Respect de la nature
Dieu et
la sauvegarde de la création
Avec la participation de Majorie
Hope et James Young
sociologues au Wilmington College, Ohio,
États-Unis :
Thomas
Berry and a New Creation Story
et du Père Thomas Berry
12 janvier 2002
Une étude de l'université de Yale a mis en
évidence qu'aux États-Unis, l'intérêt pour
la protection de la nature diminue quand la pratique religieuse
augmente ! Et pourtant bien des chrétiens souhaitent
réfléchir aux implications spirituelles des
désastres écologiques et de la pollution, du
réchauffement du climat, des tortues marines
étouffés par les millions de sacs et bouteilles en
plastiques rejetées par les bateaux, etc. tous
désastres auxquels nous assistons actuellement.
Le Père Thomas Berry a
lancé aux États-Unis, l'expression de « spiritualité
écologique ».
« Les
chrétiens, écrit-il, ont besoin de repenser leur vision
du monde, de ne plus jeter sur l'univers un regard qui soit
uniquement matériel mais qui soit aussi spirituel ; ils
doivent se souvenir qu'ils en font eux-mêmes partie
intégrante.
Mais notre orgueil et notre sentiment de puissance nous font perdre
le sens de la transcendance de la terre et de notre dépendance
à son égard. Nous ne savons plus lui marquer notre
respect et notre reconnaissance et nous oublions le lien qui nous
unit aux hommes, aux animaux et aux plantes qui sont comme nous des
habitants de la planète.
La sauvegarde de la création nous incombe à tous, sans
exclusive ».
Le Père Berry pense que la situation écologique de
la terre est désormais si grave, qu'il ne suffit plus d'y
apporter quelques améliorations techniques ; un
changement radical est nécessaire dans notre manière de
considérer le monde et même une véritable
conversion religieuse, si toutefois nos Églises en sont encore
capables.
Il est frappant de constater
à quel point la théologie chrétienne
ignore actuellement la question de la création. La
transcendance et le caractère personnel de Dieu ont
été tellement affirmés, qu'aucune importance
n'est plus attribuée à la transcendance de la nature
elle-même.
La prédication chrétienne s'est tellement
focalisée, surtout depuis le 16e siècle, sur la
culpabilité et la rédemption, qu'aucune place n'est
laissée à la joie du Dieu de la nature. L'homme et sa
spiritualité personnelle ont été
valorisés alors que bêtes et plantes étaient
réduites à une existence purement physique, sans
âme ni droits, indignes en tous cas d'être partenaire de
la race humaine.
La pensée biblique a
contribué à dynamiser notre civilisation
occidentale ; et c'est précisément son esprit de
créativité et de progrès qui a engagé les
hommes dans l'exploitation sans limite de la nature à laquelle
nous assistons.
Notre force et notre volonté sont maintenant engagées
à tirer le plus de profit possible des richesses naturelles et
les chrétiens respectent plus la technique que la
spiritualité de la religion !
.
Pourtant il n'en a pas toujours
été ainsi.
- François d'Assise
qui prêchait, dit-on aux poissons et aux oiseaux (nous les
pêchons et nous les chassons sans respect) et
à qui l'on attribue le beau « Cantique de frère
soleil » :
... Loué sois-tu, mon
Seigneur, pour frère vent,
pour l'air et le nuage, pour le ciel pur et tous les temps
par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour
soeur eau,
qui est très utile et humble, et précieuse et
chaste...
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour
soeur terre notre mère,
qui nous soutient et nous nourrit,
et produit divers fruits avec les fleurs aux mille couleurs et
l'herbe...
- Thomas d'Aquin,
parlait autrefois de l'harmonie universelle de la création que
désirait Dieu.
- Albert Schweitzer centrait toute sa
pensée sur la phrase suivante : « Le fait le plus élémentaire
que saisisse la conscience de l'homme peut être exprimé
comme suit : Je suis vie qui veut vivre parmi d'autres vies qui
veulent vivre ».
- Teilhard de Chardin voyait notre univers
à la fois spirituel et matériel ; il disait que
l'action de Dieu n'était pas tant de nous libérer de
nos péchés mais de nous faire progresser en même
temps que toute la création humaine et non-humaine
conjointement jusqu'au merveilleux point oméga qu'il
entrevoyait.
Mais Teilhard de Chardin était trop optimiste et n'avait pas
prévu les effets destructeurs auxquels nous assistons
actuellement du « progrès ».
.
Le Père Berry nous dit de regarder
le monde : Les ressources naturelles de la nature
sont l'objet d'une exploitation sans respect de la part de nos
entreprises soutenues par notre opinion publique et donc
évidemment par nos gouvernements. Et loin de participer
à l'amélioration de la vie du monde, cette exploitation
des ressources naturelles est organisée de façon
à procurer le plus de profits possibles aux grandes
entreprises et à leurs conseils d'administration, qui ne se
préoccupent guère de spiritualité et de respect,
de sorte que tout cela est source de pollution et de
dégâts lamentables.
Le problème dépasse donc la seule analyse
économique et politique de la production et du marché.
Il y a disfonctionnement du monde et il s'agit par conséquent
d'un problème spirituel et religieux.
C'est plus qu'une simple question de
technique qui se pose à nous : nous devons
réapprendre à habiter la terre que Dieu a
créée, non seulement pour les hommes des pays riches et
industrialisés mais aussi pour les hommes pauvres des pays du
Tiers-monde et non seulement pour eux mais aussi pour les animaux.
Les plantes aussi, d'ailleurs ont le droit de vivre.
Ne renonçons surtout pas à nos connaissances
scientifiques, dit à juste titre le Père Berry, au
contraire nous en avons plus besoin que jamais. Mais
réorientons-les dans la bonne direction qui est celle du
respect de la nature créée.
.
Dans les écoles, on
présente aux enfants la nature de façon
matérialiste et utilitaire, sans respect et sans leur faire
comprendre qu'il faut rechercher une nouvelle façon de nous
conduire que nous ignorons encore, et qu'ils devront chercher avec
nous quand ils seront plus grands.
Dans les églises, en
prédication et dans les catéchismes, nous devrions
relire les grands textes bibliques :
- Genèse 1.24
Dieu dit : Que la terre
produise toutes sortes d'animaux, animaux domestiques, petites
bêtes et animaux sauvages de chaque espèce... Dieu vit
que cela était bon... Dieu les bénit...
- Genèse 2.18
L'Éternel Dieu dit : il
n'est pas bon que l'homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui
sera son vis-à-vis. L'Éternel Dieu forma du sol tous
les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel. Il les amena
à l'homme pour voir comment il les appellerait.
- Psaume 104
Mon âme, bénis l'Éternel !
Éternel, mon Dieu, tu es infiniment grand ! Tu es
revêtu d'éclat et de magnificence ! ...
Il conduit les sources dans des torrents qui coulent entre les
montagnes.
Elles abreuvent tous les animaux des champs ; les ânes
sauvages y étanchent leur soif.
Les oiseaux du ciel habitent sur leurs bords, et font résonner
leur voix parmi les rameaux.
De sa haute demeure, il arrose les montagnes ; la terre est
rassasiée du fruit de tes oeuvres.
Il fait germer l'herbe pour le bétail, et les plantes pour les
besoins de l'homme
Le vin qui réjouit le coeur de l'homme et le pain qui soutient
son coeur.
Les arbres de l'Éternel se rassasient, les cèdres du
Liban, qu'il a plantés.
C'est là que les oiseaux font leurs nids ; la cigogne a
sa demeure dans les cyprès,
Les montagnes élevées sont pour les boucs sauvages, les
rochers servent de retraite aux lièvres.
Il a fait la lune pour marquer les temps ; le soleil sait quand
il doit se coucher.
Tu amènes les ténèbres, et il est nuit :
alors tous les animaux des forêts sont en mouvement ;
Les lionceaux rugissent après leur proie, et la demandent
à Dieu.
Le soleil se lève : ils se retirent, et se couchent dans
leurs tanières.
L'homme sort pour se rendre à son ouvrage, à son
travail, jusqu'au soir.
Que tes oeuvres sont en grand nombre,
ô Éternel ! La terre est remplie de tes biens
...
Tous ces animaux espèrent en toi, pour que tu leur donnes la
nourriture en son temps.
Tu la leur donnes, ils la recueillent ; tu ouvres ta main, ils
se rassasient de biens.
Tu caches ta face, ils sont tremblants ; tu leur retires le
souffle, ils expirent.
Tu envoies ton souffle ils sont créés : tu
renouvelles la face de la terre.
Que la gloire de l'Éternel subsiste à jamais ! Que
l'Éternel se réjouisse de ses oeuvres !
- Psaume 148
Louez l'Éternel du bas de la terre, monstres marins, et vous
tous, abîmes,
Feu et grêle, neige et brouillards, vents de tempête,
montagnes, collines,
Arbres fruitiers et cèdres, animaux, reptiles, oiseaux,
Rois, peuples, princes, juges, garçons et filles, vieillards
et enfants !
Louez le nom de l'Éternel !
- Proverbes 8
Moi la sagesse, je fais régner les rois, gouverner les princes
...
Lorsque l'Éternel disposa les cieux, j'étais
là ; lorsqu'il fixa les nuages et que les sources de
l'abîme jaillirent, lorsqu'il traça les fondements de la
terre, j'étais à l'oeuvre auprès de lui.
Je faisais ses délices, je jouais devant lui tout le
temps.
Je jouais sur la surface de la terre, et je trouvais mes
délices parmi les humains.
Maintenant donc, mes fils, écoutez-moi !
- Jean 1
Tout a été fait par la Parole, rien n'a
été fait sans elle ... et la Parole a été
faite homme.
- Colossiens 1
Le Fils de Dieu est le premier né de toute la
création.
En lui, tout a été créé dans les cieux et
sur la terre,
tout a été créé par lui et pour lui
.
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