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Des pissenlits

sur le bord de la route

 

y a-t-il un avenir pour l’église ?

 

Dandelions in the Cracks of the Sidewalks; Is there a future for the church?

 

 

Fred Plumer

pasteur de l’Église Unie du Christ
Irvine, Californie, États-Unis
président du réseau
ProgressiveChristianity.org

 

 

15 juin 2011

L’Église chrétienne a-t-elle un avenir en Occident ? Une forme actualisée du christianisme aurait-elle un avenir aux États-Unis ? J’en suis certain. La grande majorité de la population se dit chrétiens. Mais les choses changent.
En 1950, 91 % des Américains se disait chrétiens.
Aujourd’hui, selon de récents sondages de Gallup et Harris ce sont moins de 75 % de la population qui se disent encore chrétiens.
Dans les années 1950 c’était en gros 70 % des Américains qui disaient fréquenter l’église une fois par semaine.
Aujourd’hui ce nombre est en moyenne de 48 % (considérablement plus important dans les états du Sud, très bas sur deux côtes de l’Est et de l’Ouest). Mais certaines études laissent penser que ces chiffres sont considérablement surévalués.

En 1948, 2 % des Américains interrogés par Gallup, se disaient « sans religion ». Ce nombre n’a pas évolué jusqu’en 1970. En 1972 Gallup recensait déjà 5 % de « sans religion ».
En 2008, 12 % se disaient « sans religion » et 3 % refusaient de répondre à la question.

Il me semble que cette diminution de la pratique religieuse est un révélateur indiscutable de la situation actuelle de nos églises. Le nombre de ceux qui se déclarent protestants, quelle que soit leur dénomination, y compris les évangéliques, charismatiques etc. a chuté de 91 % à 77 %, les églises historiques étant les plus touchées.

Gallup constate qu’environ la moitié des membres des églises historiques sont âgés de plus de 50 ans mais d’autres instituts de sondages estiment qu’ils ont plus de 60 ans.

62 % des Américains de plus de 70 ans se disent protestants et 8 % se déclarent sans religion alors que les jeunes adultes de 18 à 29 ans sont 25 % à se déclarer sans religion.

Il est difficile d’évaluer le nombre d’églises historiques qui ferment chaque année car elles ne sont pas recensées. Le chiffre de plusieurs dizaines de fermetures par mois est avancé.
Si les églises étaient des entreprises commerciales, on en fermerait immédiatement plusieurs centaines comme « non rentables ».

De toutes façons le résultat n’est pas brillant pour nos églises. Pourquoi donc continuons-nous à faire ce que nous faisons ? A ProgressiveChristianity.org nous pensons que des communautés spirituelles saines sont une composante importante d’une société saine. Nous avons de l’espérance, nous ne baissons par les bras et par-dessus tout nous sommes témoins d’événements très intéressants et excitants qui sont des promesses de vie. Mais il ne s’agit pas d’églises traditionnelles.

Disons les choses clairement. L’église n’évolue pas facilement. A la différence de la recherche scientifique, des techniques, des pratiques commerciales ou sociales, l’église a de puissants freins qui ralentissent tout mouvement. Lorsque les scientifiques sont confrontés à des informations nouvelles, ils les analysent, les discutent et, si la chose est nécessaire, ils modifient leurs méthodes d’action et engagent de nouveaux projets.

Mais l’église du 4e siècle a officialisé un certain nombre de livres qui avaient été écrits après plusieurs décennies de tradition orale et qui contiennent de nombreuses additions et modifications. Elle en a fait un livre unique qu’elle a décrété d’inspiration divine et qu’elle a considéré comme sacré. Elle a déclaré ces livres saints et immuables.

Durant les trois premiers siècles la culture et la vision du monde gréco-romaines qui étaient celles de l’église de l’époque, étaient fort différentes de celles de l’homme qu’ils étaient supposés honorer. Il y eut de grands débats sur l’identité de Jésus et sa fonction et sa mission dans lesquels la politique a tenu davantage de place que le sentiment du divin. Afin de mettre tout parfaitement au point, l’église a produit des credo qui lui permettaient de décider qui était orthodoxe et qui était hérétique.

Notre monde est aujourd’hui bien différent de ce que l’on pouvait penser au 1er siècle, au 4e ou même au 16e et pourtant nos églises continuent à faire « comme on a toujours fait ». Et c’est bien souvent des questions de pouvoir qui décident.

Depuis 50 ans nos connaissances ont explosé concernant le Jésus historique, les débats de la première église, la manière dont les religions naissent et leurs relations avec les mythes, la formation de ce que nous appelons la Bible... Toutes ces nouvelles connaissances auraient dû informer et changer notre compréhension de la personne de Jésus et certainement auraient dû nous amener à changer notre manière de vivre l’église.

Cela ne s’est pas produit et de là vient sans doute l’inadaptation de l’église au monde et à la pensée d’aujourd’hui, au grand dam de tous ceux qui y ont mis leur cœur et ont dépensé pour elle leur temps, leur argent et leur travail.

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Où se trouvent donc les promesses de vie dont je parlais ? J’y pense en parlant des pissenlits sur le bord de la routeEn voici quelques exemples qui demanderont à être développés plus tard dans d’autres publications. D’abord nous avons connu de merveilleux renouvellements de la vie dans beaucoup des églises membres de notre réseau progressivechristianity.org qui recherchent délibérément une « nouvelle manière » de vivre le christianisme. Celles qui y réussissent le mieux et connaissance la plus forte croissance, contrastant avec le déclin général du christianisme, sont celles qui actualisent leur théologie et leur christologie et insistent sur les valeurs chrétiennes, les relations fraternelles et la spiritualité plutôt que sur les croyances et les credo.

Ce qui saute le plus aux yeux dans la vie de ces églises est notamment un pluralisme actif et des relations avec les églises d’autres traditions, le partage d’espaces et de rituels communs.

C’est aussi une relation pacifiée, une acceptation et même un soutien des communautés LGBT (lesbiennes, gay, bisexuels et transgenres). Dans aucune de ces églises cela ne fait problème.

Ces deux comportements sont fréquemment le cas dans les églises « nouvelles » mais nous avons constaté que les églises traditionnelles qui les ont adoptés ont également connu de réels renouveaux. Cela se produit habituellement dans des églises qui ont justement décidé délibérément d’entrer dans un processus de renouveau et sont capables de le définir clairement. Ces mouvements ont souvent été initiés par le dynamisme et l’inspiration d’un pasteur ; ils sont solidement fondés spirituellement et ont élaboré une vision positive de leur avenir. Il faut naturellement gérer avec intelligence les conflits qui ne peuvent manquer de surgir.

 

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Le Rev. Tom Thresher est auteur d’un livre, Reverent Irreverence où il rend compte de son expérience de pasteur à Washington et de sa conception d’un renouveau de l’église. Il associe la sagesse orientale aux Lumières occidentales et le christianisme traditionnel au libéralisme théologique.

Il remarque que lorsque les dirigeants prennent conscience que la raison d’être d’une église est d’aider les gens à vivre de la présence divine au plus profond d’eux-mêmes, on constate que les préoccupations de leur communauté se focalisent sur l’éthique bien plus que sur les croyances et les credo. Il me semble que Thresher nous propose là quelque chose de très important.

 

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J’ai déjà écrit (sur ce site : Grande tente, grosse surprise) mon espoir de voir les jeunes du mouvement « émergent » promouvoir une nouvelle compréhension vivante de la foi chrétienne.

Phil Snider and Emily Bowen qui sont tous deux pasteurs de la même paroisse l’Église des Disciples du Christ à Springfield Missouri, y croient eux aussi. Ils ont écrit « Toward a Hopeful Future » (un avenir plein d’espoir) sous-titré « Why the Emergent Church is Good News for the Mainline Congregations. » (pourquoi l’église émergente est une bonne nouvelle pour les paroisses traditionnelles).
Ils y parlent de leur expérience paroissiale commune et donnent de nombreux exemples de ce qu’il est possible de faire. Ils affirment de façon très claire que les églises traditionnelles ne peuvent pas attendre de ces jeunes qu’ils y reviennent si elles ne changent pas leur manière de se conduire, ainsi que leur théologie et leur christologie.
Les « émergents » sont en effet aussi mal à l’aise avec les certitudes absolues qu’on leur assène qu’avec le style habituel des cultes dominicaux. Mais ce sont eux qui sont les Pissenlits sur le bord de la route de nos institutions ecclésiastiques.

 

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Un autre endroit où l’on voit aussi le renouveau de la vie de l’église est dans les nombre croissant de groupes de réflexion spirituelle qui se rencontrent dans des lieux privés et n’ont aucunement l’intention de s’intégrer à une vie paroissiale. Ils s’adressent à nous pour nous demander du matériel s’instruction religieuse pour les enfants et de réflexion pour les adultes, des modèles de liturgies et de cantiques qu’ils puissent chanter sans peine dans leurs rencontres. Ils se réunissent en semaine et partagent fréquemment un repas. Certains se reconnaissent comme chrétiens mais la plupart n’éprouvent pas le besoin de s’identifier à une religion particulière. Il sera intéressant de voir comment ils évolueront dans l’avenir mais leur existence même montre qu’ils éprouvent un besoin de spiritualité qu’ils ne trouvent pas dans les églises habituelles.

 

En conclusion je dirai que notre existence est justifiée. Nous vivons une situation qui nous éloigne des credo et des débats christologiques pour nous rapprocher des valeurs chrétiennes, des relations fraternelles et de la spiritualité. Les gens s’intéressent plus à la spiritualité qu’aux dogmes. Il est bien nécessaire de constituer des communautés qui développent une « conscience du Christ » et ouvrent à l’expérience du Divin. Les exemples sont là, les enseignants, les hommes et les femmes prêts à aider sont disponibles. Il me semble que la question est : qui le souhaite ?

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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