Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Théologie radicale

 

 

Croire en un Dieu qui n’existe pas


Manifeste d’un pasteur athée

 

 

Klaas Hendrikse

 

 

Labor et Fides

240 pages, 24 €

 

Recension Gilles Castelnau

.

 

Voir aussi sur ce site :
La pasteur Gretta Vosper ne croit plus en Dieu


 

16 avril 2011

Klaas Hendrikse (1947) est pasteur à la paroisse hollandaise de Middelburg. Son livre ici traduit en français et vendu à plus de 40 000 exemplaires aux Pays-Bas l’a fait largement connaître. Des foules nombreuses se pressent à ses cultes. (4e page de couverture)

On sent bien que ce livre est le résultat de mille et une conversations amicales et fraternelles d’un pasteur avec ses paroissiens. Il est captivant et agréable à lire. Plein d’humour et de remarques saisissantes.

Loin d’être absurde et paradoxal - comme l’écrivent un peu rapidement des commentateurs qui ne se sont pas forcément donné la peine de le lire tranquillement - il oblige incontestablement à réfléchir et si l'on veut bien entrer dans sa réflexion, à retrouver sa foi perdue et une Présence aimante et tonique.

On pourra ensuite – ou en même temps – se reporter aux nombreux articles de théologie radicale anglaise traduits sur ce site. Il nous semble que le pasteur Klaas Hendrikse, s’il parle anglais, se sentirait à l’aise dans ces rencontres théologiques d’Outre-Manche.

Voici des passages des six chapitres de ce livre

 

I

Dieu n’existe pas – l’athéisme, à raison et à tort

page 38

Si je pose à une quelconque assemblée la question : « Qui croit parmi vous que Dieu n'existe pas », vingt pour cent environ de l'assistance lève la main. Si je demande ensuite : « Qui croit que Dieu existe vraiment ? », je vois à peu près autant de mains levées. J'en conclus que la plupart des gens croient que Dieu n'existe pas vraiment. On ne peut pas dire qu'il y ait là de quoi étayer solidement une conviction religieuse. A mon avis, le malentendu séculaire (à savoir le paganisme, tout simplement), selon lequel Dieu serait, d'une façon ou d'une autre, un être, est passé par là. D'un être, on peut sans aucun problème soutenir qu'il existe. Dans leur grande majorité, les gens ne croient plus en un être de cette sorte, et du même coup, ils voient devant eux se dérober le sol sur lequel reposait le droit de Dieu à l'existence. Mais ils n'ont aucune solution de rechange. Autant dire que les théologiens ont du pain sur la planche.

page 40

Il ne s'agit pas pour moi d'attaquer des collègues. Je me borne à constater que, comme les enquêtes le montrent avec une certaine régularité, les gens, s'ils ne se disent pas incroyants, ne vont plus à l'église. Ce qui signifie qu'on n'a pas tant affaire à un phénomène d'incroyance qu'à une désaffection vis-à-vis de ce que les Eglises disent de Dieu. Nos contemporains ne cherchent manifestement pas à rompre avec la foi mais avec ce Dieu-là. En attendant, au sein de l'Eglise, la grâce (« de Dieu, notre Père... ») est distribuée, on prie (« Dieu Eternel, entends notre prière, donne-nous... »), on bénit (« Le Seigneur vous bénisse et vous garde... »), et cela d'une façon qui réduit au silence tout doute relatif à l'existence de Dieu. Voilà, en gros, le tableau de la situation : alors que le doute quant à l'existence de Dieu est partout, tant à l'intérieur qu'en dehors de l'Eglise, celle-ci s'entête à faire comme si Dieu existait.

page 42

Dieu merci, je suis athée
Qu'est-ce que l'athéisme ? Le mot le dit déjà : l'a-théisme est un non-théisme ou un antithéisme. Un théiste est quelqu'un qui croit en Dieu de « façon théiste » : c'est-à-dire en le concevant comme un « être » assimilable à une personne et doté de facultés telles que la toute-puissance, l'omniscience et l'omniprésence. C'est pourquoi l'athéisme est lié au temps et à l'espace : à côté, ou en face de religions non théistes telles que le bouddhisme et le taoïsme, semblable phénomène ne se rencontre pas.

page 52

Les athées, en majeure partie, soutiennent que s'ils ne sont pas croyants, c'est parce qu'ils ont acquis la conviction que Dieu n'existait pas. Ils s'accordent presque tous à dire qu' « à un moment donné, ils ont été amenés à faire cette découverte ». Comment ? En cessant de croire à ce en quoi les autres croyaient. Ceci ne les distingue pas de la plupart des croyants : eux non plus ne croient pas au Dieu de leur enfance. La différence marquante entre les deux catégories réside dans le fait que l'image que la majorité des croyants ont de Dieu a changé à peu près, alors que chez les athées, cette image est restée telle qu’elle était au moment où ils s’en sont séparés. Ce qui ne les empêche pas de taxer « d’irrationalité » ceux qui ont tiré des conclusions moins radicales que les leurs et se sont mis à chercher d’autres voies.

page 54

Mais pour l'athée, c' est manifestement tout ou rien. La religion est à ses yeux comme un forfait global qu'il faut accepte dans sa totalité : un croyant se doit de prendre la Bible à la lettre et d'approuver intégralement l'enseignement de l'Eglise. Si le croyant objecte, non sans précautions, que vraiment, il ne prend pas tout pour argent comptant, et qu'il détermine lui même ce qui lui paraît digne de foi ou non, l'athée réagit ave rage : il crie au libéralisme religieux, à l'arbitraire inadmissible : Voyons ! Croire ce qui vous arrange, et rejeter ce qui vous gêne ! Pour lui, la seule possibilité est le ou/ou. Ou l'on souscrit au forfait complet, et cela n'implique rien de moins que de tout accepter en s'en remettant à l'Eglise - y compris ce à que notre entendement dit non -, ou l'on réfléchit et l'on rejette intégralement la croyance en Dieu.

 

II

Croire après la virgule

 

page 103

Pour un athée, une fois posée la conclusion que Dieu n’existe pas, l’affaire et entendue : il n’existe pas, point final. Pour un croyant, les choses ne font que commencer : Dieu n’existe pas, virgule. Et après ? Y a-t-il encore quelque chose à croire après la virgule ? Peut-on croire en un Dieu qui n’existe pas ?

page 108

Le mot « Dieu » n'est pas ce qui importe Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom. « Je suis reconnaissant à Dieu », dit l'un. « Je suis un homme reconnaissant », dit l'autre. Est-ce simplement la formulation qui diffère ici ? Qui le dira ? Des expériences que certaines personnes appellent religieuses n'ont pas ce caractère pour d'autres, qui parlent alors, par exemple, d'expériences heureuses. Entre un croyant et un incroyant, la différence, telle qu'on peut la percevoir, semble être affaire de mots. Et il faut être très attentif à ces mots. Quand on dit que les non-croyants se consacrent aussi à leurs semblables, ou qu'ils peuvent aussi se sentir « portés », on désigne généralement par le terme « non-croyant » ceux qui ne vont pas à l'église. Mais, d'une personne qui se dévoue pour les autres, je n'affirmerais pas, de but en blanc, qu'elle n'est pas croyante. Croire est bien plus une façon d'être qu'une façon de parler.

page 110

Un exemple familier : écouter une prédication est un événement. Si celle-ci produit en nous un effet, et que nous en faisons quelque chose, elle s’est transformée en expérience. C’est dans la mesure où nous parvenons à transformer un évènement en une expérience que nous pouvons nous considérer nous-mêmes comme croyants.

page 113

L’esprit du siècle nous représente l’homme comme un individu indépendant, autonome et personnellement responsable du tracé de l’itinéraire censé le mener à une vie réussie.

page 114

Appelons cela « indépendance immature ». Ou tout simplement ineptie : nous pouvons décider nous-mêmes que nous partons en voyage demain mais pas que nous reviendrons en vie de ce voyage. Nous sommes tous dépendants de situations incontrôlables... La dépendance mature reconnaît que ce qui est vraiment porteur de valeur n’est pas en notre pouvoir... La dépendance mature nous confronte au fait que le bonheur, la joie et tout le reste, ne sont pas ou pratiquement pas le résultat de nos propres efforts, mais qu’ils échappent à notre prise.

page 116

La « dépendance mature » commence donc par la prise de conscience que l'essentiel n'est pas ce que nous faisons, mais ce que la vie fait de nous. Autrement dit : tout homme s'inscrit à un moment de son existence dans la voie qui est vraiment la sienne, dans ce qui constitue sa destination ou sa vocation. Et le mot « vocation » le laisse entendre : nous ne fixons pas nous-mêmes l'itinéraire. « Vocation » renvoie étymologiquement à la notion d'appel, et donc à la voix ce qui, déjà, fait s'entrouvrir pour nous la porte donnant sur le dehors - ou ouvre nos oreilles - et nous met en relation avec un domaine dans lequel nous n'avons plus à décider nous-mêmes, mais où quelque chose demande à nous être communiqué. Ainsi reconnaissons-nous d'ailleurs que la vie « a son mot à dire ».

Le langage biblique exprime cette idée par la formule « Dieu dit... » Non pour suggérer l'intervention des cordes vocales célestes, mais le fait qu'un homme est interpellé, ou - nous en restons à cet homme - qu'il se sent interpellé. Ce dont il est question, au travers de cette image, c'est d'une réalité à même de parler aux hommes, comme peut le faire un livre ou une fleur : ils ne disent rien mais peuvent avoir leur mot à nous dire.

A propos d’Abraham, il est écrit qu’il entendit une voix disant : « Pars [...] vers le pays que je te ferai voir. » Je lis ceci comme l'expression de la prise de conscience d'un homme, qui, à travers les hauts et les bas, s'aperçoit qu'il ne détermine pas lui-même le voyage de la vie ; comme une expérience vécue attribuée rétrospectivement au patriarche Abraham, figure mythologique qui est entrée dans l'histoire en tant que « père de tous les croyants ». Abraham fait figure de modèle pour tout homme qui en arrive à l'idée qu'il n'a pas vocation à déterminer de son propre chef la conduite de sa vie, mais à se laisser interpeller. Ou - dans la langue qui est celle du récit -, à accepter qu'on lui montre le chemin, à être ouvert pour accueillir ce qui ne peut que lui être donné.

page 126

« Croire » ne consiste pas à avoir confiance en une forme divine qui se tient derrière nous : « Je me confie en lui, rien ne peut m'arriver. » Eh bien non ; il peut justement nous arriver toutes sortes de choses, et nous savons très bien que notre monde est souvent le théâtre d'événements lourds de menaces et douloureux.

Ça peut mal tourner. Tromperies et déceptions réciproques sont monnaie courante. Nos sacs à dos contiennent aussi de quoi nous décevoir. Et croire ne donne aucun sens aux maux et aux chagrins du passé. Croire consiste plutôt à refuser de considérer la vie comme vaine et de nous prêter à tout ce qui nous fait perdre de vue notre propre dignité et celle d'autrui : « Tout ça c'est bien beau mais je ne marche pas... »

Ce qui caractérise le croyant c'est peut-être justement son obstination, en dépit du caractère absurde et parfois angoissant de ce qu’il voit autour de lui, à dire oui à la vie, fort de l’expérience qu’il a qu’elle peut avoir du bon. Qu’il est possible, pour cette raison, de l’améliorer, qu’il est directement impliqué, que les choses ne s’arrangent pas de façon spontanée et qu’il ne les redressera pas tout seul.

[...]

J’ai souvent rencontré des gens qui, à force de devoir se débrouiller par eux-mêmes, étaient devenus soupçonneux ou même cyniques. Je ne me risquerais pas cependant à dire de but en blanc que c’est là une incitation à croire. Et je ne prétends en aucune façon que croire soit affaire d’arguments rationnels.

page 130

Je ne crois pas en un Dieu créateur du monde tel qu’il est. Je crois en revanche en un Dieu comme force incitant les hommes à construire un monde meilleur.

page 131

Un athée dira : « J’ai eu la force qu’il fallait pour m’en sortir », un humaniste laïque : « J’ai trouvé la force qui m’a permis de m’en tirer », un quelquechoseiste : « Ça m’a donné la force d’en venir à bout », un croyant : « Dieu m’a donné la force ». Chacun d’eux dit quelque chose de différent, et qui correspond d’ailleurs probablement à ce qu’il entend signifier, mais quant à savoir si l’expérience qu’il tente d’exprimer par là est elle-même différente, c‘est un autre problème.

page 134

Si j'étais né en Chine, j'emploierais pour désigner une expérience à laquelle j'associe le mot « Dieu » un autre mot, un mot chinois. Mais il se peut aussi qu'on ait, sous un autre nom, affaire à la même expérience. Un Chinois est alors à même de faire l'expérience de Dieu, en la nommant simplement d'une autre façon.

page 138

Ainsi nous est-il dit que Moïse a demeuré à Madian. Madian a vraisemblablement existé ; il se peut même qu'un homme dénommé Moïse y ait habité. Mais le Moïse de la Bible n'existe que dans le texte biblique. Non comme personnage historique, mais comme figure mythologique. Pour peu que je me reconnaisse dans le récit de sa traversée du désert, Moïse se met à exister, devant moi. Savoir s'il a réellement vécu est sans importance. Il n'est pas nécessaire que ce qui s'est passé soit réel. Ce qui est raconté sur ce qui s'est passé constitue à mes yeux une réalité. Le récit me touche du fait que j'y lis ce que je vois se produire autour de moi et en moi-même lorsqu'un homme s'arrache à ce qui l'oppresse et l'asservit. Ce n'est pas parce que cela se passait à cette époque que le récit est vrai, mais parce que cela se produit encore aujourd'hui... Les propos tenus sur Dieu peuvent devenir parole de Dieu s’ils nous interpellent.

 

III

Athée et pasteur : comment s’y prendre ?

page 166

Lorsque, couché, le soir, je remonte le fil de la journée écoulée, ma pensée me ramène souvent à Exode 33, au récit dans lequel il est donné à Moïse de voir Dieu « par-derrière ». Et, presque toujours, je puis affirmer : « Oui, aujourd'hui c'est aussi ce qui s'est passé. » Il n'y a eu aucun moment où j'ai pu dire : « Dieu est ici », mais il était là. Et en me réveillant le matin, je table un peu sur le fait qu'il va en être à nouveau de même pendant la journée. Cela ne se produit pas tous les jours, mais assez souvent pour y compter, pour y croire. Où trouverais-je, sinon, le courage de rentrer « sans bagage » dans un hôpital ou dans une maison mortuaire ? « Va, et j'irai avec toi. »

page 203

Il n'y a à l'ultime question existentielle pas de réponse, même Bible en main. C'est d'ailleurs inutile. J'ai vu des hommes et des femmes, jeunes ou vieux, prendre sereinement et sans angoisse congé de la vie. Parfois avec de vagues attentes, rarement avec des réponses. En général, on meurt, somme toute, comme on a vécu. Je ne me risquerais pas à une telle affirmation, si je ne l'avais pas vu se confirmer aussi souvent sous mes yeux. Le cours de la vie d'un homme ressemble à une expédition en canot : on va au-devant de ce que l'on ne voit pas, le parcours qu'on a derrière soi détermine la direction. Et il s'agit d'un voyage vers l'inconnu. L'apôtre Paul écrit : « Car, si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. » Je changerais volontiers quelques mots dans cette phrase, pour lui faire dire : « Si nous vivons, nous vivons avec des questions ; et si nous mourons, nous mourons avec des questions. »

 

IV

Un avenir pour l’Eglise ?

page 209

Des phénomènes tels que le quelquechoseisme montrent que les gens veulent en finir avec Dieu, mais pas avec leur foi. Un regard autour de nous nous révèle la même chose : conférences, réunions de réflexion, cours, représentations théâtrales, films, expositions et concerts sont très courus, monastères et lieux de retraite ont leurs listes d'attente ; les bancs d'église, eux, sont déserts. Tout indique que la foi ne disparaît pas, mais se modifie, et que ce n'est pas l'incrédulité qui est à l'affiche mais avant tout la désaffection vis-à-vis de la religion préconditionnée par l'Eglise. L'autorité de l'institution ne fait plus foi aux yeux des gens, ils n'ont plus envie de morceaux prêts à avaler.

page 215

Dialogue avec les athées A mon avis, personne n'est mieux à même de faire tomber les œillères de l'Eglise qu'un athée, car il sera bien le dernier à qui cette dernière fera prendre des vessies pour des lanternes. Inviter l'ennemi ? Se mettre autour d'une table avec des gens qui se moquent de l'Eglise et de la religion ? Voilà qui ne faisait pas peur à Jésus. Il discutait avec tout un chacun, et le résultat, sur le plan religieux, s'avérait presque toujours positif. Il vaut la peine, ne serait-ce que pour cette raison, d'essayer de surmonter nos préjugés. Les athées pourraient parfois être la pierre de touche idéale pour évaluer ce que les responsables de l'Eglise nomment « regain d'intérêt ».

page 223

Que peut apporter la discussion avec les athées ? Une représentation de Dieu exempte de tout théisme : Dieu n'existe plus et peut, par là même, recommencer à être Dieu. Les réponses ont disparu, les questions qui étaient enfouies sont redevenues perceptibles et identifiables par tout un chacun. La liturgie a été réactualisée et débarrassée des éléments susceptibles d'effaroucher les nouveaux venus. Le jargon d'Eglise a fait place à la langue du siècle. Les blocages intellectuels sont levés : on ne demande à personne de croire ce que sa raison déclare impossible. Langage et contenu de la tradition chrétienne sont rendus accessibles aux profanes. Nous voilà ainsi, me semble-t-il, à même d’entrer dans l'avenir.

 

 


Retour

Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

eticipants  

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.