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La Rose entre les dents


Un itinéraire féminin en Franc-maçonnerie

 


Denise Oberlin


Éd. L'Harmattan

112 pages - 13, 50 €


recension Gilles Castelnau

 

 

30 décembre 2016

Denise Oberlin commence par nous raconter sa vie populaire et courageuse à Paris où, orpheline à 18 ans, elle réussit à poursuivre des études et à faire une carrière d’ingénieure et d’enseignante.
Dans le récit de sa vie et, préfaçant à son action de franc-maçonne, elle commence par présenter longuement le ministère de son lointain ancêtre, le pasteur Jean-Frédéric Oberlin qu'elle admire beaucoup.
Puis elle entre en maçonnerie et, avec la même fermeté et la même intelligence humaine, elle en monte les grades jusqu’à la Grande Maîtrise de la Grande loge féminine de France.
Elle nous fait ainsi pénétrer dans l’ambiance de la franc-maçonnerie. Elle ne cherche même pas à nous en expliquer les titres et les symboles, comme s’ils nous étaient familiers mais dans chacun de ces récits transparaît l’idéal franc-maçon de respect humain, de liberté d’expression et de participation positive à la vie de la société.
Et il est vrai qu’à la lire ainsi, sa personnalité et son univers nous deviennent proches et... sympathiques.

En voici quelques passages.

 

page 13

Le pasteur Jean-Frédéric Oberlin

Du côté Oberlin le nombre de pasteurs ne manque pas pour peser lourd dans la balance !

Pour ne parler que du dernier :
Jean Frédéric Oberlin : pasteur protestant alsacien, piétiste et apôtre du progrès social. (Jean-Frédéric Oberlin, né le 3l août 1740 à Strasbourg est mort le 1er juin 1826 à Waldersbach à l’âge de 85 ans)

L'œuvre de cet homme est belle et respectable. Et il a placé la barre très haute. En effet, très rapidement, au cours de sa vie professionnelle, cet homme développe une industrie de tissage, en favorisant le travail à domicile.

Puis, dans le domaine de l'agriculture, il se lance dans l'introduction de nouvelles semences et de nouvelles techniques de culture comme l'amendement des sols, l'irrigation, la plantation et les greffes d'arbres fruitiers.

Jamais à court d'idées, il organise un réseau routier pour désenclaver le Ban-de-la-Roche, une ancienne seigneurie devenue un comté, situé aujourd'hui dans le canton de Schirmeck.

Il améliore des conditions d'hygiène et d'habitat, et finance la formation de personnes capables de prétendre à des professions utiles au bien public, comme le métier de sage-femme.

Il ouvre des instituts de préscolarisation encadrés par des femmes qualifiées portant le joli nom de : « Conductrices de la tendre enfance ». L'innovation est révolutionnaire pour l'époque.

Arrivé au Ban-de-la-Roche, où sa fonction de pasteur le sédentarise, il se retrouve à la tête d'une paroisse de quatre-vingts à cent familles réparties dans cinq villages. Au début du XIXe siècle, à la fin de son ministère, la population s'élève à trois mille personnes.

J'admire l'engagement républicain et le génie de cet homme, à concilier ainsi les obligations de son ministère et les lois civiques… Sans oublier sa compassion pour le sort des esclaves noirs qui le conduit à renoncer à la consommation du sucre et du café, car ces ingrédients lui semblent « arrosés » du sang de ces hommes.

Et puis, toujours très actif Jean-Frédéric Oberlin invente des moyens ludiques, comme un jeu de cartes, pour faciliter l'enseignement de la botanique.

Physionomiste, il collectionne un grand nombre de silhouettes, représentant des personnages locaux, en bas desquelles il écrit quelquefois son jugement sur ceux-ci.

Il possède également une collection de pierres luisantes et de toutes couleurs, dont il se sert pour tirer des conjectures sut le caractère des personnes d'après la préférence qu'elles donnent à l'une ou à l'autre.

 

page 55

Prendre sa place dans un collège

Seconde surveillante

Je tiens ce Plateau pendant quatre ans, la première fois. Je découvre que certaines Apprenties sont capables de rédiger quinze pages sur un sujet et d'autres à peine un paragraphe. Comme il se doit, je donne la parole en premier à celles qui ont plus de difficultés à écrire et finis par les autres. Un de mes challenges est d'arriver à ce que les premières écrivent trois, voire quatre paragraphes, et que les plus prolixes ne rédigent plus que quatre pages.

Je leur souligne l’importance d'étudier les Outils et les Symboles en leur expliquant la raison et le but. Je leur rappelle ce qu'elles vont acquérir grâce à cette compréhension et comment elles vont mettre à profit leurs nouvelles connaissances, et pourquoi ? Dans quel but ? Ce que ça va leur apporter et comment elles vont mettre à profit ces acquis.

Si c'est pour étudier des Symboles comme ça, sans voir l'impact qu’ils répercutent sur nous, ça ne sert à rien.

Oui, le Fil à plomb fait mal lorsqu'il creuse profondément en nous et qu'il faut le remonter ; Oui il nous oblige à la rectitude.

Oui le Ciseau et le Maillet musclent le corps et l'esprit, quelques fois dans la douleur et surtout lorsqu'on oublie de laisser les Métaux à la porte du Temple.

Si on ne comprend pas qu'un des buts de la Franc-maçonnerie est la révélation permanente de l'Homme à lui-même, afin qu'il réalise la plénitude de sa personnalité dans ce qu'elle a de meilleur, alors, on peut ressentir un sentiment d'inutilité.

J'applique la maïeutique chère à Socrate ; Je m'efforce de faire accoucher les Sœurs de leur savoir, de leur être, et à leur faire trouver leur savoir-faire, leur savoir être. Elles doivent être assurées que leur vérité est aussi respectable que la mienne.

 

 

page 67

Prendre place dans l’obédience

Grande hospitalière adjointe

Ma première année, en qualité de Grande Hospitalière adjointe, je l'aborde auprès d'une Grande Hospitalière qui sait me transmettre les charges de ce Plateau. Elle me présente partout, dans toutes les instances ou les Hospitaliers se réunissent. Entre autres choses, une fois par mois, nous nous retrouvons devant un brunch, au Centre de médiation situé rue Notre-Dame-des-Champs.

Le théologien fondateur est impliqué dans le domaine de la médiation, et il représente les catholiques dans nos réunions. Y sont également présents notre Grande Maîtresse et le Grand Maître du Grand Orient ainsi qu'un rabbin pour les juifs, un délégué de la mosquée pour les musulmans et un membre du consistoire protestant.

Nous débattons alors d'importants sujets de société ou d'actualité, c'est extraordinaire. Nous Francs-maçons, participons à un véritable dialogue inter-religieux. Ces rencontres donnent lieu par la suite, à des conférences. Je pense à l'une d'entre elles, organisée en 2000 par la librairie La Procure, où le Grand Maître de la Grande Loge de France (GLDF), reçoit l'évêque de Versailles, autour du thème : « Ressemblances - différences entre la religion catholique et la Franc-maçonnerie ».

 

page 71

Grande maîtresse adjointe
pour la région Paris Hors Hexagone
en 1989 puis en 1991 lors de mon deuxième mandat

Ouvrir des Loges de la G.L.F.F. dans certains pays est vital pour les femmes, surtout dans les pays qui les musellent par convictions ethniques, pour des raisons politiques, religieuses ou économiques. Ces femmes doivent s'arcbouter contre des régimes qui les oppriment et qui les empêchent d'entrer en égalité et en autonomie. Nos Sœurs sont impliquées dans la vie associative, la vie citoyenne de leur pays et je cite entre autres, nos Sœurs Africaines qui s'impliquent dans le mouvement du Planning familial, qui s'occupent de l'éducation des petites filles, qui luttent contre les excisions, qui combattent contre la propagation de maladies et qui aident les enfants soldats à retrouver leur centre. Ces femmes mènent des combats que nous n'imaginons même pas ! Des batailles contre la mort, des combats pour la vie tout en luttant contre leurs coutumes parfois archaïques.

Nos Sœurs du Sénégal vivent des jours difficiles, dans ce pays de confession musulmane. Je suis fière de me retrouver régulièrement aux côtés de toutes ces Sœurs à chaque fois que je le peux.

 

page 100

Et moi aujourd’hui ?

J'évoque aussi : « Le Symbolisme, Ordre initiatique ».

Dans ces conférences, j'explique que les engagements pris dans le monde profane ne sont pas antinomiques avec un engagement dans un monde initiatique. Au contraire. Ils sont complémentaires.

Une femme engagée dans la cité, et qui œuvre pour l'amélioration de la condition humaine sera en parfaite adéquation avec les principes et notre Ordre. Nous parvenons à nous connaître, ou nous améliorer, par l'utilisation des Outils des bâtisseurs et des Symboles qui sont un langage universel et reconnu par tous les Francs-maçons du monde. Nous expliquons que la religion n'est pas contraire avec notre Ordre mais que le prosélytisme n'a pas sa place chez nous. En effet chaque individu est libre de croire ou ne pas croire, de pratiquer ou non une religion. C'est une affaire d'intimité individuelle tout comme les préférences sexuelles ou politiques.

Nous rappelons et insistons sur le fait que nous ne pouvons initier des femmes de convictions politiques d’extrême droite ou d’extrême gauche pour incompatibilité avec les valeurs de la République et de la Franc-maçonnerie.



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