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Grande tente, grosse surprise

 

Big Tent…Big Surprises

 

Fred Plumer

pasteur de l’Église Unie du Christ
Irvine, Californie, États-Unis
président du réseau
ProgressiveChristianity.org

 

 

26 mai 2011

Je n’avais pas vraiment l’intention d’y aller. Mais David Felten est un ami et il a insisté. Il voulait que je vienne voir à Phoenix ce que faisaient des jeunes avec leur « christianisme émergent », leur « mouvement de l’Église émergente ». Aucun de ces titres n’a de contenu très clair : ces mouvements sont en cours de développement et entendent, d’ailleurs, le demeurer.
La rencontre à laquelle j’étais invité se nommait « Christianisme de la grande tente » (BTX). Elle était organisée par des étudiants de l’École de théologie de Claremont, sous la direction de leur doyen, le professeur Phillip Clayton et de son adjoint le pasteur Trip Fuller qui est aussi une rock star.
Ce mouvement, si on peut l’appeler ainsi, semble composé de jeunes qui étaient jusque là fondamentalistes, conservateurs, évangéliques et qui parlent, qui bloguent, tweet et « Facebookent » à propos de suivre Jésus aujourd’hui. A les lire, à parler avec eux, à écouter leurs conférenciers, ils m’ont paru en voie d’émancipation de leurs anciennes croyances qu’ils ressentaient comme étouffantes et qui ne correspondaient plus à leur vision de la réalité du monde. [...] Plusieurs d’entre eux m’ont dit qu’ils n’acceptaient plus la religion de leur enfance et cherchaient autre chose.
J’imagine que si on leur demandait de préciser leur théologie ou même leur christologie, ils articuleraient quelque chose que l’on enseignait dans les facultés de théologie dans les années 1970. Mais, en fait, ils ne débattaient guère de théologie systématique. Ils étaient beaucoup plus intéressés à rechercher ce qu’ils avaient en commun et à découvrir ensemble un style de vie nouveau qui tranche sur l’opinion courante en Amérique.

L’importance et la vitalité de ces communautés émergentes et le jeune âge des participants font qu’elles attirent l’attention de tout le monde.
A cette rencontre, nous étions peut-être trois cents et les conversations concernant ce que Jésus avait à nous dire à propos de notre manière de vivre étaient très intéressantes.
Évidemment c’est un monde qui n’est pas le mien. Une ou deux fois j’ai renoncé à prendre la parole au moment des débats en prenant conscience que je n’étais pas vraiment dans le coup. Tous ces bavardages pendant que les conférenciers parlaient. Et puis l’intérêt qu’ils suscitent dans les milieux d’Églises qu’ils méprisent tellement leur monte à la tête et les rend prétentieux. Mais ce sont des jeunes qui veulent changer le monde et il faut bien être un peu prétentieux pour avoir l’idée de changer le monde ! Et « Dieu » sait que nous avons besoin de changement !
Je dois admettre que j’ai fait des découvertes.


- J’ai été vraiment surpris du nombre de gens qui connaissaient mon nom et celui de notre réseau ProgressiveChristianity.org. Étant donné que ces jeunes étaient tous plus ou moins d’origine conservatrice-orthodoxe, je m’attendais à ne pas être à mon aise en tant que président d’une organisation souvent accusée de détruire la foi chrétienne. Mais au moins vingt d’entre eux sont venus me remercier d’avoir parrainé cette rencontre et d’en avoir envoyé les dépliants à tous nos participants. Ils étaient jeunes et tout excités d’être là, ils étaient heureux de me rencontrer et j’ai pris conscience du fait que, si différents qu’ils soient de nos participants habituels, je ne pouvais plus les considérer comme étrangers à notre mouvement.

- J’ai aussi été frappé de la qualité des conférenciers. Je n’avais jamais rencontré Brian McLaren qui est, sans doute, à l’origine du Mouvement émergent. Là, je l’ai entendu proposer à l’assemblée de considérer différemment le rôle de Jésus. Il ne le regardait plus, lui-même, à la manière d’autrefois, d’une manière qui lui semblait erronée désormais, comme un Seigneur et Sauveur personnel nous épargnant les peines éternelles de l’enfer.
La manière d’autrefois n’était pas biblique ni historiquement valable, disait-il, mais elle était plutôt issue de la pensée grecque de Platon et d’Aristote. Il fallait la replacer dans la tradition hébraïque.
Non seulement il m’a appris des choses mais aussi il m’a fait entendre des paroles auxquelles je ne m’attendais pas. Et ceci devant une assemblée pleine de croyants conservateurs et même de tendance très orthodoxe.
Je suis admiratif de McLaren.

- Ma troisième découverte a été les agressions verbales et écrites que subissent ces jeunes du Mouvement émergent. J’en connais quelque chose, étant moi-même fréquemment l’objet de cette haine abjecte des « chrétiens conservateurs » qui croient que je m’efforce de détruire le christianisme. Ils n’hésitent pas à me faire savoir quel sera mon sort après ma mort (je crains seulement qu’ils tentent d’en accélérer le processus !). Mais, après tout je soutiens ces positions de christianisme progressiste et libéral depuis ma jeunesse, il y a maintenant plus de 50 ans.
Mais ces jeunes du Mouvement émergent sont issus des milieux conservateurs, ils sont l’objet d’agressions de la part de ceux qu’ils ont laissé derrière eux et ils en sont naturellement bouleversés et effrayés.
Voir un exemple (en anglais) de ces commentaires au vitriol :

- Une autre découverte qui m’a frappé est que la plupart des participants à la rencontre recherchaient intensément quel pouvait être l’impact du christianisme sur leur vie. Je ne pouvais pas m’empêcher de les comparer à tous les cercles d’études que j’ai organisés dans les paroisses traditionnelles. Les participants (souvent âgés) s’y demandaient « comment faire pour que l’Église redevienne comme elle était autrefois. »  Ce que ces jeunes cherchaient était « en quoi suivre Jésus change ma vie ».
Je ne sais pas ce qu’ils deviendront lorsqu’ils auront, à leur tour, des enfants au collège et qu’ils se préoccuperont de perdre du poids mais, pour le moment, ces jeunes croient que suivre la voie de Jésus les conduira à une meilleure vie, à une vie de famille plus saine et au salut possible de laTerre-mère.

Je me demande ce qui arriverait si de telles discussions trouvaient place dans les Églises traditionnelles. Je prends aussi conscience que de telles rencontres permettraient sans doute une réflexion fraternelle commune aux « progressistes » de notre réseau ProgressiveChristianity.org et aux jeunes du « Mouvement émergent ».
[...]

J’ai aimé ce que j’ai vu et j’en reviens tout excité dans l’attente des choses nouvelles qui ne sauraient désormais manquer d’arriver.

 

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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