Spiritualité
Comprendre
Jésus-Christ
Noël
Gilles Castelnau
.
La fête de Noël
est la célébration du ministère de
Jésus-Christ parmi nous. Réconciliation qui nous est
proposée avec un Dieu qui est
avec nous, Dieu bienveillant dont nous
n'avons pas de raison de nous détourner, que nous ne devons ni
craindre ni supplier misérablement d'avoir
« pitié de nous ». Réalité
de la Présence divine révélée par l'homme
Jésus.
2 décembre 2003
Mentionner la fête de Noël en
quatrième lieu après
le Vendredi saint, Pâques et Pentecôte est un choix
délibéré. L'événement qui fut
à la base de la foi des premiers chrétiens a bien
été la Résurrection du crucifié et la
conviction que l'Esprit de Dieu qui l'habitait était
répandu sur tout homme. Il faut toujours craindre les risques
d'idolâtrie et de superstition qui surgissent lorsqu'on voit
avant tout dans le Christ un être divin
métamorphosé provisoirement en homme.
L'Église ancienne ne fêtait
pas Noël. La date du
25 décembre n'est pas celle de la naissance de
Jésus, que nous ignorons ; elle correspond à une
célébration plus ancienne, celle du culte de
Mithra : Mithra avait tué le taureau dont le sang
éternel faisait vivre les êtres. C'était un Dieu
sauveur qui donnait vie et prospérité, victoire sur les
forces du mal. Mithra était monté sur le char du soleil
et l'on attendait qu'à la fin des temps il y monte à
nouveau et embrase le monde.
Son culte présentait donc certaines analogies avec le Christ
et comme le 25 décembre était
précisément le jour où l'on
célébrait le « Soleil
invaincu » et
l'anniversaire de Mithra lui-même, c'est tout naturellement que
l'on a reporté ces festivités sur le Christ.
Les Saturnales se prêtaient également à
être reprises pour la célébration de
Jésus-Christ : à partir du
17 décembre, pendant une semaine, on
célébrait dans l'Empire romain des fêtes
d'inversion sociale : les maîtres servaient les esclaves
et leur permettaient une certaine liberté de parole. Le peuple
se répandait dans les rues avec des lumières et l'on
échangeait des cadeaux. De nos jours, nos contemporains
éprouvent, comme nous, le besoin de fêter lumière
et renouveau lors des longues nuits de décembre, en une fin
d'année que l'on atteint souvent fatigué et
déprimé, où le temps est maussade et le dernier
trimestre semble plus long que les autres.
Nous ne nous offusquerons pas du
succès populaire de ces
Fêtes car il date d'avant leur christianisation et nous
chercherons, bien au contraire, à orienter les pensées
de nos contemporains, qui bondent nos églises à cette
occasion, vers Celui qui peut, effectivement, combler leurs coeurs
à cause du Vendredi saint, de Pâques et de
Pentecôte.
Noël dans le
Nouveau Testament
Paul, l'auteur le plus
ancien, ne mentionne pas les
récits de Noël ni la naissance virginale de Jésus.
Il dit seulement :
Jésus est né de la
descendance de David selon la chair et déclaré Fils de
Dieu avec puissance selon l'Esprit saint par sa résurrection
des morts Romains 1.4
Marc et Jean ne racontent rien non plus.
Matthieu et Luc transmettent des récits dont on ressent
l'extrême densité spirituelle mais qui ne peuvent
être harmonisés entre eux : par exemple Matthieu
dit que dès la visite des mages, Joseph, Marie et Jésus
fuient en Égypte, alors que Luc nous les montre allant
paisiblement au Temple de Jérusalem pour les rites
traditionnels. Autre exemple, les généalogies
données par ces deux évangélistes ne
coïncident pas Mat 1, Luc 3.
L'évangile de Matthieu présente Jésus comme le
roi-messie légitime attendu depuis longtemps, rejeté
par sa propre capitale hostile et meurtrière mais adoré
par les mages étrangers. L'évangile de Luc le
décrit comme le sauveur, désigné par les anges
aux bergers dans leurs champs aussi bien que par Dieu lui-même
aux pieux Siméon et Anne dans le Temple.
Luc rattache bien, dans son chapitre 1
le titre de « Fils de
Dieu » à la
conception miraculeuse par le saint Esprit ; et mentionne
pourtant dès le chapitre 2 l'étonnement du
père et de la mère de l'enfant à ce que l'on
disait de lui 2.18, 33,
50. Qui plus est, il montre au
chapitre 3 dans le récit du baptême de Jésus
que c'est à ce moment-là seulement que le saint Esprit
est venu sur lui. (Rappelons que Paul rattache le titre de
« Fils de
Dieu » à la
Résurrection).
On se rend compte que ces récits
doivent être considérés comme des introductions
théologiques et spirituelles et en aucun cas comme de simples
comptes rendus de journalistes. De même que nous disions,
à propos de Pâques, qu'un photographe présent
lors des apparitions du Ressuscité n'aurait pas saisi son
image sur la pellicule ni enregistré sa voix au
magnétophone, de même nous dirons ici qu'un
gynécologue n'aurait pu constater la virginité de la
(pourtant) vierge Marie. Ces faits ne sont compréhensibles que
par la foi.
La
« vérité » des textes
Il n'y a évidemment aucune
preuve de la filiation divine du
Christ. Nous ne croyons pas au Christ parce qu'il est le Fils de Dieu
mais au contraire nous le nommons Fils de Dieu parce que nous croyons
discerner en lui la plénitude de la Présence
divine.
De plus, comme pour les récits de Pâques, nous devons
distinguer la vérité historique, dont à cette
époque on ne se préoccupait pas, de la
vérité théologique et spirituelle qui
était l'objet de la foi. Les détails des récits
de Noël et de Pâques nous donnent une image du Christ des
évangiles qui est juste et vraie dans la mesure où elle
permet au Christ vivant de surgir aux yeux de notre foi et de nous
entraîner exactement comme le Jésus historique le
faisait pour les hommes de son temps.
Eugen Drewermann écrit avec
lucidité :
On ne pourra croire à la
filiation divine du Christ que dans le sens qu'il nous rend
effectivement capables de devenir nous-mêmes enfants de la
lumière [...]
Celui-là seul dont le coeur, dans
la proximité du Christ, se sera élargi aux dimensions
du ciel entre le lever et le coucher du soleil pourra désigner
le Christ comme le Fils de Dieu. [...]
C'est seulement dans la mesure où, dans la rencontre de la
figure de Jésus, il se sent comme né à nouveau,
qu'il pourra croire en cet homme de Nazareth comme né
(à nouveau) de la Vierge. C'est seulement à partir du
moment où l'homme découvrira la figure de Jésus
comme une chance de recommencer tout au début et de mettre fin
à une vie, qui prend en vérité l'allure d'une
mort prolongée, qu'il pourra désigner la personne du
Christ comme divine.
De la naissance des dieux
à la naissance du Christ, Seuil, p. 83, 98.
Et Paul Tillich :
Aucune critique historique ne
peut mettre en question la certitude immédiate que
possèdent ceux qui se savent eux-mêmes
transformés par l'état de foi [...]
Aucun trait particulier (du Jésus historique) ne peut
être vérifié avec certitude ; mais on peut
affirmer avec certitude que par le moyen de cette image (du Christ des évangiles ) l'Etre Nouveau agit, qu'il a le pouvoir de nous
transformer [...]
A toutes les périodes de l'histoire de l'Église ce fut
cette image (du Christ des évangiles) qui a créé
à la fois l'Église et le chrétien, et non une
hypothétique description de ce qui pourrait se trouver
derrière l'image biblique.
Théologie
systématique III, p. 139-141
Cela signifie que ceux qui voudraient obtenir une photo du Christ,
soit directement par la lecture fondamentaliste, soit indirectement
par l'exégèse historico-critique, même s'ils y
parvenaient, n'auraient pourtant rien de plus que l'image biblique
puisque c'est en elle que la puissance créatrice de Dieu
agit.
Sans nous laisser rebuter par des problèmes
d'historicité qui étaient étrangers aux auteurs
bibliques, nous continuerons à nous laisser instruire et
émerveiller par les récits de la naissance virginale,
des apparitions de l'ange - chez Matthieu dans le rêve de
Joseph ; chez Luc dans le champ des berger - de l'adoration
des bergers et des mages et à frissonner au massacre des
enfants par Hérode et à la fuite en Egypte...
.
Parmi tous les
hommes, je crois en un être
unique, Jésus.
Artisan, il travaillait de ses mains et ne
faisait pas de théories.
Tout au long de son chemin, il vécut et dit des choses
fascinantes.
Par sa générosité il a vaincu notre
mesquinerie,
par sa simplicité, notre orgueil,
par sa fraternité, notre jalousie,
par sa sérénité et sa confiance,
notre peur et notre méfiance,
par sa résurrection, notre désespoir et notre
mort.
Cette vie qu'il nous offre, je
l'accepte.
Par ses actes et ses paroles,
il accomplissait ainsi la volonté du Père,
de qui nous vient cette force créatrice
à laquelle aucune déchéance ni aucune
oppression
n'a pu ni ne pourra désormais résister.
.
Le titre de
« Fils de Dieu »
Les récits
évangéliques de Matthieu comme de Luc sont entièrement centrés sur la
communion de Dieu et des hommes vécue concrètement dans
la filiation divine de Jésus.
- Matthieu n'emploie
pas le titre de « Fils de
Dieu » mais il en est
très proche :
La vierge sera enceinte, elle
enfantera un fils, on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui
signifie : « Dieu avec nous » Mt 1.23
Ce n'est pas seulement une question de
vocabulaire : Les six fois sept générations menant
d'Abraham au Christ, l'apparition d'un ange en songe, d'une
étoile pour les mages, l'accomplissement de prédictions
de l'Ancien Testament, tout ceci suggère l'intervention de
Dieu dans l'histoire par l'intermédiaire de
Jésus.
- Marc, qui ne
rédige pas de récit de la nativité, commence son
livre par les mots :
Commencement de
l'Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu
et par l'accomplissement d'une citation
qu'il attribue au prophète Esaïe.
- Luc met le titre
de « Fils du
Très-Haut » dans la
bouche de l'ange de l'Annonciation qui ajoute :
le saint enfant qui naîtra
de toi sera appelé Fils de Dieu. Luc 1.32, 34
De plus, la Présence divine à
l'oeuvre dans le monde est manifestée par les apparitions de
l'ange puis de la multitude de l'armée des cieux aux bergers
chantent l'union du ciel et de la terre dans la paix :
Gloire à Dieu dans les
lieux très-hauts et paix sur la terre parmi les hommes qu'il
aime Luc 2
ainsi que par l'inspiration de Siméon
et d'Anne.
C'est bien cette Présence
qu'exprime très clairement l'affirmation de la conception virginale par le saint
Esprit. Il faut prendre garde de ne pas l'obscurcir en lui donnant un
sens littéral peu crédible qui ne ferait de
Jésus qu'une sorte de métamorphose, analogue à
Zeus prenant tour à tour la forme d'un taureau pour enlever la
belle Europe et d'un cygne pour s'unir à Léda.
C'est dans la mesure où Jésus représente l'union
parfaite de Dieu et de l'homme qu'il est pour nous le Christ, non
parce qu'il serait un Dieu descendu provisoirement sur la terre. Il
est pour nous le Christ dans la mesure où il fait la preuve
qu'un homme peut être tout entier animé de l'Esprit de
Dieu, réconciliant ainsi en sa personne le ciel et la terre.
Il n'est pas d'une nature différente de la nôtre, il
n'appartient pas à une autre espèce que nous. Au
contraire, saint Paul souligne son humanité :
En tant qu'homme il était
descendant du roi David Romains 1.3
Il naquit d'une femme et fut soumis à la loi juive
Galates 4.4
Il est le Christ, car il nous révèle une certaine
potentialité que la nature humaine porte en elle et dont nous
avons toujours eu la nostalgie. L'Ancien Testament nous a
décrit beaucoup de « fils de Dieu » exemplaires : Abraham, Moïse, David, Job,
Daniel, dont la vie était tout entière
déterminée par Dieu, des hommes imprégnés
de la présence de Dieu ; Jésus-Christ est le Fils
unique, comme aucun autre ne l'a été, mais en qui tous
se reconnaissent.
Et nous-mêmes qui pouvons être appelés fils de
Dieu si nous procurons la paix
Heureux ceux qui procurent la
paix, ils seront appelés Fils de Dieu Matthieu 5.9,
nous sommes interpellés,
séduits, enthousiasmés par cette proximité de
Dieu qui n'est pas dans un ciel lointain mais Dieu avec nous, Dieu
présent en Jésus Christ notre frère qui nous
arrache à nos fatalités humaines, qui nous sauve par sa
Présence.
Bien sûr, instinctivement nous imaginons un dieu qui se
promène sur la terre en faisant des merveilles pour faciliter
la vie des hommes, comme les magiciens et les fées des contes.
Nous sommes facilement séduits par les interventions
surnaturelles qui nous protègent des conflits de l'existence.
Nous aimons les histoires de miracles, les apparitions et les statues
qui pleurent...
Nous nous méfierons de ces dérapages superstitieux
provenant d'une interprétation surnaturelle des titres du
Christ ; ils nous font croire que nous pouvons éviter
d'être impliqués nous-mêmes dans les
ambiguïtés et les angoisses de la vie réelle du
monde.
.
Jésus
Jésus est né dans
une étable dans un très petit village
Il est venu au monde dans le
bouleversement d'un recensement
Il fut l'enfant d'une fille de la campagne
C'est dans un autre petit village qu'il grandit
Il fréquenta dans sa jeunesse un atelier de menuiserie
C'est vers l'âge de trente
ans qu'il commença à enseigner.
Il fut, à peine trois ans, prédicateur
itinérant
Il ne reçut jamais d'instruction particulière
Il n'accéda jamais à la propriété
Il n'eut jamais de bureau à lui
Il n'écrivit jamais de livre
Il n'eut pas de famille
Il ne voyagea jamais à plus de trois-cents kilomètres
de son village
Il n'eut jamais d'autre soutien que ce qui était en lui
Il avait un enseignement
très étonnant
Il disait qu'il faut aimer ses
ennemis
Il disait aussi d'aimer son prochain comme soi-même
Il proclamait que sa venue inaugurait une époque
nouvelle
Il était jeune encore
lorsque l'opinion se retourna contre lui
Il fut abandonné par ses
nombreux amis
Il fut trahi par l'un d'entre eux
Livré à ses ennemis
Il subit la honte d'un procès malhonnête
Il fut cloué à une croix entre deux malfaiteurs
Il connut le sentiment d'être abandonné par Dieu
Il vit ses bourreaux jouer ses vêtements aux dés
Il fut enterré dans une tombe empruntée à un ami
compatissant
Il fut ressuscité
Ce que pourtant peu de gens crurent
Et maintenant, vingt
siècles plus tard
Il faut bien
reconnaître :
Tous les penseurs qui développèrent leurs
idées
Tous les dictateurs qui imposèrent leur volonté
Toutes les armées qui se mirent en campagne
Toutes les flottes de guerre jamais construites
Toutes les grandes découvertes de la science
Toutes nos merveilleuses oeuvres d'art
Tous les princes et les grands chefs d'état
Tous ceux-là ensemble
N'ont jamais marqué
l'humanité aussi profondément
Influencé notre manière de vivre aussi ultimement
Que cette unique vie-là !
.
Les autres titre
donnés à Jésus
Messie - Christ
Le terme de « messie » est la francisation de l'hébreu de l'Ancien
Testament messiah et le terme de « christ » est la francisation du grec du Nouveau Testament
christos qui traduit l'hébreu messiah : ils
signifient tous deux « oint », marqué de l'huile sainte comme les rois
d'Israël lors de leur couronnement.
Le titre de « Fils de
Dieu » a été
attribué à Jésus dans la mesure où l'on
reconnaissait en lui celui qui guidait, protégeait,
renouvelait le peuple de Dieu et faisait toutes choses nouvelles dans
l'Esprit divin, comme l'avait fait le roi David, le premier
« christ ».
Pourtant ce titre avait des résonances politiques qui ne
convenaient guère à Jésus et dont les
chrétiens du premier siècle pouvaient craindre qu'il
aggrave les persécutions dont ils souffraient sous
Néron et sous Domitien.
Remarquons également que ni la langue hébraïque ni
la langue grecque n'utilisent de majuscules. Prenons garde au
glissement de sens que nous risquons de provoquer en français
en écrivant Christ avec une majuscule !
Fils de l'homme
Ce titre provient du chapitre 7 du
livre de Daniel ; il y désigne un être
céleste ayant le pouvoir divin d'inaugurer les temps nouveaux.
Il ne faudrait pas le confondre avec un héros au pouvoir
surnaturel.
Seigneur
Ce terme traduit le grec « kyrie » et le latin « dominus ». C'est le titre que la version grecque de l'Ancien
Testament, la Septante, attribue à Dieu lui-même.
Dans l'Empire romain c'était le titre
de l'empereur d'ailleurs identifié à une
divinité. C'est ainsi qu'Auguste se faisait couramment nommer
« mon Seigneur et mon
Dieu », titre que Thomas
donne à Jésus ressuscité Jean 20.28.
C'est pour avoir dit la confession de foi
« Jésus-Christ est
le Seigneur » au lieu de
« César est le
Seigneur » que les
premiers chrétiens étaient jetés aux lions lors
des persécutions.
.
Nous étions dans
l'obscurité,
dans la nuit et le péché
mais tu es venu à nous, Toi la lumière
pour que nous ne marchions plus seuls,
à tâtons dans cette obscurité du mal
seuls avec toute la difficulté que tu sais maintenant
avec toute la peine que tu connais
pour trouver, pour essayer de trouver
ton Père, la Lumière.
Tu es venu, toi, la Parole de
Vie
pour que nous cessions de
bégayer,
de crier sans fin vers le Père
sans savoir quels mots employer
comme des enfants qui essayent de parler
et qui restent incompris.
Mon coeur desséché
s'est rempli de joie
je crie et vous m'entendez,
vous avez de la joie avec moi.
Et nous sommes en communion avec le Fils
et par le Fils avec le Père.
Nous ne pouvons plus dire
que nous sommes dans la nuit, dans
le mal,
car nous marchons avec lui, le Fils
dans la Lumière vers le Père.
Claudine Castelnau
.
Jésus-Christ est
le sauveur
De quoi sommes-nous donc
« sauvés » ?
Les textes des évangiles nous
montrent Jésus vivant l'existence humaine sans jamais
abandonner son unité avec Dieu.
Nous laisserons l'Esprit saint nous
détourner de l'incroyance, de la prétention et de
l'esprit de possession :
- L'incroyance nous
détourne de la Présence divine à l'oeuvre en
nous pour nous apaiser nous dynamiser, réorienter nos
décisions ; nous nous croyons alors seuls avec nos
problèmes et notre destinée. Le Christ nous en sauve en
nous révélant que nous sommes enracinés, comme
lui, dans le terreau de la Vie.
- La prétention
nous oblige à être forts, grands, beaux et
supérieurs, comme les héros antiques ou les mannequins
de nos magazines. Le Christ nous en sauve en nous montrant que nous
pouvons renoncer à tout esprit de supériorité,
comme lui-même lors de ses trois tentations. Le
dépouillement de la crèche et de la croix nous
libère de la hantise de nos faiblesses.
- La possession nous
obsède d'une abondance sans limite. Le Christ nous en sauve
par son sourire du Christ qui nous recentre sur l'essentiel...
Noël, Vendredi
saint, Pâques, Pentecôte
Tout le ministère de
Jésus est présent en
raccourci dans les récits de Noël de Matthieu et de Luc,
qui sont une introduction à ces deux Évangiles.
Le dépouillement du Vendredi
saint est préfiguré
dans la pauvreté de la crèche et la gloire de
Pâques préparée par la naissance miraculeuse
et la louange des bergers. Quant à l'Esprit saint, que
Pentecôte célèbre, c'est lui qui illumine
déjà les coeurs des bergers et des mages et non pas
évidemment une réflexion de politique humaine.
.
Je crois en un
Dieu d'amour, sans calcul ni
arrière-pensée, qui dans la folie de cet amour, nous
accepte tels que nous sommes : homme d'affaires ou bien migrant,
délinquant ou chef d'état, petit enfant ou homme de
loi.
Dieu de mère Térésa, de Caïn, de
Zachée, de Martin Luther King, j'aime ce Dieu, ce Père
qui a lui-même inscrit mon nom au nombre de ses enfants.
Dans sa bonté, il nous donne
Jésus-Christ, son Fils, homme vivant parmi nous, et qui
s'implique dans notre existance et renouvelle notre courage de
vivre..
Par la puissance de son amour, il nous
insuffle élan et joie de vivre, heureux de notre valeur
d'homme retrouvée et libérés de toutes les
fautes, les indifférences et les manques d'amour qui
détruisent notre dignité et notre
espérance.
Jésus, je crois en toi
Je crois que tu es un homme du même
sang que nous, de la même douleur, du même effort, de la
même espérance. Je crois que tu es le Fils de Dieu,
l'image et la présence du Dieu suprême et
mystérieux qui a fait l'univers et le soutient.
Je crois que tu es mort crucifié par
notre faute et que tu es proche de tous les suppliciés, que tu
es ressuscité réellement et mystérieusement et
que tu vis pour tou-jours, présent chaque jour dans ton
Royaume et dans notre existence.
Par toi, je crois que le Dieu infini est
pour nous un Père plein d'amour.
Par toi, je crois que l'Esprit de Dieu,
l'Esprit saint, agit sur la terre sans tenir compte de nos
distinctions, assemble les croyants, éclaire l'Évangile
et nous annonce notre résurrection, le renouvellement du monde
et la vie éternelle dans la justice et la joie de Dieu.
Jésus, j'espère en toi.
.
Adoption ou
incarnation
L'adoption par Dieu de Jésus comme Fils se lit dans les
récits de son baptême au cours duquel le saint Esprit
descend sur lui ; c'est alors que la Voix céleste
proclame :
Tu es mon Fils bien-aimé,
il m'a plu de te choisir
que l'on peut traduire aussi :
« en toi j'ai mis mon affection »
ou encore, comme le
Psaume 2.7 :
je t'ai engendré
aujourd'hui
L'incarnation de Dieu en l'homme Jésus est clairement
présen-tée dans les récits de sa conception
virginale dans les Évangiles de Matthieu et de Luc.
Ces deux conceptions, bien
différentes, sont bibliques
et donc légitimes. L'intérêt de l'idée
d'adoption est de ne pas confondre Jésus avec les dieux
païens qui aimaient se métamorphoser en hommes ou en
animaux. Cette conception purement surnaturelle éloigne
Jésus de nous. L'idée d'incarnation qui fait
remonter l'unité de Jésus avec Dieu à sa
naissance et même au-delà lui donne une dimension
éternelle.
Retour
Retour vers
"Comprendre Jésus-Christ"
Retour vers la page
d'accueil
Vos
commentaires et réactions
haut de la page