamnait.
L’éthique
Notre union à la mort et à la résurrection du
Christ désigne notre abandon de l’éthique
humaine telle qu’elle est vécue ici-bas et notre
attachement au style de vie nouveau qui est
celui du monde de Dieu où le Christ nous
entraine.
Il convient donc de se libérer des préceptes
rituels imposés par des autorités qui ont
justement perdu toute légitimité :
Il a dépouillé
les dominations et les autorités, et les a
livrées publiquement en spectacle, en
triomphant d'elles par la croix. Que personne
donc ne vous juge au sujet du manger ou du
boire, ou au sujet d'une fête, d'une nouvelle
lune, ou des sabbats. c'était l'ombre des
choses à venir, mais le corps est en Christ.
Qu'aucun homme,
sous une apparence d'humilité et par un culte
des anges, ne vous ravisse à son gré le prix
de la course, tandis qu'il s'abandonne à ses
visions et qu'il est enflé d'un vain orgueil
par ses pensées charnelles, sans s'attacher au
chef, dont tout le corps, assisté et
solidement assemblé par des jointures et des
liens, tire l'accroissement que Dieu donne.
Si vous êtes
morts avec Christ aux rudiments du monde,
pourquoi, comme si vous viviez dans le monde,
vous impose-t-on ces préceptes : Ne prends
pas ! ne goûte pas ! ne touche pas !
préceptes qui tous deviennent pernicieux par
l'abus, et qui ne sont fondés que sur les
ordonnances et les doctrines des hommes ?
Ils ont, à la vérité, une apparence de
sagesse, en ce qu'ils indiquent un culte
volontaire, de l'humilité, et le mépris du
corps, mais ils sont sans aucun mérite et
contribuent à la satisfaction de la chair. 2.15-23
Il s’agissait peut-être des
traditions juives ou d’un ascétisme
philosophique. Quant au culte des anges, les
biblistes se perdent en conjectures.
Quant à la morale courante dans le monde grec de
son époque l’auteur est très sévère à son égard.
Elle n’a plus de raison d’être suivie par les
fidèles qui appartiennent désormais au monde
d’en haut :
Faites donc
mourir les membres qui sont sur la terre,
l'impudicité, l'impureté, les passions, les
mauvais désirs, et la cupidité, qui est une
idolâtrie. C'est à cause de ces choses que la
colère de Dieu vient sur les fils de la
rébellion, parmi lesquels vous marchiez
autrefois, lorsque vous viviez dans ces
péchés.
Mais maintenant, renoncez à toutes ces choses,
à la colère, à l'animosité, à la méchanceté, à
la calomnie, aux paroles déshonnêtes qui
pourraient sortir de votre bouche. Ne mentez
pas les uns aux autres, vous étant dépouillés
du vieil homme et de ses œuvres, et ayant
revêtu l'homme nouveau, qui se renouvelle,
dans la connaissance, selon l'image de celui
qui l'a créé.
Il n'y a ici ni Grec ni Juif, ni circoncis ni
incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave
ni libre, mais Christ est tout et en tous.
Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et
bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de
miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur,
de patience. Supportez-vous les uns les
autres, et, si l'un a sujet de se plaindre de
l'autre, pardonnez-vous réciproquement.
De même que Christ vous a pardonné,
pardonnez-vous aussi.
Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous
de la charité, qui est le lien de la
perfection. Et que la paix de Christ, à
laquelle vous avez été appelés pour former un
seul corps, règne dans vos cœurs. Et soyez
reconnaissants... 3.5-9
Toute la fin de l’épître se
poursuit ainsi.
Conclusion
Un souffle magnifique anime
cette vision de l’immense unité cosmique :
Car en lui (le
Fils) ont été créées toutes les choses qui
sont dans les cieux et sur la terre, les
visibles et les invisibles, trônes, dignités,
dominations, autorités. Tout a été créé par
lui et pour lui. Il est avant toutes choses,
et toutes choses subsistent en lui. 1.16-17
Le Dieu chef
d’orchestre dirige une immense symphonie
cosmique - ou plutôt un concerto pour
« violon » et orchestre où le Christ
joue le rôle du « violon ». Il fait
participer tous les hommes, circoncis,
incirconcis et même les horribles Scythes !
avec évidemment les animaux et aussi les êtres
célestes, à une symphonie mondiale. Les
exhortations à se libérer des habitudes de vie
et de pensée de l’ancien monde sont sans
agressivité ni menace ; l’appel à la foi et
à l’espérance est sans crispation sur des
doctrines rigides auxquelles il faudrait
obligatoirement adhérer ; la mention de la
croix du Christ n’évoque en rien un Dieu
exigeant sa mort sanglante pour apaiser sa
colère.
L’inspiration de l’auteur de cette épître gonfle
les poumons du lecteur d’un dynamisme créateur
saisissant.
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